Port-Au-Prince, le 7 mars-(HPN)- " Ici en Haïti, les gens se méprennent sur la vie que mènent les étudiants à Cuba. Parce que de Cuba, ils ne savent que l'histoire fascinante". Tel est commentaire d'un jeune boursier du Gouvernement haïtien à Cuba
En réaction à des déclarations officielles sur les conditions de l'octroi des bourses d'études et de la vie des jeunes étudiants Haïtiens, Reynold a voulu apporter son témoignage personnel. Haiti Press Network se fait le plaisir de reproduire le texte de ses commentaires.
À PROPOS DES ETUDIANTS BOURSIERS DE CUBA
Jusqu'en 1998, l'obtention d'une bourse d'études pour Cuba se faisait à travers plusieurs institutions dont l'Ambassade de Cuba en Haïti, le CRESFED, la Fondation Martha Jean-Claude ou le Ministère des Affaires Étrangères. Ces institutions, après un examen de sélection, délivraient la bourse d'étude aux meilleurs tout en précisant qu'elle n'incluait aucune allocation de la part du Gouvernement haïtien ou de l'institution en question. À ce moment, l'étudiant partait pour Cuba avec déjà en tête que ses parents devaient l'aider dans ses dépenses quotidiennes.


À partir de 1999, l'Etat haïtien s'est davantage impliqué dans la distribution de bourses d'études pour Cuba. Les annonces ont paru dans les quotidiens de la capitale, dans la presse parlée et le pays entier fut mis au courant de la disponibilité de bourses particulièrement en médecine. Les étudiants qui optent pour cette discipline et qui réussissent le concours organisé par l'état sont envoyés à Santiago avec une promesse d'allocation mensuelle. Je dis bien promesse car dans le contrat qui stipule qu'ils auront à travailler pendant dix ans (10) dans leur localité respective, il n'apparaît nulle part que l'état s'engage à leur donner 50 dollars américains par mois.

Non ! 100 dollars américains comme se plaisent à le dire certains. Nos chers compatriotes, trop heureux d'avoir pu décrocher une bourse d'études, trompés par ceux-là qui prétendent qu'à Cuba point besoin d'argent pour vivre et surtout confiants dans la promesse verbale de recevoir de l'argent, ils partent tête baissée vers la terre cubaine pour se rendre compte dès le premier jour de la réalité vécue au quotidien par les " aînés. "


Peu importe l'institution qui l'offre, toute bourse d'étude vers Cuba inclut effectivement le logement, la nourriture, une couverture médicale et une allocation de 100 pesos de la part du gouvernement cubain équivalent à 4 dollars américains. C'est la seule allocation sur laquelle ils peuvent vraiment compter car elle leur parvient régulièrement. Les étudiants sont logés sur un campus. Ils sont entre 4 à 8 dans une chambre et dorment sur des lits superposés. Ils ont droit à 3 repas par jour, le déjeuner (un petit " cup " de lait ou de jus et un morceau de pain de loin plus petit qu'un poing), le lunch (du riz blanc, des haricots en potage, des vivres bouillis, et certaine fois de la salade et de la viande.) Au dîner, ils obtiennent une version réchauffée du lunch. Ils ont droit à du poulet une fois par semaine.


La ration alimentaire journalière est très pauvre. La nourriture, cuisinée sans épices et sans huile, est peu appétissante. Elle varie tous les deux à trois mois. Le potage se fait à partir de haricots secs appelés " chicharros " et réputés à Cuba pour l'acidité et les maux d'estomac qu'ils occasionnent.
Les 25 étudiants de la Havane dans leur lettre n'ont pas péché en disant que certains souffrent d'ulcère d'estomac. C'est un fait courant parmi les étudiants étrangers à Cuba, beaucoup se sont même vus recommander par les médecins cubains d'éviter le comedor (cafétéria) et le chicharro. Ce qui revient à éviter le lunch et le dîner. Que faire dans une telle situation