Les Haïtiens étaient appelés, hier, à élire leur président et leur Parlement
Ces premières élections de l'après-Aristide en Haïti ont été marquées par une grande désorganisation. Deux personnes sont mortes à Port-au-Prince, l'une d'une crise cardiaque, l'autre par asphyxie, a indiqué un responsable de l'ONU, mettant ces décès sur le compte de l'inexpérience et de la frénésie des Haïtiens à vouloir voter. Au moins six personnes auraient également été blessées lors de mouvements de foule.
Mauvaise organisation
Ces personnes ont été victimes non pas d'actes de violence, qui étaient particulièrement craints, mais d'une mauvaise organisation du scrutin, dont la date a été repoussée quatre fois. Sous la surveillance d'observateurs internationaux, les élections sont encadrées par 9 500 militaires et policiers de l'ONU.
Officiellement, les bureaux ont été ouverts à 6 heures, mais dans de nombreux cas les opérations de vote n'avaient toujours pas débuté deux heures après. Les autorités avaient appelé les Haïtiens à se rendre très tôt et en masse dans les bureaux de vote, parfois distants d'une quinzaine de kilomètres de leur domicile. L'impatience et l'énervement, avec la chaleur en plus, ont gagné plusieurs files d'attente. Dans plusieurs centres électoraux, la foule a forcé des barrages pour entrer dans les bâtiments.
Les Haïtiens votaient pour élire un nouveau président et un nouveau Parlement, lors de ces premières élections organisées depuis la chute en 2004, du régime de Jean-Bertrand Aristide, exilé en Afrique du Sud.
Sur les 33 candidats en lice pour la magistrature suprême, le favori est l'ex-président René Préval (1996-2001), ancien proche d'Aristide. Les résultats ne sont pas attendus avant trois jours. Un second tour est prévu le 19 mars si aucun candidat n'obtient plus de 50% des voix. AFP / AP