Michaëlle Jean évite les écueils diplomatiques en Algérie
En visite en Algérie, la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a refusé de répondre, mardi, aux questions les plus délicates qui lui ont été posées.
Ainsi, lors d'une rencontre de deux heures avec trois douzaines de journalistes algériens, la représentante officielle de la reine au Canada a refusé de se prononcer sur la construction d'une barrière de sécurité entre les États-Unis et le Mexique, sur la stratégie du gouvernement canadien pour combattre le terrorisme et sur une loi française qui obligerait les écoles à brosser un portrait plus positif des antécédents coloniaux du pays.
«Je préférerais entendre ce que vous en pensez», a déclaré Mme Jean, qui cherchait vraisemblablement à éviter de provoquer un incident diplomatique ou un conflit avec le gouvernement élu du Canada.
«Il semble y avoir un peu de confusion, a rétorqué une journaliste. Vous êtes venue nous entendre. Nous pensions venir assister à une conférence de presse.»
Mme Jean a toutefois affirmé que l'expérience de l'Algérie ? où un conflit violent entre le pouvoir séculaire et des islamistes radicaux a fait des milliers de morts au milieu des années 1990 ? démontre que la lutte contre le terrorisme n'est pas un conflit de civilisations, comme certains Occidentaux l'affirment.
«Je viens d'un pays, le Canada, où nous préférons parler d'un dialogue entre les civilisations, a-t-elle dit. Nous n'évitons pas ces réalités. Nous les reconnaissons et nous y travaillons tous les jours, puisque nous y voyons une mission cruciale.»
Plus tard, lors d'un discours prononcé à l'occasion d'une conférence économique canado-algérienne, elle a rappelé que le Canada n'a jamais fermé son ambassade algérienne, même pendant la pire période de violence quand d'autres pays encourageaient leurs ressortissants à fuir.
Les entreprises canadiennes ont jusqu'à présent récolté des contrats d'une valeur totale de 2,5 milliards $ relativement à la reconstruction de l'Algérie.