Représentant spécial du Secrétaire général, William Swing demande une campagne basée sur les questions qui intéressent les Congolais
Radio Okapi
15 oct. 06 - 15h29
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Au cours de son rendez-vous hebdomadaire avec les auditeurs de Radio Okapi, le samedi 14 octobre 2006, le Représentant spécial du Secrétaire général, William Swing, fait le point sur le déroulement du processus électoral et sur la visite en RDC du Sous-secrétaire général des Nations Unies chargés des Affaires politiques, M. Gambari.
INTERVIEW Monsieur le Représentant spécial, une première question pour démarrer cette émission, quel est l'état de la situation à Kinshasa, à très exactement deux semaines du 29 octobre?
Je crois que le meilleur cadre de rencontres, c'est au sein des institutions
Globalement, on peut dire que les choses sont plus ou moins normales. Et, cela pour plusieurs raisons. Premièrement: la police nationale congolaise est en train de rétablir l?ordre public dans la ville province de Kinshasa. Deuxièmement: les patrouilles mixtes que font les Fardc, la police nationale congolaise, l?Eufor et la Monuc se poursuivent de manière efficace. Puisqu?au cours de celles-ci, des armes illégalement détenues ont pu être saisies. Et, de moins en moins d?armes sont en circulation à Kinshasa.
Par ailleurs, le dialogue entre les camps [des deux candidats à l?élection présidentielle] se poursuit pour le second tour. Depuis la semaine dernière, des observateurs militaires de la Monuc ont été placés à différents endroits dans la ville province de Kinshasa où les Fardc sont déployées. Je voudrais aussi noter que la coopération entre les Fardc, la police nationale, l?Eufor, les policiers et militaires de la Monuc est exemplaire et efficace.
Monsieur le Représentant spécial, Jean-Pierre Bemba et Joseph Kabila ne se sont rencontrés qu'une ou deux fois depuis deux mois ! La tension reste tendue à Kinshasa, et à l'intérieur du pays, l'Ituri refait parler de lui, avec des combats qui semblent reprendre entre FARDC et certaines milices.
Les Media des deux candidats au second tour de la présidentielle commencent aussi à fourbir leurs armes, à travers la propagande, on sait jusqu'où cela peut mener. Ne craignez-vous pas vos efforts et appels de la communauté internationale n'aient pas servi à grand-chose, et que la campagne électorale soit plus chaude et difficile que prévu?
Il est évident que l?on doit rester vigilant pour assurer le bon déroulement du processus. Que les deux candidats se rencontrent ou non, je crois que c?est un choix politique des deux parties. Ce que le peuple doit attendre, c?est de voir les deux candidats se rencontrer dans le cadre du gouvernement. Parce qu?à ce niveau, il y a des responsabilités. On souhaite que le Conseil de ministres, l?Espace présidentiel, les Commissions et les autres institutions continuent à fonctionner jusqu'à l?installation du nouveau gouvernement. Je crois que le meilleur cadre de rencontres, c?est au sein des institutions.


En ce qui concerne l?Ituri, oui, on a eu des accrochages il y a environ une semaine. Je crois que c?est le fait de trois ou quatre groupes, d?ailleurs très isolés. Comme vous le savez, deux parmi les trois groupes ont accepté de se faire désarmer et démobiliser. Et, une partie des combattants de ces groupes ont décidé de rejoindre le brassage et l?armée. Je pense que cela va davantage isoler ces groupes de miliciens. Et, on sera de moins en moins en difficultés.
La présence de M. Gambari en RDC est la preuve du dévouement de la communauté internationale à soutenir le processus électoral et le peuple congolais
S?agissant de l?impact des miliciens sur les élections, nous pensons qu?il n? y aura pas une quelconque perturbation. D?ailleurs, il n?y en a jamais eu. Pendant la période d?enregistrement des électeurs, celle du referendum ou même lors des élections du 30 juillet, nous n?avons observé aucune perturbation. Les miliciens ont intérêt à aller aux élections.
En ce qui concerne la campagne, est-ce qu?on ne peut pas craindre qu?elle soit chaude et difficile du point de vue des partis politiques?
Il faut rester vigilant. Nous avons hier [vendredi 13 octobre 2006], au niveau du CIAT, condamné les violences, les attaques physiques contre les individus et celles contre les installations et les propriétés. Nous avons aussi condamné les messages de haine. Il faut faire en sorte que la campagne ne déraille pas. Pour le moment, nous ne voyons rien qui puisse empêcher le bon déroulement de ce processus que le peuple veut ardemment.
Dernière question, Monsieur Ibrahim Gambari, Sous-secrétaire général des Nations Unies chargé des Affaires politiques, est en RDC depuis le milieu de cette semaine [jeudi 12 octobre en fin d?après-midi]. Vous-même, rentrez par ailleurs d'une mission à New York où vous avez informé le Conseil de sécurité sur l'état des préparatifs des prochaines échéances électorales en RDC; qu'est-ce qui vaut encore au pays cette visite de haut rang, à deux semaines précisément du 29 octobre?

Je crois que la présence de M. Gambari ici en RDC est la preuve du dévouement de la communauté internationale à soutenir le processus électoral et le peuple congolais tout au long de celui-ci. Je voudrais souligner également qu?il est tout à fait normal que le plus haut fonctionnaire des Nations Unies en charge des élections dans le monde vienne voir sur place et de visu l?état des choses. Il voulait surtout voir si les préparatifs étaient en bonne voie. J?étais avec lui tout au long de sa visite, et je crois qu?il est très rassuré.
Aujourd?hui [samedi 14 octobre], il se déplace à l?intérieur du pays [Mbandaka, Province de l?Equateur] pour voir la formation des opérateurs de saisie pour les 50.045 bureaux de vote. Il va rencontrer toutes les autorités congolaises. Il a eu déjà une longue conversation avec l?Abbé Malu Malu et les autres membres de son équipe.
M. Gambari, il faut le noter, est le numéro 2 africain après le Secrétaire général. C?est une personnalité qui a une longue expérience comme ministre des Affaires étrangères. Et c?était son v?u de venir lui-même en RDC. Il voulait le faire depuis plusieurs mois. Mais à cause de certaines crises, comme celles du Liban, il n?a pas pu quitter New York. Maintenant, il est avec nous. Il voulait se rassurer que tout marche. Et, je crois qu?il va partir demain plein d?espoir et d?optimisme.
M. le Représentant spécial, le mot de la fin?
Le mot de la fin, c?est d?appeler à une campagne basée sur les questions qui intéressent les Congolais. Une campagne qui évite les provocations, les incitations à la violence. Il faut faire en sorte que la RDC rejoigne le cercle des pays qui ont fait des élections libres et transparentes.