La limite du 31 mars pour l'arrivée en Haïti de la mission de l'Organisation des États Américains, prévue par une résolution votée en janvier dernier, ne sera pas respectée, selon ce qu'a annoncé le représentant du Secrétaire Général de l'OEA, l'ambassadeur Sergio Romero. Certains détails techniques restent encore a régler, a-t-il précisé en assurant que la mission devrait arriver dans le pays incessamment, sans toutefois pouvoir fournir de date.
La mission technique attendue aura pour objectif d'appuyer la démocratie en touchant aux questions de justice, de sécurité, de droits humains et de gouvernance, selon l'accord passé avec le gouvernement. Cet accord non ratifié par le parlement haïtien a été qualifié d'inconstitutionnel par Benjamin Dupuy du Parti Populaire National (PPN). Selon lui, cette mission entre dans le cadre d'une "mise sous tutelle d'Haïti".
Alors qu'il est question de l'arrivée prochaine de cette mission, certains changements ont été observés dans la conjoncture. Un rassemblement de la coalition d'opposition Convergence Démocratique, s'est déroulé sans incident, sans pression, au milieu d'un impressionnant dispositif de sécurité. Ce qui ne s'était pas vu dans le passé.
Plusieurs centaines de partisans et sympathisants de la Convergence ont assisté à ce meeting politique au cours duquel les responsables de la Convergence ont déclaré lancer un processus de recherche d'alternative au pouvoir lavalas. Un comité national a été créé en vue de recueillir les apports de différents secteurs.
Tout en minimisant ce rassemblement, le Président Jean-Bertrand Aristide a signalé qu'il représentait un signe de la stabilité politique dans le pays. Le Premier Ministre Yvon Neptune s'en est réjouis et a indiqué cependant que toute alternative doit s'exprimer a travers des élections.
Au début de la semaine dernière, Aristide avait fait savoir que des élections législatives pourraient se tenir en Haïti, soit à la fin de cette année, soit au premier semestre de l'année prochaine. La Convergence a déclaré ne pas prendre au sérieux la proposition du chef de l'État.
Le Premier ministre Yvon Neptune qui a rencontré ce 21 mars des membres de la Communauté Internationale à la villa d'accueil, a réitéré son engagement d'oeuvrer à l'établissement d'un climat propice pour la reprise des négociations pour faciliter une issue à la crise.
D'autre part, la police a procédé le 24 mars a l'arrestation de Ronald Camille, surnommé Ronald Cadavre, un membre d'organisation de base du parti Fanmi Lavalas, que la police déclarait rechercher depuis plusieurs mois pour meurtre. Cette nouvelle a surpris la population qui a toujours considéré Ronald Cadavre comme un "intouchable", qui n'a pas cessé de se moquer de la justice.
Les organismes de défense des droits humains ont applaudi a cette arrestation et appelé toutes les victimes de Ronald Cadavre à en profiter pour porter plainte. Certains groupes proches du pouvoir ont semé le trouble au centre ville ce 25 mars pour réclamer la libération sans condition de Ronald Cadavre. La population du quartier de la saline, où vivent les parents de Ronald Cadavre, s'est désolidarisé de ce mouvement.