Michaëlle Jean au Mali (Afrique): Petits miracles
Au Mali, la quasi-totalité des femmes ont été excisées, dans des conditions d'hygiène souvent exécrables.
Toutefois, en visite à Bendiely, au coeur du pays dogon, la Gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a pu constater qu'une aide canadienne, bien que modeste, a permis de convaincre plusieurs villages d'abandonner cette coutume, profondément enracinée.
Mme Jean a tenu à rencontrer Yaguéré Tembely, ingénieure-agronome à la tête de l'ONG Yagtou. En quelques années, Mme Tembely a complètement changé le vie des femmes de 97 villages du pays dogon.
D'abord sans financement, puis avec l'aide de la coopération canadienne, elle s'est battue pour faire reculer la mortalité infantile, généraliser l'usage de la contraception, augmenter la production agricole et mettre un terme à l'excision. Dans les villages où elle intervient, les mutilations génitales sont chose du passé depuis maintenant quatre ans.


Haissa Yalcoué, qui pratiquait des excisions comme sa mère et sa grand-mère l'avaient fait avant elle, raconte qu'elle était totalement ignorante des graves conséquences de cette pratique traditionnelle, jusqu'au jour où elle a rencontré Yaguéré Tembely. « Après les excisions, il y avait souvent des filles qui saignaient. Il y en a même qui sont mortes devant moi. Mais moi, je croyais que c'était l'oeuvre de mauvais esprits », explique-t-elle. Lorsqu'elle a réalisé qu'elle était responsable du décès de beaucoup de fillettes, elle a immédiatement accroché ses couteaux. Elle milite maintenant activement contre l'excision, en faisant le tour des villages pour en dénoncer les ravages.
Cette démarche est essentielle dans un pays où plus de 90 % des femmes sont excisées et à laquelle a voulu s'associer Michaëlle Jean. Le programme canadien d'appui aux 97 villages du pays dogon n'a coûté que 230 000 $ sur huit ans, soit à peine plus de 2000 $ par village