Lascahobas est une commune aux potentiels écotouristiques et culturels inexploités. Un exutoire à l'agitation, à "l'anarchie organisée", au "chaos urbain" ...
Située à 73 kilomètres de la Croix-des-Bouquets, Lascahobas, (Les Acajoux de son nom indien) est restée une commune agréable en dépit des graves problèmes d'infrastructures auxquels elle est confrontée. Electricité, système de drainage des eaux usées...
S'étendant sur 236 Kilomètres carrés, elle compte trois sections communales généreusement garnies de sites historiques et touristiques.
Les Forts Anglais, Cerecite, Jacques..., bien qu'abandonnés aujourd'hui, renseignent sur la stratégie défensive post 1804 qui consistait en la création et la fortification de villes intérieures dans la perspective d'un retour éventuel des colons français.
Sur le plan touristique, la grotte Nan Remi, dans la localité de Poulie, Nan Kafe, Nan Frechè et la Peigne - une source magnifique, à cinq minutes en voiture du centre-ville - sont autant d'atouts qui font de Lascahobas l'une des perles méconnues d'Haïti.
Loin de l'agitation, du chaos et de l'anarchie qui prévaut dans la capitale, cette ville en forme de cuvette est une oasis traversée par cinq rivières qui offre la paix d'esprit.
Jalousement protégée par des arbres millénaires, Lascahobas a survécu à la furia des braconniers. Appâtés par l'argent facile, les vautours se sont jetés sur ses arbres précieux, ses acajoux..., soit pour les transformer en charbon de bois, soit pour les vendre sous forme de planches.
Comptant plusieurs rues adoquinées, le centre-ville est traversé par une route qui mène à Belladère, une ville limitrophe à la frontière haïtiano-dominicaine.
Lascahobas, l'un des points de passage préféré du président Jean Pierre Boyer qui à gouverné l'île entière pendant 21 ans, est un lieu de brassage ethnique.
A chaque coin de rue, on tombe sur des enfants métis, fruit de copulations furtives des habitants des deux communautés.
Aussi, la morphologie amérindienne de paysannes venant de Jumpas, de Ti fon, témoigne de la présence des descendants des premiers maîtres, des premiers occupants de la terre d'Haïti.
Une terre qui invite à la transcendance de la matière. Une terre qui a pourtant été le théâtre du premier génocide du « Nouveau Monde » perpétré par des conquistadors rapaces assoiffés d'or.
A la tombée de la nuit, Lascahobas est comme une ville morte. Il n'y a pas d'électricité, ni de distraction. Les enfants sont souvent confinés à l'intérieur de leur maison.
Mais pour ceux qui viennent de l'enfer de la capitale, le piaulement des oiseaux, l'air pur, le ciel étoilé comblent de bonheur, de sérénité.
Un plaisir connu, donc non exotique pour les lascahobassiens.
A proximité de la place de l'église Saint Gabriel où trône une statue de feu père Bloch, Marie, une dame qui vend des fritures, s'en plaint. Elle rêve de courant électrique.
« ...Le barrage de Péligre est construit sur les terres de Lascahobas et aujourd'hui, nous n'avons plus de courant », indique-t-elle.
"Dans le temps, la ville bénéficiait de l'électricité 24 heures sur 24", renchérit-elle.
Entre pleurnicherie légitime et projets pour faire renaître Lascahobas de ses cendres, nous avons accompagné des baigneurs de pleine lune à la rivière Lescahob.
Dans une eau douce au reflet argenté, nous nous sommes laissés emporter par nos souvenirs. Cette rivière, lieu de toutes les conquêtes, lieu de toutes les séductions de gamins turbulents et amoureux, nous a redonné du plaisir.
Après cette baignade, le lendemain matin sur le chemin du cimetière où sont enterrés oncles et tantes, nous avons ressenti une certaine quiétude.
Lascahobas est un petit plaisir à s'offrir. Mais aussi un lieu à exploiter dans la perspective du développement du tourisme écologique et culturel ...
La ville dipose d'un hôtel situé à proximité du marché et d'un club, le Paradis Discos appartenant à la famille Jolly.
(pour bien illustrer, bientot des photos)