Monseigneur Tonye Bakot : "Mon voeu pour le nouveau Cameroun : une société totalement réconciliée avec elle même"
[ Yaoundé - Cameroun ] ( 30/12/2006) Journal La Cité
Nous sommes à la fin de la rencontre avec l'Archevêque Métropolitain de Yaoundé,Mgr Tonye Bakot. Son voeu le plus cher pour "le nouveau Cameroun et pour tous les Camerounais et toutes les Camerounaises est qu'ils reviennent à Dieu de tout leur coeur. Comment ne pas voir en cette année 2006, la célébration d?une société nouvelle, libérée de ses pésenteurs, libérée de ses fléaux, libérée de ses maux, durablement et solidement établie sur l?amour. Oui, je vois une société nouvelle, sur fond de charité et de solidarité totalement réconciliée avec elle même."
Dans un pays comme le nôtre où beaucoup d'aspects du développement semblent prendre du retard, l'Eglise peut elle être plus moderne ?
L'Eglise s'est toujours préoccupée du développement de l'homme, mais il s'agit d'un développement intégral qui ne privilégie pas les aspects matériels mais qui en tient compte parce que l'homme est un tout. La vision de l'Eglise ne veut pas être plus moderne, elle se veut une vision réaliste parce que l'homme est corps, âme et esprit. Nous devons donc rechercher un développement qui est équilibre du corps de l'homme et de l'esprit, sans donner l'impression que le corps suffit ou que l'esprit et l'âme suffisent. L'homme est un, le développement devrait aussi être un, c'est-à-dire, converger vers l'unité de l'homme en tant que personne humaine.
Le capital humain est à parfaire dans notre pays. L'Eglise a des prêtres de qualité et très bien formés. Pourquoi ne pas envisager qu'il y en ait qui aident à moderniser l'Etat ? On a vu ailleurs le frère Aristide ? 
Le rôle de l'Eglise n'est pas de remplacer les hommes politiques et autres administrateurs. Le rôle de l'Eglise est spirituel et moral. L'Eglise n'a pas à se substituer à l'Etat. Elle faillirait à sa mission. Toutefois, la constitution pastorale " Gaudium et Spes ", c'est-à-dire, " l'Eglise dans le Monde de ce temps ", précise bien le domaine de l'intervention de l'Eglise, qu'il convient de rappeler pour ne pas s'en écarter. En effet, au n° 76, il est dit que l'Eglise, en dépit de sa charge et de sa compétence, ne se confond d'aucune manière avec la communauté politique et n'est liée à aucun système politique. Elle est à la fois le signe et la sauvegarde du caractère transcendant de la personne humaine. Sur le terrain qui leur est propre, la communauté politique et l'Eglise sont interdépendantes l'une de l'autre et autonomes, mais toutes deux, quoique à des titres divers, sont au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. Elles exerceront d'autant plus efficacement ce service pour le bien de tous qu'elles rechercheront davantage, entre elles, une saine coopération en tenant compte également des circonstances de temps et de lieu. N'oublions pas que le Père Aristide a été chassé du pouvoir parce qu'il n'a pas réussi à gouverner son pays, Haïti.