Environnement
Conférence de Presse de Son Excellence Jean-Bertrand Aristide, Président de la République, sur sa participation au Sommet sur le Développement durable, Tenu à Johannesburg, Afrique du Sud. Aéroport International de Port-au-Prince, Le 4 septembre 200
Excellence Monsieur le Premier ministre,
Distingués Membres du Gouvernement,
Monsieur le Vice-président de l?Assemblée Nationale,
Distingués Parlementaires (sénateurs et députés),
Distingués Membres de la Police Nationale d?Haïti,
Hauts Fonctionnaires de l?État,
Messieurs les trois Maires de cette Commune,
Chers Concitoyens,
Chères Concitoyennes,
De retour, on est toujours content : content de vous revoir et content de vous saluer aussi. En vous adressant nos salutations, je vous transmets également celles de bon nombre d?amis de la République d?Haïti.
Le Président MBEKI vous salue d?une façon très particulière. Cette solidarité exprimée à travers les salutations a des racines profondes : des racines historiques, des racines culturelles qui nous conduisent chez nous en Afrique le Continent, la terre, notre terre.
Ces racines aussi ont emporté quelquefois des fruits à travers le temps. Je pense à cette rencontre qui a eu lieu en 1993 à Washington entre le Frère aîné MANDELA, qui n?était pas encore chef d?État et nombre d?Américains d?origine africaine. Il était question d?exprimer cette solidarité à travers des fonds. À ce moment-là, je me rappelle quand nous, de la délégation haïtienne, nous avions remarqué que la somme la plus élevée offerte par quelqu?un était de 10.000 dollars américains.


Pour exprimer cet attachement à la terre mère à travers le Frère aîné MANDELA, entre nous les membres de la délégation, nous nous sommes dit qu?il fallait au minimum multiplier par 3 ce chiffre 10. Et, J?ai offert 30.000 dollars US au nom de la République d?Haïti comme expression de solidarité. Un petit geste, mais un petit geste qui n?est pas oublié par nos frères de l?Afrique quand en 1994, je me suis retrouvé auprès d?eux. Eh bien, Monsieur MBEKI à l?époque, en autres, avait exprimé un Merci Spécial pour cette solidarité qu?il ne « saurait oublier ».
Aujourd?hui, Président du pays, il continue à vibrer au rythme de cette solidarité. En m?accueillant à sa table d?honneur, il était le premier à me parler de la célébration du Bicentenaire de notre Indépendance. Ce n?est pas la première fois que nous en parlons. Mais, j?étais content de voir que c?est lui qui a commencé à nous en parler.
J?aurais pu parler de bon nombre de chefs d?État du Continent Africain qui eux aussi réagissent presque de la même façon, du Sénégal au Bénin ; Ouganda, tous, ils ont les yeux braqués sur Haïti, car ils savent que nous sommes en train de préparer un Événement Majeur qui les concerne aussi.
Revenant de ce Sommet sur l?Environnement. J?aurais aimé apporter une petite réflexion à la croisée des axes écologique et politique. Si ce Sommet a eu lieu en Afrique du Sud, c?est aussi que l?Afrique du sud, à un certain moment, a résolu un problème politique pour accueillir ce Sommet écologique.
Nous en Haïti, nous avons des problèmes écologiques, mais il faut bien que nous ayons la capacité de résoudre aussi notre problème politique pour améliorer notre environnement écologique. Après le mandat du Président Mandela, le Président MBEKI à la tête de ce Gouvernement n?avance peut-être pas à grands pas au niveau économique, mais dans la bonne direction. Et, nous sommes très contents de voir qu?en si peu de temps, ils ont pu accueillir plusieurs Sommets internationaux.
S?il n?y avait pas la solution politique, il n?y aurait pas ce climat, cet environnement pour accueillir le monde entier tel qu?ils viennent de le démontrer. En ce sens-là, l?Afrique du Sud ; c?est un pays qui est plus grand que le nôtre ; certes au niveau superficie. Nous parlons d?un pays de 1.221.037 Km2 pour une population de « 43.300.000 habitants ».
La grandeur de leur superficie, de leur population, la taille de cette population, tout cela nous rappelle la Grandeur de notre Histoire (l?Histoire d?Haïti). Car, quand nous nous préparons à célébrer deux cents ans d?Indépendance, ils se préparent à célébrer leur première décennie de peuple libre. Ce fut en 1994.
En 2004, le Président MBEKI m?a confirmé qu?il souhaite célébrer avec nous à la fois notre bicentenaire et leur première décennie de peuple libre. Pour l?année 2000, l?Afrique du Sud est classée en tête de liste comme pays producteur d?or. 5 pays ont totalisé environ 57.9% de production en or. Et l?Afrique du Sud avec ces 17%, ensuite, les Etats-Unis, 14%, le Canada en cinquième position avec 6%. Là, nous parlons d?un pays grand exportateur d?or.
Chez-nous en Haïti, nous exportons de l?or humain (les 2.5 millions d?haïtiens-haïtiennes qui se trouvent à l?étranger ; c?est de l?or humain) à côté de ce que nous représentons ici comme richesse humaine.
Aux yeux de l?Afrique, Haïti demeure la référence quand il s?agit d?Indépendance. Et,

J?aurais aimé à l?intersection de l?écologique et de la politique attirer l?attention de tous mes concitoyens et concitoyennes sur cette richesse à savoir notre richesse humaine à travers nos ancêtres qui nous ont légués l?Indépendance, et nous de cette génération, nous nous préparons à célébrer cet événement. Cet événement n?est pas seulement nôtre, c?est un événement majeur qui concerne tous les peuples noirs. Je revois Aimé Césaire (l?apôtre de la négritude) au cours de ses 55 années de gestion de Fort-de-France, en Martinique comme Maire et de ses 47 années comme Député au Parlement Français. Il s?est retiré en Mars dernier à l?âge de 87 ans. Mais il a laissé la négritude comme la force qui doit traverser le monde des nègres. La négritude va être revitalisée à la source de la célébration de notre bicentenaire de l?Indépendance. Car ; avec telle fierté, nous ne pourrons parler de négritude si nous avons les chaînes de l?esclavage à nos pieds.


Pour avoir donné cette fierté à partir de notre Indépendance au monde des noirs, certes, Haïti va pouvoir revitaliser la négritude et l?avenir de tous les Peuples Noirs de la planète. Aussi, avons-nous la responsabilité de bien gérer le capital politique pour préparer cet événement avec beaucoup plus de fierté (fierté collective) ; celle de mes frères de l?Opposition, celle de mes frères Lavalas, celle de ceux qui ne sont ni de l?Opposition, ni de Lavalas. Mais pour être haïtiens, haïtiennes, nous transcendons les différences politiques et nous faisons de cet événement la force motrice qui va augmenter notre fierté face au monde des blancs comme celui des nègres. Car la célébration de notre bicentenaire, dynamisant la négritude, est aussi l?affaire des blancs. Si le parlement français a reconnu que l?esclavage était un crime contre l?humainité, là, émerge le soleil de la civilisation. Et les blancs civilisés ne pourront que se mettre avec nous pour préparer cet événement, car c?est un événement qui concerne la Liberté. Et la Liberté va au-delà des races, au-delà des frontières, au-delà du temps puisqu?il s?agit de l?être humain.


Quand j?ai rencontré le Président Chirac au Mexique, on avait parlé du Bicentenaire, il était Candidat. Quand nous nous sommes rencontrés de nouveau en Espagne, il était réélu. Et lui, était le premier à me parler de la célébration du bicentenaire de notre Indépendance. Ça veut dire aussi que là où nous avons des blancs civilisés nous avons cette solidarité entre blancs et nègres pour célébrer cet événement majeur ! Car la fierté d?un homme et d?une femme ne saurait être liée aux chaînes de l?esclavage.


Aujourd?hui, j?en appelle à mes frères de l?opposition qui ont d?une façon ou d?une autre donné la main à mes frères haïtiens haïtiennes pendant mon absence pour cultiver cet esprit de paix telle que je l?avais recommandé. Je leur dis : Merci au nom de nos ancêtres qui nous ont donné cette Liberté. 2004, n?appartient ni à Lavalas, ni à la Convergence. 2004, appartient à la Convergence, à Lavalas, à tous les haïtiens, à toutes les haïtiennes. Et au nom de cette Indépendance, je crois que le moment est venu pour nous donner la main telle que nous l?avions fait au cours de ces trois derniers jours, ouvrir l?autoroute de la paix. Qu?elle soit beaucoup plus vaste pour aller vers la Célébration du Bicentenaire de notre Indépendance. En cours de route certainement, je crois qu?avec mes frères et s?urs de l?opposition, non seulement nous pourrons parler de la négritude en la revitalisant, mais encore nous serons en mesure de parler de l?haïtianitude. Car l?apport d?Haïti à ce champ de négritude est unique. Nous sommes la première République nègre du monde. C?est nous les Haïtiens, Haïtiennes qui, pour la première fois, avions démontré que nous étions capables de conquérir cette Indépendance. Et donc, l?haïtianitude deviendra une force pour la négritude. Et quand nous sommes unis, comme l?étaient nos ancêtres pour nous donner cette Indépendance, nous pourrons avec beaucoup plus de fierté parler de l?haïtianitude et permettre aux Noirs du monde d?y trouver force de vie. Vous seriez surpris et contents de voir la vibration patriotique allant au-delà du Continent africain qui s?est exprimée quand les Nègres et Négresses de l?Afrique nous parlaient de cette célébration du bicentenaire de ntre indépendance. Moi, j?ai senti cette vibration. Des Nègres qui étaient enchaînés pour être transportés de force sur cette terre, nombre d?entre eux se sont jetés en mer parce qu?ils avaient la sève de la liberté dans leurs vaines, ne voulaient pas être esclaves, humiliés, transportés ici. Et maintenant, nous, petits fils et petites filles de ces ancêtres à qui nous avions donné cette fierté par notre Indépendance et qui préparons la célébration de cette indépendance, certainement, nous les retrouvons en nous. Et c?est pourquoi ils vibrent avec nous.


M swete nou tout Ayisyen, Ayisyèn, menm si Kongrè sou Anviwònman sa a, li pa pral fè demen maten nou pase de 1% kouvèti forestyè nou genyen an a X%, men travay politik pa konsansis, pa konpwomi an, l ap mennen nou nan deblokaj ekonomik pou nou vin gen plis kòb pou nou rebwaze peyi nou, pou nou revitalize ekoloji nou, anviwònman nou. E imedyatman tout moun ki nan Opozisyon ou ki pa nan Opozisyon, ki nan Leta ou ki pap travay nan Leta (Sektè Prive kòm Sektè piblik), n ap vin jwenn plis enèji pozitiv pou olye pou nou youn kanpe anfas lòt kòm si nou te lenmi. Men, pou nou youn kanpe akote lòt, kòt akòt pou peyi n nan kapab mobilize chak jou pi plis resous imèn nou yo ki pral ba nou plis bra pou nou kapab avèk deblokaj ekonomik lan fè plis pou anviwònman n nan.
Se avèk swè sa yo mwen ankò yon fwa ba nou tout yon Akolad de Frè. Et,
J?ai la certitude «irrépusable » que nous Peuple Haïtien, nous pouvons y arriver.
Je ne terminerai pas sans remercier, au nom du peuple haïtien, tous les membres de la délégation qui s?étaient rendus avec moi à ce Sommet, pour qu?ensemble et tous unis, nous continuions à nous donner la main pour aller vers la célébration du bicentenaire de notre Indépendance.
M E R C I.
(APPLAUDISSEMENTS DE TOUT L?AUDITOIRE)
QUESTIONS / RÉPONSES
M dispoze resevwa 2, 3 kesyon paske fatig la pa leje, li lou, nou pap lon g.
BOIVERT JEAN ETIENNE:
M ap travay pou radyo Kiskeya. Prezidan Aristide ou di moman an rive pou Lavalas ak Konvèjans yo mache sou wout 2004 la. Pandan semèn sa yo nou santi tansyon an li monte ant Lavalas ak Konvèjans. Ki sa konkrètman ou pral fè piske nan Somè w te anonse eleksyon yo pou 2003. Ki sa konkrètman ki pral fèt pou tansyon sa a ta bese?
- Dezyèm kesyon an : pandan semèn nan tou te genyen dè manm òganizasyon popilè ki t ap pale de chanjman nan nivo Gouvènman an. Nou ta renmen gen reyaksyon w parapò a deklarasyon yo te fè. Eske w anvizaje de chanjman?
- Nan rankont la tou sètènman w fè de rankont avèk de lòt pèsonalite pami yo responsab Bank Mondyal la. Eske gen de angajman konkrè pou deblokaj èd yo.
PREZIDAN ARISTIDE :
Mèsi. Pou premyè kesyon an, anvan m te deplase m te di wout lapè a se li k ap mennen nou nan delivrans lan, e m kwè nan sa. Ant Konvèjans ak Lavalas, se Ayisyen ak Ayisyen ki pral kontinye dyaloge nan respè youn dwe gen pou lòt. Respè de vizyon politik, respè de strateji politik pou youn konplete lòt sou wout lapè a, e se sa ki pral mennen nou nan eleksyon ansanm. Devwa pa m kòm Chef d Eta, ini avèk Premye Minis la kòm Chèf de Gouvènman e tout manm Gouvènman an, se akonpanye pa egzanp Lapolis pou Lapolis ki fè bon travay kontinye fè bon travay nan pwoteje dwa tout pati politik san diferans okin pou yo kontinye eksprime yo libe libè, prepare yo nan travay sou teren an pou lè nou rive nan eleksyon pou tout pati politik santi yo te gen menm chans avèk menm fòs polis la ki pwoteje dwa yo tout.


Devwa pa m se kontinye koute opozisyon an pou lè l fè kritik ki konstriktiv pou nou fè koreksyon nan nivo pa nou. Lè li eksprime revandikasyon l, nan mezi nou kapab pou nou satisfè yo e m espere si pa egzanp pwojè de rezolisyon ki genyen pou l pase nan l?OEA ta pase jodia ou semèn sa a, ou avan lontan, m swete sa pral renfòse sa m ap di la yo pou pèmèt san ògèy pou youn pa di se li ki viktorye pou l frape men sou lestomak li epi pou lòt la santi li imilye. Non. M te toujou di l, m ap redi l. Pa genyen ni venkè, ni venki. Se peyi a k ap benefisye lè youn aksepte antann li avèk lòt la pou byen peyi a.


Konsènan Gouvènman an, se devwa m pou m toujou tande sa popilasyon an, òganizasyon e sitwayen di. Lè yo di yo kontan ak gouvènman an, fòk m tande sa. Lè yo di yo pa kontan, fòk mwen tande sa. Men se devwa pa m tou pou m ba yo lekti pa m. Lekti pa m sèke pandan m ap kontinye koute yo, m ap di yo pap gen chanjman Gouvènman kounye a. Lè m di yo pap gen chanjman Gouvènman kounye a, èske sa vle di m meprize kritik yo fè? Non. Eske sa vle di m pa tande kritik yo fè? Non. M tande yo nan respè e m sèten yo entèlijan yo menm tou y ap tande m. gen yon moman w rive, fòk se antann pou nou antann nou, e la a se antann pou nou antann nou pou yo chita avèk manm gouvènman an, pou gen dyalòg nan respè, e pou nou avanse pou nou mache ansanm pou pi devan.


Pa rapò a twazyèm kesyon an, se pa premye fwa m rankontre avèk Prezidan Bank Mondyal la mesye Wolfensen. Nou toujou genyen de trè bòn relasyon imèn. Nou sonje vizit li te fè avèk nou nan Lasalin. Madanm li Elène pa janm bliye vizit sa a e li menm non plis. Chak fwa gen somè, nou rankontre, nou pale. Gen de bagay ki depann de li, gen de bagay ki pa depann de li. Tankou pa aza, nou te vwayaje nan menm avyon, e sa te fè m plezi lè nou te gen yon trè rich konvèsasyon sou dosye Ayiti a. Li konprann sitiyasyon an, men jan m di, gen bagay ki pa depann de li. Se pou sa n ap espere pandan li menm li dispoze fè mye, pou onivo politik, aktè yo; e onivo de sosyete sivil yo, mes chers s?urs et frères de la société civile, majoritaires et minoritaires; tout moun ki nan sektè piblik la pou ansanm nou avanse.
Si je peux oser, je vais oser ouvrir cette parenthèse par un commentaire assez délicat.
Chak fwa Ayisyen ki rich antann li avèk Ayisyen ki pa rich pou yo defann menm kòz la, blan an respekte nou plis. Si genyen Ayisyen k ap peye blan a letranje pou anpeche nou debloke peyi a ekonomikman, blan an respekete nou mwens. E se pou sa, nou menm ki vle youn respekte lòt, e ki vle respektè blan an pou nou fè blan an respekte nou, c?est bon que le chef d?État encourage tous les citoyens, toutes les citoyennes à nous regarder, si c?est nécessaire au blanc des yeux, nous dire la vérité entre nous sans nous blesser ou faire des concessions dans un silence éloquent pour que ces jours-ci nous soyons unis pour le déblocage économique et politique du pays car, c?est nécessaire et même indispensable pour aller de l?avant avec une vitesse normale.
Voilà pourqoui je ne peux pas me croiser les bras pour espérer que la Banque Mondiale va avancer vers nous sans que moi-même et mes concitoyens et concitoyennes nous avancions ensemble vers les instititions financières internationales.
J?ai dit tantôt que le moment plus que jamais est venu pour nous acteurs politiques de l?Opposition et du Gouvernement, ce moment est aussi venu pour que les membres de la société civile et ceux qui travaillent au sein de la fonction publique, que nous puissions nous mettre d?accord comme Haïtiens et Haïtiens pour un compromis national dont le pays a absolument besoin.
Le Président de la Banque mondiale, je l?ai dit, il est prêt; mais il y a d?autres conditions qui dépendent aussi de nous Haïtiens et Haïtiennes, et là, j?en appelle à la bonne compréhension de mes concitoyens.
M te mande 2 ou 3 kesyon, yon sèl jounalis banm 3 kesyon. M espere lòt yo ap banm yon kesyon paske se pa anvi m pa anvi rete avè nou men, nou fè plis tan nan lè nan avyon an ke sou tè. J?écoute.
G. JEAN NUMA :
Je travaille pour radio Métropole. Je voudrais placer rapidement ma question dans son contexte particulier. Vous avez parlé de 2004 que nous devrions célébrer dans la paix et l?unité. Vous avez même parlé de l?haïtianisation de 2004. Le 12 juin, au Palais National, lors d?une déclaration, vous avez parlé, avant le départ de Monsieur Eïnaudi, d?un plan A et d?un plan B pour résoudre la crise. Le plan A concernait un accord éventuel avec l?Opposition. Il est clair pour tout le monde qu?aujourd?hui on ne parle pas d?accord. On ne parle même pas de négociation; on parle de manifestation de rue et de votre départ. Donc, le plan A a échoué. Ma question maintenant : le plan B pour vous c?était quoi?
La deuxième question rapidement c?est qu?il y a une oraganisation internationale, c?est Transparence Internationale qui a placé Haïti parmi les pays les plus corrompus du monde. Nous sommes 89 sur 102. Qu?est-ce que ça vous dit?
PRÉSIDENT ARISTIDE :
Premièrement, je trouve que c?est de la bonne démocratie quand, sur des milliers d?Haïtiens qui sont pour, on entend de temps en temps quelques voix, quelques fois quelques voix financées qui sont contre. Ça, c?est de la bonne santé démocratique.
Deuxièmement, le plan A n?a pas échoué. Quand est-il du plan B? Il y va de toi et de moi, et je fais confiance à ton intelligence car tu es capable de dire que 2 et 2 ne font pas 5. Donc, en ce sens là, il ne s?agira pas pour nous, je l?ai dit tantôt, de dire qu?on est vainqueur ou qu?on est vaincu; il s?agit pour nous Haïtiens et Haïtiens de voir comment ensemble, nous mettre d?accord pour sauver Haïti. S?il y a un projet de résolution, le projet de résolution ne va pas consacrer la victoire de l?un contre la défaite de l?autre.


Si on ne parle pas explicitement d?accord, le projet de résolution n?exclut pas cette voie qui s?ouvre entre Haïtiens et Haïtiens pour gérer entre nous nos différences. Je peux avoir un accord avec vous, et cet accord facilite la croissance humaine, économique, politique sans que cet accord soit signé par nous deux sur un papier. Et si nous voulons le signer, nous pouvons aussi le signer. La question c?est de savoir si nous sommes prêts à marcher ensemble, au-delà de nos différences comme des civilisés vers la célébration du bicentenaire de notre indépendance.


Par rapport à la question qui se refère à la corruption; j?ai parlé de respect donc, je dois témoigner du respect pour l?intelligence humaine et du respect pour vous comme pour les autres. Si nous avons du respect pour Haïti, pourquoi devrions-nous de temps en temps nous approcher comme des gens qui sont traversés par une pathologie pour penser que nous sommes pire que les autres. Voyons! Soyons sérieux ! La corruption n?a ni visa, ni passeport. C?est à nous Haïtiens qui combattons cette corruption, qu?il revient de continuer à combattre la corruption sans en faire des boulets aux pieds de la République d?Haïti comme si les nègres, les noirs n?étaient pas à l?aise dans leurs peaux. Moi, je suis très à l?aise dans ma peau de nègre et j?espère que vous n?allez pas être traversé par un complexe d?infériorité. Ce n?est pas parce que vous êtes nègre que vous devez penser que parce quelqu?un utilise la corruption, comme si c?était vrai, pour faire croire que la République est la plus corrompue, que vous devez répéter ça sans penser à la politique qui est yu est dissimulée. (APPLAUDISSEMENTS)


Soyons sérieux! Depuis 3 ans, il y a un blocage économique. Malgré l?héritage de corruption par une gestion rationnelle, nous avons pu traverser les moments économiques si difficile pour continuer à gérer le peu que nous avons comme ressource financière. Et, lors de ma visite à la DGI, j?avais félicité le peuple haïtien pour sa maturité politique, pour son intelligence collective, ce que je fais encore. Car n?était-ce cette intelligence d?un peuple analphabète qui n?est pas bête, n?était-ce sa maturité politique, le peuple n?aurait pas pu gérer ces difficultés économiques de façon si pacifique?


La a nan Californie, kèlke segond blakawout nou sonje sa ki te pase. Isit n ap goumen pou nou retire blakawout la, e gen kote limyè a pa rive alewè pou ta vin gen blakawout; ou wè pèp la, entèlijamman? ou gen yon bèl machin w ap pase bò kote l, menm lè sa yon ti jan fè l mal, se li ankò ki ap akeyi w avèk le souri lakay li kòm peyizan. Ça, ce sont des richesses que nous avons chez nous et que nous devons protéger sans nous laisser utilisés comme des marionnettes pour répéter comme des perroquets ce que d?aucun disent. Soyons sérieux! (APPLAUDISSEMENTS)
La dernière question puisque nous allons vers la fin de la rencontre.
FRANTZ LASERRE :
M ap travay pou kotidyen l Eta l?Union. Kesyon m ta poze : gen anpil obsèvatè ki di Somè sa a se yon echèk li ye. Tit Somè a se te pou yon devlopman dirab. Ki angajman peyi Nò yo pran, notamman, nou konnen prezans Prezidan Ameriken ki pa te la, Prezidan Georges Bush, e nou konsidere lè Eta Zini, pa mwen menm, tout ekspè yo, kòm pi gwo polyè sou la tè. Kidonk ki angajman yo pran an tèm èd piblik o devlopman, pou la Frans Prezidan Chirack ? 7% PIB, ki sa peyi pòv tankou Ayiti, lòt peyi Sid yo ka jwenn nan yon Somè konsa? Eske se yon ipokrizi oubyen gen yon bagay serye nou ka tire de li? Mèsi.
PREZIDAN ARISTIDE :
Mèsi e se avèk sa m ap eseye konkli. Se pa anvi m pata anvi rete men avèk dekalaj de 7 tè, fatig la m santi l.
Anpil analiz ki parèt nan medya entènasyonal yo, anpil atik ki pibliye nan jounal plis pale de echèk ke de siksè pou somè a. Pa kont, evaliyasyon plizyè Chèf d Eta e lòt analist, se wè yo wè sa ki pozitif a kote de sa ki negatif. Ki sa mwen menm m wè de pozitif a kote de sa ki negatif?


Olye pou apre 10 zan, m te nan Rio, m te la, m te patisipe. Te gen 2 050 rezolisyon ki te pran nan Rio. Olye pou 10 zan aprè pou ta vin genyen yon ipokrizi mondyal ki ta di pandan 10 dènye ane yo nou te respekte a lechèl Nò, Sid, Es, Wès tout sa ki te di yo ou prèske tout sa ki te di yo. Tant mieux qu?il y a eu la vérité. Et c?est ça que je considère comme positif. Il y a eu la participation des chefs d?État, des différentes délégations; il y a eu la participation des membres de la société civile à l?échelle planétaire; des organisations non gouvernementales et à côté des constats, critiques, il y a eu aussi la vérité à savoir : il n?y a pas eu le respect de toutes les résolutions ou du grand nombre des résolutions prises au Sommet de la Terre tenu à Rio en 1992.
Pou mwen m panse nan yon Sommè konsa, li pi bon pou yo di men sa ki pat fèt tan yo bay manti pou bat bravo kòm si sa ki pat fèt yo te fèt.


Dezyèmman. Somè a te ka fini pi mal pase jan l fin an pou sa ki konsène tèks final si pat genyen espri de konsesyon. Sou dezyèm jou lè m rive, diferans ki te genyen ant Linyon Ewopeyèn yon kote, Ameriken yo yon lòt kote, peyi Sid yo yon lòt kote, yo reyisi jwenn yon konpwomi, yon konsansis. Pa egzanp : Si, au Sommet du Millénaire, il était question de réduire de moitié le nombre de gens affamés d?ici l?année 2015, la volonté d?y arriver à ce Sommet a au moins été renouvelée. Maintenant, est-il trop tôt pour dire qu?on n?y arrivera pas ? Moi, je pense qu?il est trop tôt. Le constat fait au cours de cette décennie mettant le négatif plus au rouge que le positif, peut stimuler les pays du Nord à respecter les engagment qu?ils viennent de prendre pour que dans 10 ans nous ayons un bilan qui soit plus positif que celui que nous venons de constater au Sommet de Johannesburg.


La question de l?eau est une question vitale et donc, si les pays du Nord tiennent leurs promesses, on observera une amélioration dans la gestion de l?eau pour que par exemple dans les pays en voie de développement nous n?ayons pas autant de décès. Car le 1/3 des décès constatés dans les pays en voie de développement, est lié à la carence en eau potable.
Donc, en gros, à mon avis, si nous devons dire la vérité en Haïti tel que je l?ai exprimé tantôt - et vous aviez réagi par vos applaudissements -, c?est cette vérité aussi que lors de ce Sommet nous avions constatée. Mieux vaut se dire la vérité dans le respect que de se glorifier dans le mensonge.
Je dirais que ce Sommet à été un Sommet de vérité plutôt qu?un Sommet de bluff. Mieux vaut avoir un Sommet de vérité pour qu?on aille de l?avant à partir de cette vérité plutôt que d?avoir un Sommet où les chefs d?État seraient contents de se donner la main pour se glorifier alors que, pendant la dernière décennie nombres d?engagements n?ont pas été tenus. Chez nous, nous sommes au carrefour de la vérité du bicentenaire de l?indépendance. Restons-y en nous donnant la main pour que la négritude, l?haïtianitude, d?ici 2004, deviennent des phares qui traversent tant le monde des noirs, des nègres que celui des blancs.
Merci!
(APPLAUDISSEMENTS)
Président Jean-Bertrand Aristide
Port-au-Prince
04/09/2002
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