Un plan du Palais national pour capturer Jean Tatoun aurait échoué
Un plan monté récemment par le Palais national dans le dessein d'appréhender Jean Pierre Baptiste, alias Jean Tatoun, a échoué, rapporte Haitian Times.
Cet échec est enregistré lorsqu'un officier de la Garde-côte haïtienne a libéré trois hommes chargés de « séduire » Baptiste pour sa capture,
Le journal haïtien édité en Amérique du Nord indique, dans son numéro du 1er au 7 janvier 2003 que le Palais national a payé des milliers de dollars américains à un informateur qui, selon un ancien officier de surveillance, Obson Cherichel, était chargé d?entraîner l?évadé Jean Pierre Baptiste à bord d?un bateau. Cette man?uvre devrait aider des agents des forces SWAT ou CIMO à capturer le leader de l?armée rebelle « Cercueil », une fois qu?il serait en mer.


Léon Charles, commissaire de la Base naval Amiral Killick cité par Haitian Times, a déclaré que le directeur central de la police administrative Frantz Gabriel s?est servi des ressources de la Base navale dans le cadre de la mission spéciale qui constituait à mettre la main sur Baptiste. Celle-ci s?est achoppé parce que Baptiste n?est pas monté à bord de l?embarcation. Et l?opération a échoué après que Cherichel, qui était affecté à la base des gardes-côtes à Bizoton, sud de la capitale, a libéré trois hommes pivots du plan de capture de l?évadé du 3 août 2002.


Selon le journal, Cherichel a pris entre temps la fuite, avec l'aide de la Coalition nationale pour les droits des Haïtiens, qui a également contacté la fiancée de l?ancien officier, Kettlie Buessereth, et a arrangé leur passage aux Etats-Unis via la République dominicaine. Cherichel a déclaré que les membres de sa famille qui sont restés en Haïti étaient observés et subissaient des menaces ; il espère qu'en rendant public cette histoire, ceux qui auraient l?intention de lui nuire ou de nuire à sa famille se raviseraient.
Depuis six mois environ, rappelle l?hebdomadaire, un camion s?est enfoncé dans une prison des Gonaïves et a facilité la libération de 150 résidents, y compris un adversaire du président Jean-Bertrand Aristide. Et un plan monté récemment pour capturer le dissident a échoué, ont dit les fonctionnaires cités par le journal qui dénote les diffiicultés du gouvernement à tracer des criminels reconnus coupables.


Selon Cherichel, un informateur dénommé Alexandre « Canal du Vent » Pierre a été contracté pour prendre au piège Baptiste en lui promettant de l?emmener à Providenciales, une des îles Turques et Caicos, voisine d?Haïti. « Canal du Vent a déclaré qu?il travaillait pour le compte du Président en vue de l?aider à capturer Jean Tatoun, Amiot Métayer et leurs partisans », a indiqué Cherichel depuis les Etats-Unis. Il a ajouté que l?informateur avait déjà reçu la moitié des $12,000 que lui avait promis son employeur. Toutefois, il était convenu que s?il ne ramenait personne, il devrait les rembourser.
Ira Kurzban, un avocat de Miami, sud de la Floride, et porte-parole de l?administration du président Aristide, a souligné qu?il était plus préoccupé par le fait que les Etats-Unis aient délivré un visa à Cherichel, après qu?il a admis avoir déjoué un plan du gouvernement, que par l?échec de la mission.
Jean Tatoune est marié et père de cinq enfants. Il s?est particulièrement illustré dans les événements qui ont abouti au départ de Jean Claude Duvalier en 1986. Ensuite, il s?est allié au Front pour l?avancement et le progrès d?Haïti, FRAPH, un groupe controversé, lié aux ex-Forces armées d?Haïti dans la répression pendant la période du coup d?Etat contre Aristide, en 1991. Jugé et condamné, il s?est évadé de la prison des Gonaïves où il purgeait une peine à perpétuité pour sa participation, en 1994, dans le massacre de Raboteauqui fit des milliers de victimes.
HPN - Article No. 20030104220756