Port-au-Prince, 11 mars 2002 -(AHP)- Le Ministre haïtien des Affaires Étrangères, Joseph Philippe Antonio, a dénoncé lundi le caractère partial du dernier rapport du département d'État américain sur Haïti publié la semaine dernière.
Selon ce rapport, le gouvernement haïtien n'aurait pas fait assez d'efforts pour combattre la corruption, le trafic de la drogue et pour faire respecter les droits de l'homme dans le pays.
Le ministre Joseph Philippe Antonio estime que la façon dont le rapport présente les problèmes ne justifient pas les critiques formulées par le département d'état américain.
Joseph Philippe Antonio déplore que les autorités américaines n'aient pas fait état des violations des droits à l'éducation, à la santé et au travail des haïtiens en raison du gel de l'aide internationale à Haïti.
"On ne peut parler de respect de droits de l'homme et de renforcement des institutions démocratiques quand les fonds destinés à cet effet sont bloqués par la communauté internationale", a déclaré le Ministre des Affaires Étrangères.
Il a fait savoir que le gouvernement est conscient de l'existence d'un certain nombre de problèmes cités dans ce rapport, mais travaille à les résoudre et à l'amélioration des conditions de vie du peuple haïtien.
Pour sa part, le président de la chambre basse, Rudy Heriveaux, estime contradictoire le fait que les autorités américaines exercent des pressions sur le gouvernement haïtien pour qu'il opère des changements pendant qu'elles imposent, dit-il, un embargo économique au pays.
Dans le cadre de la lutte contre le trafic des stupéfiants, le député de Trou du Nord rend les Etats-Unis responsables si Haïti n'arrive pas effectivement à faire assez d'effort.
Il invite les autorités américaines à accorder une aide raisonnable à Haïti pour lui permettre d'être plus efficace dans la lutte contre ce fléau, en même temps, il les appelle à travailler à la réduction de la consommation dans leur pays.
Le député de Lascahobas, Villier Barbot, a dénoncé lui aussi le caractère discriminatoire du rapport du département d'État américain.
Selon Villier Barbot, ce rapport ne fait pas état du blocage de l'aide internationale pour des raisons politiques.
Villier Barbot a fait savoir que cette aide gérée actuellement par des organisations non gouvernementales ne touche pas les couches les plus défavorisées du pays.
Le parlementaire a invité la communauté internationale à changer de politique et de stratégie et à mieux pénétrer la réalité haïtienne en vue d'une meilleure coopération.
Plus de 500 milliards de prêts ou de dons consentis à Haïti sont actuellement gelés par la communauté internationale en raison de la crise post-électorale.