P-au-P., 12 août. 02 [AlterPresse] --- L'ancienne Habitation Leclerc, réserve naturelle située en banlieue sud de Port-au-Prince, est devenue le repère d'un "gang armé", selon un article du New-York Times, paru la semaine dernière. "Le terrain, est occupé par un gang armé et des centaines de squatters qui ont ravagé ce qui était jadis une rare oasis", indique le quotidien.
La propriété d'une superficie de 22,50 hectares appartient depuis environ 30 ans a l'anthropologue et danseuse américaine, Katherine Dunham, âgée de 94 ans, et qui vit actuellement à New-York. En 1995, elle avait réussi à faire reconnaître cette propriété comme le seul jardin botanique en Haïti.
Selon le journal, la présence du "gang" a été révélée en 1997, un an après la dernière visite sur le terrain de Katherine Dunham. Cameron Brohman, un canadien qui a aidé Katherine Dunham à préserver la forêt, a déclaré que le gang utilise celle-ci comme une cachette (pour se protéger de la police), rapporte le New-York Times. Le journal indique aussi que le gang fait de la squattérisation des anciennes villas, "un commerce lucratif".
Brohman a réussi à obtenir (de la justice), l'année dernière, un ordre d 'expulsion, poursuit le quotidien new-yorkais. Mais, "la police ne fait rien pour freiner les menaces à l'encontre de ce qui pourrait être un centre important de développement des politiques destinées à juguler la crise environnementale", a déclaré Cameron Brohman au New-York Times.
Le domaine appartenait à la fin du 18ème siècle à Pauline Bonaparte, soeur de Napoléon, et Charles Leclerc, émissaire de l'empereur français. Le terrain est devenu propriété de Catherine Dunham depuis plus de 60 ans. Dans les années 70, une partie du domaine a été affermée à un hôtelier français et transformée en "Habitation Leclerc". L'hôtel a été saccagé à la fin de la dictature des Duvalier en 1986. En 1995, Katherine Dunham en a fait un jardin botanique, reconnu internationalement.
A propos des rapports de Katherine Dunham avec Haïti, le New-York Times rappelle que durant la période du coup d'état militaire, entre 1991 et 1994, "elle avait observé une grève de la faim de 47 jours pour protester contre la politique américaine de rapatriement des boat people haïtiens".