[17 decembre 02 midi ] Lettre ouverte des journalistes haitiens en exil
A l'ocasion du Premier anniversaire des événements dramatiques du 17 décembre 2001 en Haïti :
Y'en a marre ! ! !
Face à la conjoncture difficile et délicate que vit le pays, nous, journalistes haïtiens en exil, estimons indispensable d'apporter notre soutien aux différents secteurs de la vie
nationale mobilisés actuellement en vue de déraciner le régime sanguinaire aristidien au pouvoir. Nous constatons en tout premier lieu, qu'une année après les sanglants
événements du 17 décembre 2001 ayant conduit à notre exil, Jean-bertrand Aristide et
ses chimères cannibales continuent de persécuter la presse haïtienne.
Nous avons été choqués d'apprendre qu'une dizaine de journalistes de la ville des
Gonaïves a dû se réfugier a Port-au-Prince pour échapper à une mort certaine
programmée par le régime et ses affidés. A titre d'exemple, un individu se faisant appeler " Kiben " , homme de main du Palais National , officiellement en fuite , a juré la perte de nos confrères des Gonaïves qu'il accuse de travailler au profit de l'opposition . Nous nous déclarons solidaires de ces journalistes pourchassés.
Hier, étions dans l'angle de tir de Lavalas.
Aujourd'hui , c'est leur tour. Demain, ce seront bien d'autres journalistes qui risquent de subir le même sort sinon pire si le régime lavalassien n'est pas mis hors d'état de nuire. Nous profitons de ce triste anniversaire pour saluer le courage des associations de journalistes principalement l'Association des Journalistes Haïtiens ( AJH ) qui ont volé au secours de ces confrères en danger de mort. Seule la solidarité agissante entre journalistes de tous horizons, d'une part , et associations de journalistes et de patrons de presse, d'autre part , peut empêcher les chimères à la solde d'Aristide de détruire la presse en assassinant les journalistes un à
un comme ils l'ont déjà fait pour Jean
Dominique et Brignol Lindor .
Nous déplorons au passage le fait que certains journalistes et patrons de presse amarrés à la table du patron de Fanmi Lavalas à Tabarre aient tenté de faire croire que nous avons laissé le pays pour des raisons strictement économiques. C'est une manière assez malhabile de justifier le piteux
coup de théâtre du 17 décembre 2001 . A ces sans vergogne, nous rappelons ceci : l'histoire de la presse haïtienne retiendra que, tout comme Jean-Claude Duvalier en novembre 1980, Jean-Bertrand Aristide, l'apprenti dictateur, a démantelé la presse . C'est un acte qui ne sera pas impuni. Nous ne saurions enfin ne pas encourager
toutes les couches du pays à :
1) faire front commun contre cette racaille.
2) maintenir vive la flamme de la mobilisation en vue d'en finir avec ce regime lavalas.
3) réfléchir sur des solutions alternatives de sortie de crise qui ne soient pas des élections pipées, frauduleuses , auxquelles aucun citoyen conséquent ne doit prendre part.
Si le pays ne peut plus continuer a gérer des crises interminables ne profitant en fait qu'à M Aristide, ses suppôts nationaux et internationaux, il s'agit avant tout de redonner l'espoir à ce peuple. Cela dit, nous appuyons les différentes manifestations, rassemblements pacifiques et prises de positions des étudiants, du secteur privé non réactionnaire, de l'opposition conséquente, des masses paysannes et populaires et de tout autre secteur organisé du pays ayant comme objectif le renversement du pouvoir aristidien synonyme de répression systématique, de crise politique, sociale et économique, d'insécurité, de corruption éhontée, d'incompétence, d'augmentation du coût de la vie chère ,.
Vive la nation haïtienne, libre, dépouillée des
petits dictateurs aux pieds d'argile.
Pour les journalistes en exil:
Garry Bérlizaire, Brockton, Massachussets
Phares Duverne, North Miami, Florida
Samuel Trezil, Sommervil, Massachussets
Carlo Sainristil, Malden, Massachussets
Yves-Clausel Alexis, Washington DC
Franceline Leonard, Huntsville, Alabama
Ernst Océan, North Miami, Florida
Jean-Marie Maillard, Palmeto, Florida
Robert Philomé, Paris, France
Arthus Weibert, Paris, France
Abel Descollines, Paris France
Gaston Janvier, Guadeloupe
Zacharie Nazaire, Brooklyn, New-York
Israël Jacky Cantave, Paris, France.