Port-au-Prince, 14 juin 2002 -(AHP)- La Ministre de la Culture et de la Communication, Lyla Desquiron, a annoncé pour le 25 juin prochain la publication du rapport de l'enquête ouverte par le gouvernement sur les événements du 17 décembre 2001.
Au cours d'une conférence de presse ce vendredi, Mme Desquiron a précisé que la justice travaille à faire toute la lumière sur un ensemble d'incidents violents enregistrés dans plusieurs régions du pays à la suite d'une attaque meurtrière contre le palais présidentiel.
Au moins deux policiers et des civils ont été tués au coup de ces incidents, des maisons de présumes proches du gouvernement ont été incendiés notamment à Petit-Goâve à l'annonce du coup d'état. Parallèlement, certains individus avaient lancé des messages pour appeler la population à rester chez elle en raison de l'ampleur des événements
Toutefois, des manifestants allaient par la suite gagner les rues t incendier les locaux de plusieurs partis politiques et les résidences de certains leaders de l'opposition.
Mme Lyla Desquiron a indiqué que les autorités ont procédé à l'arrestation de 6 individus qui seraient impliqués directement ou indirectement dans ces incidents, plus d'une trentaine de suspects ont été interrogés, sept autres sont en détention et 25
mandats ont été délivrés.
"Ce sont là des signaux clairs envoyés par le pouvoir et qui traduisent sa volonté de combattre l'impunité tel que le réclament plusieurs secteurs du pays dont la convergence démocratique", a-t-elle déclaré.
La Ministre de la Culture et de la Communication a fait savoir que le gouvernement fait de son mieux pour satisfaire les demandes de justice de la population, mais elle a insisté sur le fait qu'on ne saurait trop demander à la justice, tenant compte de ses faibles moyens et de la situation de blocage économique..
En ce qui concerne la question du désarmement soulevé par l'opposition avant de reprendre les négociations avec le pouvoir, le Ministre haïtien des Affaires Étrangères, Joseph Philippe Antonio, a déclaré que la police s'active à obtenir des résultats dans ce domaine et à pacifier le pays.
Faisant savoir que le processus de désarmement est déjà lancé, M. Antonio a toutefois reconnu que comme en 1994 avec la force multinationale, la tâche parait aujourd'hui encore ardue en raison de sa complexité.
Joseph Philippe Antonio déclare toutefois ne pas comprendre ce que de telles exigences (de la convergence) viennent faire dans les négociations.
"L'impunité et le désarmement c'est l'affaire de tous les haïtiens", a-t-il indiqué.
Pour beaucoup, la Convergence démocratique se rend coupable de digression en introduisant tout un ensemble d'exigences dans l'agenda des négociations.
Les seules exigences concernaient les réserves formulées par l'OEA sur l'élection le 21 mai 2000 de 7 sénateurs. Le gouvernement a donné suite depuis, à cette exigence, en acceptant la démission de ces parlementaires, a fait savoir Fanmi Lavalas, ajoutant que le gouvernement est allé bien plus loin en promettant d'organiser des législatives, municipales
et locales anticipées à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine.