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La tragédie de Adeline Laborde Toussaint

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La plus belle
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Published by TiCam- 06-21-07
news La tragédie de Adeline Laborde Toussaint

Ou les misères des soins de santé en Haïti
Grande lectrice du journal Le Nouvelliste dont elle recevait trois (3) exemplaires chaque jour du lundi au vendredi, Adeline, que j'ai vue se marier avec Péguy et donner naissance à leur fils Ralph, est morte le dimanche 10 juin dans des circonstances troubles. La cause de son décès : éclampsie non diagnostiquée et confirmée par autopsie, ou pneumonie bactérienne réveillant un diabète méconnu, latent ou choc sceptique ?
Elle était, depuis 2000, une amie avec qui j'entretenais des relations de travail. Agée de 32 ans, elle avait le goût de vivre, de se cultiver, de se former pour changer éventuellement d'emploi, de donner naissance à un deuxième enfant. Elle avait promis de fermer définitivement la vanne de la reproduction après la deuxième grossesse pour, bien sûr comme toutes le femmes de son âge, laisser ouverte celle du plaisir.
Je compatis à la douleur de sa famille et je présente mes plus sincères condoléances aux parents.
Cette mort, que je peux appeler Ma mort en ce qu'elle me rappelle ma fin dernière et nos relations de proximité, appelle quelques considérations. Elle permet de soulever un certain nombre de questions qui sont, peut être, déjà posées en d'autres termes mais qu'on gagne toujours à agiter toutes les fois qu'on se rend compte que les réponses tardent à venir.
1. Le comportement des médecins
Trois (3) médecins, peut-être brillants hommes et femmes d'affaires, sont impliqués dans ce « cas » qui, manifestement, a été traité avec une insoutenable légèreté. Ils ont sous-estimé et sous-évalué les risques et, devant la catastrophe imminente, ils se sont éclipsés. Il est inutile de chercher à préciser le nombre de femmes décédées par manque de soins adéquats sans que l'opinion publique ne s'en émeuve, sans que les collègues n'aient pris une position claire sur la pratique des soins de santé en Haïti. Seule la position sociale de Adeline Laborde Toussaint a pu permettre de crier au scandale et de demander des comptes. Il y a un laxisme que ne peuvent justifier ni la précarité des ressources ni le besoin de faire fortune rapidement sur la détresse des gens. Un médecin, conscient, responsable, réfère très vite, sans hésitation, une patiente à un collègue dont la compétence est établie, reconnue.
2. Les cliniques « borlette »
Le secteur socio-culturel se « borlettise » en Haïti de manière sûre et progressive : l' école, le collège, le centre professionnel, le centre de santé, l'université, l'hôpital, la pharmacie, la « clinique ».... Les cliniques, établissements de soins privés, champignonnent pour répondre, tant bien que mal, à la demande croissante d'une population aux abois, en quête de soins, face à l'Etat incapable de s'adapter à la demande et de superviser, de manière régulière et sérieuse, les cliniques autorisées à fonctionner. Il devient alors relativement facile d'exploiter l'ignorance et la naïveté des gens qui s'en remettent au « spécialiste » pour se soigner.
3. La formation des médecins
Comment devient-on spécialiste en obstétrique et gynécologie actuellement en Haïti ? En dépit de mon ignorance, la question est entière et demeure posée. Voila un bon sujet de réflexion pour les responsables de l'enseignement supérieur en Haïti, et particulièrement pour le rectorat de l'Université d'Etat d'Haïti qui, il n'y pas longtemps, avait le monopole de la formation de médecins. Il a été enregistré une augmentation croissante du nombre de facultés de médecine et par conséquent du nombre d'étudiants en médecine. La population, de manière légitime, se pose une question angoissante : cette augmentation, sans planification, ne s'est elle pas faite globalement au détriment de la qualité ?
4. L'absence d'un hôpital de référence
L'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti devrait être à la fois un hôpital général et universitaire. Il est général, non pas parce qu'il doit accueillir les pauvres, les misérables, le petit peuple et ses fils, les masses populaires, etc. en grand nombre selon la terminologie à la mode, mais parce qu'il offre tous les services dans tous les domaines de la médecine. Il est aussi universitaire parce qu'il est bien équipé, bien pourvu en ressources de toute sortes pour pouvoir être la référence, c'est-à-dire là ou le malade atterrit en cas de non résultat ailleurs, dans une clinique privée avec lits par exemple. Un tel hôpital public en fonctionnement accueillerait volontiers Adeline Laborde Toussaint qui pourrait en ressortir bien vivante avec sa progéniture dans ses bras, heureuse que sa pathologie ait pu servir à la formation initiale ou continue des médecins en herbe ou confirmés. Et pourtant, que de CRIS ont été poussés dans l'enceinte de cet hôpital !!!
5. L'absence d'un ordre des médecins
Il y a l'Association Médicale haïtienne préposée, en théorie, à la défense des intérêts immédiats de ses membres, des intérêts corporatifs. Je ne suis pas sûr qu'elle est armée pour défendre leurs intérêts stratégiques. Elle ne fonctionne pas non plus comme un ordre qui assure la discipline de ce groupe de professionnels et la protection du public contre certaines erreurs impardonnables et monumentales de certains de ces membres. Si, dans le passé, ces derniers étaient sanctionnés négativement, des médecins afficheraient un autre comportement attendu de professionnels incontournables dans notre société qu'ils ne doivent pas mettre en danger, vu le statut privilégié qui est le leur. A ce titre, cette association de médecins devrait prendre position ouverte, publique sur tous les grands problèmes de santé publique ayant une incidence sur la pratique erronée de ses membres.
6. La multidisciplinarité
Pourquoi les trois médecins ne se sont-ils pas donné rendez-vous au chevet de Adeline Laborde Toussaint puisqu'ils font partie de l'équipe de la clinique ? Ils ont adopté un fonctionnement en tiroir, ils ne travaillent pas vraiment en équipe dans une multidisciplinarité bien comprise. On doit former une équipe non seulement pour construire et équiper une clinique, pour fixer les honoraires mais surtout - et ce qui est de loin le plus important - pour le diagnostic en commun, l'examen en commun d'un malade de la patiente Adeline Laborde Toussaint. Il n'y a aucun mal à reconnaître son impuissance, son incompétence devant ce cas difficile et à solliciter la lumière d'un ou de collègues pour, ensemble, essayer de trouver la solution optimale allant dans la préservation de la vie de Adeline Laborde Toussaint et de son enfant.
7. L'impunité
La situation d'impunité généralisée ou la mentalité qui veut que personne n'est responsable en Haïti ; la solidarité mal comprise entre collègues rivaux, « Kase fey kouvri sa » ; aucune poursuite intentée contre des médecins fautifs ; aucune condamnation publique pour erreurs médicales : tout cela n'incite pas à responsabiliser les médecins et les responsables de la santé publique qui agissent dans un cadre très peu contraignant.
8. La situation actuelle
Elle est marquée par:
- l'existence de nombreux établissements de soins privés avec ou sans le contrôle de l'Etat, c'est-à-dire du ministère de la Santé publique ;
- l'existence d'une médecine à plusieurs vitesses : en témoigne le prix des consultations qui varie énormément d'un médecin à un autre. Quelle était la vitesse de la médecine qui était offerte à Adeline Laborde Toussaint ? De quelle médecine Adeline Laborde Toussaint avait-elle besoin ?
- l'existence simultanée d'une médecine haïtienne subissant la concurrence d'une médecine étrangère : cubains, médecins sans frontières, MINUSTAH, ONG, etc. Avec une dévalorisation de la première et une affection particulière pour l'étranger. Et si Adeline se faisait suivre par un médecin cubain ou un médecin étranger des Cayes ? La norme désormais, si on veut avoir des soins de qualité, est-elle de se rendre en République dominicaine, à Cuba et en Amérique du Nord ?
- le renvoi, la marginalisation officielle de nos meilleurs médecins, professionnels chevronnés, pour faire place nette aux tenants de l'idéologie du nivellement par le bas au nom d'une promotion sociale pervertie;
- l'absence d'une assurance-maternité pour les travailleuses;
- le dysfonctionnement du système national de santé publique.
En conclusion...
Le ministre de la Santé publique est interpellé et, à travers lui, tous les décideurs. Comme gynécologue/obstétricien, comment conçoit il qu'une jeune femme, suivie par son médecin pendant sept mois de grossesse, meure par suite de non-assistance efficace à personne en danger ? Espérons fortement que le bruit fait autour de ce cas épargnera à nos femmes enceintes de vivre les malheurs de Adeline Laborde Toussaint.
Que son âme repose en paix !
Source: Le Nouvelliste
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  #1 (permalink)  
By TiCam on 06-21-07, 12:27 AM
news Le décès de Mme Adeline Laborde Toussaint

Le décès d'une patiente enceinte de sept mois, Mme Adeline Laborde Toussaint - dans des circonstances troublantes et non encore élucidées, à un centre hospitalier du pays, MEDIMAX - au lieu de susciter des considérations bêtement sexistes, doit ouvrir les yeux de la société sur les dérives de l'exercice incontrôlé de certaines professions, sur l'impérieuse nécessité de créer des institutions chargées de réguler tous les champs d'activités sensibles et de les renforcer, de les structurer quand elles existent.
Ce décès, parce que largement médiatisé, a provoqué la réprobation de divers secteurs de la société qui se sont jetés à bras raccourcis sur les médecins traitants qui seraient coupables de négligence grave et dont la compétence serait mise en doute. Tout de suite, tout le corps médical est mis sur la sellette parce qu'on découvre aujourd'hui seulement l'absence d'un Ordre des médecins qui se chargerait des questions d'éthique ou de déontologie de la profession et barrerait la route aux charlatans. Soit !
Faut-il, dans ces conditions, déplorer « la qualité des soins de santé accessibles aux femmes, plus particulièrement aux femmes enceintes » ? Comme s'il n'y avait que les femmes à être continuellement victimes de ces négligences médicales dans le pays... Ce n'est pas une question de discrimination fondée sur le sexe. Il est principalement question d'élaborer et d'appliquer une politique nationale en matière de santé capable d'englober tous les secteurs (privé et public) et de créer un cadre légal dans lequel doit fonctionner tous les agents dans le respect des normes, dans le strict respect du droit à la vie et à la santé des femmes, des hommes, des enfants, de toute la grande famille haïtienne. Les dégâts causés par des médecins sont perceptibles puisqu'il y a souvent mort d'homme. Est-il mesurable ceux causés par d'autres professionnels au niveau de la santé mentale de la population ou ayant des répercussions graves sur l'équilibre social ?
Babye poul, babye malfini !
Puisque nous parlons d'institutions ayant un pouvoir cognitif, nous reluquons tout naturellement, en toute équité, en toute honnêteté, le monde de la communication sociale en Haïti. Il est expressément question de s'interroger également sur la gestion des ondes publiques. A-t-on pensé à définir pour le pays une politique en matière de communication et un système communicationnel qui prévoieraient toutes les institutions chargées de réguler le monde de l'audiovisuel tout particulièrement ? Y a-t-il un conseil supérieur de l'audiovisuel, un ordre des journalistes ou un conseil de la carte pour contrer les dérives de la presse ?
Savez-vous qu'il y a des " gratte-ciel " qui sont construits dans le pays sans que le plan soit soumis à une quelconque autorité de l'Etat, sans qu'on se renseigne sur la compétence du maître d'oeuvre ?... Suivez notre regard !
Il est simplement question de prendre ce pays au sérieux, de se soucier effectivement de la protection des vies et des biens de tous les citoyens sans distinction.
Source: Le Nouvelliste
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  #2 (permalink)  
By Al Saqr on 06-21-07, 01:01 AM
Quote:
- au lieu de susciter des considérations bêtement sexistes
Quelles considérations bêtement sexistes ?
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  #3 (permalink)  
By TiCam on 06-21-07, 08:53 AM
@Al Saqr please note:
Quote:
Originally Posted by TiCam View Post
Faut-il, dans ces conditions, déplorer « la qualité des soins de santé accessibles aux femmes, plus particulièrement aux femmes enceintes » ? Comme s'il n'y avait que les femmes à être continuellement victimes de ces négligences médicales dans le pays... Ce n'est pas une question de discrimination fondée sur le sexe. Il est principalement question d'élaborer et d'appliquer une politique nationale en matière de santé capable d'englober tous les secteurs (privé et public) et de créer un cadre légal dans lequel doit fonctionner tous les agents dans le respect des normes, dans le strict respect du droit à la vie et à la santé des femmes, des hommes, des enfants, de toute la grande famille haïtienne. Les dégâts causés par des médecins sont perceptibles puisqu'il y a souvent mort d'homme.
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  #4 (permalink)  
By Al Saqr on 06-21-07, 02:00 PM
Qu'est-ce qui est sexiste là-dedans ? J'avais vu mais je n'avais rien trouvé d'anormal dans ces propos...
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  #5 (permalink)  
By TiCam on 06-21-07, 02:11 PM
Je pense qu'il s'adresse au ministre des affaires feminines. Je crois avoir lu l'article.
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  #6 (permalink)  
By Al Saqr on 06-21-07, 02:19 PM
Ok. ça veut dire que la partie sexiste n'est pas dans cet article ci ?
J'essayerai de le trouver sur le site du nouvelliste.
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  #7 (permalink)  
By TiCam on 06-28-07, 06:47 PM
news Haro sur les médecins,

La critique contructive, c'est bien; mais taper ou cela fait mal simplement pour le plaisir s'appelle sadisme!
L'affaire MEDIMAX a un retentissement extraordinaire, et malheureusement les passions se déchainant, l'objectivité et la calme observation des faits font défaut. Le malheur a voulu que la presse à sensation se déchaîne non pas à trouver le problème mais plutôt à vilipender des confrères. Non contente de cela, elle s'attaque à toute la profession et, cerise sur le gâteau, elle va jusqu'à étaler son ombre fétide sur la faculté ! C'est à se demander pourquoi cet acharnement qui ressemble furieusement à une vendetta.
Si le leitmotiv qui revient sans cesse est la formation de l'Ordre des Médecins, un comité d'éthique pour journalistes ne serait pas un luxe. Essayons donc de faire mentir l'auteur du : « si l'émotion est nègre la raison est hellène » et raisonnons la tête froide sur l'évènement malheureux qui aboutira au décès pénible d'une femme enceinte.
Je ne vais pas rechercher la faute médicale parce que d'une part tous en ont trouvé et d'autre part, n'ayant pas accès au dossier de la malade, je ne pourrai donner une conclusion sensée ; j'ai toujours eu horreur de l'empirisme émotionnel et préfère la froide rhétorique de la recherche scientifique. Que disent les faits : une femme enceinte est venue, suite à un malaise, chercher des soins auprès de l'obstétricien. Ce qui saute aux yeux, c'est que les signes ressentis ne furent pas alarmants pour ce praticien de carrière qui n'eut ainsi aucun problème à la référer à un autre d'expérience moindre. Celui-ci non plus ne trouva rien d'inquiétant et quand sans raison apparente le pronostic vital de la femme déclina, il...paniqua ! C'est une raison humaine qui ne pardonne pas son geste; mais son plus grand tort est d'être jeune et humain. Il s'empressa de demander de l'aide à une consoeur médecin diplômé et spécialiste dans trois mois. C'est un résident senior en fin de formation qui a la responsabilité de tout un service chaque fois qu'elle est de garde et qui, vu qu'elle n'a point été expulsée de l'hôpital, jouit de la confiance de ses paires et ses mentors. Ce n'est pas une étudiante comme veulent le faire croire les justiciers de la presse parlée. Ce médecin s'est donc retrouvé seul face à des parents inquiets et peut être vindicatifs. Elle se devait de donner des soins à une patiente à l'article de la mort sans avoir à sa disposition tout le matériel nécessaire pour faire un bon diagnostic. Qu'à-t-elle fait ? Elle aussi a paniqué !
J'adore entendre des irresponsables parler de transfert ! Transférer où ? Existe-t-il une institution sanitaire publique ou privée possédant une salle de soins intensifs ? Existe-t-il un hôpital en Haïti disposant d'un staff complet d'urgentistes prêt à toute éventualité ? Non et non ! Et cette réponse tous le savent. Je tiens encore une fois à préciser que le médecin haïtien est un être humain comme tous les êtres humains qui travaille dans des conditions difficiles où l'erreur médicale est facilitée par les multiples limites à la pratique de son métier. C'est un Haïtien qui panique comme tous les Haïtiens, qui n'aime pas aller vivre en province comme pas mal d'Haïtiens, qui ne voudra pas s'enterrer dans un bled perdu comme bien des haïtiens et qui cherchera à s'exiler autant que faire se peut comme tout Haïtien...
Face aux manoeuvres de cette journaliste qui a été jusqu'à mentir sur le résultat d'une autopsie qui parle de possibilité d'éclampsie et non pas de certitude, j'invite donc tous à aller se faire traiter par les journalistes de Radio Vision 2000. Je gage qu'avec leur aptitude merveilleuse à transformer l'information, ils arriveront à faire croire à tout moribond à l'article de la mort que sa guérison est proche. Les parents à l'enterrement chanteront avec joie le traitement de ces praticiens qui, en éliminant le malade, ont vaincu la maladie.
Dr Philippe DESMANGLES
pdesmangles@yahoo.fr
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  #8 (permalink)  
By Al Saqr on 06-29-07, 03:18 AM
La critique contructive, c'est bien; mais taper ou cela fait mal simplement pour le plaisir s'appelle sadisme!
Et est-ce une mauvaise chose ?
Le reste de l'article ne fait que soulever mon indignation......... Il y a des gens vraiment incroyables.....
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  #9 (permalink)  
By TiCam on 07-06-07, 06:19 AM
news Pour la vérité et pour l'histoire

Je prends la liberté de publier, ici, les détails du dossier médical de la patiente Adeline Laborde TOUSSAINT, vu que l'affaire a été discutée sur les ondes de Radio Vision 2000 par les journalistes, les parents, le ministre de la Santé publique et de la Population (MSPP) et par un sénateur-médecin.
Je suis le Dr Claudette PLANCHER, diplômée de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l'Université d' Etat D'Haïti (UEH) en 2003, licenciée par le MSPP en 2004. Actuellement, je fais une spécialisation post-graduée en médecine interne à l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH), et cette formation se termine dans trois mois (promotion 2004 - 2007).
Pour l'édification de tous, il convient d'établir la vérité sur l'affaire concernant Adeline Laborde TOUSSAINT et l'Hôpital MEDIMAX.
Il s'agit, en effet, d'une patiente âgée de 33 ans, suivie depuis janvier 2007 à MEDIMAX pour sa grossesse par le Dr Jean Danton MOROSE, obstétricien-gynécologue. Il y a de cela 2 semaines, elle aurait présenté un problème respiratoire avec fièvre pour lequel elle aurait pris un antipyrétique (Néo-Mélubrina) en automédication.
Le vendredi 8 Juin 2007, elle s'est rendue en consultation à MEDIMAX pour des douleurs au bas du ventre et des maux de tête. Elle fut gardée en observation par le Dr MOROSE, puis laissa l'hôpital dans l'après-midi, de sa propre volonté, sans autorisation de son médecin traitant.
Dès le lendemain, le 9 juin 2007, son problème respiratoire s'aggrava très nettement et elle fut reconduite à l'Hôpital MEDIMAX dans l'après-midi. Son hospitalisation fut décidée par le Dr Mathurin MONTLOUIS, obstétricien-gynécologue, qui l'a prise en charge.
Le dimanche 10 Juin 2007, vers 2 heures p.m. environ, je suis appelée par le confrère obstétricien- gynécologue, le Dr Mathurin MONTLOUIS, pour donner un avis médical spécialisé au sujet de la patiente dont l'état général se détériorait assez rapidement. Mon examen physique, ce dimanche après-midi, révéla un état de choc cardiovasculaire. La patiente était inconsciente avec les paramètres vitaux suivants : tension artérielle : 70/60 mm Hg, fréquence cardiaque : 100 battements/minute, fréquence respiratoire : 60 cycles/minute. La température était de 38º Centigrade. L'examen du thorax révéla la présence de râles aux deux poumons.
L'ensemble des signes et symptômes, notamment la fièvre, les râles bronchiques, la basse tension artérielle et l'altération nette de la conscience, m'ont conduite à l'impression diagnostique clinique de Choc Septique (éventuellement à point de départ pulmonaire).
Mes propositions thérapeutiques, inscrites dans le dossier, étaient de renforcer le traitement antibiotique et de traiter l'état de choc.
Le pronostic était dès mon arrivée sombre (choc septique avec altération de la conscience) et la patiente décéda environ une (1) heure après mon UNIQUE intervention.
D'après les statistiques internationales : 200000 cas de choc septique ont été diagnostiqués aux U.S.A avec 100000 morts
(mortalité 50%), ce qui représente la 13e cause de mortalité dans ce pays. En France, chaque année, 75000 cas de choc septique sont hospitalisés avec une mortalité de 40% en dépit d'Unités de Soins Intensifs bien équipées.
La patiente Adeline Laborde TOUSSAINT était une gestante qui aurait dû être mise sous stricte surveillance par ses médecins spécialistes. J'ai été appelée au stade de complication d'une maladie qui semblait évoluer depuis deux (2) semaines déjà.
En résumé :
1-Il s'agit d'une patiente au chevet de laquelle j'ai été appelée UNE HEURE avant son décès.
2-Je ne suis pas une étudiante en médecine ne connaissant pas sa sémiologie médicale. Je termine ma spécialisation en médecine interne dans 3 mois.
3-Je suis un médecin-résident finissant de 3e année, travaillant de jour comme de nuit à l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti. Je suis donc appelée à former au lit des malades et à superviser le travail quotidien des internes, des résidents de 1e et 2e année et je dois répondre en première ligne aux demandes de consultation spécialisée de médecine interne des autres services de l'hôpital, y compris le service de la maternité.
4-Je déplore le décès de cette patiente, gestante, femme comme moi. Cependant, lors de ma consultation médicale, je crois avoir pratiqué une intervention professionnelle selon les normes de bonne pratique médicale.
J'estime qu'il fallait rétablir la vérité, vu que ce qui a été rapporté et commenté dans les médias est incorrect.
Dr Claudette PLANCHER
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