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États-Unis reprennent leur sale guerre contre le Nicaragua

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Published by bana2166- 09-03-07
news États-Unis reprennent leur sale guerre contre le Nicaragua

Les États-Unis reprennent leur sale guerre contre le Nicaragua
HUIT mois après sa prise de fonctions, le gouvernement du président du Nicaragua, Daniel Ortega, doit faire face à une opposition implacable de la part des secteurs réactionnaires, aussi bien dans le pays qu'à l'étranger, soutenus par les États-Unis, qui font tout pour saborder les changements structurels entrepris dans cette nouvelle étape politique nationale.
Il s'agit d'une lutte idéologique, qui se radicalise depuis plusieurs mois, où s'affrontent, d'un côté, les principes et le programme pour améliorer la qualité de vie de la majorité de la population du Nicaragua et, de l'autre, les intérêts de la droite, qui voit ses privilèges de classe menacés devant la poussée irrésistible du processus impulsé par Ortega et son ministère.
Ortega continue de dénoncer les plans de déstabilisation du gouvernement de Washington, et il s'en est pris ces dernières semaines au Traité de libre-échange (TLC) signé par son pays avec les États-Unis, dont il a souligné les énormes différences avec l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), qu'il a déjà signé avec Cuba, la Bolivie et le Venezuela, son principal promoteur, dont la base philosophique est un commerce juste destiné à améliorer la vie des secteurs les plus pauvres des pays.
« Commerce injuste » est l'expression que le dirigeant a utilisée pour qualifier les TLCs, car ils bénéficient toujours au pays le plus puissant, et il a pris comme exemple la production de tabac nicaraguayen.
Si cette mesure était adoptée, des milliers de producteurs de la nation d'Amérique centrale perdraient leurs emplois et seraient forcés d'émigrer de manière illégale en Amérique du Nord, où ils sont traités comme des citoyens de cinquième zone.
Ortega a affirmé que son parti, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) n'a jamais été partisan de la signature du TLC.
Les États-Unis, entre-temps, continuent leur sale guerre contre le processus politique mené par l'ex-commandant du FSLN.
Le dirigeant, lors du récent Forum de Sao Paulo effectué à Managua, a accusé l'administration de George W. Bush de travailler « en coulisses » au sabotage des programmes sociaux et économiques mis en oeuvre par son gouvernement, qui ont progressé de manière significative malgré les obstacles posés par ses ennemis.
Sur un ton de conciliation, mais ferme, Ortega a rappelé que les relations entre les États-Unis et le Nicaragua, malgré les différences idéologiques entre les deux gouvernements, devaient être basées sur le respect mutuel. C'est pourquoi, a-t-il ajouté, les campagnes de dénigrement en complicité avec la droite locale et les médias privés qu'ils financent, sont inacceptables.
Pour le dirigeant, l'ingérence de Washington dans les affaires intérieures de son pays a comme objectif de soutenir des groupes affirmant parler au nom de la population, quand en réalité les électeurs les ont balayés lors des élections générales de l'année dernière.
On estime que de nouvelles tensions peuvent apparaître dans les relations bilatérales, après la confirmation, par le gouvernement de Managua, de la saisie des propriétés de la transnationale pétrolière étasunienne ESSO, après que la Direction générale des douanes ait découvert un système d'évasion fiscale. La fraude consistait à déclarer un volume d'importation moindre que celui enregistré par les services douaniers, selon les explications du conseiller présidentiel, Bayardo Arce.
La saisie des installations de la firme ESSO dans le port de Corinto, à environ 150 kms de Managua, a été effectuée le vendredi 17 août, car la transnationale nord-américaine a refusé de reconnaître, envers l'État nicaraguayen, des arriérés de droits de douane d'un montant de trois millions de dollars, même si elle a accepté de chercher une solution négociée. Selon les spécialistes, le gouvernement de Bush ne restera certainement pas les bras croisés devant cet incident, qu'il va bien sûr dénaturer et dramatiser, vu que l'ambassadeur de ce pays, Paul Trivelli, a averti que la mesure pouvait nuire sérieusement aux relations commerciales entre les deux États.
Le plan exécuté par Washington contre Managua depuis l'entrée en fonction d'Ortega n'est pas très différent de ceux que la Maison Blanche, dont le locataire Bush a vu fondre sa côte de popularité (34%) dans son pays, a utilisé traditionnellement contre des gouvernements démocratiquement élus d'Amérique latine et des Caraïbes. Il suffit de se rappeler d'Haïti, du Chili et du Guatemala. Mais les temps ont changé et les gouvernements ont aujourd'hui le soutien de puissants mouvements sociaux et indigènes au niveau élevé de conscience politique.
L'objectif de la réaction est d'égarer la population nicaraguayenne par des mensonges afin de torpiller les programmes politiques sociaux du gouvernement d'Ortega, qui a dirigé le pays entre les années 1985 et 1990, mais qui n'a pas réussi à être réélu à cause de l'ingérence des États-Unis qui ont encouragé ce qu'on a appelé la guerre des contras. Cependant, en quelques mois, le Nicaragua a déjà fait des pas importants dans l'amélioration de la société.
Quand Ortega a pris le pouvoir les défis étaient énormes. Et ils sont toujours à relever. Plus de la moitié de la population active est au chômage, 27% souffrent de malnutrition ; la dette extérieure atteint les six milliards 500 millions de dollars ; plus d'un million d'adultes sont analphabètes et 800 000 enfants n'ont pas accès à l'éducation et le pays est victime, en outre, d'une grave crise énergétique. Le changement est indispensable.
LE PAYS REJOINT L'ALTERNATIVE BOLIVARIENNE POUR LES AMÉRIQUES
L'une des premières mesures adoptées par le gouvernement a été l'adhésion à l'Alternative bolivarienne pour les Amériques, une idée du président vénézuélien, Hugo Chavez, aussitôt appuyée par Cuba, qui a apporté sa collaboration, entre autres, dans les domaines de la santé et de l'éducation.
Sous le signe de la solidarité et de l'union, l'ALBA a commencé de fonctionner au Nicaragua malgré le harcèlement de l'administration nord-américaine contre cet organisme, basé sur le rejet des lois du marché capitaliste, avec comme souci principal le bien-être des hommes.
Un des projets signés à travers l'ALBA est la raffinerie, d'un coût de 4 milliards de dollars, que le Venezuela construit dans la patrie de Sandino. On estime que la mise en marche de cette usine va transformer la vie économique et sociale nicaraguayenne dans les cinq prochaines années. Il suffit d'indiquer que ce peuple subit aujourd'hui plus de 16 heures quotidiennes de coupure de courant.
Les présidents Ortega et Chavez ont posé récemment la première pierre de la nouvelle installation dans une zone côtière, à 60 kms à l'ouest de la capitale du Nicaragua.
Au moment de sa mise en route, cette usine, qui s'appellera Le rêve suprême de Bolivar, aura une capacité de raffinage maximum de 150 000 barils de pétrole quotidiens, dont 105 000 seront de diesel, 31 000 d'essence et 5 000 de gaz liquide, et le reste de combustible pour cuisines et charbon.
Cette installation, qui créera 10 000 emplois, fera un bénéfice d'exportation de 700 millions de dollars, et qui va résoudre la crise énergétique du pays, couvrira une bonne partie de la demande de combustibles en Amérique centrale, de 160 000 barils quotidiens. Celle du Nicaragua s'élève à 27 000 barils par jour.
Grâce toujours à l'ALBA 60 tracteurs de fabrication vénézuélano-iranienne sont arrivés dans le pays d'Amérique centrale pour impulser les programmes agricoles, et soutenir la mise en marche du programme Faim Zéro, au milieu de la famine laissée par le néo-libéralisme. 109 machines agricoles font aussi partie du lot et elles seront livrées à environ 3 000 membres des coopératives.
L'Opération Miracle est en pleine expansion car des centaines de citoyens parmi les plus pauvres ont déjà été opérés pour retrouver la vue. La Campagne nationale d'alphabétisation et autres programmes au profond contenu humaniste fonctionnent à plein régime.
Le gouvernement du sandiniste Ortega encourage aussi maintenant la création des Conseils du Pouvoir citoyen (CPC), pour que les citoyens prennent part davantage aux décisions.
Il s'agit donc de gagner, outre la bataille politique obtenue dans les urnes, la bataille idéologique contre une opposition qui résiste à abandonner ses historiques privilèges de classe.
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