"As-tu formé ton bataillon ? As-tu formé ton peloton ?", scande le spot télévisé sur un rythme joyeux. "Les gens croient que nous utilisons des termes militaires parce que Hugo Chavez est un ancien militaire. C?est complètement faux", affirme Juan Contreras, au "commandement de campagne" du président vénézuélien, qui brigue un nouveau mandat, le 3 décembre.
Une campagne contre l?empire américain
"Nous ne faisons pas campagne contre les autres candidats, mais contre l?empire américain. Cette élection s?inscrit dans le cadre de la guerre asymétrique menée par Washington. Les Américains ont tout fait pour tenter de renverser Chavez. Souvenez-vous de la tentative de coup d?État de 2002", explique M. Contreras. "Contre le diable (George Bush), contre l?empire, votez Hugo Chavez", confirment les banderoles déployées en travers des avenues de Caracas.
Vaincre M. Bush exige donc une organisation militaire. Un "bataillon de campagne" doit fonctionner dans chaque quartier, chargé d?organiser autant de "pelotons" qu?il y a de bureaux de vote. Pourtant, au quartier populaire 23-Février, à Caracas, personne ne semble encore avoir été contacté par les "pelotons".
10 millions de votes pour l?élection présidentielle
"Lors du référendum d?août 2004, les choses étaient mieux organisées", remarque une assistante sociale. Quelque 6 millions d?électeurs avaient alors refusé de révoquer le mandat du président de la République, contre 4 millions qui avaient exigé son départ.
Dans l?enthousiasme de la victoire au référendum, M. Chavez avait lancé l?objectif de 10 millions de votes pour l?élection présidentielle de décembre.
La guerre contre l?empire ne mobilise pas les électeurs
Les instituts de sondage donnent le chef de l?État largement gagnant, avec au moins 10 points d?avance sur le candidat de l?opposition, Manuel Rosales. "Toutefois, si l?abstention est élevée, Hugo Chavez pourrait bien se retrouver victime de son propre slogan, note la politologue Ana Maria Sanjuan. S?il obtient moins de voix que lors du référendum, ce sera une défaite."
"Le président fait confiance à son charisme et multiplie les apparitions officielles, mais, sur le terrain, sa campagne patine", estime un fonctionnaire du Conseil national électoral. "La guerre contre l?empire ne mobilise pas les électeurs, pointe Mme Sanjuan. Mais Chavez est coincé : s?il parle sur l?insécurité ou sur le déficit en termes de logement, talons d?Achille de son gouvernement, il craint de faire le jeu de l?opposition. Il n?a pas de propositions nouvelles à formuler."
Source: LeMonde