Un colloque international sur le développement s'ouvre lundi au Mali
MALI - 3 février 2007 - PANAPRESS
Un colloque international sur le développement local et la décentralisation s'ouvre lundi à Bamako sous l'égide de l'ONG canadienne "Solidarité, Union, Coopération" (SUCO) et l'Agence canadienne de développement international (ACDI), a-t-on appris samedi de source officielle dans la capitale malienne.
Il regroupera des délégués venus du Burkina Faso, du Cameroun, du Ghana, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal et d'Haïti.
Les participants discuteront de plusieurs sujets liés, entre autres, aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), au développement local et aux politiques de décentralisation.
************************************************** *******************************
SUCO en Haïti
* Le pays
* Suco en Haïti
* Programmation de SUCO en Haïti
LE PAYS
Haïti est un pays de montagnes, relativement bien arrosé et ayant un bon potentiel agricole. L'agriculture demeure une activité économique et sociale essentielle; elle occupe plus de 60 % de la population active et assure 35 % du PNB. Une majorité d'haïtiens et d?haïtiennes vivent de l'agriculture vivrière (maïs, sorgho, haricots, tubercules) qui se pratique dans le cadre de petites exploitations dont les rendements sont très faibles à cause de l'intense érosion des sols. Le défrichement de nouvelles terres pour l?agriculture et la production du charbon provoquent le recul rapide de la forêt, qui couvre moins de 3% de la superficie du pays.


La population de ce pays, est estimée à un peu plus de 8.5 millions d'habitants dont près de 2 millions se trouvent concentrés dans la capitale Port-au-Prince. La densité de la population et l?accès limité aux services de base tels l?éducation et la santé, vient inévitablement altérer les conditions de vie. La majorité de la population active est au chômage, mais l?économie informelle est florissante.
Depuis la fin du régime des Duvalier (1957-1986) et le régime des militaires (1986-1990), l'histoire politique du pays n'a pas connu de grandes lueurs démocratiques. Au cours des 15 dernières années, Haïti a continué d'être fracturé par des tensions politiques internes. Ainsi, l'impasse politique dans laquelle se trouve Haïti depuis des années, le déficit budgétaire répété du gouvernement et son incapacité à offrir des services, a contribué à un contexte socio-économique difficile qui affecte la qualité et le niveau de vie de la population, et alimente l?insécurité.
En 2005, selon l'Indicateur du développement humain élaboré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Haïti se classe au 134e rang mondial sur 162 pays et, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), il fait partie des 33 pays du monde confrontés à des situations alimentaires «d'une urgence exceptionnelle».
Profil de la pauvreté et lutte contre celle-ci.
L'un des défis les plus importants du développement humain en Haïti est la pauvreté de masse qui touche l'ensemble du pays. Ainsi, à Port-au-Prince, les deux tiers environ de la population vivent avec moins de 25 dollars US par mois, et moins de 40% de la population a accès à l'eau potable. En ce qui concerne le problème crucial de la répartition des richesses, on estime que 4% de la population possèdent 66% des ressources du pays. Cette situation de pauvreté extrême est aggravée par la vulnérabilité du pays aux catastrophes naturelles, et par la forte prévalence du VIH/sida, aggravant de façon significative la vulnérabilité générale de la population.


Des problèmes répétés de gouvernance, les inégalités dans la répartition des richesses, les problèmes agraires et le chômage sont les principales causes de la pauvreté de masse en Haïti. Le pays a pendant longtemps été caractérisé par des régimes personnalisés et autoritaires qui ont empêché la mise en place d'un environnement favorable à une croissance durable et à un partage équitable des richesses. Il est primordial que des mesures importantes soient prises au niveau de la gouvernance afin que le peuple haïtien puisse enfin envisager un mieux-être collectif.
SUCO à Haïti
La présence de SUCO en Haïti a pour origine un projet développé quelques années plus tôt au Nicaragua. En 1994, un coopérant de SUCO, Daniel Gagnon, a créé un outil pédagogique qui illustre des pratiques favorisant la gestion durable des systèmes agro-sylvo-pastoraux , El Machete Verde, prenant la forme d?une vingtaine de feuillets en couleurs conçus comme une bande dessinée et regroupés dans un coffret. Fort de cette expérience, SUCO a mis de l?avant un projet visant l?adaptation haïtienne sous le nom de Djakout peyizan.
PROGRAMMATION DE SUCO à Haïti
En 2001, un financement de l?agence canadienne de développement international (ACDI) permet à SUCO de démarrer le projet Djakout Peyizan. En reprenant le concept dans son essence, le projet Djakout Peyizan consiste à traduire, adapter et distribuer une version en créole destinée à Haïti. En effet, le projet répond à un besoin exprimé, il permet de pallier un manque d?outils pour vulgariser des méthodes simples susceptibles d?améliorer les rendements de l?exploitation familiale tout en prenant soin de l?environnement.


Bien que les conditions géographiques et climatiques d?Haïti soient comparables au Nicaragua, le travail d'adaptation a exigé des modifications linguistiques, culturelles et techniques importantes. Le taux d'analphabétisme au sein de la population haïtienne est particulièrement élevé: 48% (hommes) et 52% (femmes). Ainsi, le travail d'adaptation a nécessité une attention particulière tant au niveau de la langue utilisée, du contenu, qu?au niveau des images afin de transmettre correctement les messages techniques.
La collection Djakout peyizan compte, pour l?instant, 21 livrets. Chaque livret est abondamment illustré et commenté en créole. Les thèmes sont: agroforesterie; élevage; gestion de l?exploitation et environnement.
Le projet a permis non seulement la production du Djakout Peyzan, mais également la formation de 479 vulgarisateurs et vulgarisatrices agricoles qui interviennent directement auprès des paysans et paysannes afin d?améliorer la production dans le respect et la protection de l?environnement. Ces vulgarisateurs et vulgarisatrices travaillent dans 8 des 10 départements du pays.
Bien que le projet « Djakout Peyisan » soit terminé depuis le 31 mars 2005, le travail se poursuit par les personnes qui ont été formées. Les associations de paysans et de paysannes sont toujours en demande de formation et SUCO cherche les moyens de répondre à ces attentes tout en mettant le Djakout Peysan au service de projets en cours et à venir.
Favoriser le développement local des collectivités
Suite à une demande de collaboration de la part de MEDA (Mennonite Economic Development Associates) , SUCO a proposé à ce dernier, d?expérimenter son approche de développement local - favorisant l?appropriation du processus de développement par les populations locales - dans quatre habitations (villages) des communes de Chantal et d?Arniquet.
SUCO a donc formé des haïtiens et haïtiennes à l?approche et, conjointement avec MEDA a travaillé dans les quatre habitations identifiées. Suite à un long processus de formation avec l?ensemble des populations ciblées, des comités de développement d?habitations ont vu le jour et encore aujourd?hui, bien que le projet soit terminé, les fonds de développement sont gérés, avec succès, sur la place publique.
L?expérience est une réussite, l?approche de développement local SUCO est reproductible en Haïti. Il a demandé un travail d?adaptation minutieux et un temps appréciable d?encadrement mais le tout en valait l?effort.
Projet d?éducation à la citoyenneté et d?appui à la démocratie (PECAD)
Ce projet dont les activités ont débutées en juin 2005, consiste essentiellement à accompagner les organisations de la société civile, les leaders locaux, et les élus des communes de Chantal et Arniquet dans leurs démarches de participation citoyenne en vue de connaître et d?appliquer des principes de bonne gouvernance au sein des collectivités territoriales et dans l?élaboration concertée d?un plan de développement local.
Quatre grands axes d?intervention ont été retenus pour atteindre les objectifs du projet, articuler les actions et mobiliser les ressources.
? Un programme de formation orienté vers l?apprentissage des responsabilités citoyennes.
? Des sessions de formation à effets multiplicateurs pour les membres d?organisations de la société civile.
? Campagne radiophonique de sensibilisation, d?information et d?incitation à l?action citoyenne.
? La gestion participative pour faciliter l?implication des organisations de terrain.
Perspectives
La programmation de SUCO en Haïti est continuellement en mouvance. Néanmoins, nous gardons le cap sur not objectifs de solidarité et de développement avec et pour les populations.
Le développement local au c?ur de notre action :
Nous savons que l?approche de développement local développée par SUCO est possible en Haïti. Nous entendons donc poursuivre et développer notre programmation en Haïti, principalement en zone rurale, par la mise en place d?un projet/programme d?envergure en développement local. Il s?agira d?étendre notre action dans d?autres habitations des communes de Chantal et d?Arniquet, de travailler non seulement au niveau des habitations mais également au niveau des sections communales et des communes.
L?éducation citoyenne et l?appui à la démocratie, une nécessité :
Le travail d?éducation à la citoyenneté que nous avons entrepris doit se poursuivre. Nous espérons mettre en place un projet complémentaire en éducation à la citoyenneté pour couvrir, éventuellement l?arrondissement des Cayes au complet (272,000 personnes).
Et qu?en est-il de l?environnement :
Nous développons toujours de nouveaux projets axés sur l?environnement. Nous espérons un financement pour le projet Micro-entreprises environnementales communautaires des Orangers, commune de Jacmel, projet présenté conjointement par SUCO, la Coalition pour la protection de l?environnement et le développement durable en Haïti (COPEDH) et le Réseau d?enseignement professionnel et d?interventions écologiques (REPIE). Le projet contribuera au développement durable des collectivités des Orangers dans une perspective de réduction de la pauvreté soucieuse de l?environnement.
Les femmes haïtiennes s?organisent :
Un travail d?exploration est en cours, des rencontres avec des groupes de femmes se réalisent. SUCO désire contribuer plus directement au renforcement et développement d?un de ces groupes. Ensemble, nous élaborerons un projet qui répondra aux besoins et intérêts de ces dernières.
Le Djakout Peyizan, un incontournable :
SUCO travaille principalement en milieu rural, l?utilisation du Djakout peyizan dans les zones ciblées viendra permettre aux collectivités - dans une perspective environnementale - d?augmenter et de diversifier la production agricole favorisant ainsi un plus grand développement et le mieux être de ces dernières.