Algérie - Canada : Les Algériens préfèrent le Québec
Bouteflika et Michaelle JeanAlgérie - A l?issue d?une visite officielle de quatre jours, la Gouverneure générale et commandante en chef du Canada, Mme Michaëlle Jean, a quitté hier Alger à destination de Bamako, deuxième étape de sa première visite en Afrique, qui doit la conduire ensuite au Ghana, en Afrique du Sud et au Maroc. Avant de quitter Alger, Mme Jean s?est recueillie au cimetière du Commonwealth à Alger et pris un bain de foule.
La Gouverneure du Canada a déposé une gerbe de fleurs au cimetière militaire du Commonwealth à Dély-Ibrahim, où reposent des soldats tombés pendant la Deuxième Guerre mondiale et a observé une minute de silence. Elle s?est mêlée à la foule qui l?acclamait lors d?une visite du centre psychopédagogique pour adolescents de Bourouba. Mme Jean a évoqué la possibilité d?établir des liens entre les centres algériens et ceux s?occupant d?enfants handicapés au Canada.


L?escale algérienne de Mme Jean revêt une importance particulière au yeux des Algériens établis au Canada, qui, faut-il le souligner, constituent l?un des plus importants contingents d?émigrés installé dans ce pays. Selon les indication rapportées par la presse de Montréal, citées par l?APS, le Québec reste la destination privilégiée de nos émigrés. Durant les six premiers mois de l?année 2006, les Algériens sont arrivés en tête des immigrés qui ont choisi le Québec comme terre d?accueil, avec plus de 10,8% des 20.519 immigrants recensés par les services du ministère canadien de l?Immigration et des Communautés culturelles.


Sur la base de données de l?Institut de la statistique du Québec, les mêmes sources notent que de janvier à juillet 2006, le Québec a accueilli 20.519 immigrants, parmi lesquels 10,8% d?Algériens, 7,6% de Français, 6,4% de Marocains et presque autant de Chinois et 5,5% de Roumains. Quelque 50.000 Algériens sont installés aujourd?hui au Canada, principalement au Québec.
Entre 2001 et 2005, plus de 15.000 Algériens, présentant les profils et compétences recherchés par les autorités canadiennes, sont arrivés au Canada. 70% des personnes qui ont émigré durant ces quatre années sont des universitaires, de jeunes diplômés, des professionnels, des jeunes couples, etc., aptes à être intégrés facilement dans le circuit du travail. Néanmoins et selon les mêmes sources, beaucoup de nouveaux arrivants se retrouvent confrontés au problème de la reconnaissance de leurs compétences et diplômes acquis en Algérie, du fait que le dossier de l?équivalence des diplômes n?est pas réglé entre les deux pays.


Ces nouveaux émigrés sont ainsi déçus de voir qu?ils ne sont pas reconnus à hauteur de leur compétences. Selon une journaliste canadienne citée par l?APS, de nombreux Algériens repartent à zéro. La journaliste estime par ailleurs que l?engouement des Algériens pour l?émigration vers le Canada a nettement diminué du fait de l?amélioration de la situation en Algérie, affirmant même que certains Algériens ont quitté Montréal pour retourner au pays.
Cette thèse a été confirmée dernièrement par l?ambassadeur d?Algérie au Canada, M. Smaïl Benamara, lors d?une déclaration à Radio Canada. Ce dernier avait souligné que beaucoup d?Algériens envisagent de retourner au pays, soit pour la création d?une entreprise, soit pour des emplois dans le secteur économique, reconnaissant que cette immigration de qualité constitue une communauté qui peut vraiment servir de pont et de lien entre l?Algérie et le Canada et peut contribuer, même de manière ponctuelle, à des activités de développement en Algérie.
De son côté, le Consul général d?Algérie à Montréal, M. Abdelaziz Sbaâ, a indiqué que ses services encouragent les associations algériennes au Canada à créer et à densifier un «réseau de solidarité et d?entraide» pour aider les Algériens établis dans ce pays à prendre en charge leurs problèmes d?intégration et à s?affirmer en tant que minorité visible. «Notre immigration est jeune.
Elle s?est constituée dans les années 90, et est à la recherche des meilleures voies pour s?organiser», a-t-il déclaré. Il est à rappeler que l?Algérie est le premier partenaire économique du Canada dans le monde arabe et en Afrique, avec un volume d?échanges qui avoisine les 3 milliards de dollars.
Par Djamel B. - Quotidien d'Oran, le 23 novembre 2006.