Tropiques: sur la route du Café
La route du café s?étend sur trois continents, entre le tropique du Capricorne et le tropique du Cancer. Visite cette semaine de quelques pays producteurs situés dans la zone Amérique/Antilles.
Le caféier se cultive sous un climat chaud et humide dans une zone géographique comprise entre le tropique du Capricorne et le tropique du Cancer. Quand on voyage dans ce qu?on appelle communément le Sud, on a donc de fortes chances de croiser la Route du café.
Au total, 75 pays produisent du café, mais les principaux pays producteurs sont au nombre d?une trentaine, répartis sur 3 continents, soit l?Amérique (centrale et du Sud), l?Afrique et l?Asie.
Dans la zone Amérique/Antilles figurent plusieurs pays producteurs de café, dont certains se situent dans le peloton de tête des grands exportateurs mondiaux.
Il en est ainsi du Brésil, de la Colombie, de la Jamaïque, mais également du Costa Rica, du Salvador, du Honduras, du Mexique, du Nicaragua, ainsi que du Venezuela et du Pérou, et enfin de Cuba, d?Haïti, de la République dominicaine et de PortoRico.
Une longue migration
Le caféier aurait été découvert à l?état sauvage dans l?actuelle Éthiopie.De là, grâce aux échanges commerciaux, il serait passé au Yémen, dont le port d?exportation s?appelait Moka. Cette dernière contrée fut longtemps le seul producteur et exportateur de café.
En Occident, ce sont des commerçants néerlandais qui, les premiers, s?emparèrent de plants de caféiers qu?ils implantèrent dans leurs colonies extrême-orientales, notamment en Indonésie.
Plus tard, les Pays-Bas eurent la générosité d?offrir des plants à chacun des jardins botaniques royaux d?Europe. Cela explique que la culture du caféier gagna la plupart des colonies que comptaient dans les îles et sur le continent d?Amérique, puis enAfrique, les principaux pays européens, soit l?Espagne, le Portugal, la France, laGrande-Bretagne et les Pays-Bas.
À la conquête du monde
Àl?époque de la mise en exploitation des terres nouvellement conquises outre-mer, les cultures étaient en effet centrées sur des productions destinées à être consommées dans les métropoles.
Ainsi, à compter de la fin du XVIe siècle, dans la plupart des colonies bénéficiant d?un climat tropical ou équatorial, on vit prospérer les plantations de café, de tabac, de cacao, de coton, d?indigo et de canne à sucre.
Selon les aléas du marché et, parfois, les difficultés liées aux routes maritimes, on vit certaines des colonies miser plus fortement sur certaines de ces productions ou carrément les délaisser.
Il en fut ainsi, par exemple, de la Martinique et de la Guadeloupe qui abandonnèrent à un moment donné la plupart des autres productions d?exportation au profit de la canne à sucre.
Au Domaine Château Gaillard, à Trois- Islets, en Martinique, un intéressant musée raconte l?épopée du café (et aussi celle du cacao) à travers les siècles et à travers le monde.
Aujourd?hui, on ne produit plus de café En Martinique. Par contre, en Guadeloupe, où la production fut jadis très répandue, quelques planteurs en ont relancé la culture à un stade artisanal, notamment à Vieux-Habitants, dans la région Basse-Terre, où se situe également un Musée du café.
Café de montagne, café de plaine
Deux souches de caféier, qui ont donné chacune plusieurs variétés, se partagent le monde, soit le robusta et l?arabica. Le robusta, très puissant et très corsé, s?adapte aux terres de plaine et jusqu?à une altitude de 600 mètres.
L?arabica, qui donne un café plus doux, plus fin et plus subtil, se cultive dans les terres situées à une altitude de 600 à 2000 mètres.
Alors que, dans les plaines et les grandes étendues, la récolte s?effectue mécaniquement, dans les caféières de montagne, le café se récolte manuellement, grain par grain, choisi à maturité idéale.
Dans l?hémisphère Sud, la récolte du café se déroule d?avril à juin, tandis que dans l?hémisphère Nord, elle a lieu de novembre à avril.