Le Maroc engagé pour l'édification d'un Etat moderne et démocratique
Le Maroc est irréversiblement engagé pour l'établissement d'une société moderne et démocratique, ouverte sur son environnement régional et international et fidèle à ses origines et ses valeurs séculaires, a indiqué, mercredi à New York, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, M. Mohamed Benaissa.
"C'est ce choix qui nous permet aujourd'hui de parler d'une +expérience marocaine+ propre, fruit d'un processus endogène qui ne cherche ni à imiter d'autres modèles ni à agir dans ce sens", a ajouté M. Benaissa au cours d'une réunion ministérielle de la "Communauté des démocraties", qui se tient en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
Le Royaume, sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, n'a épargné aucun effort pour honorer ses engagements en faveur de la paix et de la démocratie, a-t-il ajouté, rappelant que, depuis le début des années 90, des réformes majeures ont été entreprises pour consolider le processus de transition démocratique.
Au niveau international, le Maroc a constamment oeuvré, dans la mesure de ses moyens, en faveur de la promotion de la paix et de la démocratie à travers le monde, a poursuivi le ministre lors de cette rencontre tenue en présence du Secrétaire général adjoint de l'ONU, M. Marc Mallock Brown.
"Que ce soit par la participation aux opérations de maintien de la paix au
Congo, en Côte d'Ivoire, au Kosovo ou en Haïti, entre autres, ou à travers les efforts pour le règlement des conflits à travers les négociations diplomatiques, le Royaume ambitionne de jouer un rôle actif sur la scène internationale en partageant modestement ses expériences et ses valeurs séculaires de tolérance et de diversité culturelle, inspirées de la tradition islamique", a-t-il relevé.
M. Benaissa a, par ailleurs, fait remarquer que l'établissement de la démocratie ne peut être que l'aboutissement d'un processus interne respectueux des besoins et spécificités de chaque pays, affirmant néanmoins sa conviction que la démocratie demeure l'unique voie pour garantir paix et sécurité dans le monde.
"Nous devons, en tant que communauté des démocraties, mettre à profit la force de nos idéaux partagés pour achever cet objectif", a plaidé le ministre, soulignant toutefois que si l'option démocratique est désormais le système politique et social idéal, il n'en demeure pas moins qu'elle constitue, non pas un événement, mais plutôt un processus continu et un défi permanent.
Il a indiqué, à cet égard, qu'il n'existait aucun raccourci ni voie aisée pour asseoir une démocratie stable et agissante, étant donné, a-t-il dit, que partout dans le monde aujourd'hui, de multiples défis comme la pauvreté, les conflits ou le terrorisme, entravent l'effort de construction démocratique.
Evoquant les actions engagées par la Communauté des démocraties, un organisme fondé en 2000 par un groupe de pays engagés en faveur de la consolidation des institutions démocratiques internationales, M. Mohamed Benaissa a évoqué notamment le lancement du Centre de transition démocratique à Budapest, le travail accompli pour accélérer la réforme du système des Nations Unies et la création du Fonds de l'Onu pour la démocratie.
Malgré les récents progrès tangibles en matière de promotion de la démocratie et l'influence grandissante de la Communauté des démocraties à travers le monde, des facteurs comme les conflits et les violences représentent les plus grands dangers pour l'émergence de la démocratie, a-t-il averti. Il a, d'autre part, évoqué les récents évènements au Liban qui constituent, selon lui, un nouveau cycle de la violence qui perdure au Proche Orient et risque d'étouffer tout espoir de voir la sécurité, la paix et la démocratie régner dans cette partie du monde.
La prochaine rencontre ministérielle bi-annuelle de la Communautés des démocraties se tiendra au Mali en 2007.