Michaelle Jean en Afrique: Un village Malien remercie le Canada
Un village africain qui a connu plus que son lot d'épreuves a quand même trouvé matière à célébrer, dimanche, jour de la visite de la gouverneure générale du Canada.
Famine, inondation, invasion de sauterelles, décès de femmes enceintes faute d'accessibilité aux soins appropriés: c'est ce qu'a connu Benieli, au Mali. Et pourtant, une foule d'habitants en liesse ont chanté, dansé, acclamé et applaudi la gouverneure générale Michaëlle Jean.
«Nous ne pouvons que remercier le Canada», a déclaré Oumarta Tapily, le maire.
Des villageois ont remis à Mme Jean une chèvre dont le collier était orné d'un drapeau canadien.
Le point tournant dans l'histoire du village est survenu quand Yaiguere Tembely, qui avait mis sur pied un groupe de femmes, a cherché à obtenir de l'aide, il y a plusieurs années. Sa priorité consistait d'abord à lancer un programme contraceptif visant à combattre la propagation du sida et à freiner la croissance démographique. Elle a reçu l'aide qu'elle cherchait à l'ambassade canadienne.
Puis est arrivé le programme de microfinancement. Et les banques de céréales, qui ont permis de stabiliser les prix des grains. Et le centre de santé, bâti avec une aide financière de 50 000 $ du Canada. Les murs de ciment de l'édifice sont quadrillés d'affiches regorgeant d'informations sur la contraception et le sida. C'est là que les femmes de Benieli et des hameaux environnants viennent maintenant accoucher.
Un infirmier du centre de santé se félicite de ce qu'aucune femme ne soit morte en couches depuis l'ouverture de l'établissement, il y a deux ans.
Le programme de microfinancement soutenu par le Canada a notamment permis de construire un nouveau moulin à grains. Des mesures ont été prises, avec le soutien du Canada, pour donner aux villageois accès à des semences de millet, d'oignon et de pomme de terre de qualité supérieure, et contribuer à l'irrigation et à la lutte contre l'érosion des sols. La malnutrition a fortement reculé.
En revanche, l'accès à l'eau potable demeure un problème. Les femmes doivent souvent faire la file aux puits voisins, et des sécheresses intermittentes leur compliquent l'approvisionnement.
Mme Jean a paru touchée de voir qu'un petit village aux prises avec de telles difficultés consacre une journée pour l'accueillir de manière festive. «Si nous sommes ici aujourd'hui, c'est pour célébrer tout ce que vous avez accompli», a-t-elle dit devant un millier de villageois.