Mise à jour: 11/03/2007 08:40
Mozambique: À l'aide des plus mal pris de la terre
Le Québécois Sylvain Couture est au Mozambique, très loin, sur la côte est africaine. Dans des conditions difficiles, à chaque jour, il soigne des centaines de personnes frappées durement par le cyclone Favio.
Quand cet élément de la nature a balayé la côte du pays en février dernier, 150 000 personnes ont été déplacées par les vents, les pluies et les inondations. Plus de routes, plus de maisons et surtout plus d'hôpitaux. L'aide humanitaire s'est mobilisée.
Le médecin Sylvain Couture s'est rendu dans cette partie du monde avec la Croix-Rouge.
«Depuis une semaine, nous organisons les secours. C'est très épuisant», dit-il dans son téléphone à relais satellite depuis Vilanculo, la zone la plus touchée par le cyclone.
«Ici, on a monté une tente dans laquelle on soigne 250 personnes par jour. La malaria et le sida -de 15 à 30 % des gens sont porteurs du virus- s'ajoutent aux problèmes de santé de la population.»
Sylvain Couture, 38 ans, a réalisé plusieurs missions humanitaires. Il s'est rendu trois fois en Afghanistan après le 11 septembre 2001, une fois en Indonésie après le tsunami, en Haïti et au Pakistan.
Au Québec, il oeuvre à temps partiel au Nunavik. Comment en est-il venu à pratiquer cette médecine de brousse?
«De mon salon, répond-il. En regardant les désastres dans le monde, j'ai décidé de participer à l'aide humanitaire.»
Un hôpital dans la jungle<
Expérimenté, Sylvain Couture a été désigné chef d'équipe de la Croix-Rouge. Avec 10 délégués de la Norvège et une trentaine d'employés locaux, il a monté un hôpital sous une tente géante, dans la jungle.
«Le matériel arrivait dans un gros avion russe à Beira et il fallait tout transporter à Vilanculo, à une cinquantaine de kilomètres plus au sud.»
La région est infectée de moustiques et une forme de la malaria la plus mortelle, le P. Falciparum, est très présente.
«Dans quelques jours, nous allons pouvoir accueillir les femmes enceintes. Il faut remettre sur pied les services médicaux.»
Les secouristes travaillent de 12 à 14 heures par jour. «Entre nous, l'épuisement perturbe nos relations. Il faut être prudents.»
Apprécier les petites choses
Sylvain Couture est père de deux enfants âgés de 11 et 12 ans. «Je pars en mission une fois par année, durant environ six semaines. Mes enfants comprennent ce que je fais et je crois qu'ils en sont fiers», dit-il.
Ces expériences humanitaires ont changé sa manière de voir la vie, ses priorités. «J'apprécie toutes les petites choses du quotidien. Je constate comment notre société est choyée.»
Selon le médecin, si le partage de la richesse mondiale est une question très complexe que le commun des mortels ne peut résoudre, «chacun peut de chez lui faire un don et encourager les organismes humanitaires. Sans argent, on ne peut rien faire.»