Le Panama, élu au Conseil de sécurité de l'ONU, fait d'Haïti l'une de ses grandes priorités
La situation du pays préoccupe le nouveau représentant de la région
Le Panama, élu mardi par l'assemblée générale des Nations Unies comme le nouveau représentant non permanent du groupe Amérique latine/Caraïbes (Grulac) au sein du Conseil de sécurité, s'est engagé aussitôt à accorder une attention spéciale à Haïti au cours des deux prochaines années.
Le Moyen-Orient et les droits humains seront les autres dossiers prioritaires de ce mandat qui débute le 1er janvier 2007, a affirmé Ricardo Alberto Arias, le représentant de l'Etat centraméricain devant l'assemblée réunie au siège de l'ONU à New York.
"Nous sommes préoccupés en particulier par la situation en Haïti et au Moyen-Orient. Ces crises ont des conséquences qui dépassent leur région propre", a clairement indiqué le diplomate panaméen dans un entretien téléphonique qu'il a accordé à l'Associated Press peu après le vote. "Nous accorderons aussi une attention spéciale à tout ce qui concerne les droits humains", a renchéri M. Arias.
Il souligne, d'autre part, qu'en tant que représentant de l'Amérique latine et des Caraïbes, issu d'un choix consensuel, "le Panama n'a pas encore une position définitive sur les différents thèmes figurant dans l'agenda du Conseil de sécurité". De ce fait, l'ambassadeur a quitté New York mardi soir à destination de Ciudad de Panama où il doit avoir des consultations diverses avec le Président Martin Torrijos. Sur le plan logistique, la mission panaméenne à l'ONU sera renforcée et bénéficiera de ressources additionnelles.
Le Panama a obtenu le soutien massif des pays de la Communauté Caraïbe (CARICOM), parmi eux Haïti dont la crise s'est internationalisée ces dernières années avec deux interventions militaires autorisées en 1994 et en 2004 par le Conseil de sécurité de l'ONU.
Au 48e tour de scrutin, 164 des 192 Etats membres ont accordé leurs voix au nouvel élu qui siégera aux côtés des quatre autres pays entrants, l'Afrique du Sud, la Belgique, l'Indonésie et l'Italie, désignés dès le premier tour.
La candidature de consensus de la nation centraméricaine a mis un terme à un duel de plus de deux semaines entre le Vénézuéla d'Hugo Chàvez, bête noire des Etats-Unis, et le Guatémala, favori de l'administration Bush. 47 tours de scrutin et la perspective d'une bataille stérile interminable ont finalement convaincu les deux candidats de la nécessité d'un retrait mutuel.
Successeur de l'Argentine, le Panama rejoindra le Pérou, l'autre représentant latinoaméricain présent depuis un an au Conseil de sécurité. Lima abandonnera le 31 décembre 2007 son siège qui pourrait revenir à la République Dominicaine, le seul pays à avoir pour l'instant annoncé sa candidature.
Principal organe politique de régulation des relations internationales, le Conseil de sécurité réunit cinq membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et dix non permanents dont le mandat est renouvelé tous les deux ans. spp/RK