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Quebec: Un gouffre entre la ville et la campagne

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Jean-Yves Tremblay, à Saguenay.
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Published by bana2166- 02-03-07
news Quebec: Un gouffre entre la ville et la campagne

Quebec: Un gouffre entre la ville et la campagne
Une trentaine de Sud-Américains ont débarqué un beau jour à Saint-Marc-du-Lac-Long pour venir travailler à la mine d'ardoise. Il n'a pas fallu une semaine pour que des liens commencent à se tisser avec les gens du village. À Chicoutimi, la mosquée se fond dans le décor. Et il n'est pas venu à l'idée de ces nouveaux «Bleuets» musulmans d'exiger des «accommodements raisonnables». Les immigrés qui s'installent en région sont encore rares. Mais il en est assez pour démontrer que l'envers d'Hérouxville existe aussi.
Moins ils sont en contact avec des immigrés, plus les Québécois sont méfiants. Voici ce qui ressort d'une tournée dans plusieurs villes et villages du Saguenay et du Bas-Saint-Laurent.
Comme à Hérouxville, les villes les plus fermées face aux accommodements raisonnables n'abritent à peu près aucun immigré. Un enfant cambodgien, chinois ou haïtien adopté, tout au plus.
Avec ses 18 000 âmes, Rivière-du-Loup est un centre urbain au coeur du Bas-Saint-Laurent. Pour les propriétaires de la brasserie La Fontaine, les immigrés qui voudraient poser leurs valises dans le coin n'ont qu'à bien se tenir. «Ils faut qu'ils soient au courant de nos réalités avant d'arriver. Quand tu entres au pays, il y a un contrat, signe-le», explique Guy Francoeur.
Chez les élus, les avis sont partagés. Plusieurs maires de la MRC de Rivière-du-Loup étaient réunis à Cacouna, le village natal de Mario Dumont, pour souligner l'arrivée au port du premier bateau de l'année. Tous avaient leur mot à dire sur Hérouxville. «Les gens des campagnes sont tissés serré. Tout le monde se connaît. S'il vient quelqu'un qui veut imposer quelque chose, ça ne marchera pas», souligne Jean-Pierre Gratton, maire de Saint-Épiphane, un village de 916 habitants.
Le maire de Saint-Hubert est quant à lui entièrement d'accord avec l'initiative d'Hérouxville. «Ça fait tellement longtemps qu'on courbe l'échine, il est temps de s'affirmer», tranche Napoléon Lévesque.
Même si Mario Dumont est le seul chef à vouloir encadrer les accommodements raisonnables. La plupart des élus ne croient pas que ça lui permettra d'arracher des votes supplémentaires aux élections. Du moins, pas dans le coin. «Il n'y a pratiquement pas d'immigrés ici. Ça ne nous concerne pas vraiment», résume Napoléon Lévesque.
Au Saguenay
Des accommodements raisonnables, il n'y en a pas au Saguenay, pour la bonne raison qu'il n'y a pas beaucoup d'immigrés. N'empêche, les Saguenéens ont une opinion sur la question, opinion résumée par Philippe Migneault, forestier de 60 ans au chômage, au resto Gour-Mets de Saint-David-de-Falardeau, en «banlieue» nord de Chicoutimi : «Je suis pas contre les immigrants, mais qu'ils s'adaptent. Si je vais en Iran, moi, Monsieur, qu'est-ce que je vais faire? Je vais m'adapter à eux!»
À Saint-Ambroise, l'épicier Marc Pilote évoque la «mollesse» des Québécois. «On ne tient pas à nos racines. Eux, oui. Mais nous, on est trop doux, trop mous.» M. Pilote se demande «ça finit où», ces histoires d'accommodements. «Regardez l'histoire des vitres givrées au YMCA!»
Gouffre
Pour les analystes, il existe un clivage entre la ville et la campagne. «Hérouxville nous démontre qu'il y a un gouffre. Les gens ont surtout peur du multiculturalisme quand ils le voient de loin et que ça ne les touche pas», explique Daniel Weinstock, professeur au département de philosophie à l'Université de Montréal.
Dans plusieurs villes et villages, le seul contact avec l'immigration se fait par l'intermédiaire du petit écran. «Et en général, les médias parlent de l'immigration surtout quand il y a une crise», note Rivka Augenfeld, ancienne président de la Table de concertation des organismes travaillant auprès des personnes immigrantes et réfugiées. «À Montréal, les gens se côtoient, travaillent ensemble et ça fait toute la différence», ajoute Mme Augenfeld.
IMMIGRÉS EN RÉGION
Les immigrés se font toujours rares en région. En 2005, 120 nouveaux arrivants ont décidé de s'installer dans le Bas-Saint-Laurent. La plupart viennent d'Amérique du Sud. La moitié d'entre eux devraient rester pour de bon. Toutefois, 90 % des 40 000 immigrants qui arrivent au Québec chaque année s'installent dans la région métropolitaine.
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  #1 (permalink)  
By bana2166 on 02-03-07, 02:30 PM
news Le Saguenay-Lac-Saint-Jean échappe à la tourmente

Le samedi 03 fév 2007
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean échappe à la tourmente
Les demandes d'accommodements sont rares au Saguenay-Lac-Saint-Jean, sinon inexistantes. «Je n'arrive pas à comprendre ce terme d'accommodement raisonnable. Nous sommes tellement occupés à nos affaires que nous n'avons pas le temps d'en demander.»
Blagueur jusqu'au bout des ongles, Hussein Hassan habite la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis plus de 40 ans. Les accommodements raisonnables, il ne connaît pas.
Personne ne l'a entendu réclamer un traitement particulier et il n'a pas l'intention d'en demander. Il y a une mosquée dans sa résidence, et elle est fréquentée par la communauté musulmane de la région.
«Nous passons même incognito. Nous n'avons pas besoin d'accommodements raisonnables, car nous pouvons nous arranger. Nous nous organisons pour trouver des solutions», explique M. Hassan, l'un des premiers Arabes arrivés dans la région.
Le professeur au cégep de Chicoutimi admet que la situation des immigrés dans la région ne se compare absolument pas à celle des grandes villes comme Montréal.
«Nous n'avons pas de travailleurs clandestins dans la région, contrairement à Montréal. Ceux qui viennent s'établir au Saguenay-Lac-Saint-Jean travaillent la plupart du temps à l'université, au cégep ou à l'hôpital.
«Même si nous n'avons jamais rencontré de véritables difficultés, je dois tout de même dire que j'ai déjà fait face à de méchants imbéciles, des gens qui se disent racistes mais qui n'ont pas de raison à donner. Nous essayons de leur expliquer la situation mais, si ça ne fonctionne pas, nous passons à autre chose», précise M. Hassan.
L'université du Québec à Chicoutimi (UQAC) n'a jamais vécu de tension à cause de cette réalité, mais elle fait des efforts pour ne traiter personne de façon différente.
«L'UQAC a opté pour une forme de laïcité, et les gens le savent. Nous avons mis à la disposition de tout le monde une salle pour se recueillir ou pour prier, mais elle est vraiment ouverte à tous et à chacun. Ceux qui veulent l'utiliser peuvent le faire quand ils veulent», explique le porte-parole de l'Université, Jean Wauthier.
La société Alcan a longtemps été le plus important employeur de travailleurs immigrés dans la région, principalement à son centre de recherche - elle a perdu ce titre aux mains de l'UQAC.
La porte-parole Renée Larouche a mentionné qu'Alcan, avec ses 64 000 employés dans au moins 60 pays, avait une longue expérience des différences.
«Les employés connaissent le code de conduite de l'entreprise et savent ce qu'ils doivent faire. À la base, il y a le respect des personnes, tout en tenant compte de la sécurité dans l'exploitation de nos installations et de la sécurité personnelle de nos employés», a-t-elle dit.
Mme Larouche n'a pas fait état d'arrangements particuliers quant aux horaires de travail ni d'autres arrangements pour accommoder certains employés.
Toutes proportions gardées, l'immigration a fait un bond spectaculaire au Saguenay-Lac-Saint-Jean, entre 2001 et 2005 : 851 nouveaux arrivants s'y sont implantés. En 25 ans, cependant, ils ne sont que 1400 à avoir choisi la région, où le nombre d'immigrés est de moins de 1%. La région n'a jamais réussi à attirer plus de 0,5% de l'immigration totale du Québec.
Il n'est pas impossible qu'un plus grand nombre d'immigrés s'installent dans la région puis décident d'aller dans les grands centres urbains pour rejoindre une communauté plus importante.
En 1976, la région comptait 520 immigrés. Il s'agissait de la première vague d'immigration en provenance d'Haïti ainsi que du début de l'arrivée des Français. Des Colombiens se sont regroupés à Jonquière et, de 1995 à 2000, des réfugiés en provenance de l'ex-Yougoslavie se sont implantés.
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  #2 (permalink)  
By Al Saqr on 02-05-07, 10:20 AM
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Moins ils sont en contact avec des immigrés, plus les Québécois sont méfiants.
On a très peur de ce qu'on ne connaît pas.
C'est la base de tout film d'horreur.
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