Port-au-Prince, 2 avril 2002 -(AHP)- La Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens (NCHR) a publié 4 mois plus tard, ce mardi, son rapport sur l'assassinat le 3 décembre 2001 du journaliste Brignol Lindor.
Dans ce rapport, la NCHR estime que l'assassinat de Brignol Lindor à l'Acul (localité relevant de la 1ère section communale (Bino) de Petit-Goâve) n'était pas un accident. Ce crime horrible a été planifié, selon elle.
La NCHR, qui déclare se référer aux déclarations faites le 28 novembre 200l par le maire-adjoint de Petit-Goâve, Dumay Bonny, affirme que les auteurs, co-auteurs, complices de ce crime et ceux qui en ont profité, l'avaient voulu.
Lors d'une conférence de presse, M. Bonny avait appelé la justice à appliquer la formule tolérance zéro contre ceux qui utilisent les biens de l'état à des fins de destabilisation.
Selon NCHR, le coordonnateur de l'organisation populaire " Dòmi nan bwa", Raymond Jean Fleury aurait revendiqué sans ambage le crime.
L'organisation de droits de l'Homme renouvelle ses accusations contre le gouvernement qui aurait banalisé, selon elle, l'assassinat de Brignol Lindor par le biais d'une déclaration de son ancien ministre de la communication et de la culture M. Guy Paul.
Se référant aux premières déclarations qui avaient été faites par les responsables de l'AJH, le ministre Paul avait declaré qu'en s'attaquant à M. Lindor, les membres de Dòmi Nan Bwa l'aurait assimilé à un membre de la Convergence Démocratique suite à l'attaque sanglante perpétrée contre Joseph Céus Duverger (membre de dòmi nan bwa) par des partisans de l'opposition politique.
Dans un rapport sur les évenements de Petit-Goâve, la principale association de journalistes haïtiens, l'AJH, avait en effet rapporté que l'attaque contre Brignol Lindor a eté provoquée par celle contre Céus Duverger, même si elle affirme que les declarations du maire adjoint de Petit-Goâve avait exacerbé les passions
Dans le présent rapport, la NCHR reconnait aussi que l'opposition est impliquée dans des actes de violence particulièrement à Petit-Goâve avec l'attaque contre M. Duverger. Elle n'établit toutefois aucun rapport entre les deux attaques.
La NCHR recommande cependant aux trois pouvoirs de l'Etat d'arrêter et de juger toutes les personnes impliquées dans la tentative d'assassinat perpétrée contre Joseph Céus Duverger et l'assassinat de Brignol Lindor, de désarmer les groupes armés en présence sans considération d'ordre politique et d'instaurer un climat de paix permettant aux différents secteurs de Petit-Goâve de reprendre leurs activités citoyennes.
Elle demande aux autorités d'oeuvrer pour que les institutions étatiques ne soient pas au service d'une personne ou d'un groupe de personnes mais au service de toute la collectivité, et d'éviter que les considérations d'ordre politique ne viennent entraver l'instruction relative aux événements du 3 décembre 2001.