Le Gouvernement Français dans l?impasse face aux violences urbaines
FRANCE Branle-bas de combat après le dramatique incendie d?un bus à Marseille.
MATHIEU VAN BERCHEM PARIS
Publié le 31 octobre 2006
AP- DRAME: L?incendie d?un bus à Marseille a mal tourné samedi dernier. Brûlée à 60%, une jeune femme est toujours entre la vie et la mort.
«Il faut tout mettre en ?uvre pour retrouver ces salopards.» C'est Laurent Fabius, qui n'est pourtant pas un partisan du tout répressif, qui parle. Preuve que Nicolas Sarkozy n'a plus le monopole du vocabulaire musclé quand il s'agit de la délinquance en banlieue. Signe aussi qu'après l'incendie dramatique d'un bus marseillais, samedi dernier, la classe politique ne sait plus comment répondre à ces déchaînements de violence urbaine.
Mama Galledou, une étudiante de 26 ans, se bat pour sa survie dans un hôpital marseillais, brûlée à 60% après l'attaque d'un bus par des jeunes gens encagoulés. Cet acte sans précédent appelait une réaction forte et immédiate du gouvernement. Les ministres concernés se sont donc réunis de toute urgence à Matignon, hier matin, avant de se dispatcher dans les grandes rédactions. «Je demande à tous les témoins de cet acte de se faire rapidement connaître», a déclaré Dominique de Villepin, précisant qu'ils pourraient le faire de façon anonyme.
Le problème aujourd'hui du premier ministre, comme de son ministre de l'Intérieur, c'est que le répertoire des mesures répressives est presque épuisé. Policiers dans les transports publics, renforcement des patrouilles de CRS, comparutions immédiates, témoignages sous X: l'arsenal policier et judiciaire s'accroît, sans que les résultats soient toujours au rendez-vous.
Socialistes divisés
Nicolas Sarkozy souhaite, depuis longtemps, changer de registre et remettre en cause l'ordonnance de 1945, qui fait de la protection des mineurs une priorité absolue. Villepin ne l'entend pas de cette oreille. Les réformes qu'il a annoncées hier sont plus prudentes. Notamment la possibilité de poursuivre non seulement les auteurs d'un guet-apens, mais tous ceux qui y participent, de près ou de loin.
Mettre un policier dans chaque bus traversant une zone «sensible»? Une «mauvaise idée», répond le ministre des Transports, Dominique Perben. En revenir à la police de proximité développée sous l'ère Jospin? C'est pendant cette période que la criminalité a le plus augmentée, rétorque Nicolas Sarkozy, qui a mis fin à cette police «préventive». Durcir la législation sur les mineurs? Quoi qu'en dise le ministre, on ne sait toujours pas qui sont les auteurs de l'incendie.
Les candidats à l'investiture socialiste ont beau jeu de dénoncer le «bilan» de Sarkozy, mis à mal par les neuf attaques de bus de ces derniers jours dans les banlieues. Ils n'arrivent même pas à se mettre d'accord. Dominique Strauss-Kahn souhaite retirer les CRS des banlieues, contrairement à Ségolène Royal.