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View Full Version : Les mobiles de troisième génération font leurs débuts au Japon


mde11
03-12-2002, 05:29 PM
Vidéo en direct, échange de photos, téléchargement de musique, navigation rapide sur Internet : les Japonais expérimentent les services offerts par le nouveau réseau de téléphonie à haut débit, baptisé 3G. Mais les portables sont encore coûteux et leur autonomie très limitée.
Tokyo, correspondance

Au moment où l'Europe découvre les services de téléphonie mobile offerts par l'i-mode (informations, jeux...) avec le lancement de E-Plus, le 8 mars en Allemagne et en avril en Belgique et aux Pays-Bas, le Japon a déjà passé la vitesse supérieure. Principal artisan du succès de l'i-mode dans l'archipel, l'opérateur nippon NTT Docomo construit déjà son réseau de troisième génération (3G). Il estime que la combinaison entre le développement de services sur téléphone mobile et le haut débit, apporté par la 3G, ouvre la voie à des applications inédites.

A terme, les abonnés du téléphone mobile 3G pourront accéder à tout moment et de n'importe quel endroit à tous les types de contenu (texte, image, son, vidéo). D'où le nom de son service UMTS (système universel de télécommunication mobile) : Foma (Freedom of multimedia access, liberté d'accès multimédia).

Dans l'une des quelque 220 boutiques NTT DoCoMo de la région de Tokyo, à Yokohama, le vendeur explique l'offre Foma : "Le réseau, basé sur une technologie totalement nouvelle, ne couvre que Tokyo et quelques grandes villes. Votre mobile ne pourra donc être utilisé partout puisqu'il est incompatible avec les autres systèmes. Sachez que son autonomie est beaucoup plus faible que celle des portables de seconde génération. Le modèle avec caméra intégrée (Panasonic P2101V) n'offre, pour le moment, qu'une journée en veille et environ une heure en communication."Un tel discours a de quoi décourager le chaland. NTT DoCoMo met néanmoins l'accent sur quatre points forts: rapidité, multimédia, sécurité, qualité.

Le réseau 3G, en cours de développement avec NEC, repose sur la technologie Wide band CDMA (accès multiple large bande à répartition par codes) avec un couplage des modes symétrique et asymétrique pour assurer un débit optimal aussi bien en zones urbaines (en faible mobilité) que suburbaines et rurales (en déplacement). En mode paquets, celui-ci atteint un maximum théorique de 384 kbit/s (2 Mbit/s prévus à terme et déjà réalisés en tests) et 64 kbit/s en mode circuit utilisé pour les appels vidéo avec les modèles Mitsubishi D2101V et Panasonic P2101V.

IMAGES EN TEMPS REEL

Le débit annoncé en mode paquets, plus de dix fois supérieur à celui du réseau de deuxième génération (de 9,6 à 28,8 kbit/s), reste néanmoins largement dépendant du niveau de réception (puissance reçue) et du nombre d'utilisateurs. Pour couvrir Tokyo et les 30 km alentour, il a fallu dès le départ déployer pas moins de 214 stations de bases.

Mais les clients se plaignent d'une mauvaise réception dans les bâtiments. Pour le moment seule la capitale, Nagoya et Osaka sont couvertes, avec un rayon alentour de plusieurs dizaines de kilomètres. Selon le calendrier prévisionnel de NTT DoCoMo, d'ici à mars 2003, toutes les principales cités de l'archipel seront desservies (90 % de la population). Ce taux devrait atteindre 97 % en mars 2004.

Avec Foma, NTT DoCoMo vise dans un premier temps les professionnels qui représentent aujourd'hui 66 % des abonnés. L'entreprise de travaux publics Takenaka est l'une des premières à avoir franchi le pas. "Nous avons développé conjointement avec NTT DoCoMo trois applications basées sur Foma et accessibles via un site i-mode : le téléchargement et le streaming vidéo sur téléphone mobile (modèles D2101V et P2101V) ; la prise de vues, l'intégration des photos dans une base de données, l'indexation et la recherche des images depuis un portable ; et enfin, la vidéo temps réel pour la télésurveillance", explique M. Gokan, ingénieur système de Takenaka.

Pour cette société, il s'agit de permettre aux clients équipés de mobiles compatibles de suivre à distance l'avancement d'un chantier, et au personnel de recevoir en temps réel sur un portable les images transmises par une caméra installée sur le site en construction.

La liste des entreprises associées à NTT DoCoMo pour différentes applications donne la mesure des catégories de services professionnels qui seront dans un premier temps déployés : sécurité (Northwest Airlines), télésurveillance et télémaintenance (Sogo Keibi Hosho, Tokyo Gas), vidéotransmission (Asahi National Broadcasting), enseignement ( Linguaphone Academy), surveillance médicale (clinique Ootsuka)...

NTT DoCoMo permet par ailleurs aux porteurs de mobiles Foma d'accéder au réseau local de l'entreprise en étant au préalable dûment identifiés. "Les terminaux Foma sont d'ailleurs les premiers modèles nippons intégrant une carte à puce amovible (carte U-Sim), gage de sécurité pour les connexions", précise le fournisseur, Gemplus.

Même si les particuliers ne sont pas la cible première de Foma, NTT DoCoMo ne se prive pas de faire savoir que son offre existe, surtout quand les concurrents Au et J-Phone innovent. Le premier en proposant de la vidéo (Ezmovie) ainsi que la localisation GPS, et le second en permettant des échanges de photos et de vidéos (movie-sha-mail), le tout sur réseau 2,5G à 28,8 kbit/s !

Les boutiques du quartier high-tech de Akihabara, à Tokyo, relaient le message auprès des technophiles. La dimension multimédia sert d'appât. A commencer par la possibilité d'établir des communications visuelles (vidéo à 64 kbit/s) ou d'envoyer des photos grâce au mobile P2101V de Panasonic équipé d'une caméra rotative. Le service i-motion (réception de bandes-annonces, clips, infos et autres séquences vidéo), disponible depuis quelques semaines sur les modèles N2002 de Nec et D2101V de Mitsubishi, vise la même cible. Tout comme le service M-Stage Music (téléchargement de musique) qui sera proposé en avril.

Devant les présentoirs, ils sont nombreux à examiner les nouveaux mobiles encore très onéreux (400 à 600 euros). La plupart des adeptes de la 3G devront encore patienter.

Karine Poupée (http://www.lemonde.fr/)