DAKAR (Senegal) 22e Conference Mondiale Des Maires: Créer une synergie entre les collectivités locales
La Conférence mondiale des maires qui s?est tenue la semaine dernière à Dakar et Rufisque, a vu la participation de nombreuses personnalités impliquées dans la gestion des collectivités locales.
Outre quelques maires des communes d?arrondissement de la ville de Dakar, il y avait des délégations venues de la Gambie, du Nigéria, de Trinidad et Tobago, d?Haïti et des États-Unis d?Amérique. Il est revenu au maire de Tuskegee, en Alabama (Usa), Johnny Ford, par ailleurs initiateur de ladite conférence, de retracer l?esprit et les objectifs de la rencontre de Dakar.


Pour lui, il s?agit pour les maires qu?ils sont, c?est-à-dire les premiers citoyens de leurs villes et les gérants des diplomaties de proximité, de construire, au nom des valeurs de solidarité, des ponts entre l?Afrique et les États-Unis d?Amérique et le reste du monde à travers la formation, le tourisme, le jumelage, le commerce et le transfert des technologies. « L?Afrique est le plus proche des marchés européens et américains, la main d??uvre y est à moindre coût. Le transfert de technologies permet de réduire le fossé numérique. L?Afrique a quelque chose à offrir, son produit fini. L?Ouganda dispose de grains de café de qualité. Il faut également investir dans l?éducation, l?infrastructure. Le jumelage peut le faire en offrant des possibilités à travers l?équipement et le savoir faire technologique. Il faut profiter de l?Agoa et de la main d??uvre et instaurer un dialogue », a-t-il martelé. Conscient des enjeux qui sous-tendent ce partenariat, M. Ford a encouragé ses pairs à cultiver un climat de confiance pour pouvoir engranger des résultats positifs qui seraient aux bénéfices de leurs populations respectives. Et constituerait un gage de réussite. En rendant la vision pérenne.


« Ce partenariat est nécessaire compte tenu de la conjoncture internationale caractérisée par la dépendance du fait de la globalisation », a-t-il soutenu. S?inscrivant dans cet ordre d?idées, M. Ndiawar Touré a encouragé ses pairs africains à engager la réflexion : « L?Afrique accuse une faiblesse par rapport au commerce international.
Créativité, sens des initiatives,esprit d?ouverture
`Elle ne représente que 2% du commerce mondial, alors que les pays développés tirent leurs matières premières d?Afrique. En tant que maires, constituant les maillons les plus proches de nos populations, nous devons réfléchir sur les possibilités de renforcer le commerce et développer le partenariat entre nos collectivités respectives », a-t-il soutenu. Au cours de la session plénière, les participants se sont penchés sur les questions liées à la recherche de fonds pour les collectivités locales qu?ils représentent. Ce qui a servi de prétexte pour échanger sur les expériences vécues dans leurs localités respectives.


À ce titre, le chef de la délégation de Trinidad et Tobago, usant d?exemples qui pourraient servir d?école à d?autres, a cité le modèle du carnaval qui est très prisé dans le répertoire culturel de sa localité et de son pays. Ceci a permis la collecte des fonds pour sa collectivité locale, sans oublier l?amélioration des espaces de vie. En somme il s?agit, selon elle, d?exploiter les atouts dont chaque localité dispose. « Il faut de la créativité, le sens des initiatives, un esprit d?ouverture pour calquer d?autres modèles et les appliquer », a-t-elle proné. Se félicitant de l?excellence et de la pertinence de l?initiative consistant à créer une synergie entre les collectivités locales à l?échelle mondiale, le ministre de l?Intérieur et des Collectivités territoriales d?Haïti, Paul Antoine, à la tête d?une forte délégation, a encouragé les gouvernements et les élus locaux à conjuguer leurs efforts, afin que les préoccupations des populations soient prises en charge à la base. Quant à Lamine Bâ, ministre de la Coopération internationale et de la Coopération décentralisée, il a félicité les participants, notamment les initiateurs pour le travail accompli. Il a également expliqué l?importance que le chef de l?État, Me Abdoulaye Wade, accorde au statut des collectivités locales. Son Excellence Janice Jacobs, ambassadrice des États-Unis d?Amérique au Sénégal, a encouragé ces initiatives et l?esprit de solidarité qui animent les membres de la Conférence mondiale des maires.


La journée du 28 octobre, tenue à Rufisque, a permis aux participants d?effectuer une visite à la Case des Tout-Petits. Une autre a été consacrée au site maritime, afin de s?enquérir de l?état d?avancement de la mer qui inquiète les autorités et les populations riveraines. Une soirée de gala tenue au centre Daniel Sorano a mis fin à cette 22e Conférence mondiale des maires.


Pour rappel, la Conférence mondiale des maires a été instituée en 1984, à Saint Louis du Missouri, aux Etats-Unis d?Amérique, sur initiative de Johnny Ford, maire de Tuskegee, en Alabama. Elle regroupe des maires afro-américains, des Caraïbes et d?Afrique. Elle se fixe, entre autres objectifs, l?instauration de la confiance entre collectivités locales, la promotion du développement, du commerce et du tourisme, le transfert des technologies et la promotion des jumelages entre collectivités locales gérées par les fils de la diaspora. Le député-maire de la ville de Rufisque, Ndiawar Touré, vient d?être élu président de la conférence, tandis que Haïti abritera, au mois de février, de la prochaine session .