Port-au-Prince, 26 juillet 2002 -(AHP)- La Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens (NCHR) a déclaré vendredi noter avec tristesse une nette recrudescence des actes de violence dans le pays ces derniers jours.
La NCHR qui présente des cas de personnes tuées, enlevées ou agressées, s'interroge sur la valeur du principe, selon elle, sacro-saint de la "présomption d'innocence" si des personnes, sur la base d'une quelconque accusation, peuvent se voir appliquer, sans aucune forme de procès, une peine non prévue par la loi, la peine de mort.
La NCHR se déclare désolée de constater que de plus en plus le pays offre le spectacle hideux d'un bateau à la dérive. Selon elle, l'opération zéro tolérance, source d'abus et d'injustice, n'aura fait que des victimes, sans toutefois contribuer à la résolution du lancinant problème d'insécurité.
Se demandant si le pouvoir ne devrait pas changer de stratégie, la NCHR se dit convaincue que la lutte contre l'insécurité doit passer par l'épuration, la dépolitisation, la professionnalisation et le renforcement de la Police Nationale d'Haïti (PNH).
La NCHR qui déclare condamner les attaques perpétrées cette dernière semaine contre les secteurs de la Presse et des droits humains demande aux autorités de tout mettre en oeuvre pour retrouver les ravisseurs du journaliste Israël Jacky Cantave et ceux de Mme Sylvie Bajeux, épouse du directeur du Centre Oecuménique des Droits de l'Homme (CODH).
Elle réclame également l'arrestation des auteurs des assassinats perpétrés dans le pays et de ceux qui se sont rendus coupables de viol et de vol.
Cette organisation se dit également persuadée que le climat d'insécurité généralisée qui, dit-elle, empoisonne l'existence de tout un chacun, est lié à ce qu'elle appelle le système d'impunité que le gouvernement refuse d'attaquer véritablement.