Côte d'Ivoire: Invité à la conférence hebdomadaire de «Le Patriote», Francis Kpatindé a eu des échanges fructueux avec la Rédaction

Francis Kpatindé, actuel responsable à l?information en Afrique occidentale et centrale au UNHCR, était, hier, l?invité de la conférence hebdomadaire de votre quotidien «Le Patriote». Journaliste émérite, il a passé 19 ans au groupe «Jeune Afrique», présidé par Béchir Ben Yahmed. Francis Kpatindé, qu?accompagnait son jeune collègue, Simplice Kandji, assistant chargé de l?information publique au UNHCR Côte d?Ivoire, a suivi avec beaucoup de nostalgie, l?exercice qui consiste à porter un regard critique sur les journaux de la semaine écoulée. Consignées dans un procès verbal, les réactions et les suggestions des uns et des autres, afin d?améliorer la forme et le contenu des prochaines publications. L?hôte de la rédaction a salué la pertinence des remarques et l?esprit de tolérance qui règne au sein de la rédaction de «Le Patriote» nonobstant certaines critiques parfois dures. Invité par le rédacteur en chef, Charles Sanga, à se soumettre au feu roulant des questions des journalistes, Francis Kpatindé a répondu à chaque préoccupation sans faux fuyants. Il va expliquer que la plus grande richesse d?un journaliste, c?est son carnet d?adresses. «Il ne se construit pas en un jour et dans un seul camp», précise-t-il.

Il a prôné l?ouverture même aux sources qui émanent des obédiences supposées défavorables. Il n?a pas manqué de raconter avec beaucoup d?émotion ses débuts dans la presse, en 1986, «j?arrivais le matin au travail épuisé parce que j?avais passé la nuit à retranscrire de longues heures d?interview réalisées par le regretté Sennen Andriamirado. Ce fut pour moi une bonne formation», a-t-il reconnu. A la question de savoir comment Jeune Afrique a pu tenir tout ce temps et être le seul hebdomadaire panafricain de cette envergure ? Il va reconnaître le mérite de Béchir Ben Yahmed d?avoir les jeux rivés sur les chiffres. Il va conseiller aux journalistes de prendre en compte, aujourd?hui, quatre paramètres importants qui sont : l?économie, les NTIC, les relations internationales et l?anglais.

A Propos des bons coups qui l?ont marqué au cours de sa brillante carrière, Francis Kpatindé rapporte comment il a réussi à voter, en 1988, au Sénégal. Ce qui lui a valu une condamnation, suivie de la grâce présidentielle. Il avait ainsi réussi à démontrer dans un article paru dans «Jeune Afrique», les failles du scrutin, cette année-là, au Sénégal, autre bon point, l?interview qu?il a réussie à réaliser avec l?ex-président malien, Moussa Traoré, dans sa cellule.
Invité à se prononcer sur la crise ivoirienne et le rôle de la presse dans le processus de recherche de la presse, Francis Kpatindé a dit qu?il faut travailler à la consolidation de la paix. Pour lui, la politique doit retrouver ses droits en Côte d?Ivoire. Il conseille à la rédaction de « Le Patriote » de ne pas s?inscrire dans l?invective, l?appel à la haine, l?exhorte à donner la parole à tout le monde.
Qui est Francis Kpatindé ?

Né le 03 octobre 1955 au Bénin, Francis Kpatindé y fait une bonne partie de ses études secondaires. Il passe son Bac au Gabon avant de s?inscrire à la faculté de Droit et de Sciences politiques de Caen, dans l?ouest de la France. Il viendra ensuite à Paris XI faire un DESS en «Diplomatie et administration des organisations internationales». Depuis 1986, il est en instance de soutenance d?une thèse de Doctorat en Sciences politiques sur la candidature de Jesse Jackson à l?investiture Démocrate en 1984 aux Etats-Unis ; La même année, il est recruté au groupe «Jeune Afrique». En tant que journaliste, Francis Kpatindé a parcouru le monde et rencontré la plupart des acteurs politiques, économiques et culturels. En 1993, il sert l?ONU pendant six mois en Haïti dans le cadre de la mission chargée de ramener le président d?échu Jean-Bertrand Aristide au pouvoir. L?année suivante, les Nations Unis l?envoient pour plusieurs mois en Afrique du Sud. Il supervise les premières élections démocratiques qui ont sonné le glas de l?apartheid et abouti à l?élection de Nelson Mandela. Il avait sous sa responsabilité une cinquantaine de circonscriptions électorales en zone rurale, dans le Nord-Ouest. Il a ensuite repris le travail à «Jeune Afrique». Francis Kpatindé sera recruté, en mars 1995, par le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), alors dirigé par la Japonaise Sadako Ogata, comme porte-parole en charge de l?Afrique, avec pour base Genève. Il y est resté jusqu?en 1997, date à laquelle il retourne à Jeune Afrique où il était encore jusqu?à janvier 2005, un des rédacteurs en chef. Il démissionne du groupe «Jeune Afrique», le 04 janvier 2005 ; Il avait été brutalement informé la veille, par courrier, qu?il était «Libéré» de sa collaboration à la rubrique éditoriale ?quinzomadaire? ?post-scruptum?. La goutte d?eau qui fait déborder selon lui, le vase de harcèlement qui durait 9 mois depuis. Il occupe aujourd?hui, les fonctions de Responsable à l?information en Afrique occidentale et centrale au UNHCR.