Michaëlle Jean en Ghana: L'Afrique doit reconnaître son propre rôle dans le trafic d'esclaves
La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a dit à son auditoire africain, mardi, que le continent doit reconnaître son propre rôle dans le trafic d'esclaves, afin d'aider à tourner la page sur ce chapitre tragique de l'histoire de l'humanité.
Simultanément, Mme Jean a félicité le gouvernement du Ghana pour avoir présenté ses excuses pour le rôle joué par des Africains dans l'esclavage.
Mme Jean, qui est d'origine haïtienne, a tenu ces propos au cours d'un dîner d'État, à la veille d'un pèlerinage à une forteresse d'où des milliers d'esclaves ont été envoyés dans les Amériques.
«Tout en tournant son regard vers l'avenir, le Ghana a montré qu'il est prêt à affronter le passé. Je suis impressionnée par la décision de votre gouvernement d'offrir des excuses pour ce qui a été fait il y a des centaines d'années par les gens de cette région impliqués dans le trafic d'esclaves (...) En tant que descendante d'esclaves, cela me touche beaucoup.»
Plus de 15 millions d'hommes, de femmes et d'enfants ont été capturés et vendus à des Européens pendant l'ère coloniale, et entassés sur des bateaux de bois à destination des Amériques. Le Ghana a été un des pivots de ce commerce international qui était concentré en Afrique de l'Ouest, et le gouvernement ghanéen a reconnu le rôle joué par les Africains de l'Ouest.
Ce mercredi, Mme Jean devait visiter le château d'Elmina, dont les donjons ont vu passer des centaines de milliers de captifs voués à l'esclavage.
Le Ghana a reconnu son rôle dans le cadre d'une initiative appelée «Projet Joseph», qui invite les personnes de race noire ayant établi leur relation généalogique avec les esclaves à découvrir la terre de leurs ancêtres.
Les propos de Mme Jean sur l'esclavage sont peu représentatifs du message d'espoir qu'elle a tenu à transmettre pendant la majeure partie de ce voyage de 24 jours dans cinq pays africains.
Elle a attiré l'attention sur de nombreuses réalisations dans divers domaines, dont le maintien de la paix, la mise sur pied d'entreprises grâce aux institutions communautaires et au microfinancement, l'ouverture d'un centre de formation et l'impact positif de programmes d'agriculture et de santé sur les habitants d'un village malien déshérité.
La plupart de ces projets ont profité de l'aide canadienne, qu'elle soit le fait du gouvernement, d'entreprises ou encore de simples citoyens.
Mme Jean avait indiqué plus tôt qu'elle voulait prouver aux Canadiens que les 1,5 milliard $ dépensés annuellement par le gouvernement fédéral pour l'aide à l'Afrique sont réellement utiles.