Face à la mondialisation, President de la France Jacque Chirac plaide pour une Francophonie active
20Minutes.fr avec AFP | 28.09.06 | 20h28
Face à la mondialisation et son risque d'uniformité, Jacques Chirac a plaidé jeudi à Bucarest pour une francophonie solidaire et active, notamment dans la recherche de la paix, jugeant intolérable que la discorde propage l'incendie "au sein de notre famille".
A la tribune du Sommet de la Francophonie, qui réunit à Bucarest jeudi et vendredi 43 chefs d'Etat et de gouvernement, 14 ministres et dix ambassadeurs, le chef de l'Etat français a souligné que "du dialogue des cultures dépendront, pour une large part, la paix et l'avenir du monde".
Cette "dynamique de dialogue" est à ses yeux la meilleure réponse à apporter à la mondialisation car "nos sociétés modernes sont traversées par des forces contradictoires: au risque d'uniformité, à la peur de la dilution des identités, répond la menace du repli sur soi et de la crispation".
Pour l'entourage du président français, ce 11ème sommet de la Francophonie, le premier en Europe de l'Est, constitue "un forum d'échanges important entre acteurs qui partagent la francophonie dans la mondialisation".
C'est pourquoi Jacques Chirac a pressé ses partenaires de ratifier au plus tôt la Convention sur la diversité culturelle de l'Unesco.
Sujet cher à l'Elysée en dépit de l'opposition des Etats-Unis qui craignent qu'elle soit une entrave aux ventes de films et de musique, cette convention vise à faire de la culture une exception pouvant être subventionnée par les Etats.
"Elle est notre outil commun pour développer nos politiques et nos entreprises culturelles, pour créer de nouveaux métiers, pour offrir à notre jeunesse l'espérance d'un monde d'ouverture et de liberté", a plaidé Jacques Chirac.
Lancée en 2002 et promue par la France et le Canada, cette convention a été approuvée par l'Unesco en octobre 2005 à Paris et a déjà été ratifiée par la Roumanie.
Seuls Israël et les Etats-Unis, sur 150 pays, ont voté contre. Mais pour entrer en vigueur, elle doit encore être ratifiée par au moins trente pays dans un délai de deux ans.
Dans la même veine, la France, moteur de la Francophonie dont elle finance 80% du budget soit 136 millions d'euros par an, a signé jeudi un accord pour la création à Paris en 2008 d'une "Maison de la Francophonie" qui accueillera l'ensemble des institutions de cette organisation.
Et Jacques Chirac a annoncé la signature à la Sorbonne d'une charte pour l'accueil des étudiants étrangers boursiers en France, prévoyant que ceux-ci, puissent, sous conditions, "disposer d'un visa de long séjour renouvelable automatiquement".
La France, qui accueille plus de 265.000 étudiants étrangers dont la moitié d'Afrique francophone, a modifié en mai dernier les conditions de délivrance des cartes de séjour temporaires pour les étudiants étrangers, dans le cadre de l'examen du projet de loi Sarkozy sur l'immigration.
Pour autant, a souligné M. Chirac, cette dynamique ne peut avoir lieu si, "au sein de notre famille, la discorde propage des incendies".
Il a opposé les exemples "qui montrent que le dialogue et la négociation sont possibles" -- Haïti, Mauritanie, Togo et république démocratique du Congo--, à "la tragédie qui vient une nouvelle fois d'ensanglanter le Liban" et à la crise durable en Côte d'Ivoire où "seules des élections ouvertes et fiables, c'est-à-dire fondées sur des listes électorales renouvelées et rigoureuses, peuvent permettre une sortie de crise".
Le processus de paix ivoirien, qui devait déboucher avant fin octobre sur des élections générales visant à réunifier le pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat des Forces nouvelles en septembre 2002, bute sur les désaccords persistants des protagonistes.