EMIGRATION - Les Africains changent de destination : 14 candidats clandestins sénégalais arrêtés aux Etats-Unis
Article publié dans l'édition du lundi 5 février 2007


Le casse-tête. L?émigration clandestine ne finit pas de faire parler d?elle même. L?Espagne ne semble plus être la seule destination des Sénégalais. Est-ce dû au dispositif de surveillance des côtes pour endiguer le phénomène ? Tout semble pousser à répondre par l?affirmative. Aujourd?hui, c?est le continent américain qui constitue la nouvelle destination des candidats à l?émigration clandestine. Heureusement que la vigilance et la présence d?esprit étaient de rigueur pour éviter la catastrophe?, le sacrifice suprême à une quinzaine de citoyens sénégalais. En fait, quatorze clandestins sénégalais qui tentaient de rejoindre New York, ont été sauvés d?une tempête atlantique par des garde-côtes américains. Ils étaient à bord d?un catamaran provenant du Sénégal, pourtant enregistré en Angleterre. Le navire est arrivé au port de Brooklyn, mercredi dernier, avec des voiles cassés et un moteur bloqué, après un mois de traversée de l?océan Atlantique. Aussitôt, les 14 candidats à l?aventure ont été mis aux arrêts dans un centre de détention du New Jersey, en attendant leur rapatriement à Dakar, la capitale du Sénégal.


Auparavant, ils ont pu être sauvés, dans des conditions humaines très difficiles, par les membres d?équipage de Melbourne, à environ 1448 km à l?Est de Cabillaud, dans le Massachusetts. «Ces Sénégalais ont été hissés à bord par des cordes», raconte-t-on. La porte-parole des douanes américaines, Lucille Cirillo, pense qu?ils ont voyagé par dépit. «Je ne pense pas qu?ils avaient conscience du genre de voyage qui les attendait», a-t-elle poursuivi. Seulement, s?étonne-t-elle : «ils étaient en bonne forme physique. Nous ne savons pas comment ils font. Ils étaient sur ce bateau, pendant plus d?un mois». Mme Cirillo constate que quelques-uns des hommes n?avaient pas de passeports valables et, la plupart d?entre eux n?avaient aucune pièce d?identité.


En plus des immigrés provenant de Cuba ou de Haïti, le pays de l?Oncle Sam a un autre front qui se dresse devant lui : l?Afrique. Le porte-parole des garde-côtes est conscient de cette nouvelle situation et a fait part de ses inquiétudes. Selon David Bender, «ce serait, certainement, un précédent dangereux».
L?émigration clandestine a rythmé, pendant l?hivernage précédent, le quotidien des sénégalais et par delà eux leurs frères africains. Ce phénomène né d?un fort sentiment de déception et de désespoir de milliers de jeunes, est, en tout cas, un thème très prisé par les candidats à la présidentielle du 25 février 2007, au cours de la présente campagne électorale