Lieu de mémoire, poumon vert, l'Habitation Leclerc combine tant d'atouts pourqu'elle passe de l'ombre à la lumière.
Perchée sur les hauteurs de Martissant, l'Habitation Leclerc est un poumon vert, un lieu de mémoire en déclin ceinturé par des bidonvilles. Ce site abritant un hôtel du même nom où des stars de Hollywood comme Roger Moore... passaient leurs vacances lorsqu'Haïti était la mecque du tourisme mondial, est toutefois en passe d'être réhabilité et valorisé.
Le 29 juin 2007, au terme de l'article premier d'un arrêté presidentiel , l'ensemble des propriétés de ce site, d'une superficie totale de 159,867,96 mètres carrés est déclaré d'utilité publique et dénommé « Parc de Martissant » traversé du nord au sud par la rue Martissant 23 et de l'est à l'ouest par la route des Dalles, précise l'arrêté dans son quatrième alinéa.
Selon le document, un jardin botanique y sera aménagé, des infrastructures de proximité à vocation environnementale, historique, culturelle, scientifique et éducative, accessibles à tous et à toutes seront aménagées. Les propriétaires et les spoliateurs du site comprenant plusieurs habitations seront expropriés conformément à l'article 36.1 de la Constitution en vigueur et à la loi du 5 septembre 1979 sur l'Expropriation forcée pour cause d'utilité publique.
En vue de mettre en oeuvre cette expropriation et de permettre à l'Etat d'acquérir officiellement les propriétés concernées, la Direction générale des Impôts (DGI), service déconcentré du ministère de l'Economie et des Finances chargé de gérer les biens du domaine privé de l'Etat et de le représenter en justice, a procédé à une opération cadastrale en novembre 2007 et la FOKAL a déjà recensé les gens habitant les résidences désignées dans l'arrêté du 29 juin 2007, a-t-on appris de sources généralement bien informées.
Suite à la publication de l'arrêté presidentiel, le 13 aout 2007, un contrat de gestion du programme de réhabilitation du Parc de Martissant a été signé entre l'Etat Haïtien engagé par le Premier ministre Jacques Edouard Alexis et Michèle Duvivier Pierre-Louis, Directrice éxécutive de la FOKAL. Selon les termes de ce contrat dont le montant n'a pas été précisé, la FOKAL doit assurer :
la mise en place d'une unité de gestion du parc ;
la sécurisation du périmètre boisé ;
la création d'un arboretum devant évoluer vers un véritable jardin botanique ;
la réhabilitation des immeubles pour la création d'infrastructures de proximité, c'est-à-dire de bâtiments et d'espaces mis à la disposition du public de manière à favoriser le développement social et la vie collective du quartier ;
la réalisation d'un diagnostic démographique socio-économique, environnemental et infrastructurel, en vue de l'élaboration et de la mise en oeuvre d'un projet de revitalisation de quartiers dans le périmètre déclaré « Zone Réservée ».
Ce contrat de trois ans renouvelable engage aussi la Mairie de Port-au-Prince appelée à donner son plein appui au projet de création du Parc de Martissant dans le but d' assurer la durabilité, la pérennité et la réussite du projet». Ce parc est borné au nord par les héritiers Soray et les héritiers Millery ; à l'ouest par les héritiers Destouches et les héritiers Soray; au sud par les terrains de la Banque de la République d'Haïti ; et à l'est par les héritiers Fongging, la Route des Dalles et les Résidences de l'Electricité d'Haïti (ED'H).
Le projet de création du parc a été bien accueilli par le journal qui, récemment et à maintes reprises, avait tiré la sonnette d'alarme et attiré l'attention des décideurs sur la dimension historique, culturelle, stratégique et écologique de cette portion du territoire national.
Qui finance ce projet ? Quel est le montant du budget alloué ? A quel point sont les travaux ? Va-t-il avoir un déplacement de population ? ...Ce sont autant de questions auxquelles l'opinion publique attend des réponses. En attendant, l'Habitation Leclerc passe lentement, de l'ombre à la lumière. Et c'est de bonne guerre...
Source: Le Nouvelliste