Mise à jour: 29/11/2006 17:05
Reconnaissance de la nation québécoise
Le dialogue de sourds à l'Assemblée nationale
Le chef du PQ, André Boisclair a présenté en pleine période de questions un texte de motion.
Tout indique que l'Assemblée nationale ne cautionnera pas la motion de la Chambre des communes reconnaissant que les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni.
Le dialogue de sourds entre le gouvernement Charest et l'opposition péquiste s'est poursuivi pour une deuxième journée, mercredi, sans que les parlementaires en arrivent à s'entendre sur le libellé d'une motion qui viendrait exprimer la satisfaction du Québec de voir le pays reconnaître sa différence.
Le premier ministre Jean Charest a soutenu que les péquistes subiraient l'odieux de ne pas avoir consenti à discuter de sa motion, qui qualifiait l'initiative du premier ministre Stephen Harper de «geste significatif» pour faire avancer les intérêts du Québec.
«Cela affaiblit André Boisclair et le Parti québécois», a estimé M. Charest, en point de presse, après avoir constaté l'échec des discussions.
«Les autres Canadiens vont constater qu'au Parti québécois ils ne sont pas en mesure de s'élever à ce niveau-là», a-t-il dit, faisant référence au fait que l'autre chef souverainiste, Gilles Duceppe, du Bloc québécois, avait appuyé la motion du gouvernement fédéral.
De son côté, le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, s'est rangé du côté du gouvernement, estimant que les parlementaires de Québec avaient «un devoir absolu, une responsabilité devant la population du Québec de prendre acte en bonne et due forme de ce qui s'est produit à la Chambre des communes».
Plus tard, devant la tournure des événements, M. Dumont partageait la déconvenue du premier ministre et jugeait qu'André Boisclair n'était «pas du tout à la hauteur de la fonction qu'il a à accomplir à l'Assemblée nationale».
Dans ce contexte, il n'est pas évident de savoir à quoi ressemblera la suite des choses. Au gouvernement, on estime que la balle est dans le camp de l'opposition officielle.
«Je sais une chose: je ne retournerai pas une troisième fois à l'Assemblée nationale pour revivre ce qu'on vient de vivre. C'est pas vrai qu'on va recommencer cela à tous les jours», a tranché M. Charest, persuadé d'avoir fait le «maximum» pour gagner l'opposition à sa cause.
Pourtant, M. Boisclair s'est engagé mercredi à revenir à la charge jeudi en présentant une nouvelle mouture de texte qui omettra cette fois, contrairement à celle de mardi, toute référence au fait que le Québec n'a pas signé l'accord constitutionnel de 1982. Son projet de motion évitera de plus de mentionner que le texte fédéral parle des Québécois formant une nation «dans un Canada uni».
Le texte stipule que les Québécois forment une nation. Point.
Déjà, mercredi, dans un geste inusité, M. Boisclair a présenté en pleine période de questions un texte de motion allant dans le même sens que celle annoncée pour jeudi. Normalement, l'étude des motions s'effectue après la période des questions.
En point de presse, M. Boisclair a dit que c'était M. Charest qui fermait la porte à toute discussion.
Il est clair que le chef péquiste est loin de tenir mordicus à voir l'Assemblée nationale se réjouir de la motion fédérale sur la nation québécoise. Ce serait «correct», mais d'aucune façon «indispensable», selon lui.