CONGO KINSHASA / Un mandat d'arrêt lancé contre Bemba réfugié à l'Ambassade d'Afrique du Sud
Des tirs d'obus de mortier et d'arme légère ont repris tôt, vendredi 23 mars, à Kinshasa, pour la deuxième journée consécutive. Depuis 6 h, de fortes détonations ont été entendues dans la commune de la Gombe (nord de Kinshasa). Ces combats opposant les Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) et la garde de l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba ont fait, jeudi, deux morts et une quinzaine de blessés.
Jean-Pierre Bemba s'est réfugié jeudi soir à l'ambassade d'Afrique du Sud
Un diplomate sur place raconte que "les militaires des deux camps se déploient partout où ils peuvent, dans les rues, dans les jardins des immeubles. Ils se tirent dessus, mais le plus souvent au jugé. Il y a beaucoup de balles perdues».
Les autorités congolaises ont délivré un mandat d'arrêt contre Jean-Pierre Bemba pour «haute trahison ». L'adversaire malheureux de Joseph Kabila lors de l'élection présidentielle organisée en octobre 2006 s'était réfugié jeudi soir dans l'ambassade d'Afrique du Sud.
Les miliciens de Bemba commencent à se rendre L'armée congolaise poursuit son déploiement dans la capitale. «La garde républicaine a repris les axes majeurs de la Gombe », a indiqué le porte-parole militaire de la Mission de l'Onu en RDC (Monuc).
Des hommes de Bemba ont commencé à faire acte de reddition individuellement : « La nouveauté, c'est que des miliciens de la garde de Bemba commencent à se rendre, individuellement, dans des camps de la Monuc », a-t-il poursuivi, précisant que les tirs d'arme légère, sporadiques, s'étaient poursuivis toute la nuit.
Une cuve d'essence, touchée par un obus de mortier, était en flammes, dans l'est de la commune de la Gombe. Un épais panache de fumée était visible à plus de dix kilomètres de ces cuves de stockage d'essence qui servent à alimenter en carburant les stations de la capitale.
Appel au calme de Jean-Pierre Bemba
Jeudi, à 18 heures, Jean-Pierre Bemba a appelé à un cessez-le-feu au micro de la radio Okapi, parrainée par l'Onu. « Mon message est un appel à toutes les parties à la paix et au calme, et pour demander un cessez-le-feu », a déclaré l'ancien chef rebelle, appelant «chacun » à « rentrer dans son campement d'origine ». Les tirs ont ensuite diminué, mais pas cessé.
Dans la soirée, le porte-parole du gouvernement a qualifié de «milice» la garde rapprochée de M. Bemba et a assuré que le sénateur n'avait pas respecté [son] engagement «post- électoral de ne » plus jamais «recourir à la violence.
Evacuation de tout le personnel «non indispensable » de la Monuc
Pendant la nuit, la Monuc a évacué tout le personnel «non indispensable » de son quartier général de Kinshasa qui a été conduit dans un camp logistique de la Gombe, plus éloigné du périmètre des tirs et où la Mission dispose de lits, de réserves d'eau et de vivres.
«Nous poursuivons les évacuations ce matin », a précisé le lieutenant-colonel Rancher. Plusieurs centaines d'élèves et leurs professeurs étaient toujours bloqués en fin de matinée dans l'école belge et le lycée français voisin.
Dans la Gombe, les écoles et ministères ont été fermés, jeudi, sur ordre du gouvernement et des témoins rapportaient des scènes de pillage.
Sources : AFP/AP/LeMonde