Port-au-Prince, 23 juillet 2002 -(AHP)- Les responsables de la Convergence Démocratique réclament la nomination de l'un des leurs au poste de Premier Ministre pour accepter de signer un accord devant mettre un terme à la controverse née des législatives du 21 mai 2000.
Ce poste est réclamé par les partis de l'opposition en dépit des prescrits de la constitution de 1987 relatifs au choix du chef du gouvernement.
Selon la constitution haïtienne, le Premier Ministre est choisi au sein du parti majoritaire au parlement.
La Convergence réclame également une refonte du haut commandement de la Police Nationale l'évaluation des élections du 26 novembre 2001 et le départ de tous les élus du 21 mai 2000.
Elle estime cette démarche réaliste pour favoriser une issue à au conflit post-électoral.
Un des dirigeants de cette coalition politique, Victor Benoît, a affirmé qu'il ne s'agit pas pour la convergence de signer un accord politique qui renforcerait le président Aristide dans ses positions, mais d'arriver à un équilibre dans la gouvernance du pays.
Cet équilibre, a-t-il dit, devrait garantir la tenue d'élections dans de bonnes conditions dans le pays.
Selon Victor Benoît, la conclusion d'un accord entre Fanmi Lavalas et la Convergence ne sera pas possible sans la satisfaction de l'ensemble de ses revendications.
En réaction, le PADEM, membre de la convergence, a décidé de prendre ses distances d'avec cette coalition politique.
Les dirigeants de cette petite formation ont qualifié d'immorales et d'irréalistes les nouvelles exigences de la convergence démocratique.
Pour sa part, l'organisation politique Fanmi Lavalas a dénoncé le caractère incohérent et insensé de la contre-proposition de la Convergence Démocratique.
Le coordonateur ai de Fanmi Lavalas, Jonas Petit, a indiqué que la démarche de la convergence est anticonstitutionnelle et antidémocratique.
"Si cette coalition politique veut obtenir le poste de Premier Ministre, elle doit aller aux prochaines élections pour tenter d'avoir une majorité au parlement", a déclaré Jonas Petit, affirmant que c'est la seule voie pour la Convergence d'assouvir sa soif.
Selon M. Petit, ces nouvelles exigences prouvent que la convergence n'est pas n faveur de la résolution de la crise.
Il a rappelé que depuis la formation du premier gouvernement dirigé par Jean Marie Chérestal, le Président Aristide avait toujours sollicité sans succès la participation de l'opposition.
Jonas Petit a fait remarquer que l'actuelle équipe gouvernementale est un gouvernement d'ouverture.
Il a indiqué que le gouvernement a déjà aménagé l'espace nécessaire à la participation de la convergence aux prochaines élections.
La Présidence haïtienne a jugé incohérente et irréalistes les nouvelles exigences de la convergence démocratique.
Selon un porte-parole de la présidence, Handel Carré, ces nouvelles exigences participent des manoeuvres de cette coalition politique visant à empirer l'atmosphère politique en Haïti.
"Réclamer le poste de premier ministre pour négocier avec le pouvoir n'a aucun sens", a estimé le docteur Carré, faisant remarquer qu'à chaque fois que le gouvernement souscrit à une exigence de la convergence, cette coalition en fait une autre.
Handel Carré a également fait savoir que ces nouvelles exigences ne peuvent en aucun cas favoriser le déblocage de la crise politique.
Le porte-parole de la présidence a rappelé les différentes concessions faites par Fanmi Lavalas dans le cadre de la résolution de la crise notamment le départ de 7 sénateurs et l'acceptation d'élections législatives et locales anticipées.
Il appelle la communauté internationale à adopter de nouvelles stratégies dans le cadre de la crise haïtienne, puisque, dit-il, la convergence n'a consenti jusqu'ici aucun sacrifice susceptible de favoriser la signature d'un accord politique.