"Expédition punitive" à Kourou : 6 à 18 mois avec sursis pour 17 légionnaires
| 26.01.07 | 21h32 ? Mis à jour le 26.01.07 | 21h32
Le 6 août 2006, une trentaine de légionnaires s'étaient réunis dans leur caserne du 3e REI (Régiment étranger d'infanterie), et, encagoulés et armés de bâtons, de pieds de biches et de battes de base-ball, avaient mené une expédition violente dans les rues de Kourou. Pendant 45 minutes, ils avaient arpenté les rues de la ville, agressant sept personnes dont deux mineurs de 15 et 17 ans.
Dix-sept d'entre eux ont été condamnés, vendredi 26 janvier à Cayenne, à des peines allant de 6 à 18 mois de prison avec sursis et de 300 à 1 000 euros d'amende. Le jugement avait été mis en délibéré à l'issue de l'audience en correctionnelle du 19 décembre, durant laquelle 29 légionnaires avaient comparu.
Outre les 17 légionnaires condamnés à de la prison avec sursis pour "violences volontaires", trois autres ont été condamnés à 500 euros d'amende pour n'avoir pas dénoncé le délit qui se préparait, les neuf restant ont été relaxés au bénéfice du doute.
Le 20 décembre, après 14 heures de débats, le procureur de la République Bernard Salvador avait requis une peine de deux ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, à l'encontre de deux légionnaires ? le caporal Laszlo Pordanyi, d'origine hongroise, et Boris Mikolic, d'origine serbe ? considérés comme "les meneurs de cette équipée", de même qu'un an dont six mois fermes à l'encontre d'Artur Piotrowski, qualifié de "meneur de second ordre".
"COMPORTEMENT À L'OPPOSÉ DE LEUR MISSION"
Finalement, les peines les plus sévères ont été prononcées contre Artur Piotrowski ? 18 mois avec sursis et 1 000 euros d'amende ?, et Laszlo Pordanyi ? 12 mois avec sursis et 1 000 euros d'amende. Un légionnaire de nationalité française, Nicolas Vincent, a été condamné à 6 mois avec sursis et 300 euros d'amende.
Le 19 décembre, à l'audience, les légionnaires avaient invoqué des agressions subies par certains d'entre eux dans les jours et les heures précédant leur équipée. Quatre des sept victimes ? trois jeunes hommes nés au Surinam et un mineur de 15 ans originaire d'Haïti ? s'étaient constituées partie civile.
Des associations et partis guyanais avaient à l'époque évoqué une possible motivation raciste, mais les premières auditions en décembre n'ont pas semblé démontrer cette thèse. Dans leurs attendus, les juges ont fustigé une "action collective concertée" de la part des légionnaires avec "des victimes manifestement choisies au hasard sans aucun lien avec les infractions subies par les légionnaires", et "une volonté de frapper aveuglément pour montrer à la population locale qu'il ne fallait pas ennuyer les légionnaires".
Ils ont estimé qu'il n'était "pas tolérable que des légionnaires, dont une des missions essentielles est la protection des citoyens, aient un tel comportement à l'opposé de leur mission". Les hommes du 3e REI sont chargés notamment de la protection du centre spatial de Kourou.