Michaëlle Jean parle de l?héritage du colonialisme européen en Afrique
La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a profité de son séjour officiel en Afrique, lundi, pour attirer l'attention sur le tragique héritage du colonialisme européen sur ce continent.
Lors d'un déjeuner d'État donné par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, à Alger, Mme Jean a parlé de son attachement profond pour l'Afrique, en tant que Haïtienne de naissance descendante d'esclaves.
Il s'agissait d'un prélude au sombre pélerinage que doit effectuer la semaine prochaine la gouverneure générale au Ghana, où elle posera un geste symbolique en franchissant la tristement célèbre «Porte du non-retour». Des milliers d'Africains sont passés sous cette voûte avant de s'entasser à bord des navires qui les transportaient jusqu'en Amérique.
«Mes ancêtres ont été arrachés à leur vie», a affirmé Mme Jean, lundi, dans le cadre de son allocution prononcée devant un auditoire constitué de diplomates.
«(Ils ont été) dépossédés d'eux-mêmes, de leur langue, de leur nom, de leur mémoire, de leur histoire, de leur digne condition de femmes et d'hommes, pour être réduits en esclavage et déportés vers les Amériques», a-t-elle ajouté.
«Ce voyage est pour moi chargé de sens et d'émotion. Et je me réjouis que mes premières visites d'État me conduisent vers ce continent auquel je me sens liée par l'histoire, par le c?ur, par le sang.»
Lors de son séjour officiel en Afrique, entrepris dimanche et devant prendre fin le 11 décembre, Mme Jean se rendra ensuite au Mali, au Ghana et en Afrique du Sud, avant de faire une brève escale au Maroc.