View Full Version : The Metamorphosis: Chapter X: Second U.S. occupation
haitiwebs
08-23-2003, 11:01 AM
From: The Metamorphosis (http://www.haitiwebs.com/metamorphosis)
SUMMARY: FLIP-FLOPS AND ON-AGAIN-OFF-AGAIN OPERATIONSThe second occupation of Haiti started with another policy shift announced by Clinton in a speech televised September 15, in which he declared that diplomatic options had been exhausted.
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Read the full article over here (http://haitiwebs.com/metamorphosis/article_21.php)
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What do you think about this story from The Metamorphosis (http://www.haitiwebs.com/metamorphosis) by Jean Pierre Brax? Post your comments below.
zenglendo
08-23-2003, 11:06 AM
Appel à l'intelligence de mes concitoyens
Ne serait-il pas interressant de discuter ici les résultats des interventions militaires américaines en Haiti, en Grenade, au Panama, en Afghanistan et en Irak ? En avant Marc Henri et Jafri !!! Fem we nou ...
zenglendo
03-01-2004, 06:23 AM
Je viens d'assister à l'interview de la fille de l'ex-ministre d'Aristide, Claudette Werleigh.
Déjà, là voilà au travail. L'opération de relation publique qu'elle nous a donné à voir consiste à créer une nouvelle mythologie, un nouveau mensonge : Aristide viendrait d'être victime d'un nouveau coup d'Etat et il se serait "sacrifier" au bénéfice de ses compatriotes pour éviter un "bain de sang".
Aristide n'est pas un martyr mais le bourreau du peuple haitien.
Soyons vigilants car, avec les millions qu'il a volé, il a de quoi se payer les services de beaucoup de plumitifs mercenaires comme Wargny.
Aristide n'a aucune légitimité à réecrire l'histoire au service d'un mythe qui a tellement fait de mal dans le pays.
zenglendo
03-01-2004, 05:21 PM
NON A LA SOMALISATION
François Duvalier a vidé Haïti de ses forces vives et a instauré une médiocratie. Jean-Claude Duvalier a prostitué son peuple, a fait du pays une zone franche pour le flibuste économique internationale et un bordel pour le tourisme sexuel. Henri Namphy, Régala et Cédras ont fait du territoire national un hangar pour la drogue colombienne.
Aristide a trahi l?espoir, a détruit l?économie nationale et a racaillisé la société pour faire d?Haïti la Somalie des Caraïbes.
Nous, Haïtiens qui vivons en Haïti ou ailleurs, refusons la dynamique du mal en pis. Haïti doit rester une et indivisible et devenir une société de droit démocratique.
zenglendo
03-01-2004, 05:37 PM
En France sur les chaînes nationales et aux Etats-Unis, Christophe Wargny et Randall Robinson font campagne font faire connaître la fable selon laquelle Aristide aurait été kidnapé par les forces armées américaines...
D'après le département de la justice américain, la firme de la femme de Randall Robinson, Ross?Robinson, reçoit, depuis 1995, près de 20 000 dollars le mois pour faire la propagande d'Aristide auprès des journalistes et des hommes politiques occidentaux. (cf: the Dept. of Justice Office, Foreign Agent Registration Act.)
Voilà où passe l'argent volé au peuple haitien.
zenglendo
03-02-2004, 09:29 AM
Pauvre Lila Desquiron. Le grangou avait fait, de cette ancienne bouboute du ministre jeanclaudiste Jean Marie Chanoine, la chienne de garde de la 25e heure d'un gouvernement lavalas à la dérive. Pas pour longtemps. Là voila térée dans une ambassade. Attendant, sans doute, de son copain Syto Cavé le moyen d'ouvrir à nouveau les cuisses au plus offrant. A la misè...
zenglendo
03-05-2004, 04:57 AM
L'Afrique manque de tout, même de noiristes. En résumé, Loubert et Jafri ont un job qui les attend :
D'après l'AFP, la Ligue centrafricaine des droits de l?Homme (LCDH) a réclamé jeudi le départ "sans délai" du président haïtien déchu Jean-Bertrand Aristide, hébergé depuis lundi à Bangui, refusant que le pays soit un "dépotoir pour un ancien despote".
La Ligue "exige que le tyran hébergé au Palais de la Renaissance (présidence centrafricaine, ndlr) quitte sans délai le territoire centrafricain", indique un communiqué transmis à l?AFP à Libreville.
La LDCH "refuse que la RCA (République centrafricaine) soit un dépotoir pour un ancien despote rejeté par les autres pays d?Amérique, d?Europe et d?Afrique". "En cédant aux pressions extérieures, les autorités centrafricaines prennent la responsabilité de la fragilisation du processus de transition, la présence de ce criminel en RCA étant source de vives tensions, critiques et polémiques", dénonce le texte.
La LCDH, soulignant les "graves violations de droits de l?Homme" perpétrées par le régime de M. Aristide, exprime "sa solidarité envers le peuple haïtien dans sa lutte contre la dictature et pour la restauration d?un Etat de droit".
M. Aristide est arrivé lundi à Bangui pour un séjour censé n?être qu?une étape sur le chemin de l?exil, après avoir quitté la veille, sous la pression de la rue et de la communauté internationale, le pouvoir et son pays en proie à des troubles depuis trois semaines.
Il devrait toutefois rester en Centrafrique au moins jusqu?au 14 avril, en raison d?échéances électorales en Afrique du Sud, pays pressenti pour l?accueillir ensuite, a indiqué une source diplomatique africaine à Bangui.
Selon des sources politiques africaines ayant requis l?anonymat, les pays candidats à l?accueil de l?ancien président d?Haïti ne se bousculaient pas à son départ dimanche de Port-au-Prince.
Diverses pressions et contreparties financières ont pu achever de convaincre la Centrafrique, asphyxiée économiquement par 25 ans de crises politico-militaires à répétition, et extrêmement dépendante de l?aide internationale.
ECHEC DE LA CAMPAGNE LAVALAS?
En attendant, il semble que le Black Fauxculs ait reçu son chèque. Il s'agite donc mais sans grand résultat :
WASHINGTON, 4 mars (AFP) - Les Etats-Unis ont rejeté jeudi l?idée d?une enquête sur les conditions controversées du départ en exil dimanche de l?ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide. "Il n?y a rien sur quoi enquêter, nous n?encourageons ni ne pensons qu?il y ait besoin d?une quelconque enquête", a déclaré le porte-parole du département d?Etat, Richard Boucher. "Il n?y a pas eu de kidnapping, pas eu de coup, pas eu de menaces", a-t-il assuré. La polémique sur le départ de M. Aristide organisé par les Etats-Unis a redoublé avec des demandes d?enquêtes indépendantes de la communauté des pays des caraïbes (Caricom) et de la ministre sud-africaine des Affaires étrangères Nkosazana Dlamini-Zuma. En pleine campagne présidentielle américaine, les démocrates du Congrès ont accusé l?administration républicaine de George W. Bush d?avoir contraint à l?exil l?ancien président haïtien. Jean Bertrand Aristide, arrivé le 1er mars à Bangui, a affirmé avoir été victime "d?un coup d?Etat" et "d?un enlèvement moderne" par Washington.
zenglendo
03-05-2004, 05:31 AM
La chronique d'Eric Fottorino
L'île du Baron Samedi
LE MONDE | 01.03.04 | 13h02
"Comment passer de la prêtrise à la traîtrise ?
Cette question nous taraudait, hier soir, devant l'image de l'avion qui emportait le président Aristide en fuite, abandonnant son pays à la violence et au chaos. Une image furtive et silencieuse, presque banale.
Il est si loin le curé chétif, tout de blanc vêtu, qui parlait la langue des pauvres et promettait à son peuple un pays débarrassé des Duvalier et de leurs "tontons macoutes". Un pays qui serait un paradis sur terre, où les habitants pourraient manger à leur faim, s'habiller, s'instruire, ne plus vivre au jour le jour avec au ventre la peur du lendemain. Aristide allait devenir le populaire "Titid". Il croyait en son étoile, et les Haïtiens en haillons croyaient en lui. C'était le temps de la théologie de la libération et de ces hommes de Dieu qui affrontaient les dictatures à galons et jugulaire à travers toute l'Amérique latine. Aristide avait des accents de sauveur. Son église de Saint-Jean-Bosco était le rendez-vous des humbles. Il avait de l'espoir plein son ciboire, et les fidèles buvaient ses prêches les yeux fermés. Le curé de la Saline
était le petit frère de Dom Helder Camara qui, accroché à sa petite chapelle de Caninda, dans le Nordeste du Brésil, promettait d'en finir avec l'esclavage moderne.
Puis un jour est venu le temps des "chimères". Le nom dont sont affublés les gangs d'Aristide nés dans la poussière et dans le dénuement du bidonville de Cité Soleil. Armés par le président, incités à la haine par la voix du président, ces exécuteurs des basses oeuvres ont infligé les pires supplices, comme celui du pneu enflammé autour du cou, à quiconque critiquait un pouvoir devenu tyrannie. Chimère : "Monstre fabuleux à tête et poitrail de lion, ventre de chèvre, queue de dragon, et qui crache des
flammes! " , dit le Petit Robert. La définition ne pouvait pas si bien coller pour décrire ces hommes cagoulés de rouge qui terrorisent encore Port-au-Prince, pillent et massacrent, prêts à se battre jusqu'au bout maintenant que leur chef les a lâchés dimanche au petit matin. Sur leurs mains, il y a le sang de toutes sortes d'opposants : étudiants,journalistes, défenseurs des droits de l'homme, commerçants, leaders politiques. Il suffisait d'un mot d'Aristide, même codé, pour que les milices donnent la mort comme des chiens dressés à tuer. Un pays livré à des "chimères", voilà ce que laisse derrière lui le chef déchu qui a violé ses idéaux, s'il en eût jamais, ne voyant plus que les
mirages de la puissance et de la gloire. Aristide s'imaginait président à vie. Il bâillonnait les bureaux de vote, trempait dans le trafic de drogue, restait aveugle et sourd face à la souffrance des siens. Il n'était même plus une brebis égarée de l'Eglise puisque son mariage l'avait coupé de ses sacrements. La seule chose sacrée à ses yeux était l'argent qu'il possédait, le pouvoir auquel il s'accrochait, dans la droite lignée des dictateurs de l'île.
On est saisi devant l'itinéraire de cet homme de si peu de foi. Malgré son costume d'homme d'affaires occidental, il ressemblait plutôt au Baron Samedi du vaudou haïtien, le dieu des morts. La magie Aristide n'a pas pris. C'est un peuple possédé, en proie aux transes les plus morbides, qu'il reste maintenant à apaiser. Et à aider."
Cet article est décidément bien écrit. Cela nous change des délires séniles de Marc Henri...
zenglendo
03-06-2004, 05:53 AM
Yvon Neptune confirme la démission de Jean Bertand Aristide auprès du Sénat
L?Assemblée Nationale ne pourra pas se réunir pour recevoir, selon le voeu de l?article 98.3. Le serment constitutionnel du président provisoire. C?est ce que précise une note de presse du Sénat contesté Lavalas publiée le jeudi 4 mars 2004 .
Le Bureau du Sénat de la République affirme avoir pris connaissance , par lettre en date du 29 février adressée au président de l?Assemblée Nationale et président du Sénat de la République, le premier ministre , Yvon Neptune, du départ précipité de M. Jean Bertrand Aristide pour l?étranger .
La lettre du premier ministre informe que le président a démissionné de ses fonctions avant de s?en aller et demande au président de l?Assemblée Nationale de réunir cette dernière pour recevoir le serment du président provisoire , selon le voeu de l?article 149 de la Constitution de 1987, le président de la Cour de Cassation , Me Boniface Alexandre.
Le Bureau du Sénat de la République tient à rappeler que depuis le 12 janvier 2004 , le mandat des Honorables Députés est arrivé à terme et que le Parlement ne se compose actuellement que du Sénat qui réunit quinze sénateurs en fonction .
De ce fait, l?Assemblée Nationale ne pourra pas se réunir pour recevoir selon le voeu de l?article 98.3 le serment constitutionnel du président provisoire.
Toujours dans cette note de presse , le Sénat de la République indique qu?il continuera d?exercer ses attributions constitutionnelles en tenant compte des prescrits de l?article 111.8 et un contrôle de l?Exécutif notamment en ce qui a trait à la nomination et la ratification de certains hauts fonctionnaires de l?Etat tel que prévu apr la Constitution : article 141 et 142.
Enfin , le Bureau du Sénat de la République demande à tous les Honorables Sénateurs de prendre les dispositions nécessaires pour être disponibles pour toute prochaine convocation .
zenglendo
03-07-2004, 08:15 AM
Voici un article du journal Le Monde qui devrait peut-être réussir à dégeler la cervelle de Marc Henri (si ce miracle est encore possible):
Plus de 200 000 dollars pourrissaient dans un coffre-fort enfoui sous la résidence de l?ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide, à Port-au-Prince.
Attaqués par la moisissure, les billets de 100 dollars sont à peine lisibles. "Lorsque nous avons ouvert le coffre et découvert les billets en cinq liasses d?environ 50 000 dollars chacune, je n?en croyais pas mes yeux", dit Jean, un ancien partisan du président déchu qui cache son identité par peur de représailles.
"Comment le président Aristide a-t-il pu laisser pourrir tant d?argent alors que son peuple se meurt de misère à La Saline, à Cité Soleil et à Bel Air -bidonvilles de la capitale-, ajoute cet artiste peintre en nous montrant un tas de billets inutilisables. S?il a pu oublier tant d?argent, c?est qu?il devait en avoir beaucoup, beaucoup plus."
Le coffre-fort éventré gît dans un tunnel creusé sous le salon principal de la résidence. Pour y accéder, il faut d?abord descendre dans une cave dont l?entrée était cachée sous le carrelage. Un mur de parpaings, enfoncé par les pillards, masquait l?accès au tunnel. La vaste résidence d?Aristide, à Tabarre, derrière l?aéroport de Port-au-Prince, a été saccagée au lendemain de son départ précipité. L?allée qui traverse le grand parc, ombragé par des manguiers, des pins et des palmiers, est jonchée d?objets et de documents abandonnés par les pillards : un piano à queue brisé en deux, un grand canapé.
Dans le grand salon du rez-de-chaussée, des paquets de photos - familiales et officielles - sont éparpillés près d?un coussin en forme de c?ur sur lequel sont brodés les surnoms de l?ex-couple présidentiel, "Minouche et Titid". Vaisselle et mobilier de cuisine ont été emportés. A l?étage, outre un grand bureau dont les murs sont tapissés de rayonnages surmontés d?une rangée de diplômes reçus lors de ses tournées à l?étranger, Aristide disposait de plusieurs pièces pour ses archives, où il entassait des piles de livres dont il est l?auteur. Au-delà d?une terrasse, une salle est encombrée de dizaines de tableaux naïfs le représentant. "Un homme, un caractère en qui se cristallise la virtualité de la masse", lit-on au bas de l?un de ces portraits.
Jean-Michel Caroit
zenglendo
03-08-2004, 03:22 AM
PORT-AU-PRINCE (AP) -- Plusieurs milliers de Haïtiens ont défilé dimanche dans les rues de Port-au-Prince pour célébrer le départ du président Jean-Bertrand Aristide et réclamer son procès pour corruption, tandis que les partisans d?Aristide reportaient leur propre manifestation à lundi. La police haïtienne et les soldats américains et français s?étaient postés sur le parcours du défilé, prêts à s?interposer entre les deux camps. Mais cette protection n?a pas empêché que n?éclatent des tirs, dont on ignorait dans l?immédiat le ou les auteurs. Au moins cinq personnes ont été blessées. Les Marines ont ensuite commencé à patrouiller autour du Palais national, secteur où se déroulait la manifestation. Pendant ce temps, le «Conseil des sages» récemment nommé devait se réunir dans la capitale pour la troisième journée consécutive afin de proposer le nom d?un nouveau Premier ministre. Ces sept «sages» ont été désignés par un comité tripartite composé de représentants de l?opposition, du parti Lavalas du président déchu et de la communauté internationale. Les autorités attendent une décision pour mardi. En République centrafricaine, le ministre des Affaires étrangères Charles Wenezoui a lu un communiqué attribué à l?ancien président haïtien: «Chers journalistes, au moment opportun, j?aurai la possibilité (...) de répondre à vos questions», a-t-il lu sur la petite carte qui venait de lui être tendue par l?épouse d?Aristide, Mildred, devant la presse. «On s?occupe bien de nous à la présidence», a-t-il poursuivi. A la question de savoir si son mari était en bonne santé, Mildred Aristide a hoché la tête en signe d?assentiment. A celle sur un éventuel emprisonnement du couple, elle a simplement soupiré. A Port-au-Prince, de nombreux Haïtiens ont une nouvelle fois manifesté leur joie, une semaine après le départ de leur président. La police a escorté les manifestants tandis qu?en queue de cortège, des Marines les suivaient dans des véhicules Humvee équipés de mitraillettes et de gaz lacrymogène, de même que deux camions de légionnaires français. Des milliers de personnes ont défilé en scandant le slogan «Jugez Aristide! Emprisonnez Aristide!» Des pancartes exigeaient également l?arrestation d?autres responsables du gouvernement toujours installés en Haïti, comme le Premier ministre Yvon Neptune. «Nous devons juger toutes les personnes qui ont volé et détruit ce pays», a expliqué une femme.
zenglendo
03-09-2004, 03:03 AM
Pendant qu'Aristide, le nouveau Charles Oscar radote en Centre Afrique, la racaille qu'il a laisser derrière lui continu ses nuisances...
Au moins six (6) morts dont un (1) journaliste espagnol et près d?une trentaine de blessés par balle dont deux (2) policiers. C?est le lourd bilan de l?attaque des partisans armés du président déchu Jean Bertrand Aristide sur une multitude de manifestants de la plate-forme démocratique, le dimanche 7 mars 2004.
C?est la première fois que tant de victimes ont été enregistrées à l?occasion d?une marche de la Plate-forme . Le président Jean Bertrand Aristide est parti mais ses partisans armés sont toujours de service. Ils l?ont rappelé cruellement , le dimanche 7 mars , à l?occasion d?une manifestation géante de la Plate-forme Démocratique à Port-au-Prince pour célébrer le départ du dirigeant Lavalas et réclamer l?arrestation des auteurs des violations des droits humains sous le régime déchu. Les « chimères » Lavalas n?ont pas hésité à faire feu sur les manifestants pacifiques dans la zone de la rue Lamarre , de Poste Marchand et du Palais National.
La Plate-forme Démocratique qualifie d?inacceptable l?attitude des « chimères » Lavalas. Le regroupement de partis de l?Opposition et d?organisations de la Société Civile demande à la police nationale et à la force multinationale de désarmer les fanatiques du régime déchu. Victor Benoit rappelle le caractère pacifique de la lutte de la population pour le changement.
Même réaction de révolte chez un autre dirigeant de la Plate-forme. Charles Henri Baker accuse le premier ministre sortant ,Yvon Neptune, d?être responsable de ce crime collectif . M. Baker estime qu?il y a trop de complaisance vis-à-vis des autorités Lavalas.
Pour sa part, Evans Paul appelle les nouvelles autorités à assumer leurs responsabilités.
zenglendo
03-10-2004, 04:40 AM
Washington conseille à Aristide de ne pas "remuer le passé"
Les Etats-Unis ont conseillé lundi à l'ex-président haïtien Jean Bertrand Aristide, qui continue de se dire en fonction malgré son exil en République centrafricaine, de ne pas "remuer le passé".
"Si M. Aristide veut vraiment servir son pays, il doit, à notre avis, laisser son pays se pencher sur son avenir et ne pas essayer encore de remuer le passé", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher.
M. Aristide a affirmé lundi être toujours "le président démocratiquementélu" de Haïti. Il a appelé à la "résistance pacifique pour restaurer l'ordre constitutionnel", au cours de sa première apparition publique depuis son arrivée le 1er mars à Bangui dans un avion affrété par les Etats-Unis, aprèsavoir quitté son pays dans des conditions controversées.
M. Boucher a déclaré que M. Aristide "avait pris la décision de démissionner au nom de l'intérêt de son pays" et a souligné que la page se tournait désormais sans lui, avec la mise en place d'un processus devant aboutir à la formation d'un nouveau gouvernement."L'avenir d'Haïti est une question sur laquelle il revient au peuple haïtien de décider", a-t-il ajouté.
M. Boucher a également indiqué que le lieu d'asile définitif de M. Aristide relevait de sa responsabilité et de celle des pays concernés, pas de celle des Etats-Unis. "Il est libre de se rendre dans tout pays qui voudrait le laisser entrer. La décision doit être prise par les pays à titre individuel, sans que nous ne soyons impliqués", a-t-il déclaré.
Un haut responsable américain a par ailleurs indiqué que le souhait premier de M. Aristide, lors de son départ de Port-au-Prince, était de se rendre en Afrique du sud, mais que cela n'avait pas été rendu possible en raison du refus de Pretoria.
"Quand il est parti, Aristide voulait aller en Afrique du sud" mais "nous avons découvert que ce pays n'était pas en mesure de l'accepter tout de suite",a déclaré ce responsable à des journalistes.
Le départ de M. Aristide le dimanche 29 février avait été suivi de plusieurs heures d'incertitude sur sa destination. Plusieurs pays avaient été mentionnés de manière informelle -le Maroc, le Panama et l'Afrique du sud-avant que finalement il se rende en Centrafrique.
Les Etats-Unis avaient indiqué par la suite qu'une première destination, sans dire laquelle, avait dû être abandonnée, obligeant les autorités américaines à trouver d'urgence un autre lieu d'accueil pour le présidentdéchu.
WASHINGTON, 8 mars (AFP)
zenglendo
03-12-2004, 03:13 AM
PARIS, 11 mars (AFP) - Le ministre français de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a jugé jeudi sans "aucun fondement" la plainte pour enlèvement que l?ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide envisage de déposer en France. Elle a qualifié de "ridicules" les accusations portées par Jean Bertrand Aristide sur un coup d?Etat et son enlèvement, et rappelé à la télévision i-Télé qu?"avant la résolution de l?ONU, il y avait en tout et pour tout 17 gendarmes" français en Haïti. Cette plainte "n?a aucun fondement", a ajouté Mme Alliot-Marie. L?avocat Gilbert Collard a déclaré mercredi que le président Aristide lui avait donné "mission de déposer plainte en France pour enlèvement et séquestration".
zenglendo
03-14-2004, 03:43 PM
WASHINGTON, 14 mars (AFP) - Le voyage annoncé du président déchu haïtien Jean Bertrand Aristide en Jamaïque est une "très mauvaise idée", a affirmé dimanche la conseillère américaine pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, estimant qu?il devait rester à l?écart des événements dans son pays. "Nous pensons que M. Aristide a échoué à diriger son peuple", a affirmé Mme Rice sur la chaîne NBC, insistant sur le fait que le président était parti de lui-même pour éviter un bain de sang. "Il s?est retiré par sa propre volonté. Il n?a pas été trompé par les Etats-Unis", a-t-elle encore affirmé. M. Aristide, parti de Port-au-Prince le 29 février à bord d?un avion affrété par les Etats-Unis, a multiplié les déclarations pour dire qu?il avait été victime d?un enlèvement et restait le président légitime de son pays. Cette version est fermement contestée par Washington, qui assure qu?il est parti de son plein gré après avoir signé une lettre de démission en bonne et due forme. "Maintenant qu?il s?est retiré, Haïti va de l?avant", a encore affirmé Mme Rice, "et la meilleure chose qu?il puisse faire pour son peuple est de rester en retrait pour permettre à son pays de retrouver la voie de la démocracie". Les Etats-Unis voient d?un mauvais oeil la venue du président haïtien déchu en Jamaïque, et ont appelé vendredi les autorités de Kingston à garder à ce séjour un caractère temporaire et privé. Washington redoute que ce retour dans les Caraïbes ne relance les tensions en Haïti, où, à la tête d?une force multinationale de 2.600 soldats, les Américains parrainent un délicat processus de transition politique dans un climat sécuritaire tendu.
zenglendo
03-15-2004, 10:23 AM
DE L'ARGENT POUR LES BLACK FAUXCULS
Haiti is the Western Hemisphere?s poorest country. But with the departure of President Jean-Bertrand Aristide, it is becoming clear how much money both he and his chief foe, the Bush Administration, spent not on alleviating that poverty but on politicking against each other. Last year alone, they collectively spent more than $2 million - equivalent to almost 1% of Haiti?s federal budget - on such efforts. The total funneled into these causes since the late-1990s exceeds $10 million. "It seems a selfish waste for both sides to focus their money in this way," says Robert Maguire, Haiti expert at Trinity College in Washington.
Before Aristide left Haiti last month, his government spent more than $1 million a year on an army of U.S. lawyers and lobbyists. (Nations of similar population and economic means, like Cambodia, typically spend less than a tenth as much on Beltway lobbyists.) Many of the recipients of Aristide?s funds, like former California Congressman Ron Dellums, have close ties to the black congressional caucus, which has accused Bush of engineering a "coup" against Aristide. The ousted President?s supporters say the largesse was necessary: the Clinton and Bush Administrations withheld $500 million in aid for Haiti as retribution for the autocratic practices of Aristide and his left-leaning Lavalas Party, making lobbying more essential. In the end, says Miami attorney Ira Kurzban, U.S. general counsel for Aristide?s government, "we collected more money [for Haiti] than [Aristide] paid us." A row has broken out in South Africa over an attempt to send weapons to deposed Haiti president Jean-Bertrand Aristide as rebels closed in on him.
DES ARMES POUR LES CHIMERES
President Thabo Mbeki has been accused by the leader of the opposition, Tony Leon, of violating the constitution by failing to tell parliament.
Mr Leon said an air force plane had been authorised to carry the supplies.
A spokesman for President Mbeki said it would investigate but denied breaking the constitution.
Mr Leon said that the constitution required President Mbeki to report any deployment of the South African Defence Force to parliament within seven days, but he had failed to do so.
The South African constitution contains clauses designed to prevent the government using covert forces across its borders -- a practice used extensively by the previous apartheid government, which left office 10 years ago.
Resignation
Mr Leon told reporters in Johannesburg the plane had a shipment of 150 R-1 rifles, 5,000 bullets, 200 smoke grenades and 200 bullet-proof vests.
Mr Mbeki is expected to get another term in office after the April polls
"It would now appear that President Mbeki approved the employment of a South African Air Force (SAAF) Boeing 707 to carry arms and equipment for the use of the Haitian Police Force in support of then-President Jean-Bertrand Aristide," said Mr Leon.
He claimed Mr Mbeki authorised the aircraft's mission after making a personal commitment to support Mr Aristide to the Chairman of the Caribbean Community (Caricom), Jamaican Prime Minister P J Patterson.
Mr Leon said President Mbeki had contravened the constitution which required him to inform parliament before authorising the alleged mission.
He said Mr Patterson had confirmed that the SAAF Boeing 707 that left South Africa on 29 February 2004 had landed in Jamaica the same day.
The South African military plane however never reached Haiti because of the resignation and departure of Mr Aristide.
Mr Aristide has now flown out of exile in Central African Republic (CAR) to Jamaica.
South Africa faces general elections next month.
zenglendo
03-16-2004, 02:47 PM
Jean-Bertrand Aristide a-t-il fui son pays, dans la nuit du 28 au 29 février, devant une troupe de 60 rebelles armés de 17 armes, qui menaçaient de prendre la capitale d?Haïti en bluffant complètement sur leurs forces réelles, aussi bien les journalistes que les diplomates de l?ambassade des Etats-Unis en poste à Port-au-Prince ?
C?est la version de Jean Robert Lalanne, le chef de «l?armée du Nord», qui nous a expliqué que l?opération de Guy Philippe avait été une «énorme manipulation» et «une grande imposture».
En résumé, les diplomates américains auraient fait fuir Aristide, car ils pensaient sincèrement que le chef des rebelles Guy Philippe était à la tête de plusieurs milliers d?hommes, et d?un arsenal capable de mettre Port-au-Prince à feu et à sang. Pour éviter des affrontements meurtriers, ils auraient alors embarqué Aristide manu militari vers une destination d?exil - Bangui -, décidée au dernier moment, avec l?active complicité du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin.
«Les Américains se sont complètement fait avoir par Guy Philippe», affirme Jean-Robert Lalanne, en expliquant que le chef des rebelles est arrivé de la République dominicaine avec «un ou deux pistolets», et qu?il est entré dans la ville des Gonaïves sans armes et sans rencontrer la moindre résistance, puisque les policiers avaient alors déserté leurs postes devant les forces rebelles locales, commandées alors par un chef de gang sans envergure. Le même scénario s?est reproduit peu après au Cap haïtien, la seconde ville du pays.
C?est huit jours avant la chute d?Aristide que les diplomates américains à Port au Prince auraient établi un contact téléphonique avec Guy Philippe et se seraient fait convaincre par l?habile bluffeur qu?il disposait d?un millier d?hommes superbement armés par ici, de 2000 autres par là... Jusqu?à cet instant, les Américains avaient effectué les pires pressions sur l?opposition pour qu?elle travaille avec Aristide. Mais, soudain, il n?était plus temps de discuter : la menace sur Port-au-Prince était réelle... !
Les leçons de cette farce - qui se termine bien, puisque Haïti grâce au culot de Guy Philippe a été débarrassé de l?un des pires dictateurs de sa longue histoire - sont terribles aussi bien pour les Américains que pour les journalistes internationaux.
Pour les Américains, Haïti est une nouvelle démonstration de l?indigence de leurs renseignements, qui reposent trop exclusivement sur l?électronique high tech, et pas sur des hommes capables d?aller se renseigner en allant sur le terrain. Dans un pays du tiers-monde comme Haïti, les écoutes de la National Security Agency (NSA) n?ont guère d?intérêt...
Pour toute la presse internationale qui a repris les communiqués menaçants de Guy Philippe sans vérifications ni recul, faisant gronder la perspective d?un ouragan de feu imminent sur Port-au-Prince, la gifle n?est pas moins cuisante.
A la seule décharge des dindons de cette farce, 70 000 Haïtiens écoeurés par Aristide avaient défilé dans les rues du Cap, et presque autant à Port-au-Prince, cela avant la chute du dictateur, donnant le sentiment bien réel que le pouvoir, gangrené comme un fruit pourri, était à prendre d?une simple pichenette. C?est ce que Guy Philippe a très adroitement exploité. Mais, en entrant à Port-au-Prince, avec ses maigres forces, il a commis une énorme faute : il a soudain dessillé les yeux des Américains, révélant son indigente faiblesse. Le voici, tel le roi nu, obligé de courir les provinces de son pays, au jour le jour, pour tenter de se constituer, enfin, une troupe digne de ce nom...
Il n?est pas prêt de réussir. Car, même s?il mérite un titre de général pour son génie tacticien, Guy Philippe se retrouve cette fois devant 1 600 Marines, et une administration américaine qui ne lui pardonnera pas son audace de sitôt !
François Hauter
zenglendo
03-17-2004, 02:59 AM
VALPARAISO (Chili), 16 mars (AFP) - Des dizaines de jeunes communistes ont perturbé mardi à Valparaiso, à 100 km à l?ouest de Santiago, une session spéciale de la chambre des députés consacrée à l?envoi de troupes en Haïti. Les manifestants, opposés à la présence de militaires chiliens dans l?île des Caraïbes, ont commencé à crier: "Nous ne voulons pas être demain une colonie américaine!", provoquant l?intervention de la police. Cette dernière a évacué les manifestants, arrêtant deux d?entre eux. Le Chili a envoyé environ 330 soldats pour faire partie de la force internationale déployée en Haïti pour ramener le calme après le départ de l?ex-président Jean Bertrand Aristide. Le Conseil de sécurité de l?Onu avait voté le 29 février une résolution autorisant l?envoi d?une force internationale, composée notamment de soldats américains, français, canadiens et chiliens en Haïti.
zenglendo
03-19-2004, 03:13 PM
The chaos in Haiti that drove Jean-Bertrand Aristidefrom office and his continued assertion that it was Washington who removed him make it easy to forget that just 10 years ago, he and Haiti were heralded as a U.S. foreign policy success. What happened between 1994, when his presidency was restored, and now has been widely attributed to U.S. neglect. But those who stayed engaged should also share blame for Haiti?s failure.
As Washington attempts to assert its influence anew in a country where it has sent troops twice in a decade, the risks of letting U.S. policy inHaiti fall into the hands of those least interested in a bipartisan approach should be clear. As veteran diplomat James Dobbins said in an interview, "if we are going to promote reconciliation in Haiti we need to promote it at home."
Haiti has suffered the results of U.S domestic political manipulation. When the U.S. Marines ensured Aristide?s peaceful return to Port-au-Prince in the October 1994 "Operation Restore Democracy,?? the Clinton administration promised to help build a working democracy. The administration also promised the U.S. public that there would be no nation-building and pledged a quick exit from Haiti.
Keeping the latter promise without breaking the former was impossible.The self-imposed deadline proved to be less a sign of commitment and more a proof of the neglect that was to come. The vacuum was filled rapidly inWashington by forces driven by partisanship and their attitude about oneman: Aristide.
In March 1995, Clinton became the first U.S. president to visit theisland in more than 60 years. Eager to bask in the victory of a peacefulU.S. military intervention, he called Aristide?s return to power the"triumph of freedom over fear." But to a few Republicans in Congress whowere paying attention, led by Jesse Helms, then the chairman of the SenateForeign Relations Committee, it was time to prove Clinton wrong.
Selectively focusing on the murder of Mireille Durocher de Bertin, a former spokeswoman for the military dictatorship, that occurred days before Clinton?s visit, the Republicans in Congress drafted an amendment to the foreign aid bill that eventually bottled up millions of dollars of U.S. economic assistance targeted for the Aristide government. That amendment, named for 1996 GOP presidential candidate Bob Dole, demanded "thorough" investigations of Bertin?s murder and the killings of other opponents of Aristide.
It was clearly a questionable condition, considering the fact thatHaiti?s new police force was barely in place and scrambling to keep orderon an island whose military had just been disbanded. Moreover, the Republicans did not seek to investigate political violence that might embarrass Aristide?s more violent predecessors.
While hamstringing Clinton?s ability to help Aristide, Republicanswere demanding that he fund the programs of the International RepublicanInstitute, the GOP?s international branch to promote democracy around theworld. Their program in Haiti has been amply criticized as slanted in favor of Aristide?s opponents.
But if Republicans were focused on Aristide as a barrier to democracy on the island, those few Democrats who cared -- mostly members of the Congressional Black Caucus -- saw Aristide as its pillar. And their views continued for years despite mounting evidence that Aristide had turned tothe tactics of his undemocratic predecessors.
In their allegiance to Aristide, they ignored the Haitian leader?s growing reliance on extralegal security forces, otherwise known as thugs, to ensure his power. Rep. Maxine Waters, D-Calif., who organized Aristide?s return to the Caribbean this week, is one of Aristide?s best-known apologists.
Haiti-funded lobbyists did not aid the already imbalanced tone in Washington. These firms gladly took millions in fees from the poorestnation in the hemisphere by only "preaching to the choir" of Aristide supporters, said Haiti scholar Robert Maguire, director of the Haiti Program at Trinity College in Washington.
At any particular time one can find strident and extreme voices in this city, but in the absence of a middle ground, those concerned with Haiti did little to help the fragile nation. As Dobbins put it, most diplomatically, "against the background of the last decade, it is fair tosay that neither (of) the distinctly different Democratic and Republicanapproaches to Haiti have yielded great results." Indeed, with friends like these, Haiti?s government didn?t need a U.S. conspiracy to bring it down, despite Aristide?s allegations to the contrary.
Fortunately, some of those who stayed involved with Haiti are no longer in a position of power. But that doesn?t mean others won?t take up the helm and, in the absence of a long-term strategy, contribute to Haiti?s sad history.
Marcela Sanchez
zenglendo
03-20-2004, 12:53 PM
L'ex-chef de la sécurité haïtienne remis aux autorités américaines
L'ancien chef de la sécurité présidentielle haïtienne, Oriel Jean, qui avait arrêté la semaine dernière à Toronto, a été remis vendredi aux autorités américaines qui l'accusent de trafic de drogue, a indiqué un porte-parole du ministère canadien de la Justice.
"Il a renoncé aux procédures d'extradition et il a été envoyé aux Etats-Unis", a expliqué Patrick Charette, du ministère de la Justice.
Proche collaborateur du président déchu Jean Bertrand Aristide, Oriel Jean, 39 ans, avait été arrêté par les services d'immigration canadiens il y a dix jours à l'aéroport de Toronto, en provenance de la République Dominicaine.
Lundi dernier, alors qu'Oriel Jean comparaissait au tribunal administratif de l'immigration de Toronto, des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) étaient venus l'arrêter, à la suite d'une demande provisoire d'extradition déposée par les autorités américaines.
Les Etats-Unis l'accusent de complot pour importation de cocaïne.
Montréal,19 mars 2004, AFP Arrestation d?un ancien parlementaire , zêlé supporter de M. Aristide
L?ex-député Lavalas de Saint-Marc , Amanus Mayette , a été arrêté , ce vendredi 19 mars 2004 à Tabarre ( quartier situé à l?est de Port-au-Prince, la capitale). M. Mayette est accusé de participation au massacre de « La scierie » , le 13 février, qui a fait 50 morts , selon l?organisation de défense des droits de l?homme (NCHR).
L?opération a été menée par une équipe de la Direction de la Police Judiciaire (DCPJ) munie d?un mandat , a précisé à Radio Métropole une source policière. Cette même source a révélé que le dirigeant de l?organisation armée Lavalas « Bale Wouze » qui se trouvait dans un abri de fortune n?a pas opposé de résistance. Amanus Mayette, un défenseur zêlé de l?ex-président Aristide, est écroué au commissariat de police de Pétion-Ville situé dans les hauteurs de la capitale.
Le 13 février , à l?issue d?une opération musclée menée par des agents de l?Unité de Sécurité Présidentielle et les membres de « Bale Wouze » qui a fait plusieurs dizaines de morts dont plusieurs personnes brûlées vives à « La Scierie » , fief d?une organisation de l?Opposition dénommée RAMICOSM, Amanus Mayette , avec fierté, avait déclaré que Saint-Marc était désormais sous contrôle. Quelques jours auparavant, le Premier Ministre Yvon Neptune , en visite dans la Cité de Nissage Saget, avait déclaré que l?ordre allait être rétabli dans la ville suite à l?incendie du sous-comissariat déserté par la police et la mise à sac des maisons de proches du pouvoir Lavalas.
Récemment , la NCHR avait annoncé l?arrestation de trois (3) personnes soupçonnées d?implication dans ce massacre. Par la même occasion , la Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens avait réclamé l?interpellation de M.Neptune.
L?organisation « Bale Wouze » dirigée par Amanus Mayette et Biron Odigé avait la mainmise sur Saint-Marc et s?occupait notamment des activités lucratives du port de la ville.
La liste des membres du régime Lavalas arrêtés ces derniers jours s?allonge. Outre Amanus Mayette, il faut citer Oriel Jean , Anthony Nazaire, Harold Sévère, Pétion Rospide alias Douze et Paul Keller.Tous sont accusés par la justice d?implication dans des activités criminelles et/ou illicites.
zenglendo
03-21-2004, 05:24 AM
Concern over the Aristide government's involvement in illegal drugs trafficking has been cited as one of the main reasons why the US was keen to see the Haitian leader leave.
Haiti's drug links are thought to date back to "Baby Doc" Duvalier
The annual US state department report assessing the co-operation of foreign governments in the war against drug trafficking, published on 1 March, strongly criticises the Aristide government.
Launching the report, a top state department narcotics official said some members of the Aristide government had drugs links.
"We do know that elements of that government were corrupt and shot through with drug money," Robert Charles said.
The state department report quotes frequent allegations that "members of the government and the Haiti National Police, most notably the Presidential Security Unit and the Palace Guard, were actively involved in drug trafficking".
Another recent US Narcotics Control Report said about 8% of illegal drugs entering the United States had passed through Haiti.
Drug wars
The use of Haiti as a transhipment point for cocaine and other drugs produced in Latin America and destined for US markets is thought to have begun as long ago as the 1980s under "Baby Doc" Duvalier.
When he was ousted, the military groups fighting for control of Haiti were often said to be financed by drugs money.
The military regime which overthrew Mr Aristide in September 1991 was reported to be in the pay of Colombian drugs cartel bosses, with the head of police Michel Francois allegedly controlling the trade.
In those days, Mr Aristide was seen as "Mr Clean". But when he came back to power in 1994, and during his second term from 2000, accusations surfaced regularly of his government's corruption, particularly with regards to taking drugs money.
The most recent of these come from Beaudoin Ketant, a former close confidant of Mr Aristide's, and his daughter's godfather. When he was convicted on drugs charges in a Florida court at the end of February 2004, he directly attacked Mr Aristide.
"He controlled the drug trade in Haiti. He turned the country into a narco-country. It's a one-man show. You either pay (Aristide) or you die," Mr Ketant told the court.
Mr Aristide's lawyer denied the allegation, and the US has not directly accused the former president of involvement.
Easy money
At the same time, the rebels who ousted Mr Aristide have also been linked to the illegal drugs trade.
One of the rebel leaders, Guy Philippe, allegedly had his US visa revoked because of involvement in the drugs trade when he was police commissioner of the north coast city of Cap-Haitien.
Another prominent rebel, Jodel Chamblain, is known to have been close to Michel Francois in the early 1990s, when he was one of the leaders of the Fraph paramilitaries.
He has also been sentenced to life imprisonment for the death of a businessman and the 1994 killing of Aristide supporters.
Sympathisers of the former president have also alleged that the rebels who took control of Haiti in February 2004 were directly financed by drugs money, but there has so far been no proof of this.
Presenting the US state department report, Assistant Secretary Charles called for all drugs money to be "banished" from the Haitian economy.
"It brings with it so many devastating consequences: health, economic, societal," he said.
But in a country where almost three-quarters of the population live in abject poverty, the temptation to earn easy money from the drugs trade is always going to be a threat to stability.
zenglendo
03-24-2004, 04:26 AM
Mardi, 23 mars 2004 10:00
Arrestation d?un des principaux chefs de bande Lavalas
Nouveau coup de filet de la Police Nationale d?Haiti (PNH) contre d?anciens chimères lavalas accusés de violation des droits de l?homme . Le lundi 22 mars 2004, la PNH a procédé à l?arrestation de Yvon Antoine alias « Yvon Zap Zap », « Gwo Yvon » et « Papi Djo ».
Yvon Antoine serait impliqué dans l?attaque brutale des membres d?OP contre la Faculté des Sciences Humaines, le 5 décembre 2003, et était recherché par la justice. Selon des témoins de cette intervention ,Yvon Antoine avait personnellement frappé, à l?aide de barres de fer, le recteur Pierre Marie Paquiot qui continue de recevoir des soins à l?étranger quatre (4) mois après.Les jambes de M. Paquiot sont fracturées.
Après sa « démonstration » à la Fac des Sciences Humaines, Radio Kiskeya révèle qu?il a été intégré à l?Unité de Sécurité du Palais National. Le nom de Yvon Antoine figure sur une liste d?employés de la TELECO ( Télécommunications d?Haïti) qui bénéficiaient des largesses de l?ancien régime.
Les responsables de la Coaliton Nationale pour les Droits des Haitiens (NCHR) ont rendu visite à Yvon Antoine à la prison de Delmas 33 ( Port-au-Prince) où il est détenu sous l?accusation d?association de malfaiteurs.
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03-27-2004, 04:46 AM
Haiti's new government has banned senior figures from the administration of former President Jean-Bertrand Aristide from leaving the country.
There are 37 names on the list, including the former prime minister, police chief and Central Bank boss.
The move comes ahead of inquiries into alleged corruption and embezzlement by the previous government.
Meanwhile, the regional organisation Caricom is debating whether to recognise Haiti's new administration.
Those barred from leaving Haiti include former Prime Minister Yvon Neptune, ex-police chief Jocelyne Pierre and the former head of the Central Bank Venel Joseph.
Inquiry demand
Justice minister Bernard Gousse said that keeping them in Haiti was an insurance policy, pending investigations into alleged crimes committed by the former administration.
However, he added that it did not mean they were automatically guilty.
This would be for the justice system to decide, he said.
Former Prime Minister Neptune - now in hiding in the capital - has said that the new government is conducting a witch-hunt.
This comes as Caribbean leaders demand the UN investigates claims by Mr Aristide that he was ousted in a US-sponsored coup.
At the end of day one of a two-day meeting, the regional body Caricom has said it would consider not recognising the new administration.
zenglendo
03-27-2004, 03:42 PM
Le coordonnateur de l?OPL , Gérard Pierre Charles, rend l?ancien président Aristide responsable des graves difficultés auxquelles se trouve confrontée l?daministration publique après l?entrée en fonction du nouveau gouvernement. Le professeur Pierre Charles estime également que l?ancien chef de l?Etat est à blâmer pour l?échec de l?intervention de la communauté internationale en Haiti en 1994 . Pour M. Pierre Charles , Jean Bertrand Aristide a entravé le développement du pays aussi . Le dirigeant de l?OPL invite les nouvelles autorités à tirer les leçons du passé.
zenglendo
03-30-2004, 11:30 AM
L?ancien premier ministre , Yvon Neptune, indique que les ex-rebelles veulent attenter à sa vie et souhaite bénéficier de la protection américaine.
Dans des déclarations faites à l?Agence Reuters , M. Neptune explique que les autorités américaines et la population en général savent que les ex-rebelles veulent procéder à son arrestation et que celle-ci pourrait être synonyme de son élimination.« J?ai été laissé sans moyens de sécurité , j?ai pris quelques dispositions pour protéger ma vie », souligne l?ex-chef du gouvernement lavalas qui soutient n?avoir pas peur de la mort. Toutefois, il ajoute que « je ne souhaite pas mourir dans de telles circonstances ».
Dans cette interview à Reuters , Yvon Neptune se dit préoccupé par son nom qui figure sur le liste des anciens grands barons Lavalas frappés d?interdiction de départ . L?ancien premier ministre soutient que les nouvelles autorités veulent persécuter les lavalassiens sans réellement vouloir faire la lumière sur certains faits . L?ex-chef du gouvernement haitien affirme qu?il ne fait pas confiance à la police nationale en raison des relations étroites existant , selon lui, entre la PNH et les ex-rebelles. Yvon Neptune accuse le gouvernement Latortue de lancer une campagne de persécutions contre les lavalassiens alors qu?il ferme les yeux , selon lui, sur les crimes commis par d?anciens rebelles.
A travers cette interview à l?agence de presse Reuters , l?ancien premier ministre affirme que sa sécurité relève de la responsabilité des marines et des membres de la force multinationale. Yvon Neptune révèle avoir refusé de quitter le pays comme l?ex-président Aristide parce qu?il a assez ,dit-il, de l?exil tout en se disant prêt à prendre congé de la politique.
Le premier ministre Gérard Latortue rassure l?ancien chef du gouvernement , Yvon Neptune, qui souhaite la protection américaine en matière de sécurité. Le chef du gouvernement affirme que l?équipe en place ne cherche pas à persécuter les anciens barons lavalas. M. Latortue précise que la mise aux arrêts ou non d?un citoyen ne relève que des autorités judiciaires. Le premier ministre affirme qu?il n?y a aura pas de chasse aux sorcières . M. Latortue précise à l?attention de M. Neptune que s?il est l?objet , il faut qu?il se retourne vers la justice .
Le chef des ex-rebelles , Guy Philippe , rejette les accusations portées contre les membres du Front par l?ancien premier ministre Neptune dans l?interview à l?agence Reuters . M. Philippe affirme que le dossier de l?arrestation ou non de l?ex-chef du gouvernement ne relève pas de la compétence des ex-rebelles mais celles de la Police Nationale et des autorités judiciaires. Guy Philippe souhaite que les autorités gouvernementales mettent l?action publique en mouvement contre Yvon Neptune qui, selon lui , n?a aucune qualité morale pour se dire persécuter aujourd?hui .
zenglendo
04-02-2004, 12:24 PM
Comment Jean-Bertrand Aristide présidait au trafic de drogue en Haïti
LE MONDE | 01.04.04
Condamné à Miami, le trafiquant Beaudoin "Jacques" Kétant accuse l'ex-chef de l'Etat d'avoir été le "parrain" de la cocaïne sud-américaine dans le pays. Les Etats-Unis utilisent le dossier des stupéfiants comme un moyen de pression. L'inculpation reste une menace pour l'ancien président.
Port-au-Prince de notre envoyé spécial
"Il m'a trahi, comme Judas a trahi Jésus." C'était le 25 février, quatre jours avant la fuite du président haïtien Jean-Bertrand Aristide. Peu avant d'être condamné à 27 ans de prison et 30 millions de dollars d'amende par un tribunal fédéral à Miami, Beaudoin "Jacques" Kétant accusait M. Aristide d'être le "parrain" du trafic de drogue en Haïti.
Propriétaire d'une maison évaluée à 8 millions de dollars à Vivi Michel, sur les hauteurs surplombant Port-au-Prince, exhibant des toiles de Picasso et de Monet, M. Kétant a reconnu avoir distribué plus de 40 tonnes de cocaïne colombienne aux Etats-Unis depuis une douzaine d'années. "Le patron, c'était Aristide. Je l'ai payé durant des années. Il fallait le payer, sinon on mourait", a-t-il déclaré devant le tribunal. Partenaire des principaux cartels colombiens de Medellin, de Cali et du Norte del Valle, Beaudoin "Jacques" Kétant avait débuté dans le trafic avec le colonel Michel François, l'un des "cerveaux" du coup d'Etat qui avait renversé Jean-Bertrand Aristide en septembre 1991. Cet ancien chef de la police est réfugié au Honduras, un pays qui n'a pas de traité d'extradition avec les Etats-Unis.
M. Kétant avait noué d'étroites relations avec le président Aristide depuis leur rencontre, en 1998, par l'intermédiaire d'un autre trafiquant. Il le qualifiait de "compadre" (compère), une expression amicale commune en Amérique latine. Beaudoin Kétant affirme qu'il lui versait environ 500 000 dollars par mois pour l'usage exclusif de la Nationale 9, où la police interrompait le trafic pour permettre l'atterrissage des avionnettes chargées de cocaïne. M. Kétant cotisait aussi environ 500 000 dollars par an à la Famille Lavalas, le parti présidentiel, et envoyait régulièrement des sommes importantes à la Fondation Aristide pour la démocratie, selon son témoignage recueilli en prison par l'intermédiaire de son avocat, Ruben Oliva.
AUTORITÉS CORROMPUES
En février 2003, un jeune frère de Beaudoin Kétant, Hector, est tué à son domicile lors d'une descente de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI). "Aristide avait besoin d'argent pour financer le carnaval. D'habitude, il prenait 30 %, mais, cette fois, il voulait 80 % sur une grosse cargaison, plus de 700 kg. La négociation a mal tourné et Rudy Thérassan a tiré sur Hector et l'un de ses gardes du corps, Hermann Charles", selon un témoin. Aujourd'hui réfugié à Miami où il travaille pour la DEA (le service antidrogue américain), le chef de la BRI, Rudy Thérassan, était au c?ur du dispositif mis en place pour "taxer" le trafic de drogue.
En mai, Beaudoin "Jacques" Kétant et ses gardes du corps provoquent un scandale à l'Union School, le très chic collège bilingue de Port-au-Prince, où l'un de ses fils côtoie les enfants des diplomates américains. Outrée, l'ambassade des Etats-Unis proteste directement auprès du président Aristide, qui s'efforce alors d'obtenir la reprise de l'aide internationale, gelée depuis la crise post-électorale de 2000. Le 17 juin, M. Kétant est convoqué au palais présidentiel où il est, selon ses termes, "kidnappé" et livré à cinq agents de la DEA, l'Agence américaine de lutte contre le trafic de drogue. Menotté, il tente de s'enfuir sur le tarmac de l'aéroport de Port-au-Prince avant d'être emmené à Miami. "Peu après avoir livré Kétant, Aristide a obtenu la reprise des financements de la Banque interaméricaine de développement", note un diplomate.
Depuis des années, les rapports officiels américains notent qu'Haïti "est une plateforme importante de transbordement de la cocaïne sud-américaine vers les Etats-Unis" et décrivent la corruption des autorités, qui permettent aux trafiquants d'opérer sans encombre. La presse américaine a publié de nombreux articles sur ce sujet. Il y a deux ans, le Wall Street Journal citait Mario Andrésol, ancien directeur de la police judiciaire haïtienne, qui s'était exilé : "Les trafiquants travaillent avec Aristide... Des personnes que j'ai arrêtées pour trafic de drogue ont été promues au sein de la polic."
"Il est difficile d'imaginer qu'Aristide ne participait pas à cette activité criminelle extrêmement lucrative", a déclaré récemment à une chaîne de télévision l'ancien général Barry McCaffrey, responsable de la lutte antidrogue du président Bill Clinton. Outre M. Kétant, une cinquantaine d'autres trafiquants haïtiens sont sous les verrous aux Etats-Unis. L'un d'eux, Eliobert Jasmé, surnommé "Ed1", du nom de son entreprise de construction, a jusqu'à présent refusé de parler et a choisi le même avocat que l'ancien président panaméen Manuel Noriega, Me Frank Rubino. Mais d'autres se sont mis à table. Carlos Ovalle, un trafiquant colombien qui a longtemps résidé en Haïti, a ainsi accepté de coopérer avec les autorités américaines.
RÉUNION D'URGENCE
La récente arrestation à Toronto d'Oriel Jean, ancien chef de la sécurité présidentielle, est encore plus menaçante pour M. Aristide. Envoyé aux Etats-Unis, Oriel Jean a été inculpé pour trafic de cocaïne par le tribunal fédéral de Miami. Selon un informateur de la DEA, un ancien trafiquant de drogue haïtien, Oriel Jean prélevait 50 000 dollars sur chaque cargaison de cocaïne qui arrivait par avion en Haïti.
"Les Américains savaient parfaitement ce qui se passait. Je leur ai personnellement transmis des informations qui n'ont pas eu de suite. Ils connaissaient l'importance du narcotrafic dans l'économie haïtienne. Mon impression est qu'ils préféraient fermer les yeux pour ne pas devoir prendre en charge Haïti", confie un général à la retraite de la République dominicaine voisine. Dès la fin des années 1990, plusieurs de ses informateurs dans la zone frontalière lui avaient indiqué que les trafiquants versaient un "péage" à la Fondation Aristide.
Pour Washington, la principale menace venant des grandes Antilles est l'immigration illégale. L'attaque de la base navale de Killick par un groupe de "chimères", les partisans armés de l'ancien président haïtien, a été l'un des éléments décisifs qui a poussé le gouvernement américain à demander, peu après la France, le départ de M. Aristide. Située à la sortie sud de Port-au-Prince, cette base des garde-côtes a pour mission principale de contrôler les boat people. L'attaque a provoqué une réunion interministérielle d'urgence à la Maison blanche, le 27 février, au cours de laquelle le plan de la Communauté des Caraïbes (Caricom), prévoyant le maintien du président Aristide au pouvoir jusqu'au terme de son mandat, en 2006, a été abandonné par Washington.
Pour les Américains, le dossier drogue arrive en deuxième position après le risque d'une arrivée massive de réfugiés, et il est souvent utilisé comme un moyen de pression, voire de chantage. Plusieurs membres de l'administration Bush sont partisans d'une inculpation rapide de Jean-Bertrand Aristide pour trafic de stupéfiants. La récente suspension de son visa américain pourrait être un premier pas. D'autres préfèrent conserver cette arme comme une épée de Damoclès. "Plus il ouvre la bouche, plus l'inculpation se rapproche", dit un fonctionnaire qui travaille sur le dossier.
Jean-Michel Caroit
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A Port-au-Prince, "tout le monde savait"
Dans un discours d'une rare franchise, le 9 juillet 2003, l'ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Brian Dean Curran, en fin de mission, dénonce la tolérance de la société haïtienne à l'égard du trafic de drogue. "Les trafiquants sont bien connus. Ils s'approvisionnent dans vos magasins ; vous leur vendez des maisons ou leur en construisez de nouvelles ; vous prenez leurs dépôts ; vous éduquez leurs enfants", lance-t-il aux membres, pétrifiés, de la chambre de commerce américaine d'Haïti, l'élite économique du pays. "En Haïti, les trafiquants n'avaient pas besoin de se cacher. Tout le monde savait", confirme un diplomate. Tout le monde, à commencer par les Américains. Pourquoi n'ont-ils pas utilisé ce dossier contre Jean-Bertrand Aristide, comme ils l'avaient fait contre Manuel Noriega, l'ancien président du Panama qui croupit dans une prison de Miami depuis 1989 ?
? ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.04.04
zenglendo
04-05-2004, 01:02 PM
Lundi, 5 avril 2004 11:44
Haïti va demander l'extradition de Jean-Bertrand Aristide pour le juger
Le nouveau gouvernement haïtien prévoit de demander l'extradition de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide afin qu'il puisse être jugé pour des accusations de corruption et d'atteinte aux droits de l'homme, a déclaré jeudi à l'Associated Press le nouveau ministre de la Justice du pays.
Dans les semaines à venir, les autorités haïtiennes vont nommer une commission indépendante chargée d'enquêter sur les accusations de détournements de fonds et d'assassinats qui pèsent sur Aristide, a expliqué le ministre de la Justice, Bernard Gousse.
"Nous mettons en place une équipe pour faire la liste de toutes les violations dont il est responsable, et ensuite nous demanderons formellement son extradition", a-t-il affirmé, se refusant à préciser un calendrier.
M. Gousse a également annoncé que Louis-Jodel Chamblain, un ancien chef de milice responsable des meurtres de milliers de partisans de l'ex-président, condamné deux fois à perpétuité par contumace, devrait être rejugé en sa présence pour être en accord avec la loi haïtienne.
Il a par ailleurs affirmé que le nouveau gouvernement pourrait pardonner à Jean Tatoune, un autre chef rebelle condamné à la prison à perpétuité pour son rôle dans un massacre de partisans d'Aristide. Il a été libéré de prison l'année dernière par un gang de rue à l'origine de la rebellion.
Jean-Bertrand Aristide a fui Haïti le 29 février alors que les rebelles arrivaient dans la capitale Port-au-Prince. La Jamaïque lui a temporairement attribué l'asile politique et il pourrait se réfugier définitivement en Afrique du Sud.
Le Guyana rejette l?idée d?une extradition de M. Aristide. Selon une dépêche de l?Agence France Presse (AFP), le président de ce pays, Bharrat Jagdeo, membre de la CARICOM , a indiqué que la Jamaïque est un pays souverain qui est libre de décider ce qu?elle veut mais il n?appuierait pas une telle demande .
La CARICOM est en froid avec le nouveau gouvernement d?Haiti du premier ministre Gérard Latortue . Cependant, Trinidad Et Tobago , également membre de l?association des pays de la Communauté Caraïbe se dit prêt à envoyer des troupes en Haiti sous mandat de l?organisation des Nations Unies .
zenglendo
04-08-2004, 03:26 PM
Jeudi, 8 avril 2004 12:20
Demande d'enquête au Congrès américain sur les rapports privilégiés entre Aristide et le Black Caucus
Les membres du « Black Caucus », grands défenseurs du régime Lavalas, sont dans le collimateur de certaines organisations pour la défense des Noirs aux Etats-Unis. Dans une lettre acheminée au Congrès des Etats-Unis, ces leaders noirs souhaitent l?ouverture d?une enquête sur les liens étroits existant entre les membres du Black Caucus et l?ancien président Aristide.
L?organisation dénommée « African American Leadership Network Project 21 » a formellement demandé au Représentant Républicain du Colorado , Joël Hefley, de solliciter cette enquête de la commission du Congrès qui s?occupe des questions ayant trait au comportement de ses membres.
Dans cette lettre acheminée au Chairman de cette Commission, l?organisation souhaite que l?enquête du Congrès soit menée sur les nombreux voyages effectués par des membrs du Black Caucus en Haiti pour rencontrer le président déchu ainsi que sur les mouvements qu?ils ont déclenché à l?étranger pour défendre Jean Bertrand Aristide après sa démission.
« Nous sommes extrêmement préoccupés par les déclarations incendiaires , les accusations portées par des membres du Black Caucus autour du départ de l?ancien président » souligne l?organisation African American Leadership Network Project 21 dans sa correspondance au Congrès.
« En mésinterprétant la vérité à propos des évènements qui ont entouré le départ pour l?exil de l?ex-président , ces parlementaires du Black Caucus incitent à la haine, entretiennent la suspicion et possiblement la violence contre la Maison Blanche, le Département d?Etat et la nouvelle administration haitienne », écrivent les membres de l?organisation .
Le pasteur Jesse Lee Peterson de l?organisation « Brotherhood for a New Destiny » basée à Los Angeles affirme « qu?il est troublant que des membres du Black Caucus soutiennent de cette façon un homme aussi corrompu et brutal comme Aristide ». Le pasteur Peterson note également que ,durant cette dernière décennie, les Etats Unis ont dépensé près d?un milliard de dollars américains en Haiti alors que le pays demeure encore le plus pauvre de la région. « Pourquoi les membres du Black Caucus s?élèvent contre le départ d?un dictateur », se demande le révérend.
Dans cette lettre acheminée au Congrès Américain l?organisation African American Leadership Project 21 souhaite que l?enquête puisse déterminer si d?anciens et actuels membres du Black Caucus, leurs familles ou associés ont des intérêts financiers ou plitiques dans le maintien au pouvoir du régime d?Aristide .
Les membres du Black Caucus se sont montrés très critiques contre l?administration Bush pour le rôle joué dans le départ d?Aristide qui dit avoir été kidnappé. Ces accusations ont été une fois de plus rejetées cette semaine par le secrétaire d?Etat Colin Powell durant sa visite en Haiti . Le chef de la diplomatie a invité les haitiens à penser à l?avenir du pays en soutenant qu?Aristide appartient au passé.
zenglendo
04-10-2004, 04:17 AM
Secretary of State Colin L. Powell's Interview on Radio Métropole with Rotchild François, Jr. (also serving as a stringer for Voice of America)
April 5, 2004
Presidential Palace
Port-au-Prince, Haiti
MR. FRANÇOIS: Let's talk about some issues, because in Haiti, specifically -- Mr. Powell, welcome to this interview. Thanks for according me this interview for Radio Métropole. And how do you judge the situation in Haiti one month after Aristide's departure?
SECRETARY POWELL: I think we succeeded in preventing a great loss of life by President Aristide's resignation and by the introduction of multinational forces. So after six weeks, the country is quieter, security is better but not perfect, things are more stable, air traffic has resumed. We are working on a peacekeeping force that will come in in a couple of months' time, and we are starting now to flow humanitarian aid and more economic assistance into Haiti.
There are many difficult days ahead and a lot more work to be done, but I'm pleased with the progress that we have seen in the first six weeks. A new interim government is in place and they have already made decisions with respect to elections in 2005, to put in place someone who will fight corruption, a truth and reconciliation committee. A great deal has been accomplished in just six weeks, but there is a lot more that has to be done, and the United States is committed to help the Haitian people.
MR. FRANÇOIS: Mr. Powell, security is still a concern for the Haitian people. And as you know, the national police forces have [inaudible]. How does the U.S. want to help regarding training and also equipment for the national police forces?
SECRETARY POWELL: We want to help. As you know, we contributed a great deal in 1994 and '95, to the training and equipping of the Haitian National Police, and we were sorry to see that much of that training was not used and much of the equipment was not used properly. So we're prepared to help again.
But at the time that President Aristide left, the Haitian National Police had pretty much been corrupted and destroyed. And so we do have a large rebuilding task ahead, and the United States will try to get international support, as well as United States support to professionalize and equip the Haitian National Police to become a force that the Haitian people can be proud of.
MR. FRANÇOIS: When do you expect to do that?
SECRETARY POWELL: We have allocated over $55 million in aid this year, and we will be sending expert teams down over the next couple of weeks to begin working with different parts of the government to include the Haitian National Police, Coast Guard, other parts of the government to see how we can help, what the needs are, make a good assessment of the needs, and then we'll start to apply resources to those needs.
MR. FRANÇOIS: So what do you think about the integration of former ex-rebels in the police and also former military members?
SECRETARY POWELL: I think anybody who has been guilty of crimes against the Haitian people, anybody who is corrupt, anybody who has participated in violent activities against the Haitian people or continues to talk about violence as a way of solving political disputes, I don't think such persons should have a future in the Haitian National Police or in the Haitian government.
I hope the Haitian people will speak out against such individuals and let their government know that they want no more corruption, no more criminals, no more perpetrators of violence running their affairs.
MR. FRANÇOIS: If there are some former members of the army, former ex-rebels, they are -- and the integrating is clean, and do you think they will be part of the National Police process?
SECRETARY POWELL: This is a decision for the Haitian government to make. But I think if somebody served in the Haitian armed forces some years ago, and served honorably and did nothing to dishonor himself or Haiti, then certainly he should be looked at -- vetted, as we say, make sure that he is honest, non-corrupt, committed to the future government of Haiti and committed to serve.
But this is a matter that the Haitian people have to work out through their government offices, not a decision for the United States to make. We will help the Haitian National Police in vetting these people to see what we know about them, information that we think a Haitian National Police authority should know before hiring any of these people.
MR. FRANÇOIS: So in Haiti right now, some sector said, Mr. Powell, they should reinstate the army. So what do you think?
SECRETARY POWELL: Right now, we need the police to be rebuilt. We don't need an army now; we need a police force, and I hope that that will be the first priority. It's up to the Haitian people to decide what kind of institutions they need, but any discussion of an army, I think, should come much, much later, after there has been an election, after an elected government is in place.
Let's focus on the police force right now. That's what the Haitian people need: professional, confident, equipped police force.
MR. FRANÇOIS: Do you have a message for people still getting weapons in Haiti right now?
SECRETARY POWELL: This is the time for Haitian to put down weapons; let the weapons only be in the hands of a police force, the multinational force and the peacekeepers. Weapons in the hands of gangs, weapons in the hands of criminals or drugs traffickers just put Haiti at greater risk of failure. The international community will not come in and support Haitian development if gangs have guns, if criminals are running around with guns.
I encourage all Haitians to speak out against this kind of violence and the carrying of weapons. I invite all Haitians and ask all Haitians to let the multinational force let the peacekeepers know, let the Haitian National Police know where caches [of weapons] are hidden, or where gangs have these guns, and give us the chance to try to disarm these people. We need the intelligence of the Haitian National Police. We need the intelligence also of the location of weapons so that the disarmament process can go forward, but the disarmament process will not work unless the Haitian people stand up and say: 'Enough! We don't want the past repeating itself; we don't want what we had in the past in our future; we are moving to a different kind of future -- a future of no corruption, honesty, a future where we will have an elected government that represents the interest of the people.'
And gangs and drugs lords and criminals have no place in that future. It's up to the Haitian people -- not the military or peacekeeping forces -- to solve this problem. [If] the Haitian people want it solved, they have to solve it.
MR. FRANÇOIS: Secretary Powell, the U.N. special envoy in Haiti, Mr. Reginald Dumas, said the U.N. should stay, should remain in Haiti for about 20 years. I just want to know -- the Haitian people want to know -- if the U.S. intends to remain engaged in Haiti for such a period?
SECRETARY POWELL: I don't know how long it will take. The United States has been engaged in Haiti for many years. Our histories have been interrelated for the part of the last century. We have spent close to $900 million in Haiti over the last 7 or 8 years, so we are prepared for the long run, and the U.N. is preparing itself for a long run.
It's going to take a long time to bring Haitian development along, to create jobs, to build up the economy, whether it's 20 years, 10 years. I don't know the answer to those questions, but it is going to take a long time. The United States is committed for that long a time.
MR. FRANÇOIS: Secretary Powell, the economic situation is terrible right now in Haiti and a lot of people in the private sector said that we are facing a "Lavalas cyclone" in Haiti, so how does the U.S. intend to help the Haitian people rebuild their economy to make this situation stable?
SECRETARY POWELL: One, we have, as I mentioned, $55 million of economic and other assistance coming, we are going to make further contributions to [fight] HIV/AIDS, we are going to work with the international financial institutions and we are going to work with the European Union and other international organizations to provide assistance to Haiti. But the most important thing is to put in place a responsible government that is not corrupt, so that you can invite and encourage people to come invest in Haiti, to build factories in Haiti, create jobs in Haiti. Haiti just doesn't want aid; Haiti wants, needs trade -- trade that will help create jobs, investment that will help create jobs.
MR. FRANÇOIS: Do you think the U.S. is going to help in this field?
SECRETARY POWELL: Yes, the U.S. will help.
MR. FRANÇOIS: Secretary Powell, some members of the private sector say that the U.S. administration should push the U.S. Congress to pass a bill -- the Hero Act.
SECRETARY POWELL: We have the Hero Act before Congress now, and when I go back to Washington this week, I will be examining with my staff what additional support we can provide to the Congress to make a judgment on the side. We would like to see the Act passed and I will be examining and discussing it this week with our Congress.
MR. FRANÇOIS: And also, Prime Minister Latortue, and he said two weeks ago, they will create a fund for the recapitalization of the private sector because this sector is facing a lot of trouble right now, after Aristide and "Lavalas tornado" in February -- so, how are you going to help?
SECRETARY POWELL: This is possibly a challenge for the international community. We have been working with the IMF, the World Bank and others, to see how we can help recapitalize the private sector, because we know there was a great deal of thievery that took place at the end of February.
MR. FRANÇOIS: Secretary Powell, politically, this government is facing a problem with CARICOM; you know CARICOM doesn't want to recognize this government, so what do you think about that and how will the U.S. help this government to obtain recognition from CARICOM?
SECRETARY POWELL: I will be working with CARICOM and with the individual nations of CARICOM to let them come to the realization that this government now here is legitimate and represents the desire of the Haitian people. And I hope that over the next couple of months that CARICOM will change its position and welcome Haiti fully into the CARICOM consensus.
MR. FRANÇOIS: And my last question, Secretary Powell -- do you have a message for the Haitian people right now in this new era?
SECRETARY POWELL: Have faith! Have faith; there are many people in the world, many governments in the world who want to help you. The United States wants to help the Haitian people. President Bush is providing additional economic assistance. We have troops here to help with security. All of this is for the purpose of providing security to the Haitian people, so we can begin once again, rebuild Haitian society, Haitian economy and help every Haitian achieve his or her dreams. We only want the best for the Haitian people and that's why we are here and that's why we are engaged.
MR. FRANÇOIS: Thank you so much.
SECRETARY POWELL: You're welcome. Thank you.
(end transcript)
(Distributed by the Bureau of International Information Programs, U.S. Department of State. Web site: [url]http://usinfo.state.gov[/url])
zenglendo
04-18-2004, 04:04 AM
par Arthur Mahon
15 avril 2004
Plus de deux mille billets de cent dollars, rendus illisibles par la moisissure ! Les partisans d?Aristide qui ont pris part au pillage de sa résidence ont eu la surprise de trouver cette somme dans un coffre-fort caché dans un souterrain secret. Ils ont alors compris que pour leur cher président, 200 000 dollars cela représente bien peu de choses. Pour comprendre la situation actuelle, il faut faire comme ces partisans d?Aristide : ne pas s?en tenir aux premières impressions, et creuser un peu dans les souterrains de la politique haïtienne !
Pour beaucoup de gens bien intentionnés, le scénario du départ d?Aristide est simple. Il aurait été victime d?un coup d?État qui se serait déroulé en trois phases : 1) la bourgeoisie haïtienne déstabilise le gouvernement d?Aristide " démocratiquement élu " parce que, en dépit de ses faiblesses, il mettait en place des réformes ; 2) des anciens militaires liés à la CIA prennent le contrôle d?une partie d?Haïti dans un bain de sang ; 3) un commando de l?armée américaine vient kidnapper Aristide et le force à signer une lettre de démission. Aristide serait en quelque sorte un nouvel Allende. Sauf qu?Allende ne stockait pas des piles de dollars chez lui !
Contrevérités
La thèse que nous venons de présenter, qui est en gros celle de la propagande aristidienne, repose sur plusieurs contrevérités. Ainsi, Aristide n?a pas fait la moindre réforme progressiste durant son second mandat et il n?y a pas eu de conflit Aristide/bourgeoisie pour une raison très simple : Aristide est lui-même l?un des plus grands bourgeois d?Haïti. On a assisté à la convergence de quatre processus : un conflit à l?intérieur des classes dominantes, une mobilisation de grande ampleur des intellectuels et d?une importante fraction des classes dominées contre un pouvoir réactionnaire et despotique, le retournement contre Aristide de bandes armées qu?il avait utilisées auparavant, l?intervention d?anciens militaires dans des conditions qui restent encore peu claires. La meilleure preuve que l?on n?a pas assisté à un simple " coup d?État " est que, malgré les crimes passés de certains d?entre eux, les quelques dizaines ou centaines d?hommes armés qui se sont emparés du Nord d?Haïti ont été accueillis en libérateurs par une grande partie de la population. En certains endroits, elle s?est même attaquée aux commissariats et aux symboles du pouvoir avant leur arrivée. Comme l?a écrit un commentateur, même Belzébuth accompagné d?une horde de dragons aurait été accueilli en héros.
Le rôle joué dans par les États-Unis dans cette crise complexe est loin d?être aussi simple qu?on le dit généralement. Déjà sous Clinton, Aristide n?était pas l?ami des républicains. Cependant, il présentait l?avantage d?assurer le calme social, d?appliquer les réformes néolibérales demandées et reprenait à son compte la propagande états-unienne. Rares sont les chefs d?État qui, comme lui, se sont félicités du " succès " du Sommet sur le développement durable de Johannesburg ! Tout en exerçant des pressions économiques et politiques sur Aristide, Washington l?aura finalement soutenu jusqu?à la veille de son départ comme la corde soutient un pendu. Bush a par contre évidemment refusé de lui envoyer les militaires qu?il réclamait pour protéger son régime. Il fallut que les " chimères " d?Aristide commencent à mettre Port-au-Prince à feu et à sang et à racketter des citoyens nord-américains pour que Colin Powell lâche Aristide à la suite de Dominique de Villepin. En procédant ainsi depuis quatre ans, les États-Unis ont laissé une expérience née à gauche aller au bout de sa dégénérescence et se discréditer elle-même.
La thèse de " l?enlèvement moderne " d?Aristide, qui ne serait pas absurde a priori, est peu crédible même si elle a un grand écho. Aristide lui-même n?a pas soufflé mot d?un quelconque enlèvement lorsqu?il prit la parole à la radio à son arrivée en Centrafrique. Et jusqu?à présent, il n?a pas réussi à formuler un récit cohérent. Les dirigeants de son parti n?ont pas repris sa thèse à leur compte, et sa lettre de " démission " a été lue sans sourciller par son premier ministre et homme de confiance, Yvon Neptune.
Le système Aristide
Les élections parlementaires et locales de mai 2000 ont donné lieu à une fraude assez incroyable : le but n?était pas de gagner les élections mais de remporter tous les postes. Les observateurs internationaux n?ont pas vu grand chose, car l?essentiel de la fraude a eu lieu après le vote. Bourrage des urnes, modifications des procès-verbaux, intimidation des protestataires, tout fut bon pour obtenir le résultat escompté. Les militants de Lavalas (organisation des partisans d?Aristide) avaient reçu des armes en grand nombre pour l?occasion. Et lorsqu?ils n?étaient pas assez nombreux, la police fut mise à contribution. Le président du Conseil électoral provisoire refusa de signer le procès-verbal et jugea plus prudent de s?exiler lorsqu?Aristide lui dit au téléphone que " c?était une question de vie et de mort ". L?Organisation des États américains (OEA) resta néanmoins sourde aux plaintes émises par l?opposition et se concentra sur un problème secondaire concernant quelques sénateurs. Il en résulta une longue crise politique. L?OEA multiplia les missions pour essayer d?aboutir à une négociation entre le pouvoir et l?opposition. Mais elle faisait surtout des reproches à l?opposition, accusée de se montrer trop intransigeante. L?incendie de ses locaux en décembre 2001 encouragea cette dernière dans l?idée que de nouvelles élections seraient impossibles tant que des bandes armées à la solde du pouvoir pourraient agir librement.
" Jésus, Toussaint-Louverture, Aristide : le credo du peuple haïtien ", lisait-on encore récemment sur des banderoles accrochées au-dessus des rues de Port-au-Prince. Aristide a mis en place au fil des années un système qui inexorablement empruntait de plus en plus de traits au duvaliérisme : élections truquées, corruption généralisée, vassalisation de la Justice et de la force officielle de répression (l?armée dans le cas de Duvalier, la police pour ce qui est d?Aristide), impunité généralisée, mise en place de bandes parallèles armées, répression de la presse, lutte contre les syndicats et les autres mouvements organisés, attaques contre l?autonomie de l?Université, lutte contre les secteurs récalcitrants de la bourgeoisie, idéologie basée sur une prétendue défense de la " race noire ", manipulation du vaudou, double langage vis-à-vis de l?impérialisme, culte de la personnalité. François Duvalier se présentait en " leader du tiers-monde " persécuté par les États-Unis. Les dirigeants qui, tels Hugo Chavez, prennent bien imprudemment sa défense risquent de le consacrer dans ce rôle. On ne peut cependant placer un trait d?égalité entre Aristide et Duvalier. Au contraire de François Duvalier (qui menaça cependant les États-Unis de se tourner vers Moscou), Aristide a rétabli les relations diplomatiques avec Cuba en 1996, et reste, semble-t-il, un admirateur de Che Guevara et de Fidel Castro.
De Fidel Castro, Aristide aura peut-être retenu les notion de parti unique, de coup tordu contre les opposants et de dialogue direct avec les masses. Par contre, l?ancien prêtre a abandonné tout projet de réforme sociale en retrouvant son fauteuil présidentiel en février 2001. Même le semblant de réforme agraire que son prédécesseur, René Préval, avait quelque peu entrepris, a été jeté aux orties. L?organisation paysanne KOZEPEP mise en place avec l?aide de René Préval, et qui avait pourtant joué un rôle important dans la fraude électorale de l?année 2000, a dû fermer boutique en raison des pressions qu?elle subissait. Son dirigeant Charles Suffrard s?est exilé aux États-Unis. Systématiquement, le ministère des Affaires sociales a pris partie contre les ouvriers et en faveur des patrons. Lorsque, près du Cap Haïtien, des syndicalistes liés au mouvement Batay Ouvriye ont été tués lors d?un mouvement social, le pouvoir s?est retourné contre les victimes. Plusieurs d?entre eux, dont certains étaient blessés, ont été conduits, sans être soignés, en hélicoptère à Port-au-Prince. Ils ne sont sortis de prison qu?au bout de plusieurs mois, après une campagne de solidarité.
En avril 2002, à l?issue de négociations, le parlement a voté une loi doublant presque le salaire minimum, qui n?avait pas bougé depuis des années et était devenu totalement obsolète. Il s?est surtout agi d?une action de propagande et d?un moyen de faire pression sur les entrepreneurs qui commençaient à s?agiter. Au même moment, le Premier ministre leur reprochait d?avoir la peau claire et de ne pas être de vrais Haïtiens. Après le passage de la loi, les travailleurs de l?État n?ont pas été augmentés pour autant... lorsqu?ils étaient payés. Et surtout, les chefs d?entreprise n?ont, comme à l?habitude, été l?objet d?aucun contrôle. C?est d?ailleurs une syndicaliste qui a appris au ministre des Affaires sociales que la loi avait été votée !
Priorité au business
Sous la férule de Jean-Bertrand Aristide, on a assisté à un remodelage du capital haïtien, tout comme cela s?était passé sous les Duvalier. Contrairement à ce que dit la légende, des secteurs importants de la bourgeoisie haïtienne sont liés à lui. C?est le cas du groupe Mews, ami de tous les régimes qui se sont succédés depuis des décennies. C?est le cas du groupe bancaire Unibank, créé il y a dix ans, et qui serait aujourd?hui la première banque haïtienne. Des entreprises ont été conduites à la faillite et rachetées par des hommes de paille au bénéfice d?Aristide. Des hommes d?affaire ont été rackettés. Certains ont été enlevés. Un entrepreneur étranger a affirmé que lors d?une entrevue avec Aristide, ce dernier lui a demandé une commission de 20 %. Cependant, à en croire les révélations faites par d?anciens policiers, l?essentiel de la fortune d?Aristide pourrait avoir une autre origine : le trafic de cocaïne. Il a ainsi été révélé que, de plus en plus, les chefs départementaux de la police étaient choisis en fonction de leurs capacités à gérer le trafic de cocaïne. Jean Baudoin Kétant était, semble-t-il, l?homme clé de ce trafic en Haïti. Il a été lié à trois cartels colombiens à la fois, et la DEA (service anti-drogue des États-Unis) affirmait vouloir l?arrêter depuis les années 1980. Il aurait été, pendant un moment, un proche d?Aristide. Ce dernier l?a finalement livré à la justice nord-américaine l?année dernière, pour des raisons qu?il serait fort intéressant de connaître. Lors de son procès tenu en Floride au mois de février, il a affirmé qu?Aristide contrôlait 85 % du trafic de cocaïne transitant par Haïti. Lui-même lui aurait versé des dizaines de millions de dollars de commission. Un entrepreneur haïtien, Olivier Nadal, homme fort peu recommandable par ailleurs, affirme que le groupe Unibank était utilisé par Aristide pour le blanchiment d?argent. Au mois de février, les deux principaux responsables de ce groupe ont été reçus par certains des premiers ministres de la Caraïbe qui plaident en faveur d?Aristide.
Alors qu?il était président de la République, Aristide est allé jusqu?à appeler à voter pour un candidat démocrate dans des élections locales américaines. Depuis son exil à Washington (1992-1994), il est en effet très lié au parti démocrate. Et pas seulement pour des raisons idéologiques ! Sous Aristide, Haïti, " le pays le plus pauvre de l?hémisphère occidental ", comme on aime le dire en Amérique, était le quatrième sur la liste des États dépensant le plus d?argent pour ses actions de lobbying aux États-Unis. En contrepartie, Taiwan a arrosé largement l?administration Lavalas. Et, déjà en 1991, Aristide profita d?un temps de parole à l?Assemblée générale des Nations unies pour proposer que Taiwan retrouve son siège à l?ONU. Une déclaration incongrue en cette occasion, qui passa inaperçue du fait qu?il fut renversé par un coup d?État militaire quelques jours plus tard.
Mobilisations importantes
Le 5 décembre 2003, des partisans armés du président, les " chimères ", ont pris d?assaut, avec l?appui de la police, la Faculté des Sciences humaines. Ils ont attaqué sauvagement les universitaires présents, qui se préparaient à manifester. Le recteur de l?Université d?État, qui essayait de négocier, a eu les jambes brisées à coups de barre de fer. Même sous François Duvalier on n?avait pas assisté à de tels actes dans une université. Pour le milieu éducatif et les intellectuels, c?en était trop. Le mouvement étudiant et lycéen allait alors fournir aux manifestations de l?opposition la force et la détermination qui leur manquaient et entraîner dans son sillage de larges couches de la société. Sans que l?on puisse parler d?un véritable raz-de-marée, on a assisté à Port-au-Prince à plusieurs manifestations de très grande ampleur. La plupart ont été l?objet d?agressions violentes de la part de commandos, qui allèrent jusqu?à tirer sur la foule depuis des camionnettes. Des manifestations se sont déroulées dans de très petites villes, qui n?avaient connu aucune mobilisation depuis un siècle.
La Plate-forme démocratique de l?opposition, regroupant des partis politiques et des associations, était hétérogène et marquée par une grande confusion. Elle ne s?est jamais fait le porte-parole de la moindre revendication sociale. La place occupée par certains industriels intelligents, qui avaient pris la tête d?un regroupement de la " société civile ", a permis au pouvoir de présenter le mouvement comme l?expression de la haine des exploiteurs contre le peuple.
Sans l?existence des mobilisations anti-dictatoriales et d?un profond mécontentement à travers le pays, on n?aurait pas assisté à un basculement de la situation, marqué notamment pas la désertion des policiers. La prise du commissariat de la ville des Gonaïves par d?anciens mercenaires du président, puis l?entrée en scène de quelques dizaines d?ex- militaires et d?anciens putschistes venus de Saint-Domingue seraient sans doute restés de l?ordre de l?anecdote. C?est la profondeur du mouvement anti-Aristide qui explique aussi que l?opposition ait eu la force de résister aux formidables pressions exercées par les États-Unis, la France et le Canada. A quelques jours du départ d?Aristide, ces États la menaçaient encore des pires malheurs si elle n?acceptait pas une cohabitation suicidaire avec le tyran.
Quelques heures après la démission d?Aristide, le Conseil de sécurité de l?ONU vota une résolution autorisant le déploiement d?une force internationale en Haïti. Cette décision a été prise à la demande du seul Alexandre Boniface, le juge qui avait pris la place d?Aristide au palais national. Cependant Washington et Paris, réconciliés pour l?occasion, ne peuvent pas, pour le moment du moins, agir totalement à leur guise. C?est ainsi que dans le comité tripartite (opposition, Lavalas, " communauté internationale ") mis en place après le départ d?Aristide, la plate-forme de l?opposition s?est fait représenter non par un quelconque " fantoche ", mais par Paul Denis, une figure historique de la gauche haïtienne. Cependant, le fait qu?un ancien général, même qualifié de " démocrate ", ait été nommé ministre de l?Intérieur et ait failli être choisi comme premier ministre en dit long sur la confusion qui traverse aujourd?hui la plupart des partis politiques opposés à Aristide.
Mouvement social contre l?armée
On a assisté ces dernières années à une certaine remobilisation du mouvement social. Les organisations féministes réunies dans la Coordination nationale de plaidoyer pour les droits des femmes (CONAP) ont joué un rôle de pointe dans la dénonciation des violences du régime Aristide, qu?elles ont déclaré " hors-la-loi ". Il y a quatre ans, malgré les agressions des " chimères ", elles furent les premières à manifester pour demander justice après l?assassinat, souvent attribué à Aristide lui-même, du journaliste Jean Dominique. Dans le département du Sud-Est, un long travail de préparation a débouché à l?automne dernier sur le premier congrès de la Coordination régionale des organisations du Sud-Est. Elle fédère des associations d?origines très diverses, notamment sur le plan politique, mais elle a néanmoins adopté au consensus une résolution anti-gouvernementale. Le processus de contestation du régime Lavalas s?est accompagné d?un début de réflexion sur le bilan de 200 ans d?indépendance et la nécessité de rompre radicalement avec les voies empruntées depuis le départ de Duvalier. La préparation de la 3e Assemblée des peuples de la Caraïbe, qui s?est tenue l?été dernier en Haïti, a ouvert des pistes de réflexion intéressantes. Le Collectif " Solidarité, identité et liberté " a proposé que l?année 2004 soit une année de refondation d?un projet national. Au mois de février, trente-cinq organisations du mouvement social se sont rassemblées dans un "regroupement démocratique et populaire " : organisations féministes, groupes paysans, associations altermondialistes y côtoient des réseaux de militants politiques, des radios communautaires et des équipes intervenant en milieu ouvrier. Dans une déclaration écrite à la mi-mars, trois de ces associations font remarquer que " les forces américaines sont intervenues en Haïti pour détourner et confisquer la victoire du peuple haïtien contre la dictature d?Aristide ".
Un autre acteur n?a pas fini de faire parler de lui. Il s?agit des anciens militaires ayant rejoint les insurgés des Gonaïves et ayant conquis facilement le Nord d?Haïti en compagnie d?anciens paramilitaires. Beaucoup a été dit à leur sujet, et notamment à propos de Guy Philippe, leur chef militaire, grand admirateur de Montesquieu et de Pinochet, qui se verrait bien à la tête de l?armée. Cependant, bien des zones d?ombre subsistent, y compris sur leurs effectifs réels. Il est probable que les services de renseignement nord-américains connaissaient pour le moins leurs intentions et qu?ils ont bénéficié de complicité à l?intérieur de l?armée dominicaine. L?un d?eux a déclaré qu?ils ont reçu des financements de la part d?entrepreneurs haïtiens. Il est possible qu?ils aient agi en simples mercenaires de la CIA. Il se peut aussi que l?affaire soit plus complexe, et qu?ils aient leur propre projet, axé sur le contrôle du trafic de la cocaïne. En décembre 2000, c?est l?ambassade nord-américaine qui avait dénoncé un complot de Guy Philippe, ce qui l?avait obligé à quitter Haïti. Quoi qu?il en soit, et même s?ils font profil bas depuis qu?un général américain a haussé le ton, la possible jonction des hommes de Guy Philippe avec une série d?anciens haut gradés évadés de prison le 29 février peut représenter une grave menace pour l?avenir. Et une carte que Washington pourrait être tenté de jouer.
zenglendo
04-21-2004, 04:08 AM
Première grande exposition de produits fabriqués par des femmes en Haïti
Le premier salon de la production féminine aura lieu les 23 et 24 avril prochains au Karibe Convention Center, à Juvénat ( Pétion-Ville). Plus de 50 exposantes de différents secteurs d?activités et régions du pays présentent au grand public leurs produits divers. Des femmes entrepreneurs du comité d?organisation de cette foire rencontraient la presse ce lundi 19 avril 2004 au local du Bureau des Affaires Publiques de l?ambassade américaine.
Pour une grande première, c?en est une. Des femmes entrepreneurs se mettent ensemble pour mettre en valeur leurs talents et leur savoir-faire. Elles comptent mettre sur pied le plus grand salon de la production féminine avec la participation de plus d?une cinquantaine d?exposantes évoluant dans divers secteurs. Citons entre autres, l?art, l?artisanat, le textile, le vêtement, la transformation d?aliments ou d?herbes et les nouvelles technologies.
Cette foire se veut aussi un espace d?échanges, de mise en réseau, de vente et de création de richesses. Et en premier lieu, des séminaires de formation sur l?entrepreneuriat et les normes standard d?exportation des produits seront animés à l?intention des exposantes.
Une initiative d?une telle ampleur a le support de plusieurs institutions du secteur privé qui entendent encourager la production féminine. Les femmes entrepreneurs comptent également sur la collaboration de la presse pour une large diffusion du mouvement. Précisons que cet événement est une initiative conjointe de Voix Essentielles, Femmes en Démocratie et Agenda.
zenglendo
04-23-2004, 09:41 AM
Vers la publication de la liste des corrompus du gouvernement lavalas
« Nous allons publier les noms de tous ceux-là qui ont pillé les caisses de l?Etat sous le régime lavalas », a déclaré le premier ministre Gérard Latortue en marge de sa visite à Cité Soleil, le mercredi 21 avril 2004.
Interrogé sur les sanctions qui seront prises à l?encontre des corrompus de l?ancien régime, M. Latortue a donné la garantie qu?ils seront punis conformément aux lois haïtiennes. « Nous allons mettre aux arrêts tous ceux-là qui sont impliqués dans la gabegie administrative », a encore déclaré le chef du gouvernement qui entend combattre la corruption dans l? administration haïtienne. « Aucun voleur ne sera toléré », a martelé Gérard Latortue qui affirme haut et fort que la corruption doit être bannie de l?administration publique haitienne.
Dans ses déclarations en présence de plusieurs résidents de Cité Soleil, le chef du gouvernement a révélé que des membres de l?ancien régime ont pillé le Trésor Public. L?argent des contribuables haïtiens a été utilisé dans la mise en place d?une machine répressive, a-t-il laissé entendre.
L?ancienne Opposition et les organisations de la société civile accusent le président déchu Jean Bertrand Aristide d?avoir contribué à la détérioration des conditions de vie de la population. Selon des révélations faites à la presse, la sécurité du chef lavalas qui était assurée par des agents étrangers coûtait à l?Etat haïtien près de neuf (9) millions de dollars l?an. En outre, révèlent ces sources, le Trésor Public financait les campagnes à l?étranger au profit de l?ancien régime à hauteur de plusieurs millions de dollars américains.
zenglendo
04-27-2004, 12:54 PM
Procédure complexe pour la restitution des fonds qu?aurait volé Aristide
L?écrivain Suisse , Jean Ziegler, souligne les difficultés que pourrait rencontrer le gouvernement haitien dans le cadre d?une opération de récupération des fonds qu?auraient détourné l?ancien président Aristide, sa femme Mildred Trouillot et consorts.
Dans une interview accordée au correspondant de Radio Métropole à Genève, Jean Edouard Rigaud, l?intellectuel suisse fait remarquer qu?en général, les dilapidateurs de fonds publics s?abritent derrière de sociétés « Off Shore » qui détiennent des « comptes triangulaires ». L?écrivain poursuit que l?Etat haitien doit prouver l?existence de ces fonds, ce qui pose énormément de problèmes car la « législation suisse est faite pour protéger ces capitaux qui font la richesse des banques suisses ». D?ailleurs, les banquiers sont les conseillers des prédateurs. De plus, la procédure est longue et l?Etat haïtien doit trouver beaucoup d?argent pour payer de grands avocats.
M. Ziegler a indiqué seulement 5% de la fortune de Ferdinand Marcos ont été remis aux autorités philippines après 14 ans de procédure.
Jean Ziegler pense toutefois que le gouvernement haitien pourrait exercer des pressions sur les banques suisses à travers l?opinion publique locale et internationale pour tenter de reprendre possession de ces fonds qui seraient utilisés pour le développement du pays.
Selon plusieurs médias étrangers, la fortune de l?ex-président haïtien Aristide est estimée à 800 millions de dollars. Une procédure engagée en 1986 par l?Etat haïtien contre l?ancien dictateur, Jean Claude Duvalier, auprès des autorités suisses pour récupérer 120 millions de dollars n?a pas abouti.
zenglendo
04-27-2004, 04:50 PM
HAITI | FACING THE FUTURE
Poor, weary population sees no advance in Haiti
Nearly two months after the forced departure of former President Aristide, Haiti's interim government struggles to provide even the most basic of services.
BY JACQUELINE CHARLES
jcharles@herald.com
PORT-AU-PRINCE -- The streets are choking with garbage. There hasn't been electricity for weeks, and justice remains at the mercy of corrupt judges and armed rebels.
That's what a $100 million budget deficit, frozen foreign aid and virtually no local government infrastructure has led to as Haiti's interim government struggles to provide even the most basic of services.
''Right now, they don't have the key to restart the car,'' said Jean-Marie Vorbe, a Haitian in the energy and road construction business. ``The battery is down, the tires are flat and it's all out of gas.''
The jalopy is Haiti, a grindingly poor country of nearly eight million people where months of upheaval and weeks of deadly political violence led to the Feb. 29 departure of former President Jean-Bertrand Aristide.
The driver is an interim government whose members, including several Haitian Americans, are moving so slowly that some here joke that Prime Minister Gerard Latortue may be trying to live up to his name -- ''the turtle'' in French.
''We didn't think they would perform a miracle, but we did think it would move much faster,'' said Paul Denis, a former opposition senator with the Organization of People in the Struggle.
Indeed, government promises to resolve the garbage and electricity problems have gone unfulfilled despite attempts early on. Security also remains a problem, despite scattered police checkpoints that have been largely ineffective in disarming the rebels or Aristide supporters.
Allegedly corrupt judges continue to sit on the bench, and no new mayors or other town administrators have been named in Haiti's 134 communities to replace the Aristide supporters who held many of the local posts.
A CRITICAL TIME
With the hemisphere's most impoverished nation at such a critical crossroads, much is riding on the interim government, critics and supporters say. But the government says it is doing its best with the few resources it has.
''The government is cash-strapped,'' said government spokesman Robert Ulysse. ``There is no money, and most of what was done in the past was done on credit.''
For instance, while the Aristide government could provide up to three hours of electricity a day by getting the Central Bank to advance it the $65,000-a-day cost, the new minister of public works, Jean-Paul Toussaint, opted against that system. He argued it would be cheaper to wait until the rainy season and then switch on a government-owned hydroelectric plant.
Meanwhile, the national electricity grid has been shut down for several weeks and Haitians who can afford the fuel must rely on private generators to light their evenings.
''The situation is very bleak,'' Raymond Magloire, the newly appointed governor of the Central Bank, said of Haiti's economic situation.
In December alone, the Aristide government overspent its budget by millions of dollars, with most of the money presumed to have gone to paying for the Jan. 1, 2004, celebrations marking Haiti's 200th year of independence.
Officials in the new government say there's also evidence of blatant corruption and little accounting of where large sums of money were spent and for what.
''Money is owed to everybody,'' said Magloire, whose board has been charged by the interim government to give an accounting of the government's financing.
Exacerbating the country's financial woes is a lack of revenue. After Aristide's departure, many of the government offices responsible for collecting revenue were shut down. Although some have reopened in the capital, anti-Aristide rebels still control some in outlying areas.
PRICE OF LOOTING
Damage from looting during the February revolt, variously estimated at $100 million to $300 million, also shrank the already-small tax base relied on by the government.
''In March, the tax people said they collected $4 million. They should have collected ten times that,'' Magloire said.
Minister of Finance Henri Bazin said that while many foreign-aid donors are now reviewing their long-term approach to Haiti, they cannot overlook the country's current crisis.
''If you want us to succeed, you have to do something to help us succeed,'' he said. ``Having come as far as this, we cannot go back.''
zenglendo
04-29-2004, 07:09 AM
Le gouvernement annonce une action pour récupérer les fonds volés par le régime Lavalas
Le premier ministre, Gérard Latortue , réitère la volonté de son gouvernement de mettre tout en oeuvre pour récupérer les fonds détournés par les barons de l?ancien régime . Gérard Latortue se dit confiant dans les démarches qui seront entreprises par le pays pour reprendre possession de ces avoirs.
Le chef du gouvernement annonce qu?il se rendra la semaine prochaine aux Etats-Unis et en Europe pour soutenir les démarches en vue d?obtenir la restitution des fonds qu?auraient détournés l?ancien président Jean Bertrand Aristide et d?autres membres de son pouvoir. Gérard Latortue affirme qu?il a déjà l?appui de plusieurs pays en ce sens et déclare que la procédure ne sera pas coûteuse et qu?elle ne connaitra pas le sort fait à la démarche pour récupérer l?argent volé par l?ancien président à vie , Jean Claude Duvalier en 1986.
Le premier ministre précise que le pays a grand besoin de ces fonds au moment où le ministre de l?Economie et des Finances confirme la gravité de la situation sur le plan économique . Cet argent va être investi dans le social, assure M. Latortue qui compte mener une politique de saine gestion pour dégager des fonds afin de subvenir aux besoins de la population en matière de santé , d?éducation et de logement .
Le premier ministre a tenu ces propos en marge d?une visite au journal « Le Matin », le mardi 27 avril 2004. Auparavant, M. Latortue avait également rencontré les responsables de « Le Nouvelliste ».
zenglendo
04-29-2004, 05:11 PM
Effervescence à la Faculté d?Ethnologie suite à des incidents entre policiers et étudiants
Au moins un étudiant a été malmené par un policier affecté au commissariat de Port-au-Prince le mercredi 28 avril 2004 . Des mesures disciplinaires sont réclamées par les anciens ?GNBistes?, braves opposants au régime Lavalas déchu. Les incidents se sont produits peu après un sit-in des membres de l?UEH en faveur de meilleures conditions d?enseignement.
La situation devant la faculté d?Ethnologie dans l'aire du Champ de Mars, ce mercredi, rappelle l? époque du GNB,celle de la mobilisation ayant contribué a la chute du régime de Jean Bertrand aristide.Des barricades constituées de chaises ont été dressées à la rue magloire ambroise sur fond d?expression de revendications.Réfectoire, laboratoire, moyen de transport pour les recherches, électricité à la faculté, des besoins élémentaires, affirment les étudiants à l?occasion d?un sit-in.
Les futurs ethnologues attirent l?attention des autorités sur la nécessité de satisfaire leurs revendications, faute de quoi les « Gnbistes » seront de retour.Les étudiants de la fac d?Ethnologie rappellent au gouvernement Alexandre/Latortue qu?ils n?avaient pas gagné les rues pour le plaisir. Ils font valoir que cette lutte avec son cortège de victimes a été menée pour un changement véritable.
Après le sit-in, les étudiants ont pris la direction du commissariat de police de Port-au-Prince pour réclamer des chaises qu?aurait saisies l?ex-commissaire Ricardo Etienne lors des récents troubles politiques. Sur les lieux, ils ont rencontré non seulement l?hostilité d?un policier dénommé Canès mais aussi sa brutalité.
Une tentative de conciliation des responsables du Commissariat de Port-au-Prince n?a pas abouti.
zenglendo
05-01-2004, 06:05 AM
Sally Burch
30 avril 2004
Le Brésil a accepté de prendre le commandement de la force internationale de paix des Nations Unies en Haïti à partir du 1er juillet prochain quand les Casques bleus assureront la relève de la force menée par les États-Unis qui a expulsé le président Jean- Bertrand Aristide du pouvoir le 29 février. Cette force armée est actuellement composée de 3.700 soldats des États-Unis, du Canada, de la France et du Chili.
Pour sa part, le gouvernement intérimaire a signé un accord le 4 avril avec les partis politiques (parmi lesquels ne figure pas le parti Lavalas de Aristide) et des représentants de la société civile en vue de la tenue d?élections l?année prochaine. Le président démocratiquement élu assumera le pouvoir au plus tard le 7 février 2006.
Entre-temps, la population continue d?être soumise à la pénurie et au chaos, à une quasi absence de services de base et d?ordre public. Il n?y a plus d?électricité dans la capitale depuis des semaines et les détritus s?amoncellent dans les rues. Une « chasse aux sorcières » s?est déchaînée contre les partisans d?Aristide. Beaucoup d?entre eux sont toujours cachés mais des dizaines ont été assassinées. Les bandes armées continuent de faire la loi à leur manière, surtout dans la zone intérieure du pays où l?on n?a pas encore nommé les nouvelles autorités locales. Dans certaines régions, la nourriture manque.
Le gouvernement du premier ministre intérimaire, Gérard Latortue, se bat pratiquement sans aucune ressources pour rétablir un certain ordre dans ce pays de presque 8 millions d?habitants. Le gouvernement sortant, faisant face au gel de quelques 500 millions de dollars d?aide internationale après avoir été accusé de fraudes fiscales, a laissé un déficit budgétaire de 100 millions de dollars. Une bonne partie de l?infrastructure étatique a été détruite au cours des émeutes de février - ces dégâts sont estimés entre 100 et 300 millions de dollars- et la capacité de collecte d?impôts est réduite à son minimum. L?aide annoncée récemment par les Etats-Unis, de 9 millions de dollars pour la démocratie, qui sera administrée par l?Organisation des Etats américains (OEA), ainsi que 55 millions de dollars d?aide économique et humanitaire, paraissent être des montants dérisoires face à l?envergure des besoins.
Le désordre public est encore aggravé par la complaisance des autorités et de la dite force de paix envers les rebelles armés. Ni les autorités, ni les forces étrangères ne semblent pressées de les désarmer. Les rebelles, composés en majeure partie d?anciens militaires ayant participé au coup d?état et par des forces paramilitaires de droite, se rengorgent de la qualification de « combattants pour la liberté » que leur a reconnu Latortue, en promettant de les intégrer dans les forces de police. Actuellement, un des leaders des rebelles, l?ex colonel de l?armée Remissainthe Ravix, réclame également la reconstitution de l?armée. Ravix, qui dit commander 1.681 anciens soldats, prétend que « nous sommes l?armée haitienne ». Selon lui, il s?agirait d? « une force constitutionnelle ». L?armée a été dissoute par Aristide quand il est revenu au pouvoir en tant que président constitutionnel il y a dix ans, après un intervalle de trois ans de dictature militaire.
La complaisance des Etats-Unis avec les forces rebelles n?est pas surprenante si l?on sait qu?ils les appuient déjà depuis un certain temps. Fin mars, les résultats préliminaires d?une Commission d?investigation sur Haïti ont été rendus public à Saint-Domingue. Cette Commission, instaurée par l?ancien procureur général des États-Unis Ramsey Clark, enquêtait sur les événements de février. Elle a révélé que les gouvernements américain et dominicain auraient participé à l?armement et à l?entraînement des rebelles haïtiens sur le territoire dominicain. La Commission a été informée du fait que les forces spéciales américaines étaient arrivées en République dominicaine afin de participer à des exercices militaires en février 2003 avec l?autorisation spéciale du président Hipólito Mejía. Ces exercices ont eu lieu plus près de la frontière que de coutume, dans une zone à partir de laquelle les rebelles se livraient à des attaques régulières en Haïti contre des installations de l?Etat. Certains centres d?entraînement se trouvaient au sein ou à côté des installations militaires dominicaines. La Commission a également reçu plusieurs rapports concernant le transport d?armes depuis la République dominicaine vers Haïti, par voie terrienne et maritime.
Désaccord dans les Caraïbes
Une vive polémique internationale s?est développée quant à la façon dont Aristide a été forcé d?abandonner le pouvoir et quant au rôle des Etats-Unis et de la France dans le déroulement des événements. De nombreux courants, en particulier au sein des gouvernements membres de la Communauté du bassin des Caraïbes, Caricom, et le gouvernement du Venezuela, entre autres, ne reconnaissent pas le gouvernement intérimaire. Ils estiment que les Etats-Unis et la France ont mené un coup d?Etat pour obliger Aristide à abandonner le pouvoir, en infraction avec la loi internationale. La Caricom a menacé de demander une enquête sur le sujet à l?ONU. Elle a toutefois tardé à formaliser cette demande, laissant entrevoir qu?elle était la cible de pressions.
La préoccupation des pays de la région est sans aucun doute fondée. L?histoire des Caraïbes abonde en gouvernements destitués par la volonté des Etats-Unis. Cuba et le Venezuela, en particulier, craignent d?être la cible d?une possible intervention américaine. Certains analystes considèrent en outre que les Etats-Unis trépignent d?impatience à l?idée d?établir une base militaire permanente, une plate-forme stratégique en Haïti pour pouvoir intervenir plus facilement dans la région. De fait, une mission de députés qui a visité Haïti récemment, est revenue en recommandant que les Etats-Unis prolongent leur présence dans l?île au-delà de juillet.
Entre-temps, Aristide est en Jamaïque. Il y est finalement arrivé après son départ de la République centrafricaine où il avait été conduit dans un avion militaire américain le 29 février. L?Afrique du Sud a fait également savoir qu?elle était disposée à l?accueillir. Pour le gouvernement intérimaire d?Haïti, la présence d?Aristide dans un pays aussi proche est embarrassante. Les Etats-Unis, quant à eux, maintiennent la pression sur l?ex président. Lorsque Colin Powell a visité Haïti à la mi-avril il a annoncé que les autorités américaines enquêteraient sur les liens possibles d?Aristide avec le trafic de stupéfiants pour vérifier la validité des accusations qui affirment qu?il a empoché des millions de dollars issus du trafic de drogues comme l?a affirmé un narcotrafiquant jugé à Miami ou s?il avait fermé les yeux pour ne pas mettre en péril les contributions des narcotrafiquants à ses programmes sociaux.
« L?intervention nous a confisqué la victoire »
A l?intérieur du pays, de nombreux secteurs sociaux et démocratiques défendent une position plus nuancée. Les secteurs sociaux qui réclamaient le départ d?Aristide pour sa corruption et pour son style dictatorial de gouvernement, accordent un soutien critique au gouvernement intérimaire en considérant que celui-ci pourrait entamer un processus démocratique dans le pays.
Les organisations haïtiennes, membres de l?Assemblée des Peuples des Caraïbes, où l?on trouve entre autres des organisations de défense des droits humains, des organisations de développement rural, de femmes et des églises populaires, ont publié un communiqué le 15 mars à l?attention de leurs homologues caribéens dans lequel elles leur demandaient de dénoncer la présence de Aristide en Jamaïque. Elles considèrent que Aristide a trahi les objectifs et les idéaux du mouvement populaire de 1986 (qui a eu raison de la dictature des Duvalier), que son régime appliquait docilement les consignes de Washington et du FMI et qu?il a détruit les institutions du pays et une bonne partie de sa capacité productive.
Ces organisations demandent aux ami(e)s du peuple haïtien qu?ils les aident à consolider le processus actuel, c?est-à-dire, qu?ils donnent la priorité à la lutte contre l?occupation actuelle de leur territoire. Elles condamnent les circonstances dans lesquelles Aristide a abandonné le pays, l?intervention du département d?Etat américain dans la politique interne du pays ainsi que l?insurrection armée appuyée par la CIA. Elles dénoncent le fait que : « les forces américaines sont intervenues en Haïti pour gâcher et confisquer la victoire du peuple haïtien contre la dictature de Aristide », en précisant que c?est Aristide lui-même, et non le peuple haïtien, qui a demandé l?intervention de troupes étrangères.
zenglendo
05-02-2004, 09:10 AM
Le Front de Résistance se transforme en parti politique
Le Front de la Reconstruction d?Haïti ( ci-devant Front de Résistance du Nord) annonce qu?il participera aux prochaines élections générales dans le pays et ceci à tous les niveaux.
Un Conseil Electoral Provisoire doit voir le jour incessamment en vue d?organiser des élections locales, législatives et présidentielle durant l?année 2005 afin d?aboutir à l?investiture du nouveau Président de la République, le 7 février 2006.
Dans une déclaration à la presse,le jeudi 29 avril 2004, le porte-parole du Front, Winter Etienne, affirme qu?il n?est plus un mouvement armé mais est aujourd?hui un parti politique.
Le Front a joué un rôle déterminant dans le départ de l?ancien président Jean Bertrand Aristide, le 29 février. Cette organisation prévoit de remettre l?ensemble de ses armes, le 18 mai, lors d?une cérémonie aux Gonaïves à l?occasion de la fête du drapeau.
Le 27 avril, l?ambassadeur des Etats-Unis, James Foley, avait sévèrement critiqué les ex-rebelles qui se refusent à déposer les armes et à donner au gouvernement le plein contrôle du territoire.
L?annonce de la transformation du Front en parti politique survient au lendemain de rencontres entre dirigeants d?ex-rebelles et de hautes personnalités nationales et internationales, a appris Radio Métropole.
Par ailleurs, le dirigeant du Front, Guy Philippe, défend le principe de l?intégration des militaires démobilisés dans la police nationale. L?ancien commissaire de Police cherche ainsi à rassurer les secteurs sceptiques sur le dossier de la présence d?ex-militaires dans la police nationale.
zenglendo
06-28-2004, 12:55 PM
Lundi, 28 juin 2004 11:36
Arrestation Neptune : Fanmi Lavalas proteste. Le gouvernement garantit un procès équitable
Le parti Fanmi Lavalas proteste contre l?arrestation de l?ex-chef de gouvernement Yvon Neptune. Le parti du président déchu Jean Bertrand Aristide présente M. Neptune comme un homme intègre qui s?est battu pour la promotion de la démocratie en Haïti. Pour l?un des porte-parole de Fanmi Lavalas, Gilbert Angervil, il s?agit d?une arrestation à caractère politique.
La Coalition nationale pour les droits des haïtiens (NCHR) qualifie de pas positif dans la lutte contre l?impunité l?arrestation de l?ancien Premier ministre, Yvon Neptune. La NCHR rappelle la visite effectuée par l?ex-chef de gouvernement lavalas à Saint-Marc, deux(2) jours avant le massacre de la Scirie perpétré, le 11 février2004, par la police et les partisans de l?ancien régime de l?organisation « Bale Wouze », selon les témoins et rescapés. M. Neptune avait alors déclaré que l?ordre allait être rétabli dans la ville 24 heures après l?abandon du commissariat de police alors que des rumeurs couraient sur l?arrivée des rebelles du Front de Résitance de l?Artibonite.
Les responsables de la NCHR réclament dans le même temps un procès équitable dans le cas d?Yvon Neptune qui a reçu la visite du directeur de l?organisation, Pierre Espérance, au Pénitencier National.M. Espérance dit souhaiter que la justice questionne M. Neptune, ancien président du Conseil supérieur de la police, sur l?assassinat de Amiot Métayer aux Gonaïves, le 21 septembre 2003 et la présence des escadrons de la mort « Groupe Zéro Tolérance » dans certains commissariats sous le régime Lavalas déchu.
Le ministre de la justice et de la sécurité publique, Bernard Gousse, annonce que le gouvernement mettra tous les moyens nécessaires à la disposition de l?appareil judiciaire de Saint-Marc pour faire avancer le dossier de Yvon Neptune arrêté pour implication présumée dans le massacre de la Scirie qui a fait 50 morts, selon la NCHR. Maitre Bernard Gousse indique que le gouvernement entend respecter les droits de l?ancien Premier ministre lavalas à un procès équitable.
Outre Yvon Neptune, sont derrrière les barreaux l?ancien ministre de l?intérieur, Jocelerme Privert et l?ex-député de Saint-Marc, Amanus Mayette, chef de « Bale Wouze », dont la présence sur les lieux le jour du massacre a été remarquée par de nombreux témoins.
zenglendo
06-29-2004, 12:53 PM
Mardi, 29 juin 2004 12:15
Détention de Yvon Neptune : avis partagés au sein de la population
Les opinions des port-au-princiens sont partagées sur l?arrestation de l?ancien Premier ministre Yvon Neptune, le dimanche 27 juin 2004. Si pour les partisans de l?ancien régime, cette interpellation est illégale, d?autres habitants pensent que l?ancien chef de gouvernement est en train de récolter ce qu?il a semé.
Pour les lavalassiens, cette arrestation entre dans le cadre d?une série de persécutions dont sont victimes les partisans de l?ancien régime après le départ d?Aristide du pouvoir, le 29 février dernier. C?est une façon, rapportent-ils, de museler le parti lavalas et de mettre fin aux activités de l?organisation qui, d?après eux, représente une force politique. Certains d?entre eux interprètent l?emprisonnement de l?ancien dirigeant lavalas comme une provocation à l?endroit des membres du parti. Ils annoncent les couleurs pour les prochains jours.
Par contre, une autre catégorie de port-au-princiens croient que l?arrestation de Yvon Neptune est juste et équitable. Selon ce groupe de résidents de la capitale, M. Neptune était l?un des complices d?Aristide dans la destruction du pays. Son arrestation, déclarent-ils, n?est pas illégale. Pour étayer leurs dires, ces citoyens disent attendre de la justice un comportement différent du passé.
L?ancien premier ministre qui s?est lui même rendu à la police est emprisonné au Pénitencier national. L?ex-dirigeant lavalas a été inculpé pour sa participation présumée au massacre d?opposants à l?ancien président Aristide en février dernier à Saint-Marc.
zenglendo
06-30-2004, 12:02 PM
On savait que François Duvalier organisait des messes noires au palais. Il semble qu'Aristide faisait de même:
La petite fille du président provisoire Boniface Alexandre, agée de 16 mois, est morte noyée dans une baignoire au Palais National , le lundi 28 juin 2004.
Charlotte Alexandre est décédée au moment où elle jouait dans la baignoire, a confié à Associated Press, Paul Magloire, un conseiller du Premier ministre, Gérard Latortue, sans fournir davantage de précisions.
Le père de l?enfant, Jean Bonuy Alexandre, un des quatre fils du Président, qui vit en France, était rentré pour rendre visite à son père, a indiqué Maxime Bellerice, porte-parole du Palais Présidentiel situé à Port-au-Prince, la capitale.
zenglendo
07-01-2004, 12:33 PM
Mercredi, 30 juin 2004 12:12
Incarcération de Yvon Neptune : le vice-président de la Conférence Episcopale critique l?attitude de l?ambassade américaine
Le numéro 2 de la Hiérarchie Catholique, Mgr Guire Poulard, lance des coups de griffe contre l?ambassade américaine qui semble désapprouver l?arrestation de l?ancien Premier ministre Lavalas, Yvon Neptune, pour son implication présumée dans le massacre de « La scierie » survenu à Saint-Marc, le 11 février dernier.
Dans une déclaration, le mardi 29 juin 2004, L?évêque de Jacmel estime que le communiqué de la représentation américaine publié, le dimanche 27 juin, le jour de l?arrestation, présente M. Neptune comme un intouchable.
La note du 27 juin a fait part du rôle fondamental joué par Yvon Neptune dans la transition pacifique du pouvoir après le départ d?Aristide le 29 février. Le texte a poursuivi que les autorités judiciaires devraient prouver l?implication de M. Neptune dans la tuerie qui a fait un cinquantaine de victimes tout en reconnaissant que de nombreux crimes ont été commis sous le régime de l?ancien président Aristide. L? Ambassade a réclamé un procès rapide et équitable.
Mgr Guire Poulard demande à la population de ne pas avoir la mémoire courte et de se souvenir des méfaits de Lavalas sous l?administration Aristide/Neptune. Le responsable du diocèse de Jacmel considère l?arrestation de Yvon Neptune comme un pas dans la lutte contre l? impunité. Plus loin, le prélat s?est demandé si M. Neptune est effectivement un citoyen américain, comment a ?t-il pu occuper le poste de sénateur et la fonction de Premier ministre au mépris de la Constitution haïtienne qui interdit la double nationalité.
Selon l?organisation de défense des droits humains, NCHR, 50 personnes ont été tuées et une vingtaine de maisons ont été incendiées dans le quartier dénommé « La Scierie » abritant des opposants au régime Lavalas, le 11 février, par des policiers venus de Port-au-Prince aidés de civils armés de l?organisation populaire Lavalas « Bale Wouze ». En visite à Saint-Marc, deux (2) jours auparavant, Yvon Neptune , alors Premier ministre et président du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), avait annoncé que l?ordre allait être rétabli dans la ville où le Commissariat de police avait été déserté à la nouvelle de l?approche des rebelles du Front de l?Artibonite.
Une nouvelle manifestation s?est déroulée à Saint-Marc en faveur de l?arrestation de toutes les personnes impliquées dans le massacre de la Scirie en février dernier. Dans l? après-midi, les représentants de diverses organisations ont gagné les rues pour réclamer justice.
Sont derrière les barreaux dans le cadre de cette affaire, Yvon Neptune, l?ancien ministre de l?intérieur, Jocelerme Privert, l?ancien député , Amanus Mayette, chef de Bale Wouze et trois membres de cette organisation.
zenglendo
07-02-2004, 01:01 PM
Vendredi, 2 juillet 2004 11:04
Le train électoral a démarré sans Lavalas isolé sur la scène politique
Un pas est franchi dans la mise en branle du conseil électoral provisoire de consensus. Le neuvième et dernier membre du CEP a pris fonction, jeudi 1er juillet, après sa prestation de serment à la Cour de Cassation. Joséfa Raymond Gauthier complète l?institution électorale qui a la lourde responsabilité d?organiser des joutes transparentes, l?an prochain à tous les niveaux.
Même sans Fanmi Lavalas, l?institution électorale est désormais au complet. L?installation, ce 1er juillet 2004, de Madame Gauthier qui a suivi sa nomination intervenue par arrêté présidentiel en date du 28 juin est venue combler le vide. Lavalas est de fait mis au rencart non du processus électoral mais du Conseil, estiment le Premier ministre et des leaders de l?ex-opposition. D?autant que des représentants de Fanmi Lavalas n?ont pas seulement pris du retard mais ont tout simplement montre de refus d?intégrer l?appareil électoral après plusieurs réunions infructueuses avec le Chef du gouvernement.
Dans un premier temps, les lavalassiens, sur place, avaient conditionné l?intégration du parti du président déchu à la cessation de ce qu?ils appelaient les persécutions dont sont victimes partisans et sympathisans d?Aristide. Ces conditions, en veilleuse depuis quelques semaines, allaient être de nouveau agitées par des partisans de l?ancien régime avec l?arrestation le 27 juin dernier du dernier Premier ministre lavalas, Yvon Neptune, soupçonné d?implication dans le massacre de « la Scirie » à Saint-Marc, le 11 février.
Mais, un fait est que lavalas n?est pas à bord du train électoral. Même si de nombreux observateurs s?interrogeaient sur la capacité des lavalassiens présents en Haïti à prendre de grandes décisions au nom de la formation politique de l?ex-président , réfugié en Afrique du Sud, quant on sait que, dans la charte fondamentale de Fanmi Lavalas, il est clairement indiqué que Jean Bertrand Aristide est le seul habilité à décider au nom du parti ou encore nul n?est autorisé à le faire sans une délégation du leader du parti qui est d?ailleurs à vie.
Par la force des choses, n?y a-t-il pas lieu pour les lavalassiens de trouver une alternative démocratique, s?interrogent certains observateurs. Ces derniers rappellent que la page Aristide a été tournée par la Communauté Internationale à l?Assemblée générale de l?OEA, début juin à Quito (Equateur), qui a admis la démission de l?ex-président, le 28 février dernier, et reconnu les nouvelles autorités,en l?occurrence le Gouvernement Alexandre/Latortue.
Entretemps, au Conseil électoral qui bénéficie du soutien international, on étudie les possibilités de permettre à l?institution, au point mort jusqu?à ce jeudi 1er juillet, de prendre son envol.
zenglendo
07-04-2004, 09:33 AM
Où étaient-ils quand, en 1995, Jean-Pierre Brax osait confronter seul et publiquement Aristide et alertait la Nation contre ses détournements et malversations ? Radio Métropole, le Matin et les autres faisaient la sourde oreille...
Vendredi, 2 juillet 2004 20:48
Enquête du journal « Le Matin » sur la corruption sous Lavalas. Au moins 7 millions de dollars américains utilisés à des fins douteuses ?
Le journal « Le Matin » a publié, ce vendredi 2 juillet 2004, la deuxième et dernière partie de son dossier intitulé « Aristide et les comptes de la nation, éléments pour une enquête sur la corruption ».
Dans l?édition du week-end du vendredi 2 au lundi 5 juillet, il est fait mention d?une douzaine de chèques émanant de l?Administration du Palais National et du Secrétariat Privé de Jean Bertrand Aristide libellés à l?ordre d?organisations inconnues ou sans mémo. Ces chèques qui couvrent la période mai 2002-janvier 2004 proviennent de comptes de la Banque de la République d?Haïti (BRH) dont la majorité des bénéficiaires les ont encaissés à la Banque Populaire Haïtienne (BPH).Le montant des transactions durant cette période a dépassé 5 millions de dollars américains.
Le journal rappelle que, dans l?Accord de Transition paraphé en Avril dernier par le Gouvernement intérimaire et le Secteur politique, les parties ont convenu de mener une enquête sur la gestion du Pouvoir lavalas et sur le comportement de la Cour des comptes.
Dans son édition du jeudi 1er juillet, « Le Matin » avait publié 5 chèques dont l?un, en date du 17 mai 2002, à l?ordre de « cash » pour un montant de 645 mille 465 dollars américains avec pour mémo « Dépenses urgentes/Alpha ». Ces chèques émis durant la période décembre 2000-avril2003 sont de l?ordre de plus de 2 millions 200 mille dollars . Un des imprimés édités en décembre 2000 fait état de l?acquisition de 300 poubelles pour des places publiques pour la somme de 238 mille 500 dollars américains.
Le journal cite les articles 220, 238, 242, 279 et 279-1 de la Constitution de 1987 en vigueur qui ont une fonction punitive ou préventive de l?enrichissement illicite aux dépens du Trésor public. « Le Matin » fait également ressortir que le gouvernement de transition a signé la Convention Interaméricaine contre la corruption lors de l?Assemblée de l?OEA, à Quito (Equateur), le 8 juin 2004.
Le Président de l?Ordre des comptables professionnels agréés, Joseph Paillant, se dit scandalisé .M. Paillant, un des invités du journal du matin de Radio Métropole de ce vendredi 2 juillet, a affirmé que les pratiques du régime déchu sont en violation des lois haïtiennes.
zenglendo
07-05-2004, 11:37 AM
Lundi, 5 juillet 2004 10:43
Arrestation de l?ancien responsable du Swat Team en République Dominicaine
Un ex-responsable policier, Romane Lustin, considéré comme proche de l?ancien président Jean Betrand Aristide, a été arrêté le vendredi 2 juillet 2004 en République Dominicaine.
M. Lustin a été interpellé au cours d?une opération conjointe menée par les forces de sécurité dominicaine et des membres des services anti-drogue des Etats-Unis (DEA), annonce une dépêche de l?AFP.Il devrait être acheminé rapidement aux Etats-Unis pour faire face à des accusations pour sa participation présumée au trafic de stupéfiants de la Colombie vers les Etats-Unis via Haïti.
Romane Lustin, ex-commissaire divisionnaire, avait notamment été le chef du Groupe d?Intervention de la Police Nationale d?Haïti (GIPNH) ou Swat Team, une unité d?élite, et avait été également affecté à la sécurité de l?aéroport de Port-au-Prince.
Depuis le départ de Jean Bertrand Aristide, le 29 février, Romane Lustin est le septième ex-responsable politique ou policier de haut rang proche du président déchu à être arrêté avec l?aide de la DEA pour implication présumée dans le trafic de drogue.
zenglendo
07-06-2004, 01:30 PM
Mardi, 6 juillet 2004 12:34
La liberté de la presse retrouvée en Haïti : un espoir à entretenir, dit Reporters sans frontières
L?organisation mondiale de défense de la liberté, Reporters sans frontières (RSF),a publié, ce mardi 6 juillet 2004 , un rapport sur sa mission, début juin, en Haïti. RSF dit constater des progrès dans le respect de la liberté d?expression sous le gouvernement Alexandre/Latortue tout en faisant part de certaines inquiétudes.
Voici l?intégralité du communiqué publié par RSF sur la situation en Haïti, ce 6 juillet.
Depuis l'assassinat, en avril 2000, de Jean Dominique, l'un des journalistes les plus célèbres du pays, la presse haïtienne connaissait une lente descente aux enfers. Directement responsable des agressions contre les médias par ses hommes de main - les célèbres "chimères" - Jean-Bertrand Aristide avait rejoint la liste des prédateurs de la liberté de la presse de Reporters sans frontières au printemps 2002. Quelques semaines plus tôt, un second journaliste avait été tué. En garantissant l'impunité aux assassins des deux hommes, le Président avait fait basculer la presse dans la terreur.
Depuis son départ, "On respire !", résume un journaliste. Toutes les menaces sur la presse ont-elles pour autant disparu avec la chute du prédateur ? C'est pour répondre à cette question qu'une délégation de Reporters sans frontières s'est rendue en Haïti du 7 au 11 juin 2004.
Intitulé "La liberté de la presse retrouvée : un espoir à entretenir", le rapport conclut qu'avec la fin de la terreur, les conditions de travail de la presse ont radicalement changé. Un constat que l'organisation nuance "selon qu'on se trouve dans la capitale, où les journalistes n'ont plus peur de parler, ou en province, où règne une certaine autocensure".
"Tant qu'ils seront armés, aussi bien les supporters de Jean-Bertrand Aristide que les anciens militaires à l'origine de son départ représenteront une menace pour la presse", souligne l'organisation. Elle met en garde contre l'échec du désarmement des groupes armés : "Si le gouvernement échoue, le spectre du chaos et de la violence contre les médias pourrait refaire son apparition à l'occasion des élections générales annoncées pour 2005."
Le rapport revient également sur les dossiers des deux journalistes Jean Dominique et Brignol Lindor, assassinés en 2000 et 2001 : "Leur résolution sera le signe d'un retour progressif à l'Etat de droit attendu par toute la société mais aussi par les journalistes qui se sentent démunis face aux groupes armés". Sur ces deux affaires, l'organisation a pu constater que "l'attitude des nouvelles autorités est radicalement différente". Elle s'est dite satisfaite des engagements formels pris par ces dernières et attend également des informations sur la mort du reporter espagnol Ricardo Ortega.
Enfin, Reporters sans frontières conclut que "si la situation de la liberté de la presse est d'ores et déjà bien meilleure qu'au début de l'année, les défis à relever pour pérenniser cette situation, le désarmement et le retour de l'Etat de droit, sont immenses et dépassent la simple question de la liberté de la presse. Rien n'est acquis."
zenglendo
07-10-2004, 04:30 AM
Vendredi, 9 juillet 2004 10:58
La société civile et le secteur politique offusqués par l?attitude de la Caricom
Les nouvelles exigences de la Communauté Caraïbe (CARICOM) pour reconnaître le gouvernement Alexandre/Latortue ont provoqué des réactions d?indignation au sein de la société haïtienne.
Les acteurs sont notamment choqués par la réclamation de libération de l?ex-Premier ministre Lavalas, Yvon Neptune, inculpé pour sa participation présumée à un massacre d?opposants à Saint-Marc, le 11 février dernier avant le départ de l?ancien Président Aristide.
Le vice-président de la Conférence Episcopale, Mgr Guire Poulard, parle d?impertinence de la Caricom dont beaucoup de ses dirigeants, poursuit le prélat, sont des corrompus. L?évêque de Jacmel invite le Gouvernement Latortue à tourner la page Caricom. De son côté, le bâtonnier de l?ordre des avocats, Rigaud Duplan, fait état d?attitude inconcevable. L?homme de loi soutient que le gouvernement doit ignorer la demande de la Caricom car il s?agit d?une affaire qui concerne la justice du pays.
Le ton n?est pas différent au niveau de la classe politique. L?un des dirigeants de l?OPL, Paul Denis, invite le pouvoir à faire montre de souplesse et de fermeté à l?égard de la Caricom. M. Denis estime que, par son attitude, l?organisation régionale cherche à maintenir l?instabilité dans le pays. Le KID dirigé par Evans Paul et le CONACOM de Victor Benoit qualifient d?inacceptable le comportement de la Caricom.
A l?issue d?une réunion , le mercredi 7 juillet, à la Grenade, les dirigeants de la Communaté Caraïbe ont annoncé l?envoi d?une mission en Haïti pour déterminer les modalités de reconnaissance du gouvernement intérimaire.
zenglendo
07-11-2004, 08:47 AM
par Arthur Mahon
Plus de deux mille billets de cent dollars, rendus illisibles par la moisissure ! Les partisans d?Aristide qui ont pris part au pillage de sa résidence ont eu la surprise de trouver cette somme dans un coffre-fort caché dans un souterrain secret. Ils ont alors compris que pour leur cher président, 200 000 dollars cela représente bien peu de choses. Pour comprendre la situation actuelle, il faut faire comme ces partisans d?Aristide : ne pas s?en tenir aux premières impressions, et creuser un peu dans les souterrains de la politique haïtienne !
Pour beaucoup de gens bien intentionnés, le scénario du départ d?Aristide est simple. Il aurait été victime d?un coup d?État qui se serait déroulé en trois phases : 1) la bourgeoisie haïtienne déstabilise le gouvernement d?Aristide " démocratiquement élu " parce que, en dépit de ses faiblesses, il mettait en place des réformes ; 2) des anciens militaires liés à la CIA prennent le contrôle d?une partie d?Haïti dans un bain de sang ; 3) un commando de l?armée américaine vient kidnapper Aristide et le force à signer une lettre de démission. Aristide serait en quelque sorte un nouvel Allende. Sauf qu?Allende ne stockait pas des piles de dollars chez lui !
Contrevérités
La thèse que nous venons de présenter, qui est en gros celle de la propagande aristidienne, repose sur plusieurs contrevérités. Ainsi, Aristide n?a pas fait la moindre réforme progressiste durant son second mandat et il n?y a pas eu de conflit Aristide/bourgeoisie pour une raison très simple : Aristide est lui-même l?un des plus grands bourgeois d?Haïti. On a assisté à la convergence de quatre processus : un conflit à l?intérieur des classes dominantes, une mobilisation de grande ampleur des intellectuels et d?une importante fraction des classes dominées contre un pouvoir réactionnaire et despotique, le retournement contre Aristide de bandes armées qu?il avait utilisées auparavant, l?intervention d?anciens militaires dans des conditions qui restent encore peu claires. La meilleure preuve que l?on n?a pas assisté à un simple " coup d?État " est que, malgré les crimes passés de certains d?entre eux, les quelques dizaines ou centaines d?hommes armés qui se sont emparés du Nord d?Haïti ont été accueillis en libérateurs par une grande partie de la population. En certains endroits, elle s?est même attaquée aux commissariats et aux symboles du pouvoir avant leur arrivée. Comme l?a écrit un commentateur, même Belzébuth accompagné d?une horde de dragons aurait été accueilli en héros.
Le rôle joué dans par les États-Unis dans cette crise complexe est loin d?être aussi simple qu?on le dit généralement. Déjà sous Clinton, Aristide n?était pas l?ami des républicains. Cependant, il présentait l?avantage d?assurer le calme social, d?appliquer les réformes néolibérales demandées et reprenait à son compte la propagande états-unienne. Rares sont les chefs d?État qui, comme lui, se sont félicités du " succès " du Sommet sur le développement durable de Johannesburg ! Tout en exerçant des pressions économiques et politiques sur Aristide, Washington l?aura finalement soutenu jusqu?à la veille de son départ comme la corde soutient un pendu. Bush a par contre évidemment refusé de lui envoyer les militaires qu?il réclamait pour protéger son régime. Il fallut que les " chimères " d?Aristide commencent à mettre Port-au-Prince à feu et à sang et à racketter des citoyens nord-américains pour que Colin Powell lâche Aristide à la suite de Dominique de Villepin. En procédant ainsi depuis quatre ans, les États-Unis ont laissé une expérience née à gauche aller au bout de sa dégénérescence et se discréditer elle-même.
La thèse de " l?enlèvement moderne " d?Aristide, qui ne serait pas absurde a priori, est peu crédible même si elle a un grand écho. Aristide lui-même n?a pas soufflé mot d?un quelconque enlèvement lorsqu?il prit la parole à la radio à son arrivée en Centrafrique. Et jusqu?à présent, il n?a pas réussi à formuler un récit cohérent. Les dirigeants de son parti n?ont pas repris sa thèse à leur compte, et sa lettre de " démission " a été lue sans sourciller par son premier ministre et homme de confiance, Yvon Neptune.
Le système Aristide
Les élections parlementaires et locales de mai 2000 ont donné lieu à une fraude assez incroyable : le but n?était pas de gagner les élections mais de remporter tous les postes. Les observateurs internationaux n?ont pas vu grand chose, car l?essentiel de la fraude a eu lieu après le vote. Bourrage des urnes, modifications des procès-verbaux, intimidation des protestataires, tout fut bon pour obtenir le résultat escompté. Les militants de Lavalas (organisation des partisans d?Aristide) avaient reçu des armes en grand nombre pour l?occasion. Et lorsqu?ils n?étaient pas assez nombreux, la police fut mise à contribution. Le président du Conseil électoral provisoire refusa de signer le procès-verbal et jugea plus prudent de s?exiler lorsqu?Aristide lui dit au téléphone que " c?était une question de vie et de mort ". L?Organisation des États américains (OEA) resta néanmoins sourde aux plaintes émises par l?opposition et se concentra sur un problème secondaire concernant quelques sénateurs. Il en résulta une longue crise politique. L?OEA multiplia les missions pour essayer d?aboutir à une négociation entre le pouvoir et l?opposition. Mais elle faisait surtout des reproches à l?opposition, accusée de se montrer trop intransigeante. L?incendie de ses locaux en décembre 2001 encouragea cette dernière dans l?idée que de nouvelles élections seraient impossibles tant que des bandes armées à la solde du pouvoir pourraient agir librement.
" Jésus, Toussaint-Louverture, Aristide : le credo du peuple haïtien ", lisait-on encore récemment sur des banderoles accrochées au-dessus des rues de Port-au-Prince. Aristide a mis en place au fil des années un système qui inexorablement empruntait de plus en plus de traits au duvaliérisme : élections truquées, corruption généralisée, vassalisation de la Justice et de la force officielle de répression (l?armée dans le cas de Duvalier, la police pour ce qui est d?Aristide), impunité généralisée, mise en place de bandes parallèles armées, répression de la presse, lutte contre les syndicats et les autres mouvements organisés, attaques contre l?autonomie de l?Université, lutte contre les secteurs récalcitrants de la bourgeoisie, idéologie basée sur une prétendue défense de la " race noire ", manipulation du vaudou, double langage vis-à-vis de l?impérialisme, culte de la personnalité. François Duvalier se présentait en " leader du tiers-monde " persécuté par les États-Unis. Les dirigeants qui, tels Hugo Chavez, prennent bien imprudemment sa défense risquent de le consacrer dans ce rôle. On ne peut cependant placer un trait d?égalité entre Aristide et Duvalier. Au contraire de François Duvalier (qui menaça cependant les États-Unis de se tourner vers Moscou), Aristide a rétabli les relations diplomatiques avec Cuba en 1996, et reste, semble-t-il, un admirateur de Che Guevara et de Fidel Castro.
De Fidel Castro, Aristide aura peut-être retenu les notion de parti unique, de coup tordu contre les opposants et de dialogue direct avec les masses. Par contre, l?ancien prêtre a abandonné tout projet de réforme sociale en retrouvant son fauteuil présidentiel en février 2001. Même le semblant de réforme agraire que son prédécesseur, René Préval, avait quelque peu entrepris, a été jeté aux orties. L?organisation paysanne KOZEPEP mise en place avec l?aide de René Préval, et qui avait pourtant joué un rôle important dans la fraude électorale de l?année 2000, a dû fermer boutique en raison des pressions qu?elle subissait. Son dirigeant Charles Suffrard s?est exilé aux États-Unis. Systématiquement, le ministère des Affaires sociales a pris partie contre les ouvriers et en faveur des patrons. Lorsque, près du Cap Haïtien, des syndicalistes liés au mouvement Batay Ouvriye ont été tués lors d?un mouvement social, le pouvoir s?est retourné contre les victimes. Plusieurs d?entre eux, dont certains étaient blessés, ont été conduits, sans être soignés, en hélicoptère à Port-au-Prince. Ils ne sont sortis de prison qu?au bout de plusieurs mois, après une campagne de solidarité.
En avril 2002, à l?issue de négociations, le parlement a voté une loi doublant presque le salaire minimum, qui n?avait pas bougé depuis des années et était devenu totalement obsolète. Il s?est surtout agi d?une action de propagande et d?un moyen de faire pression sur les entrepreneurs qui commençaient à s?agiter. Au même moment, le Premier ministre leur reprochait d?avoir la peau claire et de ne pas être de vrais Haïtiens. Après le passage de la loi, les travailleurs de l?État n?ont pas été augmentés pour autant... lorsqu?ils étaient payés. Et surtout, les chefs d?entreprise n?ont, comme à l?habitude, été l?objet d?aucun contrôle. C?est d?ailleurs une syndicaliste qui a appris au ministre des Affaires sociales que la loi avait été votée !
Priorité au business
Sous la férule de Jean-Bertrand Aristide, on a assisté à un remodelage du capital haïtien, tout comme cela s?était passé sous les Duvalier. Contrairement à ce que dit la légende, des secteurs importants de la bourgeoisie haïtienne sont liés à lui. C?est le cas du groupe Mews, ami de tous les régimes qui se sont succédés depuis des décennies. C?est le cas du groupe bancaire Unibank, créé il y a dix ans, et qui serait aujourd?hui la première banque haïtienne. Des entreprises ont été conduites à la faillite et rachetées par des hommes de paille au bénéfice d?Aristide. Des hommes d?affaire ont été rackettés. Certains ont été enlevés. Un entrepreneur étranger a affirmé que lors d?une entrevue avec Aristide, ce dernier lui a demandé une commission de 20 %. Cependant, à en croire les révélations faites par d?anciens policiers, l?essentiel de la fortune d?Aristide pourrait avoir une autre origine : le trafic de cocaïne. Il a ainsi été révélé que, de plus en plus, les chefs départementaux de la police étaient choisis en fonction de leurs capacités à gérer le trafic de cocaïne. Jean Baudoin Kétant était, semble-t-il, l?homme clé de ce trafic en Haïti. Il a été lié à trois cartels colombiens à la fois, et la DEA (service anti-drogue des États-Unis) affirmait vouloir l?arrêter depuis les années 1980. Il aurait été, pendant un moment, un proche d?Aristide. Ce dernier l?a finalement livré à la justice nord-américaine l?année dernière, pour des raisons qu?il serait fort intéressant de connaître. Lors de son procès tenu en Floride au mois de février, il a affirmé qu?Aristide contrôlait 85 % du trafic de cocaïne transitant par Haïti. Lui-même lui aurait versé des dizaines de millions de dollars de commission. Un entrepreneur haïtien, Olivier Nadal, homme fort peu recommandable par ailleurs, affirme que le groupe Unibank était utilisé par Aristide pour le blanchiment d?argent. Au mois de février, les deux principaux responsables de ce groupe ont été reçus par certains des premiers ministres de la Caraïbe qui plaident en faveur d?Aristide.
Alors qu?il était président de la République, Aristide est allé jusqu?à appeler à voter pour un candidat démocrate dans des élections locales américaines. Depuis son exil à Washington (1992-1994), il est en effet très lié au parti démocrate. Et pas seulement pour des raisons idéologiques ! Sous Aristide, Haïti, " le pays le plus pauvre de l?hémisphère occidental ", comme on aime le dire en Amérique, était le quatrième sur la liste des États dépensant le plus d?argent pour ses actions de lobbying aux États-Unis. En contrepartie, Taiwan a arrosé largement l?administration Lavalas. Et, déjà en 1991, Aristide profita d?un temps de parole à l?Assemblée générale des Nations unies pour proposer que Taiwan retrouve son siège à l?ONU. Une déclaration incongrue en cette occasion, qui passa inaperçue du fait qu?il fut renversé par un coup d?État militaire quelques jours plus tard.
Mobilisations importantes
Le 5 décembre 2003, des partisans armés du président, les " chimères ", ont pris d?assaut, avec l?appui de la police, la Faculté des Sciences humaines. Ils ont attaqué sauvagement les universitaires présents, qui se préparaient à manifester. Le recteur de l?Université d?État, qui essayait de négocier, a eu les jambes brisées à coups de barre de fer. Même sous François Duvalier on n?avait pas assisté à de tels actes dans une université. Pour le milieu éducatif et les intellectuels, c?en était trop. Le mouvement étudiant et lycéen allait alors fournir aux manifestations de l?opposition la force et la détermination qui leur manquaient et entraîner dans son sillage de larges couches de la société. Sans que l?on puisse parler d?un véritable raz-de-marée, on a assisté à Port-au-Prince à plusieurs manifestations de très grande ampleur. La plupart ont été l?objet d?agressions violentes de la part de commandos, qui allèrent jusqu?à tirer sur la foule depuis des camionnettes. Des manifestations se sont déroulées dans de très petites villes, qui n?avaient connu aucune mobilisation depuis un siècle.
La Plate-forme démocratique de l?opposition, regroupant des partis politiques et des associations, était hétérogène et marquée par une grande confusion. Elle ne s?est jamais fait le porte-parole de la moindre revendication sociale. La place occupée par certains industriels intelligents, qui avaient pris la tête d?un regroupement de la " société civile ", a permis au pouvoir de présenter le mouvement comme l?expression de la haine des exploiteurs contre le peuple.
Sans l?existence des mobilisations anti-dictatoriales et d?un profond mécontentement à travers le pays, on n?aurait pas assisté à un basculement de la situation, marqué notamment pas la désertion des policiers. La prise du commissariat de la ville des Gonaïves par d?anciens mercenaires du président, puis l?entrée en scène de quelques dizaines d?ex- militaires et d?anciens putschistes venus de Saint-Domingue seraient sans doute restés de l?ordre de l?anecdote. C?est la profondeur du mouvement anti-Aristide qui explique aussi que l?opposition ait eu la force de résister aux formidables pressions exercées par les États-Unis, la France et le Canada. A quelques jours du départ d?Aristide, ces États la menaçaient encore des pires malheurs si elle n?acceptait pas une cohabitation suicidaire avec le tyran.
Quelques heures après la démission d?Aristide, le Conseil de sécurité de l?ONU vota une résolution autorisant le déploiement d?une force internationale en Haïti. Cette décision a été prise à la demande du seul Alexandre Boniface, le juge qui avait pris la place d?Aristide au palais national. Cependant Washington et Paris, réconciliés pour l?occasion, ne peuvent pas, pour le moment du moins, agir totalement à leur guise. C?est ainsi que dans le comité tripartite (opposition, Lavalas, " communauté internationale ") mis en place après le départ d?Aristide, la plate-forme de l?opposition s?est fait représenter non par un quelconque " fantoche ", mais par Paul Denis, une figure historique de la gauche haïtienne. Cependant, le fait qu?un ancien général, même qualifié de " démocrate ", ait été nommé ministre de l?Intérieur et ait failli être choisi comme premier ministre en dit long sur la confusion qui traverse aujourd?hui la plupart des partis politiques opposés à Aristide.
Mouvement social contre l?armée
On a assisté ces dernières années à une certaine remobilisation du mouvement social. Les organisations féministes réunies dans la Coordination nationale de plaidoyer pour les droits des femmes (CONAP) ont joué un rôle de pointe dans la dénonciation des violences du régime Aristide, qu?elles ont déclaré " hors-la-loi ". Il y a quatre ans, malgré les agressions des " chimères ", elles furent les premières à manifester pour demander justice après l?assassinat, souvent attribué à Aristide lui-même, du journaliste Jean Dominique. Dans le département du Sud-Est, un long travail de préparation a débouché à l?automne dernier sur le premier congrès de la Coordination régionale des organisations du Sud-Est. Elle fédère des associations d?origines très diverses, notamment sur le plan politique, mais elle a néanmoins adopté au consensus une résolution anti-gouvernementale. Le processus de contestation du régime Lavalas s?est accompagné d?un début de réflexion sur le bilan de 200 ans d?indépendance et la nécessité de rompre radicalement avec les voies empruntées depuis le départ de Duvalier. La préparation de la 3e Assemblée des peuples de la Caraïbe, qui s?est tenue l?été dernier en Haïti, a ouvert des pistes de réflexion intéressantes. Le Collectif " Solidarité, identité et liberté " a proposé que l?année 2004 soit une année de refondation d?un projet national. Au mois de février, trente-cinq organisations du mouvement social se sont rassemblées dans un "regroupement démocratique et populaire " : organisations féministes, groupes paysans, associations altermondialistes y côtoient des réseaux de militants politiques, des radios communautaires et des équipes intervenant en milieu ouvrier. Dans une déclaration écrite à la mi-mars, trois de ces associations font remarquer que " les forces américaines sont intervenues en Haïti pour détourner et confisquer la victoire du peuple haïtien contre la dictature d?Aristide ".
Un autre acteur n?a pas fini de faire parler de lui. Il s?agit des anciens militaires ayant rejoint les insurgés des Gonaïves et ayant conquis facilement le Nord d?Haïti en compagnie d?anciens paramilitaires. Beaucoup a été dit à leur sujet, et notamment à propos de Guy Philippe, leur chef militaire, grand admirateur de Montesquieu et de Pinochet, qui se verrait bien à la tête de l?armée. Cependant, bien des zones d?ombre subsistent, y compris sur leurs effectifs réels. Il est probable que les services de renseignement nord-américains connaissaient pour le moins leurs intentions et qu?ils ont bénéficié de complicité à l?intérieur de l?armée dominicaine. L?un d?eux a déclaré qu?ils ont reçu des financements de la part d?entrepreneurs haïtiens. Il est possible qu?ils aient agi en simples mercenaires de la CIA. Il se peut aussi que l?affaire soit plus complexe, et qu?ils aient leur propre projet, axé sur le contrôle du trafic de la cocaïne. En décembre 2000, c?est l?ambassade nord-américaine qui avait dénoncé un complot de Guy Philippe, ce qui l?avait obligé à quitter Haïti. Quoi qu?il en soit, et même s?ils font profil bas depuis qu?un général américain a haussé le ton, la possible jonction des hommes de Guy Philippe avec une série d?anciens haut gradés évadés de prison le 29 février peut représenter une grave menace pour l?avenir. Et une carte que Washington pourrait être tenté de jouer.
zenglendo
07-16-2004, 07:08 AM
Jeudi, 15 juillet 2004 11:45
Vers le déploiement de la MINUSTAH sur l?ensemble du territoire
La Mission des Nations unies pour la stabilisation d?Haïti ( MINUSTAH) annonce qu?elle va se déployer à travers le territoire national à partir du 7 août.
L?officier Jean Schoeman qui s?exprimait au nom du commandement de la MINUSTAH, le mercredi 14 juillet 2004, a indiqué que le 7 août marquera la première phase de déploiement des casques bleus. Le contingent militaire doit atteindre 6200 hommes.
D?un autre côté, la MINUSTAH réaffirme son engagement à soutenir les efforts entrepris par la police nationale dans la lutte contre l?insécurité en particulier dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Le porte-parole de la Mission, Toussaint Kongo Doudou, qui faisait le résumé d?une réunion, mardi, entre le président provisoire Boniface Alexandre et les responsables sur la sécurité et le processus, a dit partager les préoccupations du Chef de l?Etat relatives à la persistance de l?insécurité. Toutefois, la mission de l?Onu rassure en faisant part de dispositions pour rétablir un climat de paix et de sérénité dans le pays.
La MINUSTAH qui devrait comprendre plus de 8000 militaires et policiers a pour tâche d?aider la police à opérer le désarmement et à créer les conditions favorables à la tenue des élections générales dans le pays l?année prochaine.
zenglendo
07-23-2004, 07:12 AM
Jeudi, 22 juillet 2004 13:35
Satisfaction du gouvernement après la conférence des donateurs. Haïti en chantier dès septembre, dit le Premier ministre?
Le gouvernement haïtien se frotte les mains après la conférence de Washington, les 19 et 20 juillet, au cours de laquelle les donateurs ont annoncé des engagements de l?ordre de 1,5 milliards de dollars pour la période juillet 2004-septembre 2006.
De retour au pays, le mercredi 21 juillet, le Premier ministre Gérard Latortue, tout sourire, estime que les résultats de cette réunion qui s?est déroulée au siège de la Banque mondiale constituent une grande victoire pour le pays. Grâce aux fonds qui vont être débloqués, Haïti deviendra un véritable chantier d?ici au mois de septembre, a poursuivi le chef du gouvernement. « Toutes les couches de la population seront prises en compte dans le cadre des travaux qui concernent les hôpitaux, l?énergie, les routes » assure Gérard Latortue qui indique que des emplois seront créés au profit de tout le monde dont les anciens militaires.
Le Premier ministre annonce qu?il va consacrer 50% de son temps au suivi de la gestion qui vont être alloués à Haïti. Il est question de s?assurer de l?exécution des projets dans le sens des intérêts de la population.
A titre de dons, le gouvernement a fait état de 325 millions de dollars de l?Union Européene, 230 des Etats-Unis, 113 du Canada, 34 de la France, 6.6 de l? Espagne, 5 de la Suède, 5 de la Banque mondiale, 124 mille de la Grèce et 40 mille du Mexique. Au niveau des prêts, la Banque Interaméricaine de Développement ( BID) a donné son feu vert pour 260 millions et la Banque Mondiale 150 millions. Une partie de cette somme sera consacrée aux arrièrés pour permettre à Haïti d?être éligible à certains programmes de financement. Dans l?intervalle, le représentant d?Haïti à la BID, Eric Pierre, a indiqué que l?organisation allait décaisser bientôt 15 millions pour le pays .
Le ministre de l?économie et des finances, Henry Bazin, estime que la communauté internationale et les institutions internationales de financement, ont validé le travail effectué par des membres des secteurs public et privé et de la société civile organisée. Des représentants de la communauté internationale qui ont élaboré le document intitulé « le cadre de coopération intérimaire 2004/2006 ». Il s?agit à présent, selon le ministre Bazin de prendre un bon départ pour éviter les erreurs du passé.
Les membres du Conseil des sages qui étaient présents à Washington ont salué l?aide promise par la communauté internationale. Ils mettent l?accent sur l?importance des engagements pris par le gouvernement et la communauté internationale lors de la conférence des donateurs à Washington.
Outre les membres du Conseil des sages et les ministres du Plan, de l?Economie, du Commerce,de la Santé et de la Justice, le Premier ministre Gérard Latortue s?était fait accompagner de représentants de la classe politique, du secteur des affaires et de la société civile.
zenglendo
08-28-2004, 06:30 AM
Après le pillage des dernières mines d'or du Cap par Préval et son ministre Georges Anglade, les trésors cachés des côtes nationales serviront-ils au peuple haitien? A suivre de très très près...
Vendredi, 27 août 2004 20:22
A la recherche des richesses maritimes d'Haïti
Le gouvernement haïtien et les compagnies américaines "Caribbean Marine" et "Sun See Research" spécialisées dans la recherche sous-marine ont signé un contrat de coopération, le jeudi 26 août 2004.
Ces firmes vont explorer les richesses maritimes du pays et les bénéfices seront partagés équitablement entre les deux parties. La supervision sera assurée par les Ministères des Finances et de la Culture.
Le ministre de l'Economie et des Finances Henri Bazin a indiqué que l'opération sera à la fois économique et culturelle.La ministre de la Culture et de la Communication se félicite également de l?initiative. Magalie Comeau Denis vante la transparence de l?opération. Elle promet de publier les termes du contrat et souligne que le gouvernement haïtien aura à dire son mot sur les richesses culturelles retrouvées au fond des mers.
Pour sa part, le Premier ministre Gérard Latortue s?est réjoui de la signature de cette convention. M. Latortue annonce que des inspecteurs du gouvernement seront présents sur les navires de recherche.M. Latortue s?attend à ce que le contrat soit respecté par les deux parties au bénéfice du pays.
Du 15ème au 16 ème , les mers haïtiennes ont accueilli des galions qui transportaient de l'or et des objets de valeur au moment où les envahisseurs européens se disputaient la terre qui allait devenir la plus riche colonie française. Beaucoup de ces navires de guerre ont coulé dans les eaux haïtiennes.
zenglendo
09-01-2004, 11:29 AM
Un groupe d?anciens militaires haïtiens, réclamant le rétablissement d?une armée en Haïti, a pris le contrôle lundi de la ville dePORT-AU-PRINCE (Reuters) - La délégation du secrétaire d?Etat français aux Affaires étrangères Renaud Muselier a été lundi la cible de coups de feu alors qu?elle visitait un hôpital de la Cité soleil, un bidonville de Port-au-Prince.
Un militaire français aurait été blessé et un responsable de la diplomatie française a dit avoir vu au moins une personne tuée lors de cette attaque.
La Cité soleil demeure un des bastions des partisans de l?ancien président Jean-Bertrand Aristide, qui a été chassé du pouvoir en février dernier.
Lors de cette visite, la délégation ministérielle française a été la cible de jets de pierres, a précisé ce responsable, qui a souhaité garder l?anonymat.
Lorsque la police a tiré en l?air pour disperser les assaillants, certains membres de gangs vivant dans le bidonville ont sorti des armes et ouvert le feu sur la délégation ministérielle.
"Nous sommes très surpris d?avoir été attaqués alors que nous venions aider l?hôpital", a déclaré ce responsable de la diplomatie française.
"NOUS SOMMES PRETS A NOUS BATTRE"
Ces accrochages dans la capitale où patrouille la majorité des 2.755 soldats de la paix interviennent en pleine période de regain de tension dans le sud du pays.
Des anciens soldats de l?armée démantelée en 1995 par Aristide ont en effet attaqué ce week-end un poste de police de Petit-Goave, à 65 km au sud de la capitale. Ces insurgés, qui se sont dits responsables de la sécurité de ce secteur.
Un groupe de soldats de l?Onu épaulé par des hélicoptères et des blindés a été dépêché dimanche pour tenter de reprendre le contrôle de cette zone. Mais il a dû se retirer sans combattre.
"Nous n?avons pas peur des soldats de l?Onu. Nous sommes les soldats haïtiens. Nous sommes entraînés pour combattre. Il est probable qu?ils nous tuent. Mais nous sommes prêts à nous battre", a dit à Reuters par téléphone le chef des soldats insurgés, l?ancien colonel Remissainthe Ravix.
Ces derniers ont enlevé les couleurs blanches et bleues de la police nationale qu?arborait ce poste de police et les ont remplacées par le jaune, couleur de l?ancienne armée.
L?ancien sergent Devil Prophete a affirmé sur les ondes de la radio haïtienne que des soldats de l?ancienne armée avaient également pris le contrôle d?une station de radio favorable à Aristide dans la ville de Jacmel, dans le sud du pays.
Le Premier ministre haïtien Gerard Latortue a également dépêché des unités de police à Petit-Goave, mais celles-ci ont pris position loin de la ville.
Petit-Goave (sud-ouest), selon des correspondants de radios haïtiennes locales.
Cette ville se trouve à quelque 70 km au sud-ouest de la capitale.
Les anciens militaires, entre 100 et 150, sont entrés dans Petit-Goave dans la nuit de dimanche à lundi, sans faire de victime, a indiqué aux médias locaux leur chef, l?ex-sergent Ravix Remissain.
Il a réclamé au gouvernement provisoire haïtien d?« envisager dans le meilleur délai la réhabilitation de l?armée » dissoute en 1994 par l?ancien président Jean Bertrand Aristide. « Nous allons assurer la sécurité dans la ville », a-t-il précisé. Il a affirmé bénéficier du soutien de la population.
Les policiers de Petit-Goave, une dizaine environ, ont fui les commissariats de la ville, selon les radios locales.
Le premier ministre Gérard Latortue devait établir dans la journée une commission chargée de s?occuper de la question des anciens militaires et de l?ex-armée, selon une source officielle haïtienne.
Depuis la chute de l?ex-président Aristide le 29 février, des groupes d?ex-militaires ayant contribué à son départ restent présents dans plusieurs villes du pays.
zenglendo
09-21-2004, 03:37 AM
Haïti à nouveau au bord du gouffre
LE MONDE | 20.09.04
Plus de six mois après le départ en exil de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, le gouvernement provisoire mis en place par la communauté internationale n'est pas parvenu à rétablir un semblant d'ordre en Haïti. Malgré la présence des casques bleus de l'ONU, de larges portions du territoire sont contrôlées par des bandes d'anciens militaires qui exigent le rétablissement de l'armée dissoute par Aristide en 1995.
Dans plusieurs grands bidonvilles de la capitale, comme Cité Soleil, les partisans de l'ex-président Aristide sont toujours armés et menaçants comme a pu le constater le secrétaire d'Etat français aux affaires étrangères, Renaud Muselier, qui, durant deux heures, a essuyé des tirs avant d'être "exfiltré" par des militaires brésiliens de la force onusienne. Dans les journaux et sur les ondes, les cris d'alarme venus de divers horizons se multiplient. Haïti, entend-on avec insistance ces deniers jours, est à nouveau "au bord du gouffre" et sur le point d'exploser.
Les enlèvements avec demande de rançon, les attaques à main armée, les assassinats se multiplient. Comme dans le cas du meurtre du pasteur Jean Molés Lovinsky, un très populaire animateur de radio, il est souvent difficile de savoir si les motivations sont politiques ou de droit commun. Ce climat de violence retarde la mise en place des programmes d'aide internationale. S'il perdurait, il pourrait remettre en cause l'organisation des élections générales qui doivent avoir lieu l'an prochain.
Le 10 septembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a souligné "l'urgence de démanteler et de désarmer tous les groupes armés illégaux" et appelé "le gouvernement de transition à étendre son contrôle et son autorité sur tout le pays".
Trois jours plus tôt, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait demandé au gouvernement de mettre fin aux agissements des groupes armés et de restaurer l'état de droit en menant "un combat équitable contre l'impunité".
Ces exhortations témoignent de la gravité de la situation. Mais, une nouvelle fois, la communauté internationale tarde à tenir ses engagements. Début septembre, la Mission de stabilisation des Nations unies (Minustah) ne comptait que 2 700 militaires, 30 % seulement de l'effectif de 6 700 soldats et 1 622 policiers approuvé par le Conseil de sécurité le 30 avril.
Le Brésil, l'Argentine et le Chili ont répondu à l'appel, mais la contribution des grands pays occidentaux reste minime. Et M. Annan a récemment annoncé que les Nations unies auront besoin de 30 000 soldats supplémentaires, s'ajoutant aux 50 000 déjà déployés dans le monde, pour faire face aux conflits africains.
Pas plus que la première force d'intervention, composée de soldats américains, français, canadiens et chiliens, qui est restée trois mois en Haïti après le départ de Jean-Bertrand Aristide, la Minustah ne s'est engagée dans le désarmement des groupes illégaux. Comme son prédécesseur américain, le général brésilien commandant la Minustah répond qu'il s'agit d'une décision politique appartenant au gouvernement haïtien et dont l'exécution incombe à la police haïtienne.
Mais la police ne compte que 3 000 membres mal entraînés et souvent peu motivés. Face aux groupes illégaux qui exhibent des fusils d'assaut et des grenades, elle ne dispose que d'armes de petit calibre.
PARODIE DE JUSTICE
L'ambivalence, qualifiée par certains de complaisance, du gouvernement transitoire à l'égard des anciens militaires qui défient ouvertement l'autorité de l'Etat retarde le désarmement. Peu après le départ d'Aristide, le premier ministre, Gérard Latortue, avait qualifié ces anciens militaires, dont plusieurs sont accusés de graves violations des droits de l'homme, de "combattants de la liberté", reconnaissant leur rôle dans la phase finale de la lutte contre l'ancien président.
Le récent acquittement d'un de leurs leaders, Jodel Chamblain, tenu pour responsable de l'assassinat d'Antoine Izméry, un commerçant proche d'Aristide, a provoqué une levée de boucliers chez les défenseurs des droits de l'homme qui ont dénoncé une parodie de justice perpétuant l'impunité. Le gouvernement a invoqué la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice. Mais nombre d'Haïtiens ont interprété ce blanchiment comme un geste politique.
Lorsqu'à la fin août les militaires démobilisés ont multiplié les coups de force, occupant les commissariats de plusieurs villes pour exiger le paiement de dix ans d'arriérés de salaires et la reconstitution de l'armée, le gouvernement a appelé au dialogue et créé des commissions pour négocier avec les mutins.
Se présentant comme les seules victimes de la répression, les partisans d'Aristide tirent argument de cette situation pour refuser de remettre leurs armes. Malgré l'exil de son chef et les divergences entre ses leaders, la Famille Lavalas représente toujours une force importante, surtout dans les couches les plus défavorisées.
La crédibilité des futures élections et la légitimité des prochaines autorités seraient amoindries si elle maintenait sa décision de boycotter les consultations de l'an prochain, en invoquant le climat d'insécurité que ses troupes de choc contribuent à entretenir.
Jean-Michel Caroit
zenglendo
09-21-2004, 03:42 AM
La tempête Jeanne a fait au moins 600 morts à Haïti
LEMONDE.FR | 20.09.04 ? MIS A JOUR LE 21.09.04 | 09h27
Après avoir traversé une partie des Caraïbes et fait neuf morts aux Bahamas, deux à Porto Rico et sept en République dominicaine, Jeanne, quatrième grande dépression tropicale de la saison dans la région - après Charley, Frances et Ivan -, s'est éloignée dimanche en direction de l'Atlantique et devrait rester au-dessus de la mer dans les prochains jours.
Plus de 600 personnes sont mortes à Haïti dans les inondations et les glissements de terrain provoqués par le passage de la tempête tropicale Jeanne, a déclaré, lundi 20 septembre, Toussaint Kongo-Doudou, porte-parole de la Mission des Nations unies à Haïti (Minustah)
Selon le responsable de la communication de la Minustah, les agences ont dénombré 500 corps à l'hôpital de la ville des Gonaïves (170 km au nord de la capitale Port-au-Prince). Il a également mentionné 56 morts dans la ville de Port-de-Paix, au nord-ouest de l'île.
Le bureau de la Protection civile haïtienne avait, quelques heures plus tôt, fait état de plus de 300 corps dénombrés à l'hôpital la Providence de Gonaïves. Outre les victimes de Gonaïves et Port-de-Paix, 18 morts ont été enregistrés dans la localité de Chansolme (Nord-Ouest), 14 à Gros-Morne, 9 à Pilate et 8 à Ennery (Nord), avait précisé la Protection civile plus tôt lundi.
Les dégâts matériels sont considérables dans les localités inondées, où un grand nombre de personnes sont sinistrées et de nombreuses habitations détruites. "J'ai survolé la savane désolée, une dizaine de kilomètres avant Gonaïves, c'est une vaste mer. Il n'y pas une seule maison dans la ville de Gonaïves qui ne soit inondée", a témoigné le premier ministre haïtien par intérim, Gérard Latortue, qui a survolé la zone en hélicoptère.
TROIS JOURS DE DEUIL NATIONAL
Il a indiqué avoir déclaré le nord d'Haïti "zone sinistrée" et décrété trois jours de deuil national en mémoire des nombreuses victimes des intempéries qui ont frappé le pays.
Les autorités haïtiennes sont par ailleurs sans nouvelles de la deuxième plus grande île du pays, l'île de la Tortue, située au large de la ville de Port-de-Paix, qui compte 26 000 habitants. Dimanche, des responsables de la Minustah qui avaient survolé en hélicoptère la zone où se trouve cette île de 180 km2 n'ont pas réussi à la repérer.
Gérard Latortue a promis de fournir ultérieurement des informations plus précises sur la situation de cette île qui pourrait être submergée. Le premier ministre a annoncé l'intervention du gouvernement pour venir en aide aux personnes sinistrées. "Nous avons pour devoir de donner à manger à plus de 80 000 personnes, soit 80% de la population de la ville", a dit Gérard Latortue, lui-même originaire de Gonaïves.
Après avoir traversé une partie des Caraïbes et fait neuf morts aux Bahamas, deux à Porto Rico et sept en République dominicaine, Jeanne, quatrième grande dépression tropicale de l'été dans la région - après Charley, Frances et Ivan -, s'est éloignée dimanche en direction de l'Atlantique et devrait rester au-dessus de la mer dans les prochains jours.
Selon Toussaint Kongo-Doudou, le bilan à Gonaïves reste provisoire et pourrait s'alourdir compte tenu de l'ampleur de la catastrophe qui a frappé les régions du nord et du nord-ouest d'Haïti, où de très nombreux dégâts matériels ont été enregistrés. Des milliers de personnes ont quitté leurs habitations dans le nord et le nord-ouest de l'île.
Lundi, la mission onusienne a mené des vols héliportés sur Gonaïves pour acheminer de la nourriture et des médicaments aux populations sinistrées. "Toutes les agences humanitaires sont mobilisées pour intervenir dans les régions dévastées", a indiqué M. Congo-Doudou, qui a annoncé l'intervention des équipes médicales de la mission ainsi que des équipes de l'ONG française Médecins sans frontières.
Une tonne de médicaments devaient être héliportés sur Gonaïves, tandis que de l'eau et de la nourriture devaient être acheminées par un convoi du Programme alimentaire mondial dans les régions sinistrées.
Après des années de crise, Haïti, le pays le plus pauvre du continent américain, souffre d'un grave déficit forestier qui favorise les inondations. Déjà, en juin, des pluies torrentielles avaient fait 1 220 morts à Haïti.
Avant Jeanne, les Caraïbes avaient déjà été frappées pendant douze jours par les assauts meurtriers du cyclone Ivan, qui a fait au total 108 morts et des dégâts considérables, notamment à la Grenade, en Jamaïque et dans le sud des Etats-Unis. La queue de ce cyclone s'est dissipée dimanche au large des côtes orientales américaines.
Selon le Centre national des ouragans états-unien, une autre dépression tropicale, baptisée Karl, la cinquième de cette importance de la saison, tournoie actuellement au-dessus de l'océan Atlantique. Localisé à quelque 1 700 kilomètres à l'est des Petites Antilles, Karl devrait en principe se diriger vers le nord-est, épargnant les terres.
La saison des cyclones s'étend, dans les Caraïbes, de juin à novembre.
Avec AFP et Reuters
zenglendo
09-24-2004, 04:28 AM
Les solutions à nos problèmes nous sont archi-connues. Pour quels résultats? Je me souviens d'avoir participé à plusieurs campagnes de reboisement que j'étais lycéen. Ces arbres plantés sont probablement partis en fumée avant même de devenir des arbustes. Cela veut qu'à chaque saison de cyclone, les choses iront de mal en pis.
Dépêche AFP:
Les rivalités politiques, la corruption généralisée, l?immobilisme des autorités locales et nationales ralentissent l?arrivée de l?aide internationale aux Gonaïves, ville dévastée par la tempête tropicale Jeanne, qui a fait un millier de morts et 1.200 disparus.
Dans un pays totalement désorganisé et le plus pauvre du continent américain, les responsables d?ONG ou d?organisations internationales sont livrées à elles-mêmes et se plaignent de l?absence d?initiative et de prises de décision de l?administration haïtienne. Les conflits politique internes handicapent aussi concrètement la mise en place de l?aide humanitaire.
Ainsi, le responsable haïtien des services des urgences dans les hôpitaux publics départementaux, Philippe Desmangles, accuse le maire des Gonaïves et le représentant du gouvernement intérimaire, adversaires en politique, de ralentir l?installation d?un hôpital de campagne.
"On veut installer un hôpital de campagne mais on n?a pas de terrain, les autorités locales ne cessent de se disputer", dénonce le docteur Desmangles.
Autre obstacle. Il a pour mission de remettre sur pied l?hôpital public mais il n?y a pas de fonds disponibles afin de payer des ouvriers pour le nettoyage du bâtiment.
Dans cette ville de 250.000 habitants, seuls quatre dispensaires gérés par la communauté internationale sont en service et totalement débordés par l?afflux de blessés. Seuls les plus gravement blessés sont soignés, souvent avec les moyens du bord.
Depuis quatre jours, deux carcasses de vache gisent au sol dans une des rues les plus passantes de la ville. Non loin de là, les piétons marchent pieds nus dans l?eau stagnante et se cachent le visage ou se pincent le nez pour se protéger de l?odeur pestilentielle.
De nombreux véhicules en panne, accidentés, renversés ou tombés dans un caniveau perturbent la circulation et obstruent des canalisations.
"On a demandé que la direction des travaux publics envoie du matériel de déblaiement, on attend toujours", constate le coordinateur de l?action humanitaire aux Gonaïves, Eric Mouillefarine.
Eric Mouillefarine se montre moins critique contre les acteurs politiques mais accuse surtout le manque de moyens de l?administration haïtienne dans un pays considéré comme le plus pauvre du continent américain.
Les autorités locales "n?ont pas de moyens de communication, pas de moyens de transport. L?argent promis par le gouvernement pour le fonds d?urgence n?est pas arrivée, pas un centime", s?emporte le fonctionnaire des Nations unies.
"La distribution de l?aide est perturbée par la politique. En Haïti, on laisse faire et ça rapporte des voix", dénonce de son côté l?adjoint du commissaire principal de la police nationale, Amisial Jean Eddy.
Il estime que "l?aide humanitaire ne parvient pas aux zones les plus touchées. Ce sont les zones contrôlées par les Chimères qui reçoivent le plus d?assistance. Ce sont eux les plus puissants, ils ont des armes".
Les chimères, anciennes milices du président déchu Jean-Bertrand Aristide, conservent une grande influence en Haïti.
"Le maire décide où vont les camions, mais les chimères sont plus puissants que le maire", regrette le fonctionnaire de la police nationale haïtienne.
Le désordre politique a des conséquences sur la sécurité. Tous les convois des Nations unies ou d?organisations internationales sont escortés par les forces internationales de la mission d?assistance de l?Onu en Haïti.
Mercredi soir, un camion transportant de l?eau pour les sinistrés et escorté par la police haïtienne a malgré tout été attaqué dans le quartier de Jubilé et les agresseurs se sont emparés d?une partie de la cargaison de bouteilles d?eau, selon la police haïtienne.
zenglendo
09-26-2004, 06:21 AM
Plutôt que de verser des larmes de crocodile, JBA ferait mieux de rendre l'argent volé pour qu'il serve au reboisement du pays. Talking is so cheap...
JOHANNESBURG, Sept 23 (Reuters) - Deposed Haitian President Jean-Bertrand Aristide mourned the deaths of more than 1,000 people in Tropical Storm Jeanne and said on Thursday he stood in solidarity with his suffering people.
"It is with great sadness that I watch reports of the devastation wrought upon Haiti ... Gonaives, the cradle of our independence, has suffered enormously," he said in a statement issued from his exile in Pretoria, South Africa.
"Condolences and courage to an entire nation that has seen much pain and suffering in this tumultuous bicentennial year."
Haiti has begun burying hundreds of flood victims in mass graves, while emergency food was being distributed to some of the thousands of people made homeless by the raging storm.
The death toll rose to 1,008 in the Artibonite region around the northern coastal city of Gonaives and 72 in Haiti?s Northwest province, a Haitian government official said.
Aristide has kept a low profile during his exile in South Africa, which has sparked opposition criticism that the government is tainted by association with a man accused of rights abuses back home.
Aristide initially scheduled rare media interviews to make his comments but cancelled them without giving any reasons and issued a statement instead.
Pretoria says Aristide was the victim of a U.S.-sanctioned "regime change" and has backed a U.N. probe into the events surrounding his departure from Haiti on Feb. 29 amid an armed revolt.
South African President Thabo Mbeki has been a strong supporter of Aristide and was the only foreign president to attend Haiti?s celebration of its bicentennial earlier this year while Aristide was still in charge.
The government has rejected opposition and media criticism over its funding of Aristide?s exile ? including his rent and two daughters? school fees ? saying he arrived in the country without any possessions or money.
furcy
09-26-2004, 12:34 PM
zenglendo ,
Etes- vous guignol ou girouette?
Je me pose la question. Vous ne faites que transmettre ce qu'ont écrit les autres. J'ai beau attendre pour voir votre analyse personnelle mais en vain. Cela ne vous étonne pas d'être seul là et sans interlocuteur ?
Au fait nous lisons aussi tous ces articles. Essayez de descendre de votre piédestal pour comprendre que le monde a changé et que tout le monde a accès aux informations même le prolétariat. Plus personne ne veut manger du réchauffé
zenglendo
09-27-2004, 05:23 AM
Furci:
D'abord, ce n'est pas me mettre sur un piédestal que de partager mes lectures plutôt que de bombarder les internautes de mes propres opinions. Je dirai que cela s'apparente plutôt à une certaine modestie - une qualité très rare chez nos petits bourgeois.
Cela dit, je suis très flatté par votre curiosité. Pour faire court, je dirai qu'un début de solution à nos problèmes nationaux serait la dynamique qui construirait le "vouloir vivre ensemble" qui nous fait si cruellement défaut. Nous en sommes très loin.
Cela viendra. Un exemple? Le constat que le romancier Lyonel Trouillot fait dans "Rue des pas perdus". Il s'étonne de voir la culture vaudou acceptée par ceux-la même qui l'ont persécuté depuis l'indépendance. Pourtant, il a suffit de 2 années de travail audiovisuel, pour que Jean-Pierre Brax et Richard Sénécal accouchent de cette révolution. Il ne faut pas plus que la synergie enthousiaste de quelques patriotes pour changer le cours de notre destinée.
Je ne suis donc pas seul ni sans interlocuteurs car c'est pour eux que je contribue à ce forum.
Etes-vous satisfait?
zenglendo
10-03-2004, 01:24 PM
Bien avant qu'il ne s'installe dans ce pays avec ses millions, Aristide avait importé d'Afrique du Sud le supplice du collier. Aujourd'hui, ses partisans ont trouvé une autre source d'inspiration comme en témoigne cet article de la BBC:
Police have arrested Haiti's Senate president and two other politicians, all of them supporters of former president Jean-Bertrand Aristide.
The arrests are linked to the killing and beheading of three police officers.
Violent clashes involving supporters of the ousted president have taken place in Haiti's capital Port-au-Prince over the past three days.
Mr Aristide, who was flown out of the island following a revolt in February, claims he was kidnapped by US agents.
The arrests ended an 11-hour standoff in which dozens of police officers surrounded the building of an independent radio station, Radio Caribes FM.
The politicians had just taken part in a show in which they exchanged views with Aristide opponents, allegedly to call for a peaceful solution to the outbreak of violence.
Senate President Yvon Fuille said his arrest was illegal because it violated his immunity.
"They are kidnapping me. They have no reason to arrest me, it is an illegal arrest," Mr Fuille said while he was led away from the building.
'Operation Baghdad'
The headless bodies of three police officers were found on Friday, sparking fears that Mr Aristide's most violent supporters might be imitating Iraqi kidnappers.
They policemen are believed to have been killed during violent rallies in support of Mr Aristide's return from his exile in South Africa.
"Aristide's partisans have begun an urban guerrilla operation they call Operation Baghdad," said human rights activist Jean-Claude Bajeux.
"The decapitations are imitative of those in Iraq, and they are meant to show the failure of US policy in Haiti."
But pro-Aristide officials put the blame on the US-backed interim government.
They are calling for an end of the "occupation" after a multinational military force led by the USA was sent to the island in the aftermath of Mr Aristide's ouster to restore law and order.
UN peacekeepers took over in June, but the 3,000-strong mission is struggling to keep control.
Several hundred have been sent to the north of the country to the flood-stricken port city of Gonaives, where the storm took its highest toll, killing more than 1,500 people.
In a separate development, the Brazilian general in charge of the UN peacekeeping force, Augusto Ribeiro Pereira, has called for more troops and emergency aid.
He said his troops were working seven days a week, 24 hours a day and were exhausted.
His remarks came as Brazil sent 15 metric tons of food and medical supplies to help the country recover from the devastation caused by Hurricane Jeanne last month.
furcy
10-04-2004, 04:07 PM
Lettre à Zenglendo
Etes-vous un aspirateur ? Quand vous lisez les journaux vous ne retenez que les saletés et surtout ce qui concerne Lavalas.
A vous lire je vois de quelle couleur (politique) vous êtes. On tue des Lavalassiens pas un mot de votre part ni de vos semblables .On tue deux policiers, vous en faites des lavalassiens des diables en personnes.
Monsieur, toute mort est regrettable, on ne tue pas un policier au service de la nation ni des citoyens honnêtes. Tes amis Chamblain et Guy ont tué des policiers et brûlé des édifices officiels aucune indignation de votre part.
On peut tuer un citoyen de cité Soleil c?est tout à fait normal pour vous .
A semer autant d?injustice on en arrive à l?exaspération et des actes regrettables de révolte comme le meurtre des trois policiers la semaine dernière. Tes amis au gouvernement on raté le coach pour unir le pays et retrouver la paix sociale. Leur incompétence a creusé le fossé. Vous avez une grande responsabilité dans la catastrophe sociale actuelle.
Comme vous ne savez pas sans doute ce que subissent les Lavalassiens je vous offre ci-après un aperçu de leur quotidien.
Rappelez-vous :
le 11/01/2004
Des dizaines milliers d?opposants déterminés ont marché, dimanche 11 janvier dans la capitale haïtienne, pour obtenir le départ du président Jean Bertrand Aristide et « pour une autre Haïti », comme le demandait une la banderole qui ouvrait la marche. Ils étaient déjà plusieurs centaines d?opposants au départ de cette MARCHE PACIFIQUE, à la Place Saint-Pierre à Pétion-Ville.
Ils ont le droit mais les Lavalassiens
Le 30/09/2004 n?ont pas le droit :
Le premier ministre intérimaire Gérard Latortue a confirmé mardi soir que des policiers avaient effectivement ouvert le feu sur des manifestants Lavalas lors d'une marche à Port-au-Prince pour commémorer le 13ème anniversaire du coup d'état sanglant du 30 septembre 1991.
" Nous avons tiré sur eux, certains d'entre eux sont tombés, d'autres blessés, d'autre encore ont pris la fuite, s'est réjoui M. Latortue qui répondait aux questions d'un groupe de journalistes.
Gérard Latortue qui tentait d'expliquer pourquoi la police a tiré sur les manifestants, a fait savoir que leur MARCHE N'AVAIT PAS ETE PACIFIQUE
La police nationale a procédé samedi en début de soirée à l'arrestation sans mandat de 3 cadres de Fanmi Lavalas, deux sénateurs en fonction Yvon Feuillé et Louis Gérald Gilles et un ancien député, Rudy Hériveaux.
Le directeur général de la station, Patrick Mossignac ainsi que MM Paul et Rébu ont immediatement protesté contre la decisinn des autorités intérimaires.
L'ancien colonel Rébu a mis en exergue la maladresse et la grossièreté de ceux qui ont pris une telle décision. Il a expliqué n'avoir rien relevé dans les déclarations faites au cours de l'émission par les 3 cadres de lavalas qui pourraient justifier leur arrestation.
Les responsables ont expliqué dans un premier temps avoir voulu arrêter les 3 hommes parce des armes de guerre auraient été retrouvées dans le véhicule de l'un d'entre eux.
Mais ils allaient laisser tomber cette accusation après avoir été dénoncés par tous ceux qui se trouvaient à l'intérieur de la station, y compris les journalistes de Radio Caraïbe qui ont crié au montage. En effet, le véhicule en question avait été emmené devant la radio par un cadre de la police.
Les parlementaires devaient ensuite être accusés de responsabilité dans la mort de 3 ou 4 policiers tués jeudi dans des circonstances encore confuses. Ces assassinats ont été attribués aux militants Lavalas. Mais les 3 parlementaires ont indiqué que tous les actes commis depuis le début de la semaine faisaient partie d'un plan visant à mettre Lavalas hors jeu.
Reynold Georges a souligné que le régime intérimaire est venu compliquer la situation politique du pays par son incompétence et sa soif démesurée de vengeance.
Pour sa part, le secrétaire général du PDCH de l'homme.
Un responsable d'organisation de droits humains, Ronald Saint-Jean, a indiqué que l'extrémisme n'a jamais atteint de telles dimensions en Haiti. Il a fait savoir que les agissements du gouvernement intérimaire prédisent un avenir sombre pour le pays.
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Deux militants Lavalas dont un jeune de 15 ans, Wendy Manigat, ont éte tués vendredi lors d'une descente de la police dans le quartier populaire du Bel-Air. à Port-au-Prince.
Les militants lavalas ont fait savoir qu'au moins une dizaine des leurs ont été abattus, .Cependant le correspondant de Reuters a affirmé n'avoir vérifié que deux corps.
Plusieurs autres membres des cellules de base de Fanmi Lavalas ont également été arrêtés au cours de ces dernières 24 heures . Il s'agirait d'une véritable chasse à l'homme, ont fait savoir des responsables du parti.
Ils disent vouloir désarmer des militants Lavalas qui disposeraient d'armes, alors que les soldats de la MINUSTHA et des patrouilles de police côtoient quotidiennement des militaires démobilisés lourdement armés",
zenglendo
10-10-2004, 06:24 AM
En Haïti, un Etat à reconstruire
(4 mars 2004)
L?Etat haïtien n?existe plus. Ce qui en restait, de plus en plus limité à sa force répressive, s?est effondré en quelques semaines. Dans la période d?incertitudes qui s?ouvre, quatre grandes forces haïtiennes tenteront de s?imposer :
? Lavalas, le parti du président déposé Jean Bertrand Aristide, est affaibli ; mais il n?est toutefois pas tout à fait hors-jeu, car il continue à être soutenu par des membres de la fonction publique et des cadres provinciaux ;
? l?opposition démocratique, formée contre M. Aristide, est constituée de plusieurs dizaines de partis politiques sans troupes et souvent sans programme. Elle est confrontée à un risque d?éclatement face à la perspective du pouvoir. Réunissant différents partis, certains de type social-démocrate, d?autres clientélistes voire macoutes, elle est dans l?impossibilité de s?unir durablement sur un programme commun, le seul élément ayant permis son rassemblement étant la volonté de chasser le despote Aristide ;
? une troisième force, beaucoup plus intéressante, a émergé depuis dix-huit mois, du côté de ce que l?on appelle la « société civile », qui exige pour fonctionner les cadres d?un Etat de droit - une première dans l?histoire d?Haïti, où la politique a toujours été monopolisée par des professionnels douteux. Cette mouvance est elle-même très hétérogène, puisque s?y retrouvent aussi bien les Eglises et une nouvelle classe patronale acquise au néolibéralisme qu?un mouvement étudiant, des syndicats paysans, des associations communautaires et un mouvement féministe en plein développement. Ces derniers étaient par exemple présents aux forums sociaux mondiaux, aussi bien à Porto Alegre qu?à Bombay. Croissant ces derniers mois, leur rôle dans la « société civile » reste tout de même minoritaire ;
? enfin, les « barbares du nord ». L?« armée cannibale » au service des basses uvres de M. Aristide s?est retournée contre lui et a aggloméré toute la lie des régimes précédents, des « attachés » (paramilitaires) de la période de la dictature de M. Raoul Cedras (1991-1994) aux macoutes de la fin du duvaliérisme. L?ancien officier Guy Philippe, qui commande l?ensemble, est lui-même impliqué dans le trafic de drogue, et plusieurs de ses lieutenants ont été condamnés à la peine maximale pour des massacres commis dans les bidonvilles.
Le fer de lance de cette milice devenue « front de libération » est constitué des anciens du FRAPH (1), pour la plupart agents de la CIA, deux cents à trois cents hommes tranquillement réfugiés depuis 1994 en République dominicaine ou aux Etats-Unis... L?état de désespérance de la population haïtienne explique qu?ils aient malgré tout été accueillis comme des sauveurs.
Sur le plan diplomatique, deux surprises sont à noter : d?une part, les Etats-Unis ont peiné à définir leur politique haïtienne. Le puissant lobbying mené par M. Aristide à Washington - à travers le Black Caucus (2) mais aussi directement auprès de la conseillère à la sécurité nationale Condoleezza Rice - l?a longtemps préservé du pire. Par ailleurs, les Etats-Unis étaient reconnaissants au président haïtien d?avoir su les préserver d?un afflux de boat people. L?arrivée massive d?Haïtiens sur les côtes américaines est en effet le motif habituel du réveil de Washington face à Port-au-Prince. Quoi qu?il en soit, les Etats-Unis se sont assuré des soutiens dans toutes les factions, aussi bien au sein de l?opposition démocratique que des « barbares du nord ». Toute évolution de la situation peut leur permettre d?agir très vite puisqu?ils peuvent solliciter leurs alliés dans tous les camps.
D?autre part, la seconde surprise, c?est le rôle exceptionnellement actif de la France, qui n?avait plus de politique haïtienne depuis 1994, et s?était alignée - tout comme l?Union européenne - sur les résolutions de l?Organisation des Etats américains (OEA). Au-delà de la solidarité francophone, et du plus grand intérêt manifesté par le Quai d?Orsay depuis 2002, le bicentenaire de la révolution haïtienne fut l?occasion, pour l?opinion publique, d?une révélation du rôle historique de la France (notamment à travers le rapport de la commission Régis Debray sur 200 ans de relations franco-haïtiennes). On peut à ce propos s?interroger sur la place exceptionnelle donnée à Haïti par les médias français - une place que ce pays n?avait jamais eue depuis 1991 lors de l?émergence d?Aristide, son élection à la présidence et le coup d?Etat.
Il faut ajouter à cela le fait que les forces armées américaines sont fortement impliquées sur d?autres terrains, et que la campagne présidentielle s?annonce plus difficile que prévu pour le président George W. Bush. Le problème haïtien pèse en effet sur le vote de cet Etat déterminant qu?est la Floride, où réside une forte minorité haïtienne et où la population (floridienne et cubaine) fait preuve d?une forte hostilité à la perspective d?un nouveau flux d?immigration.
Cependant, ce sont aujourd?hui les Etats-Unis qui vont former le nouveau pouvoir. M. Boniface Alexandre, le gouverneur par intérim, est un homme de paille. Les élections seront très difficiles à organiser dans un délai de moins de trois mois, et il ne serait pas étonnant que des « gouvernements provisoires » se prolongent. L?opposition démocratique, après avoir juré le contraire, semble prête à faire sa place, de manière officielle ou occulte, à M. Guy Philippe, l?homme fort du nord. Ce type d?alliance paraît contre-nature, et constituerait un nouveau et dramatique retour aux vieilles habitudes de la « gouvernance » haïtienne. Un gouvernement mariant les contraires ramènerait Haïti aux pires ornières de son histoire.
Mais certains secteurs de la société civile, et surtout les centaines de journalistes de radio, très mobilisés et très ouverts sur les pratiques démocratiques hors d?Haïti constituent l?un des meilleurs remparts contre les dérives envisageables. Dans un pays analphabète comme Haïti, un seul média pèse vraiment, les radios, accessibles partout. Elles étaient d?ailleurs la cible préférée d?Aristide au cours des deux dernières années.
L?intervention militaire des Etats-Unis, du Canada et de la France ne paraît pas avoir fixé clairement ses objectifs. Certes, il s?agit de « sécuriser » le pays livré à des bandes plus ou moins contrôlables. Il s?agit aussi d?éviter une catastrophe alimentaire - Haïti étant complètement dépendante de l?aide extérieure. Mais pour le moyen terme, quelles pressions communes faut-il exercer sur la constitution d?un nouveau pouvoir ? Les Etats-Unis d?une part, et les autres membres de la communauté internationale n?ont peut-être pas des pratiques démocratiques souhaitables la même conception.
Pour le secrétaire d?Etat Colin Powell, il s?agit de faire émerger « une nouvelle culture politique en Haïti ». Il s?agirait d?un changement de cap, quand les Etats-Unis n?ont cessé, depuis la chute de Duvalier, d?essayer de prolonger les vieilles pratiques. N?oublions pas qu?ils ont participé au coup d?Etat contre Aristide (1991), qu?ils l?ont ramené au pouvoir (1994), soutenu contre tous (2002-2003), et enfin enlevé et chassé manu militari (2004). Ce que les quinze pays membres de la Communauté économique de la Caraïbe (Caricom) dénonçaient, le 3 mars, en se déclarant « extrêmement déçus » de l?implication des « partenaires occidentaux » en lieu et place des soldats de l?Organisation des Nations unies (ONU).
Les grandes puissances devront rapidement décider si elles se contentent d?une opération de « police » et d?aide humanitaire, ou si elles entendent renouer avec le travail mené par l?ONU entre 1995 et 1997 pour créer les fondations d?un Etat de droit : police, justice et administration. Si elle veut alors pouvoir s?appuyer sur des forces locales, la communauté internationale devra soutenir les mouvements communautaires, seuls capables d?amorcer une démocratie participative - et surtout de contrôler les fonds qui pourraient être injectés dans le pays.
Dans ce cas, une intervention de longue haleine avec des forces nombreuses sera nécessaire. Sa composition - pour la rendre crédible - devra comporter le moins possible d?éléments américains. Ce qui sera toujours difficile à faire accepter dans une zone considérée à Washington comme son arrière-cour.
Christophe Wargny.
zenglendo
10-10-2004, 01:12 PM
RIO DE JANEIRO, 8 oct (AFP) - Les militaires brésiliens arrivés il y a moins de trois mois à la tête de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (Minustah) ressentent déjà une perte de popularité alors que la violence est en pleine recrudescence à Port-au-Prince.
Dans une interview au quotidien Jornal do Brasil vendredi, le colonel Felipe Carbonell, du service de presse de la Brigade brésilienne en Haïti, a déclaré que l?euphorie de la population de l?île des Caraïbes à l?arrivée des troupes avait désormais fait place à l?indifférence et à la frustration.
"Je n?irais pas jusqu?à dire que la population est hostile, mais plutôt indifférente. Ils nous voyaient comme un espoir d?amélioration, mais cela n?a pas été le cas. Ils sont frustrés et nous le font sentir quand nous sommes dans la rue", a expliqué le colonel Carbonell.
Pour lui, la recrudescence de la violence au cours des derniers jours, qui a fait 45 morts, a contribué à détériorer l?image de la troupe à Port-au-Prince. Deux cents soldats brésiliens ont dû participer à une vaste opération en collaboration avec la police haïtienne, au cours de laquelle 75 personnes ont été interpellées mercredi dans la capitale.
"Il y a une sensation d?instabilité en matière de sécurité. Pour y répondre, nous montons des barrages policiers pour contrôler les gens et les armes. Ce genre d?opération incommode la population qui se sent sous pression, mais c?est nécessaire", a estimé le colonel Carbonell.
"La majorité de la population est au chômage et aujourd?hui Haïti est un baril de poudre. 75% de Port-au-Prince est formé de favelas", a-t-il souligné.
Le général brésilien Augusto Heleno Ribeiro, commandant des troupes de la mission de paix de l?ONU (dont 1.200 soldats brésiliens), avait été reçu à bras ouverts à son arrivée en Haïti.
Les soldats brésiliens avaient distribué des ballons de football à la population et avaient bénéficié du soutien des joueurs de la Seleçao, qui avaient disputé un "match de la paix" avec une équipe locale, en présence du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
zenglendo
10-10-2004, 01:16 PM
PORT-AU-PRINCE (AP) ? De violents combats ont éclaté samedi à Port-au-Prince, lorsque les soldats de la MINUSTAH (Mission de stabilisation de l?ONU en Haïti) sont à nouveau entrés dans le bidonville de Bel Air, aux mains des partisans du président déchu Jean-Bertrand Aristide. Un soldat de la paix brésilien au moins a été blessé, touché au pied.
C?est la première fois depuis quatre mois que la MINUSTAH est déployée qu?un de ses 3.000 hommes est blessé. Les troupes brésiliennes, secondées par la police haïtienne, sont entrées dans Bel Air, où les Haïtiens exigeant le retour d?Aristide avaient bloqué les rues avec des barricades, voitures calcinées et autres débris ces derniers jours, a expliqué le porte-parole de l?ONU Toussaint Kongo-Doudou. Ils ont été pris sous de violents tirs et ont riposté. Plusieurs militants pro-Aristide semblaient blessés également.
Selon la police, un de ses hommes a également été blessé à la jambe lors d?échanges de tirs dans le quartier voisin de Sans Fil. Plus de 60 personnes ont été arrêtées, alors que dans le bidonville voisin de Cité Soleil, les habitants faisaient également état de fusillades.
Au moins 26 personnes ont été tuées à Port-au-Prince depuis le 30 septembre, date à laquelle les pro-Aristide ont commencé de hausser le ton, réclamant le retour d?exil du président déchu et la fin de « l?invasion », référence aux forces américaines arrivées en février et à celles de l?ONU qui ont pris le relais en juin. Vendredi, la police a découvert les cadavres décapités d?un père et de son fils à La Saline, un des quartiers de la capitale, alors qu?une vingtaine de cadavres, dont certains démembrés, s?entassent à la morgue de Port-au-Prince.
Dans le nord du pays, pendant une messe à la mémoire des victimes de l?ouragan Jeanne qui a fait au moins 1.870 morts sur l?île et plus de 800 disparus, des manifestants se sont rassemblés, accusant le gouvernement provisoire et l?ONU de ne pas aider assez les survivants de la catastrophe. La foule a hué le Premier ministre Gérard Latortue et le président Boniface Alexandre venus se recueillir dans une des villes les plus touchées par l?ouragan.
zenglendo
10-12-2004, 03:40 PM
Mardi, 12 octobre 2004 13:30
Violences en Haïti : Un parti sud-africain réclame une enquête sur les activités d?Aristide
Le Parti de la Démocratie Chrétienne en Afrique du Sud appelle le Gouvernement de son pays à mener une enquête autour des accusations portées contre Jean Bertrand Aristide sur le financement des violences qui frappent Haiti actuellement.
Le leader du Parti, Kenneth Meshoe, fait référence aux déclarations faites par le Premier ministre intérimaire, Gérard Latortue, sur l'implication de Jean Bertrand Aristide dans ces violences. « Si Mark Tatcher, le fils de l'ancien Premier ministre Britannique, fait l'objet d'enquête sur le financement d'une tentative de coup d'Etat avorté en Guinée Equatoriale, nous recommandons que des mesures similaires soient appliquées à M. Aristide qui vit en exil en Afrique du Sud » affirme le responsable du Parti Chrétien Democrate.
M. Kenneth Meshoe s'interroge également sur la décision de l'Universite Sud Africaine d'embaucher Jean Bertrand Aristide et son épouse Mildred à titre de chercheurs au moment où ces accusations font surface contre lui.Le Responsable du Parti Démocrate Chrétien en Afrique du Sud explique qu'il ne comprend pas le fait que Jean Bertrand Aristide et sa femme soient remunéres comme chercheurs à l'Universite Sud Africaine alors que des Sud- Africains qualifiés dans ces domaines sont à la recherche d'emplois.
M. Kenneth Meshoe demande au Gouvernement de Thabo Mbeki de diligenter une enquête concernant les accusations formulées contre Jean Bertrand Aristide et de prendre les mesures qui s'imposent, relate la presse ce mardi 12 octobre 2004.
Les partisans armés de M.Aristide à Port-au-Prince ( la capitale) ont lancé depuis le 30 septembre une opération dénommée « Opération Bagdad » pour obtenir son retour au pouvoir après sa démission, le 29 février dernier. Une trentaine de personnes ont été tuées dont 10 policiers. Trois d?entre eux ont été décapités. Les activités sont en partie paralysées à la capitale depuis 13 jours. Les autorités se sont engagées à combattre ce qu?elles appellent le terrorisme.
zenglendo
10-15-2004, 03:58 PM
MIAMI - American Airlines? director of security at Haiti?s main airport has been arrested by the U.S. government on charges that she smuggled millions of dollars worth of cocaine onboard the airline?s flights to the United States.
Stephanie Ambroise, who worked at Port-au-Prince airport, was arrested Thursday and charged with conspiring to import cocaine into the United States, officials said Friday. She was being held pending a hearing later Friday in Miami federal court.
She is the latest Haitian official to be indicted in the United States for drug smuggling. Others include the former national police director, the former national police commander, the former Haitian anti-drug chief, the former Port-au-Prince airport police commander and a Haitian senator.
According to an indictment unsealed Friday, Ambroise would "coordinate and receive suitcases and other merchandise containing cocaine to pass through airport security." In return, she first received $1,000 per kilogram and eventually raised her price to $2,000 per kilogram. She required that each container hold a minimum of 100 kilograms or 2,200 pounds. At the latter price, that would have netted her at least $2 million per container. The operation allegedly ran from 1999 to 2003.
Confidential sources told investigators that Ambroise worked with a Haitian drug trafficker named Serge Edouard and that they made two to three shipments monthly, according to the indictment.
The suitcases and other containers would be taken to Ambroise?s husband the night before the shipment and she would put numbered shipping tags on them, according to the indictment. She would then call an airport worker, give him the tag numbers and he would put the bags onboard U.S.-bound flights. American flies from Haiti to Miami, New York and Boston.
Carlos B. Castillo, a spokesman for the U.S. Attorney?s Office in Miami, did not know whether charges have been filed against Edouard or Ambroise?s husband, whose name was not given in his wife?s indictment. He also did not know where Ambroise was arrested or if cocaine was smuggled to all three U.S. cities. He said the office would have no immediate comment on the arrest.
American Airlines did not immediately return messages left at its Miami office and Dallas headquarters.
The federal public defender?s office said it had not yet been assigned to represent Ambroise and it could not be determined if she has a private attorney.
TERRY SPENCER
zenglendo
10-18-2004, 03:57 AM
PORT-AU-PRINCE, Haiti (AP) -- Haiti's interim prime minister accused ousted President Jean-Bertrand Aristide of backing a wave of violence from exile in South Africa, while a Chinese police unit arrived to join a U.N. peacekeeping force that has increasingly faced gunfire in the streets.
Many of the 95 Chinese riot police smiled and waved Sunday after stepping off a jet for their country's first contribution to a U.N. mission in the Western Hemisphere.
Sporadic gunfire rang out later as Brazilian troops and Haitian police rolled through the Bel Air slum removing charred cars and scrap metal that Aristide loyalists have used to block streets. Brazilian Col. Luiz-Felipe Carbonell said no one was reported injured, and many of the gunshots apparently were fired in the air by police and civilians.
Interim Prime Minister Gerard Latortue blamed Aristide for violence that has left at least 55 dead since Sept. 30, when his partisans took to the streets to demand his return from exile.
Aristide "is the symbol of violence. He believes in that," Latortue told reporters, adding that South African President Thabo Mbeki is "taking a big risk" by aligning himself with Aristide.
"No respectable president would allow a person in his territory to organize violence in another country," Latortue said, without giving specifics. "Mr. Mbeki is not respecting international law."
There was no immediate response from the South African government. Aristide has long denied links to violence. He also has accused France and the United States of "kidnapping" him when he left the Caribbean country on a U.S.-chartered plane Feb. 29 amid a bloody revolt. France and the United States deny it.
Latortue spoke after laying a wreath at the tomb of independence hero Jean-Jacques Dessalines on the 198th anniversary of his death. Dessalines' battle cry against French colonizers was "Cut off their heads and burn down their houses!"
Some Haitians said they feared the anniversary could bring a new outbreak of violence. Streets in Bel Air grew deserted Sunday afternoon when police cars and Brazilian armored vehicles arrived, with a U.N. helicopter circling overhead.
One elderly merchant tried to pass the police with a stack of empty baskets on his head, but a police officer shouted for him to show he was unarmed. Trembling, the man took the load from his head and laid it on the ground before picking up the baskets again and walking on.
Other passers-by held their hands in the air to show they were unarmed.
Haitian police and Jordanian peacekeepers tried to clear roadblocks Saturday in the same pro-Aristide stronghold but came under heavy gunfire and quickly withdrew, witnesses said.
The 95 Chinese riot police who arrived Sunday are to support the Haitian police and provide training in riot control, Contingent Commander Zhao Xiao Xun said. They joined 30 other Chinese police who arrived last month.
They are now among more than 3,700 U.N. peacekeepers in the Brazilian-led U.N. force, which was originally envisioned to have 8,000 members. U.N. officials say more troops are to arrive soon.
Aristide supporters say Haitian police started the bloodshed, while the government blames Aristide militants and a terror campaign dubbed "Operation Baghdad."
Police reportedly killed two protesters on Sept. 30 and the bodies of three beheaded police were found the next day.
Police and peacekeepers have detained scores of suspects in the violence during repeated sweeps through the Bel Air slum. Before the troops and police arrived Sunday, Aristide loyalists stood by roadblocks keeping watch.
One camouflage-clad man who refused to give his name demanded the authorities release dozens of detained comrades and said: "If, by Tuesday, the government has not responded to our demands, we will respond in the strongest way possible."
zenglendo
10-21-2004, 06:56 AM
WASHINGTON, 20 oct (AFP) - La mission d?experts du FMI qui devait se rendre la semaine prochaine en Haïti pour y discuter des moyens d?aider à la reconstruction du pays, notamment après les inondations dévastatrices de septembre, a été reportée en raison de l?insécurité à Port-au-Prince, a annoncé mercredi le FMI.
Le représentant permanent du Fonds monétaire international a été rappelé à Washington, a également annoncé le porte-parole du Fonds, Thomas Dawson.
"Nous voulons continuer à aider Haïti à régler les problèmes liés au conflit politique et aux inondations dévastatrices de septembre (...) Les discussions formelles avec les autorités devaient débuter la semaine prochaine. Cependant, en raison de la détérioration récente de la sécurité à et autour de Port-au-Prince, notre représentant à été rappelé à Washington et la mission a été reportée", a-t-il précisé.
Depuis le 30 septembre, une trentaine de personnes dont une dizaine de policiers ont été tuées dans des actes de violence. Trois des policiers tués ont été décapités après leur mort par les militants du parti Lavalas, le parti du président déchu Jean Bertrand Aristide.
Mardi, des tirs intermittents avaient créé des mouvements de panique dans le centre-ville de la capitale.
zenglendo
10-23-2004, 01:24 PM
KINGSTON, Jamaica_A booming illegal gun trade in Haiti has increased the number of high-powered weapons on Jamaica?s streets, contributing to the island?s spiraling homicide rate, the national security minister said.
Haiti?s ongoing political instability has given rise to a major smuggling ring of cheaply acquired high-powered weapons in the impoverished country, National Security Minister Peter Phillips said in a televised address on Thursday night.
"Some of these deadly weapons are now in the hands of the criminal underworld in Jamaica," Phillips said, without giving details.
Haiti, which lies about 100 miles (160 kilometers) east of Jamaica, has been beset by instability since a three week revolt helped oust President Jean-Bertrand Aristide in February.
Many police officers loyal to Aristide fled their post out of fear of retribution following the rebellion, leaving the country ill-equipped to counter illegal drug and gun trafficking, U.S. officials say.
Phillips said the weapons are smuggled into the Caribbean from Central America and are "major factor" in the upsurge of gun slayings in Jamaica.
Much of the violence here is blamed on gangs vying for control of illegal drug-trafficking and extortion rings.
The government this week named a new task force, dubbed "Operation Kingfish" and trained in part by U.S. and British law enforcers, to break up some 85 criminal gangs operating throughout Jamaica.
A similar plan launched in late 2002 failed to significantly reduce Jamaica?s homicide rate, among the highest in the Western Hemisphere.
Authorities are also seeking to recruit more police officers to bolster Jamaica?s beleaguered security forces, including some from overseas, Phillips said, without specifying from which countries.
Jamaica, a former British colony, has about 8,000 full-time police officers for a population of 2.6 million, considerably less than several of its Caribbean neighbors.
Some 1,165 homicides have been reported on the island so far in 2004, the largest number in any single year, according to the Jamaica Gleaner newspaper. Police couldn?t immediately confirm the figure.
The previous record was 1,139 killings in 2001, according to police statistics.
zenglendo
10-24-2004, 06:42 AM
Vendredi, 22 octobre 2004 10:05
Corruption : le gouvernement haïtien fournit des précisions sur le classement établi par Transparency International
Le gouvernement intérimaire Alexandre/Latortue indique que les enquêtes sur la corruption réalisées par Transparency International concerne la période allant de la fin de l?année 2003 à février 2004 sous le régime déchu lavalas.
Le pouvoir en place affirme qu ? il s?agit d?un classement honteux mais pas étonnant en considérant le gaspillage de l?argent et des biens de l?Etat sous l?Administration de Jean Bertrand Aristide à des fins de propagande et de répression. Le gouvernement par la voix du ministre de la culture et de la communication Magalie Comeau Denis renouvelle sa détermination à continuer la lutte contre la corruption et invite la population à soutenir les efforts déployés à travers la mise en place de des entités comme l?Unité de Contrôle des Renseignants Financiers (UCREF), l?Unité de lutte contre la Corruption et la Commission indépendante de vérification de la gestion de lavalas ( 2001-2004).
Lors d?une conférence de presse, le jeudi 21 octobre, le ministre des finances Henri Bazin a donné la garantie que la performance d?Haïti sera meilleure l?an prochain. M.Bazin affirme que le gouvernement est décidé à mener une lutte féroce contre la corruption.
Haïti figure au premier plan des pays pratiquant la corruption. Dans le rapport publié par l?organisation Transparency International, Haïti est classée au premier rang avec le Bangladesh. Les données de l?organisation tiennent compte de la situation sous le régime lavalas déchu. Ces précisions sont apportées par la Fondation Héritage, représentant de Transparency en Haïti. Toutefois, la Fondation par la voix de Marilyn Allien croit que le pays a un grand défi à relever en dépit des efforts déployés par l?actuel gouvernement.
zenglendo
11-05-2004, 01:37 PM
5 novembre 2004
Arrestation d'un des commanditaires présumés des violences à Port-au-Prince
L?un des commanditaires présumés des violences de ces dernières semaines à Port-au-Prince a été arrêté jeudi à l?aéroport internationale de la capitale, a annoncé la police.
Ces violences, qui sont pour la plupart le fait d?anciens partisants du président déchu Jean Bertrand Aristide, ont fait plusieurs morts, notamment dans les banlieues pauvres de Port-au-Prince.
Selon le commissaire responsable de l?aéroport, Carl-Henri Boucher, l?homme interpellé, Jean Daniel Augustin, est détenteur d?un passeport américain et était entré en Haïti à la mi-octobre.
Par ailleurs, une des personnes recherchées par la police dans le cadre de ces violences, Sabin Petterson, a été arrêté mardi à Pétion-ville, a indiqué la porte-parole de la police, Jessie Coicou.
La porte-parole de la police a également annoncé le placement en isolement d?un inspecteur de police de Port-au-Prince, Jean Mathieu Charles, accusé d?avoir tenté d?obtenir de l?argent des commerçants du centre-ville en échange de leur protection.
zenglendo
11-07-2004, 08:52 AM
ENTRETIEN AVEC CAMILLE CHALMERS
Haïti - entre tragédies et instabilité, une lueur d?espoir ?
par Frédéric Lévêque
2 novembre 2004
La population haïtienne se souviendra longtemps, et avec douleur, du bicentenaire de son indépendance. Depuis le début de l?année 2004, tragédies et instabilité politique se succèdent. Tout le monde se souvient encore de la polémique entourant la chute du régime du président Jean-Bertrand Aristide au mois de février. Plus récemment, ce sont les affres de la nature qui ont frappé de plein fouet la population la plus pauvre des Amériques. Au mois de mai, des inondations ont provoqué la mort de près de 2.000 personnes ; en septembre dernier, c?est l?ouragan Jeanne qui a englouti la ville de Gonaives et ses alentours, semant une fois de plus, une fois de trop, la mort, la misère et le désespoir.
Pour nous parler de la situation difficile que traverse la première "République noire" du continent américain, nous avons rencontré Camille Chalmers, haïtien, professeur d?économie et de planification sociale à l?Université d?Etat d?Haiti. Depuis 1995, il coordonne une coalition d?organisations, la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) qui réunit neufs réseaux nationaux qui luttent contre les politiques néolibérales et pour l?émergence d?authentiques alternatives populaires de développement en Haïti. Camille Chalmers participe également aux réseaux internationaux qui militent contre la globalisation néolibérale et le paiement de la dette extérieure, comme ceux de Jubilé Sud et du Comité pour l?annulation de la dette du Tiers-Monde.
Comment peut-on expliquer la catastrophe humanitaire provoquée par l?ouragan Jeanne ?
Cette catastrophe est liée à un ensemble de phénomènes. Elle est d?abord due au processus de déforestation qui fait que Haïti est passé en quarante ans de 23% de couverture forestière à moins de 2% maintenant. Ceci s?explique par le processus de pillage séculaire depuis l?arrivée des armées espagnoles. On ne cesse de détruire les arbres en Haïti. Durant le XIXe siècle, la découpe des arbres en Haïti a été un des moyens de paiement de la dette de l?indépendance contractée en 1825. Nous avons vécu cette situation tout à fait paradoxale d?un pays qui gagne son indépendance, qui gagne une guerre très longue et très douloureuse contre l?armée de Napoléon et fonde une république, et qui doit payer pour son indépendance et indemniser pendant près de cent ans les anciens propriétaires d?esclaves et de plantations (voir encadré ci-dessous).
La catastrophe est aussi le résultat de politiques plus récentes d?ajustement structurel [politiques néolibérales imposées par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, ndlr], en particulier depuis les années 1980. Ces politiques ont contribué à déstructurer la paysannerie et expliquent une migration massive des campagnes vers les villes. Dans ces villes, nous avons énormément d?établissements précaires, de bidonvilles construits très souvent sur des marécages, sur le littoral de la mer ou sur des pentes particulièrement accidentées. Evidemment, ce genre de constructions expose ses habitants à toute sorte d?intempéries, notamment aux inondations. C?est ce qui s?est passé aux Gonaives.
La gestion urbaine est totalement irresponsable. Les constructions se font n?importe où, sur les canaux d?évacuation qui sont tous bouchés. Il n?y a pas de recyclage de déchets, donc il y a énormément de déchets qui bouchent ces canaux.
Beaucoup de gens annoncent d?ailleurs que des catastrophes de ce genre peuvent frapper des villes côtières comme Port-au-Prince ou Cap Haïtien.
Comment faire face à une telle situation ?
Pour répondre à ce genre de catastrophe, il faut évidemment avoir des actions, des projets, des politiques qui rompent avec la logique dominante qui a produit ces phénomènes. Il faut absolument entamer une mobilisation massive pour la reforestation, car nous sommes vraiment à un niveau critique de déforestation qui menace même des écosystèmes. Sur les trente bassins versants que nous avons en Haïti, 25 sont érodés totalement et menacent la survie de l?agriculture qui occupe aujourd?hui 65% de la population et 50% de la population économiquement active.
Il faut donc des politiques énergiques, une autre orientation de développement, une rupture par rapport aux mécanismes de domination et aux transferts de richesses vers le Nord. Cela implique une mobilisation nationale de toutes les énergies. On essaie de participer à cette mobilisation depuis de nombreuses années.
Quelle est la responsabilité de l?Etat haïtien ?
Cette catastrophe est aussi due à la faiblesse de l?Etat. Dans le cadre des politiques d?ajustement structurel, on a affaibli un Etat déjà particulièrement mal en point, aux capacités très réduites. Ce que l?on a vu avec les inondations de la fin du mois de septembre, c?est que l?Etat haïtien n?est pas du tout équipé pour répondre à ce genre de situation. Au niveau de l?approvisionnement en nourriture, on a dû attendre plusieurs jours. Il n?y a pas de stocks, de réserves alimentaires. Même les moyens de transports ne sont pas disponibles. Donc, nous avons un Etat qui est de plus en plus incapable de faire face à sa mission fondamentale, qui est réduit à sa plus simple expression dans le cadre d?une privatisation accélérée des services de base et d?un affaiblissement systématique de l?Etat préconisé par les politiques des institutions financières de Bretton Woods.
Quelle est la politique du gouvernement qui a succédé à celui d?Aristide ? Quel secteur représente le gouvernement de Latortue ? Est-il souverain ? Quel est le rôle des forces militaires présentes en Haïti sous le drapeau de l?ONU ?
La population, qui s?était fait un certain nombre d?illusions au départ d?Aristide en croyant à une sorte de transition, constate que ce gouvernement est incapable de répondre aux problèmes les plus simples, les problèmes quotidiens comme la sécurité ou la gestion urbaine. C?est un gouvernement qui a été formé pratiquement sous la houlette des Etats-Unis, dirigé par un Premier ministre qui a passé pratiquement quarante ans à l?extérieur du pays, qui a travaillé pour les Nations Unies. C?est un gouvernement de purs technocrates.
Ce que l?on constate, c?est qu?il n?a aucune autonomie politique, que les décisions sont prises en général par les Etats-Unis ou par le directoire que représentent les responsables du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ou les représentants du Secrétaire des Nations Unies. Il y a une perte croissante de souveraineté. On a un exemple très clair avec la mise en place de ce que l?on appelle le cadre de coopération intérimaire. Ce dernier a été présenté devant les bailleurs de fonds, il a été présenté et adopté à Washington dans une conférence de donateurs les 18 et 19 juillet 2004. C?est un document qui n?a jamais été discuté devant les différents secteurs de la nation. Il en est de même du budget de l?exercice 2004 - 2005, présenté devant les bailleurs de fonds les 23 et 24 septembre mais qui n?a jamais fait l?objet d?une véritable discussion, par aucune instance nationale. C?est donc un gouvernement qui exécute, qui ne planifie pas, et qui est totalement à la merci du département d?Etat états-unien.
On a vu notamment Colin Powell visiter le pays en avril 2004, je crois, et à la veille de cette visite, le gouvernement s?est empressé de signer un accord avec toutes les forces politiques pour pouvoir présenter à Powell une espèce de consensus de transition.
Nous avons un processus politique très fragile. La transition devrait aboutir sur des élections en 2005, mais compte tenu de l?absence totale de légitimité de ce pouvoir et compte tenu de l?absence de forces, de partis politiques véritablement ancrés dans la population et qui pourraient être des caisses de résonances des revendications fondamentales, on a beaucoup de doutes sur la réussite même de ce processus. D?autant plus qu?un des éléments-clés d?un exercice électoral serait un climat de sécurité pour permettre une campagne politique. Or, ce climat de sécurité est en train de se détériorer rapidement.
La Mission des Nations Unies n?est-elle pas censée garantir la sécurité ?
On assiste aujourd?hui à une situation où la Police nationale a été en grande partie détruite, elle n?a aucune capacité opérationnelle. La MINUSTA - Mission des Nations Unies de stabilisation démocratique - qui joue, en principe, un rôle d?encadrement de la Police nationale, est totalement inefficiente. Les citoyens constatent jusqu?à présent que la MINUSTA, composée de presque 3000 soldats aujourd?hui, ne participe pas vraiment à la vie nationale. Ce sont simplement des spectateurs. Ils enregistrent les faits qui se produisent. Ils prennent le prétexte du manque d?effectifs pour dire, par exemple, qu?ils ne peuvent désarmer les groupes paramilitaires. Evidemment, ce prétexte est fallacieux au vu de l?armement dont ils disposent : beaucoup de tanks, des missiles sol-sol, sol-air, par exemple. Ils sont donc surarmés et disposent d?un budget astronomique - on parle de 500 millions de dollars américains de budget annuel pour la MINUSTA - qui représente d?ailleurs l?essentiel de ce qui a été déboursé dans le cadre de la conférence des donateurs - mais la sécurité n?est pas au rendez-vous. On a assisté ces dernières semaines à une flambée de l?insécurité avec des morts, des manifestations violentes. Des groupes liés aux partisans d?Aristide - les Chimères - ont organisé des manifestations violentes et ont tué des policiers. Il y a aussi les anciens militaires démobilisés - probablement liés à la CIA - qui ont pris le contrôle de certaines régions du pays. C?est un gouvernement qui ne contrôle même pas la totalité du territoire national puisque certaines régions sont sous le contrôle de ces anciens militaires.
Peut-on imaginer à terme une sorte de réponse populaire ? Quels sont les mouvements sociaux, associations, syndicats susceptibles de faire évoluer la situation ? Par rapport à l?insécurité, par rapport à la pauvreté, par rapport au paiement de la dette extérieure,...
Le mouvement populaire en Haïti a reçu des coups très durs, en particulier suite au coup d?Etat de 1991. Ce mouvement a également souffert d?une polarisation énorme autour de la question d?Aristide puisque qu?une partie du mouvement est restée fidèle à Aristide et qu?une autre partie s?est rendu compte de sa soumission au projet impérialiste.
Je pense paradoxalement que nous sommes dans une conjoncture favorable où l?on peut reconstruire une certaine unité du mouvement populaire autour d?axes importants comme les questions liées à la dette, à l?écologie, à la défense de l?agriculture paysanne. Autour de ces questions, il est possible de reconstruire une unité d?action. Le mouvement est en train de se débarrasser de ce faux débat autour d?Aristide et de la nature de son régime. Il se rend compte aujourd?hui de qui sont ses véritables ennemis, notamment avec la présence militaire de la MINUSTA.
Il existe des structures importantes tant du côté du mouvement des femmes que du mouvement paysan. Il y a des fédérations paysannes qui sont nationales. Au niveau de la PAPDA, par exemple, cette semaine, nous avons lancé une nouvelle campagne pour la défense du riz national qui est un combat très important. Le gouvernement vient de signer un nouvel accord avec une compagnie états-unienne qui va encore accélérer l?invasion du marché national par le riz importé. Donc, je crois que ces axes de combat sont très pertinents et permettent de penser à l?émergence de plans alternatifs qui seraient effectivement dirigés par les forces populaires.
Propos recueillis le 20 octobre 2004 par Frédéric Lévêque.
zenglendo
11-10-2004, 03:13 PM
PORT-AU-PRINCE, 8 nov (AFP) - La présidente du Conseil électoral provisoire haïtien, Roselaure Julien, a annoncé lundi qu?elle démissionnait de la présidence de cette institution, où règne, selon elle, "la corruption".
Mme Julien, qui représente l?église catholique haïtienne au sein du Conseil électoral, a aussi fait état, dans sa lettre de démission, de "menaces de mort".
Une querelle publique, avec des accusations réciproques de corruption à propos d?un problème de surfacturation, avait opposé ces dernières semaines Roselaure Julien au trésorier du Conseil François Benoit, représentant du patronat au sein de l?institution.
Des élections générales par étapes sont prévues en 2005 en Haïti avec un scrutin présidentiel, vraisemblablement en novembre ou décembre. Un nouveau président doit en principe entrer en fonctions le 7 février 2006.
zenglendo
11-12-2004, 02:53 AM
PORT-AU-PRINCE, Haiti (Reuters) -- Rights group Amnesty International on Thursday condemned what it said were summary executions by police, serious human rights abuses and an alarming number of illegal detentions in Haiti.
After an 18-day visit to the impoverished Caribbean nation, Amnesty called on the interim government to investigate the police, and urged it and a U.N. peacekeeping force to carry out a program of disarmament.
While acknowledging interim Prime Minister Gerard Latortue inherited numerous problems from ousted president Jean-Bertrand Aristide, Amnesty said, "None of these difficulties can be invoked by state agents to justify violations of human rights committed in total impunity."
Government officials were not immediately available for comment.
The blast from the London-based watchdog added to complaints the U.S.-backed government is persecuting supporters of Aristide, a former Roman Catholic priest regarded as the father of democracy in Haiti but who faced accusations of corruption and despotism in recent years.
Aristide fled Haiti on February 29 after a bloody monthlong revolt by street gangs and former soldiers.
Pressured to quit by Washington and Paris, he is now in exile in South Africa.
The Latortue government has blamed Aristide and his Lavalas Family party for fomenting a surge in violence that has killed at least 170 people since early September and which threatens the success of the Brazilian-led U.N. peace mission.
Lavalas, which retains strong support among Haiti's poor masses, says the government and the police are responsible for the bloodshed because they have targeted the party and arrested hundreds of its allies on sketchy charges.
Amnesty said it received information on at least 11 summary executions, including seven people killed by police in the Fort National slum of Port-au-Prince on October 26.
Javier Zuniga, special envoy of Amnesty's secretary-general, said only an independent investigation directed by international police under U.N. command could restore public confidence in the local police force and the U.N. mission.
Among the Lavalas supporters arrested are Aristide's former prime minister, Yvon Neptune, his interior minister, Jocelerme Privert and a popular priest, Father Gerard Jean-Juste.
Jean-Juste was hauled away from his church on October 13 by police in black balaclavas while he was feeding street children and originally faced charges of disturbing the peace, a crime carrying a penalty equivalent to 30 U.S. cents.
On Wednesday, the authorities presented new charges of plotting against state security and of murder, accusations one of his lawyers said were "ridiculous."
"I never knew that feeding children was plotting against state security," lawyer Reynold Georges told Reuters. "They also accused Jean-Juste of murder. When I asked the judge, 'Murder of whom?' he said they (prosecutors) did not have a name."
The interim government, installed by a council of elders, is charged with preparing Haiti for new elections in 2005.
The Organization of American States this week urged it not to exclude Lavalas totally.
zenglendo
11-14-2004, 01:39 PM
Samedi, 13 novembre 2004 11:57
Prochain lancement d?un mandat d?arrêt international contre Aristide
Le Premier ministre haïtien Gérard Latortue a annoncé vendredi le prochain lancement d?un "mandat d?arrêt international" contre l?ex-président haïtien Jean Bertrand Aristide, qui est soupçonné de détournements de fonds et d?être impliqué dans des crimes politiques.
"Des instructions formelles ont été passées au ministre de la Justice pour que ce mandat soit lancé le plus rapidement possible", a précisé M. Latortue, lors d?une cérémonie d?installation d?une commission d?enquête administrative sur d?éventuels détournements de fonds du régime déchu de 2001 à 2004.
Cette commission est présidée par l?ex-sénateur Paul Denis (Organisation du peuple en lutte, ex-opposition).
Les autorités haïtiennes et les adversaires politiques de Jean Bertrand Aristide, exilé aujourd?hui en Afrique du Sud, soupçonnent l?ancien chef d?Etat "d?importants détournements de fonds" et d?être "l?auteur intellectuel" d?un certain nombre de meurtres à caractère politique.
Jean Bertrand Aristide a toujours démenti être impliqué dans des détournements de fonds ou des crimes politiques. Son avocat américain, Ira Kurzban, basé à Miami (Floride, sud-est) avait aussi démenti en début d?année toute implication de son client dans des affaires de trafic de drogue en Haïti.
"Il faut que des sanctions soient prises contre ceux qui ont abusé de la confiance que l?Etat avait placée en eux. Souvent dans le pays, des gens volent et la seule sanction prise contre eux, c?est qu?on les révoque et ils vont jouir de leur fortune mal acquise", a souligné Gérard Latortue.
"Pour le gouvernement intérimaire, voler l?argent de l?Etat, abuser des biens sociaux de l?Etat, doit comporter des risques et après personne n?osera répéter les mêmes erreurs du passé", a ajouté le Premier ministre.
Interrogé par la presse haïtienne, l?ambassadeur de France en Haïti, Thierry Burkard, a indiqué qu?il "était toujours bon que la lumière soit faite" sur de telles pratiques.
Sous la pression d?une insurrection armée et des Etats-Unis, de la France et du Canada, Jean Bertrand Aristide avait démissionné de la présidence et fui son pays le 29 février. Plus de huit mois après, ses partisans en Haïti continuent de réclamer son retour et multiplient, notamment depuis fin septembre, les actes de violence, notamment à Port-au-Prince.
Mercredi, le ministre français délégué à la Coopération, Xavier Darcos, avait affirmé que Jean Bertrand Aristide devait "rendre des comptes sur ce qu?il a fait" lors de sa présidence. La France "a un avis plus nuancé et peut-être plus prudent" que le Brésil qui s?est prononcé en faveur de contacts avec M. Aristide pour calmer les tensions en Haïti, avait indiqué le ministre, lors d?un voyage à Brasilia.
"La France a un avis plus nuancé. Pas sur le fait qu?il ne faut parler avec tout le monde, mais nous ne pensons pas qu?il serait souhaitable que l?ancien président Aristide y revienne", avait souligné M. Darcos.
Il y a plusieurs années, Jean Bertrand Aristide, s?exprimant devant les médias en Haïti, avait admis être "riche". "Je suis riche mais je ne suis pas le plus riche", avait-il déclaré. Il avait précisé que ses avoirs financiers provenaient des droits d?auteur de ses livres.
Depuis mars, Haïti continue de vivre une situation économique très précaire. L?aide internationale promise met du temps à être débloquée.
Vendredi, le Canada a annoncé qu?il allait verser une somme supplémentaire de trois millions de dollars canadiens (2,5 millions de dollars américains) pour "soutenir les activités d?aide et de secours humanitaires destinées aux victimes des inondations qui ont dévasté Haïti" en septembre, faisant 1.870 morts et quelque 850 disparus.
Cette annonce est intervenue deux jours avant une visite prévue dimanche en Haïti du Premier ministre canadien Paul Martin.
zenglendo
11-16-2004, 03:47 AM
L'Express du 11/10/2004
Haïti
L'héritage empoisonné
De notre envoyé spécial Vincent Hugeux
Huit mois après la chute d'Aristide, le gouvernement intérimaire est pris en tenaille entre la rébellion des forces armées dissoutes et les milices de l'ancien régime. Tandis que la violence, la misère et l'impunité plombent le quotidien
«Gaaaaarde à vous!» Les cinq bidasses en treillis se figent à grand-peine au pied du mât, les yeux fixés sur le drapeau haïtien, dûment plié, qu'un frère d'armes apporte avec les égards dus à une relique vénérée. Bientôt, l'étendard rouge et bleu flotte sur les anciens locaux de Radio Timoun, station désertée au lendemain du départ en exil, le 29 février dernier, du despote élu Jean-Bertrand Aristide. Désormais, à 8 heures tapantes, le détachement de Jacmel (sud-est) sacrifie au rituel du lever des couleurs. Le demi-tour droite manque de souplesse? Logique: affiché à l'entrée du bâtiment, l'arrêté orchestrant le sabordage des Forces armées d'Haïti (FADH), signé par «Titid» soi-même, date de mars 1995. Et il ne suffit pas de repeindre en jaune, teinte favorite des militaires, les locaux squattés pour effacer une décennie d'inaction forcée. Voilà comment, chaque matin, dans un décor digne du Graham Greene des Comédiens, une armée dissoute rend hommage à l'emblème d'un Etat fictif.
© Thierry Dudoit/L'Express
La patrouille de militaires démobilisés de Petit Goâve (ouest) s'évertue à conquérir les c?urs.
La faillite des institutions amplifie le chaos que la tempête tropicale Jeanne laissa dans son sillage à la mi-septembre (près de 3 000 morts). Rançon de la misère chronique et d'une incurie ancestrale, la déforestation a élèvé un cataclysme naturel au rang de tragédie humaine. Tandis que l'impréparation, technique et sanitaire, livrait aux torrents de boue des villageois et des citadins que nul n'a alertés à temps. Enfin, dans une cité - Gonaïves - encline à l'anarchie, l'absence d'autorités locales entrave l'acheminement des secours, tandis que les gangs armés, maîtres de la ville depuis des lustres, pillent et rackettent.
La rébellion des militaires démobilisés n'est que l'un des symptômes du naufrage de la «République noire» deux fois centenaire. «La nature, avance le sous-lieutenant Félix Wilso, porte-parole cantonné à Petit Goâve, a horreur du vide.» C'est ici, dans l'enceinte du commissariat, que les insurgés ont établi le «quartier général des FADH». Ils tiennent aussi, à l'entrée de la ville, un avant-poste, conquis là encore aux dépens de la PNH, la police nationale d'Haïti. Les doléances de cette troupe en jachère? Le règlement de «dix ans et neuf mois» d'arriérés de soldes et le versement des pensions dues aux vétérans.
A Cité-Soleil, le cloaque le plus peuplé de Port-au-Prince - plus de 400 000 âmes - les nervis d'Aristide font encore la loi
Moins prosaïques, les meneurs exigent la restauration d'une armée anéantie par «le caprice illégal d'un dictateur». «Notre boussole, c'est la Constitution», tonne à Jacmel le sergent Prophète Devil. Et de réciter pieusement l'article 263, qui confie conjointement le salut de la République à deux corps distincts, l'armée et la police. Légalisme touchant, pour une soldatesque qui céda si souvent au virus putschiste. «Nous sommes là par la volonté du peuple», jurent les insoumis de Petit Goâve. De fait, les «démobilisés» n'ont guère de mal à supplanter dans les c?urs des flics exécrés, brutaux et corrompus. Et ils cultivent cette aura en se livrant le dimanche à des corvées civiques - curage de caniveaux ou plantation d'arbustes. Il suffit pourtant de suivre une patrouille - un 4 x 4 de la PNH, un pick-up «emprunté» au ministère des Transports - pour nuancer ce tableau idyllique. Bien sûr, le convoi cueille au gré des hameaux traversés des brassées de vivats, mais il essuie parfois un geste hostile ou une raillerie.
© Thierry Dudoit/L'Express
Le bidonville de Cité-Soleil est le fief des «chimères», les milices pro-Aristide. Faute d'argent, nombre d'enfants ne sont plus scolarisés.
Soucieux de ménager une cohorte de sans-solde dont le soulèvement armé hâta la chute de la maison «Titid», le gouvernement intérimaire de Gérard Latortue, 69 ans, dont quarante passés à l'étranger, des amphis de Sciences po ou de Harvard aux arcanes de l'ONU, a négocié un accord avec les émissaires des mutins. Compromis bancal, qui escamote l'improbable résurrection des FADH, ébauche un régime d'indemnités et prévoit l'intégration de certains militaires au sein d'unités spéciales de la police. «Alors ça, jamais!» gronde un sous-officier. Il faut dire que divers accrochages armés, parfois meurtriers, survenus entre les frères ennemis en uniforme, ont aiguisé les ranc?urs. Le 7 septembre, à Port-au-Prince, deux militaires sont ainsi tombés sous les balles de policiers d'élite.
Un autre front, bien plus périlleux, menace la transition haïtienne: celui que tiennent, dans les enclaves urbaines déshéritées, les «chimères», caïds naguère choyés par Aristide. Le 6 octobre, armés de fusils, de machettes, de pierres et de bouteilles, ces enragés ravageaient le bidonville de Bel-Air. Ils ripostaient ainsi à la descente lancée - enfin - par la PNH et les Casques bleus de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). Quitte à singer le «modèle» irakien, au point de baptiser leur campagne de harcèlement «opération Bagdad», les «chimères» décapitaient trois des dix policiers tombés lors des combats, tentant vainement de trancher la tête d'un «espion» abattu à La Saline. Voilà qu'ils menacent désormais d'enlever des Américains pour leur infliger le même sort.
© Thierry Dudoit/L'Express
Dans les quartiers déshérités de Port-au-Prince, les ordures s'amoncellent à chaque carrefour.
A Cité-Soleil, le cloaque le plus peuplé de Port-au-Prince - plus de 400 000 âmes - les nervis d'Aristide font encore la loi. Renaud Muselier en sait quelque chose. Le 30 août, sa visite à l'hôpital Sainte-Catherine prit des allures de Fort Alamo. Assiégé deux heures durant par une bande lourdement armée, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères sera exfiltré à bord d'un blindé de la Minustah. «Le gouvernement nous avait manqué de respect, argue l'un des assaillants. Ses hôtes ne peuvent fouler ce territoire sans notre permission.» Territoire âprement disputé: au gré des renversements d'alliances, les chefs de gang s'y livrent comme hier une féroce guérilla. Les deux commissariats? L'un est à l'abandon; quant aux policiers craintifs affectés à l'autre, ils s'éclipsent dès la tombée du jour. James Petit-Frère, alias Billy, 22 ans, régente le Quartier 19. Déroutant, le discours de cet admirateur de Che Guevara oscille entre la rédemption citoyenne et le défi sanglant. Il peut, dans un même souffle, plaider en faveur de la reconversion des porte-flingues du cru en agents de sécurité publique et menacer d'envoyer ad patres, sur un claquement de doigts, «10, 20 ou 100 personnes». Avant de vous glisser que le sous-sol des bas quartiers regorge de pétrole et de gaz...
Les «touristes» de l'ONU
Là encore, les atermoiements du nouveau pouvoir ont longtemps conforté l'emprise des «chimères». Au nom du «dialogue», Gérard Latortue a de fait torpillé, à l'avant-veille de son terme, l'ultimatum exigeant la restitution avant le 15 septembre des armes à feu détenues illégalement. Pis, six jours plus tôt, une première offensive policière avait viré au fiasco à Cité-Soleil. Désarçonnés par la vigueur de la résistance, les commandos de la PNH durent battre en retraite après des heures de combats de rue, couverts dans leur fuite par les Casques bleus. L'effet de ces dérobades fut désastreux. «Un triomphe pour les voyous, grince Antoine, chômeur natif du bidonville. Quand finira donc le règne de la terreur? Quand lancera-t-on une vraie rafle? Le racket des petits marchands, les viols impunis: on n'en peut plus. Ici, les gamins sont livrés à eux-mêmes de l'aube au crépuscule, pendant que leurs parents s'échinent pour une misère. Comment s'étonner qu'ils tombent sous la coupe des gangs?» Tétanisée par la hantise du bain de sang, l'équipe de «technocrates» dépêchée au chevet d'Haïti invoquait jusqu'alors pour sa défense la frilosité de la Minustah, dirigée par un général brésilien. «Des touristes sympas, mais des touristes, tonne un universitaire. Qui connaissent mieux nos plages et nos boîtes de nuit que les ruelles malfamées.» Amorcé le 25 juin dernier, en vertu de la résolution 1542, le déploiement de la Mission onusienne traîne en longueur: moins de 40% des 8 000 hommes annoncés - soldats et policiers - ont, à ce jour, rallié l'ouest de l'île d'Hispaniola. Le scepticisme qu'inspire ici le «machin» new-yorkais n'a rien d'insolite: après le retour au Palais national de Jean-Bertrand Aristide sous escorte américaine, voilà dix ans, 2 milliards de dollars furent engloutis. Qu'en reste-t-il? Rien, ou peu s'en faut.
© Thierry Dudoit/L'Express
Embouteillages à Port-au-Prince. A l'échelon local, les Haïtiens ont le sentiment que rien ne change.
Crapuleuse ou politique, la violence empoisonne le quotidien. Bref survol du mois de septembre: le 13, le pasteur Jean-Molès Lovinsky Bertomieux, animateur sur Radio Caraïbes de La Manne du matin, meurt assassiné; le 19, Mario Manigat, le chauffeur de Gérard Latortue, périt à son tour; le même jour, Raymond Lafontant, chef de cabinet du Premier ministre, survit à une agression; le 26 au petit matin, on découvre 14 cadavres sur une décharge du quartier Delmas; le 30, un défilé rageur de fidèles du président détrôné, prélude à l'embrasement d'octobre, dégénère en bataille rangée. Depuis, on a recensé une vingtaine de cadavres. Longtemps sous-estimée au sommet, la capacité de nuisance des réseaux aristidiens demeure considérable. L'argent, les instructions et les armes parviennent au c?ur des bastions de Lavalas, la mouvance militante dévouée corps et âme au salésien défroqué.
«Nous recevons des messages, assure Billy, le caïd du Quartier 19. D'ailleurs, Titid reviendra.» Désormais, Gérard Latortue avoue craindre pour sa vie. «Et il n'a pas tort, avance un diplomate européen. Le cauchemar absolu pour lui? Un pacte tacite entre les militaires frondeurs et les casseurs lavalassiens, financé par les barons de la drogue.» Environ 15% de la cocaïne colombienne livrée aux Etats-Unis transite par Haïti. Et si la destitution d'Aristide et de ses sbires, mouillés dans le trafic, a précipité la chute d'officiels corrompus, les cartels misent sur la pagaille pour rebâtir les filières. Bien sûr, l'insécurité dissuade les investisseurs de s'aventurer en Haïti. L'enlèvement, voilà un mois, d'Hervé Lerouge, patron d'une entreprise de BTP, a alourdi le climat. Tout comme l'assassinat, le 24 juin, du directeur d'Air France à Port-au-Prince, Didier Mortet.
© Thierry Dudoit/L'Express
Le 20 septembre, la foule se masse aux obsèques du pasteur Jean-Molès Lovinsky Berthomieux.
Exécuteur testamentaire de l'ère Titid, Gérard Latortue regrette-t-il parfois son exil doré de Miami? Choisi le 10 mars par une «commission de sages», avec l'aval de Washington, le capitaine provisoire du rafiot haïtien, héritier d'une puissante dynastie de Gonaïves, louvoie entre les écueils. S'il loue volontiers son équipage - «Jamais sans doute, confie-t-il, le pays n'a eu des ministres d'une telle qualité» - Latortue aurait bien besoin d'un sextant et de ports d'escale. «Gérard ne connaît plus le pays, concède son ami Guy Poulard, évêque de Jacmel. Et il manque de relais.» Pour l'heure, celui qui fut brièvement ministre des Affaires étrangères voilà un quart de siècle peut se prévaloir d'un vrai succès d'estime: le 1,4 milliard de dollars promis en juillet à Washington par le club des bailleurs de fonds. Reste que ces largesses virtuelles n'illumineront pas de sitôt l'horizon des 8,2 millions d'Haïtiens, dont les deux tiers campent sous le seuil de pauvreté. Jamais la détresse des humbles n'a été aussi palpable. «Je suis harcelé et je n'ai rien à donner, soupire le père Arthur Volel, vétéran de Cité-Soleil. Cette année, des tas d'élèves sèchent les cours faute d'argent et plusieurs écoles ont différé la rentrée.»
Les bourdes de Latortue
De fait, 1 million d'enfants haïtiens restent en marge du système éducatif, essentiellement privé. «Chaque jeudi, raconte un prêtre de Port-au-Prince, je reçois les indigents à la paroisse. L'an dernier, j'en voyais un ou deux. Depuis trois mois, ils sont 30. Or le produit de la quête dominicale a chuté d'un tiers. Je leur donne donc de quoi boire un café à ma santé.» «Rien ne change, tranche ce couple d'étudiants en comptabilité, croisé sur la plage publique de Cabaret. On finira par tenter l'aventure aux Etats-Unis.» Lui connaît la complainte: sa mère vit à New York et son frère aîné, commerçant, a été abattu par un trio de malfrats. «Un sondage récent, note en écho le sociologue Laënnec Hurbon, montre que 80% des Haïtiens désirent quitter le pays.» Latortue, lui, y revient incarner un paradoxe: voilà un chef de gouvernement en CDD, assurément sincère, affranchi de toute tentation démagogique pour avoir juré de ne briguer aucun mandat lors des scrutins locaux, législatif et présidentiel de l'an prochain, dont tout le monde, du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, au va-nu-pieds des bas quartiers de Port-au-Prince, via les chefs de file du Groupe des 184, forum hétéroclite issu de la société civile, dénonce le manque de fermeté. De fait, il aura fallu attendre le 2 octobre pour que la police interpelle quatre parlementaires suspectés de connivence avec les boutefeux aristidiens.
© Thierry Dudoit/L'Express
Un groupe de jeunes musiciens répète dans une maison délabrée de Jacmel.
Le procès en déception a bien sûr quelque chose d'injuste. Comment un exilé dépourvu de toute légitimité élective pourrait-il réussir en six mois là où tous les gouvernants, sortis des urnes ou des casernes, ont échoué? Il n'empêche. Le nouveau venu a commis quelques bourdes retentissantes. Fallait-il vraiment, le 20 mars, parader à Gonaïves au côté de Jean Tatoune, naguère condamné à perpétuité pour son rôle dans un massacre de civils du quartier rebelle de Raboteau, perpétré en 1994? Etait-il indispensable d'élever Louis-Jodel Chamblain, l'un des meneurs de l'insurrection fatale à Aristide, à la dignité de «combattant de la liberté»? Impliqué dans trois affaires de meurtre, le dénommé Chamblain, ancien sergent, fut l'un des cerveaux du Front pour l'avancement et le progrès en Haïti (Fraph), milice de tueurs hier à la botte de la junte du général Raoul Cédras. Et son acquittement, à la mi-août, lors du procès-mascarade des assassins présumés d'Antoine Izméry, ami et bienfaiteur de Titid, éclaire d'une lumière crue la débâcle du système judiciaire haïtien. «Verdict politique arrêté lors d'une réunion antérieure à l'audience, en présence du ministre de la Justice Bernard Gousse», accusent les militants des droits de l'homme. «Archifaux!» rétorque ce dernier, «mortifié» par un tel soupçon. «La procédure impose de rejuger un citoyen condamné par contumace - tel était le cas de Chamblain - sans modifier une virgule du dossier d'instruction, si maigre soit-il.» Dont acte. Mais, dans ce cas, pourquoi le parquet s'est-il abstenu de faire appel? De même, le ministre admet que l'intéressé jouit en prison d'un traitement de faveur, recevant familiers et journalistes; par ailleurs, il confirme qu'une poignée de criminels pourraient se voir blanchis pour services rendus à la nation. «Moniteur des droits humains» dans le secteur de Jacmel, Pierre-Paul Jetho discerne un léger mieux. «Côté autorités, précise-t-il, plus de violation systématique de la loi, même si on attend toujours une véritable purge, une rupture claire avec le système d'hier. Mais, à l'échelon local, rien n'a bougé. Certains villages restent soumis aux oukases des «chimères». Les policiers manquent de tout. Les prévenus échouent dans la cellule du commissariat. Parfois, le greffier émet lui-même le mandat de dépôt. Souvent, les paysans doivent acheter leur liberté. Au tribunal, les dossiers s'enlisent, jusqu'à la transaction bricolée entre avocats, moyennant finances. Et la justice populaire sévit toujours. A Cap-Rouge, récemment, un voleur de bétail a succombé sous les coups de gourdin et de machette.»
Haïti, un pays en piètre Etat. Police, justice, éducation: le règne d'Aristide aura achevé d'avilir les valeurs de droit et d'intérêt général, déjà sapées par la cupidité aveugle des nantis. Dans la rade de Jacmel, Jean Petit, sculpteur dés?uvré, traîne son ennui non loin d'une épave rongée par la rouille. «Les Haïtiens refusent d'admettre que le mal est en eux. La loi, ici, c'est chacun pour soi.» Le jour, Jean moule des masques que personne n'achète; la nuit venue, il mendie sa pitance avec la gaucherie des débutants.
Post-scriptum
Figure de proue de la rébellion armée fatale à Aristide, l'ancien commissaire de police Guy Philippe délaisse le treillis pour descendre dans l'arène politique. Son Front de reconstruction nationale, l'un des 70 partis recensés en Haïti, concourra lors des élections de 2005.
zenglendo
11-25-2004, 12:30 PM
PORT-AU-PRINCE, 23 nov (AFP) - Le général brésilien Augusto Heleno Herrera, chef de la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah), a confirmé mardi que 11 militaires argentins avaient été kidnappés et dévalisés dimanche matin à Cité Soleil par des hommes armés.
Ces 11 militaires, qui appartiennent à l?aviation argentine, se rendaient en civil et sans arme en voyage "de récréation" au nord de Port-au-Prince, lorsqu?ils ont été encerclés par des hommes armés qui ont éjecté le chauffeur de son siège et conduit le véhicule et ses occupants à Cité Soleil, en bordure de mer.
Brutalisés et obligés de descendre de leur mini-bus, les 11 militaires ont été dépouillés de leurs biens mais, selon le général, "la presque totalité de ce qu?on leur avait dérobé leur a été ensuite rendu".
Peu de temps après, des patrouilles de la Minustah se sont rendues sur place, ont récupéré deux véhicules impliqués dans l?attaque et ont arrêtés six personnes dont trois ont déjà été formellement identifiées comme faisant partie du groupe des assaillants.
Le général a indiqué que la Minustah avait pris des dispositions pour que de tels incidents ne se reproduisent plus.
L?information sur le kidnapping des militaires avait été donnée par les radios mais il avait été impossible de la confirmer auprès de la Minustah.
Cependant, une source bien informée avait indiqué à l?AFP que les militaires avaient emprunté une route réputée dangereuse quand ils ont été kidnappés alors qu?ils se rendaient à la plage.
Après avoir été battus et dévalisés, les militaires avaient été relâchés en caleçon et avaient pu regagner leurs cantonnement sains et saufs, avait-on précisé de même source.
zenglendo
11-25-2004, 12:33 PM
Il est temps que les États-Unis sortent leurs dossiers sur les affaires de drogue en Haïti, estime l?ambassadeur de France en Haïti, Thierry Burkard, pour qui tout dialogue avec le président déchu Jean Bertrand Aristide est exclu.
« Dans le domaine de la drogue, nous devons beaucoup attendre d?un pays ami, les États-Unis, qui ont des dossiers sur le sujet. Il est temps qu?ils les sortent », a-t-il dit dans un entretien diffusé lundi soir par Radio Vision 2000.
Depuis la chute fin février d?Aristide, les États-Unis multiplient les enquêtes sur des trafics de drogue présumés impliquant d?ex-hauts fonctionnaires. Cinq d?entre eux sont détenus en Floride dans l?attente d?inculpations ou de jugements. Les responsables américains refusent de dire si Aristide pourrait être concerné par les enquêtes, comme l?a suggéré un journal de Miami.
« Nous avons dit aux États-Unis que l?horizon étant dégagé après l?élection présidentielle » américaine, a ajouté l?ambassadeur français. « Il est temps de se repencher de façon rapide, concrète, efficace, sur les dossiers de drogue en Haïti et sur d?autres dossiers de malversations financières qui pourraient être connus des autorités américaines ».
Le diplomate a estimé que les narcotrafiquants ont intérêt à « voir la violence se maintenir dans le pays parce qu?ils ont besoin d?un État de non-droit pour mener leur trafic ».
Thierry Burkard a aussi souligné que, même exilé en Afrique du Sud, Jean Bertrand Aristide conserve « une capacité de nuisance » et qu?il ne faut pas qu?elle se transforme « en capacité politique ». Il a exclu tout dialogue avec l?ancien président.
zenglendo
11-30-2004, 04:39 AM
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PORT-AU-PRINCE - In a seaside shantytown, a man opens a frayed envelope to show a picture of his 18-year-old cousin Emil ? his head cut off and resting on his feet.
The man flares his nostrils with anger. In this forsaken swath of mud and rust, where the government has ceded control to armed gangs, he says he and his friends had to risk their lives just to cross into another neighborhood to retrieve the body.
There was no police investigation, no official record of the murder whatsoever. And even in his own neighborhood, Emil?s grim story is lost among an endless scourge of atrocities.
In the last two months, warring gangs ? and what many slum residents claim are government death squads ? have trapped tens of thousands of Haiti?s poorest citizens in a deadly state of anarchy where rule is determined by which groups of young men have the biggest guns.
Neither the police, nor U.N. peacekeepers headquartered a mile away, enter the area for more than brief incursions. And desperately needed humanitarian aid cannot get in.
The suffocating insecurity is just one sign that the interim government installed following the Feb. 29 ouster of President Jean-Bertrand Aristide has so far failed to gain any significant grip on authority in this desperately impoverished nation.
In the capital, wealthy people are routinely kidnapped in broad daylight. Shooting regularly empties the streets downtown and brings business to a halt. Gangs of different political bents freely roam, if not control, three of the nation?s four largest cities. And there are ever more accounts of people in police uniforms executing political opponents, kidnapping for ransom and terrorizing neighborhoods loyal to Aristide?s Lavalas Family Party.
??We have a government that has no unity, no leadership,?? said Jean Claude Bajeux, a human rights activist who supported the overthrow of Aristide but is pained at recent events. ``Corruption is everywhere.??
Bajeux has railed against despotic regimes for almost half a century. He had great hope when Aristide was first elected in 1990 and watched it disintegrate as he grew to view the former priest as corrupt. His hope welled up again early this year when rebels and political opposition forced Aristide out.
Now, Bajeux?s 72-year-old face shows nothing but defeat.
He clasps his hands and pumps them like a beating heart. They slowly come to a stop.
``The country is destroyed. The new reality is mud. People living in the mud. Children living in the mud. With the pigs.??
For this degenerating state of affairs, each political faction furiously blames the other.
Prime Minister Gerard Latortue and his supporters claim Aristide is sending money and guns to gangs to foment violence in the streets and destabilize the country. People in the slums allege that the elite ? particularly a civil society group called Group 184 ? has paid off and armed a gang of former Aristide loyalists to murder his supporters.
That is who they say killed Emil and dozens more in the sprawling slum where he lived, Cite Soleil. Many more have been arrested by police, they say, and never heard from again.
Evidence is a scant commodity in Haiti, and justice is murky ? at best. Both Lavalas and Group 184 vehemently deny arming gangs. And the national police says all its arrests are legitimate.
Yet a growing chorus of human rights observers from Amnesty International to U.N. Secretary General Kofi Annan have roundly criticized the government for locking up perceived Aristide supporters on baseless charges.
ANONYMOUS INMATES
While most of the focus is on popular figures ? like Father Gerard Jean-Juste, arrested in October ? untold numbers of young inmates, unknown but to their family and friends, fill prisons and makeshift jails.
Down a corridor in the General Hospital, past a woman shot through the shins, five men are chained to gurneys. Two sleep on the tile floor.
Martissaint Dario Luisent, 27, shows two infected bullet wounds on one leg and the chain pulled tight around the ankle of the other.
He says he had not been to court yet, and had not moved from the gurney since he arrived Oct. 11.
It is Nov. 20.
According to Luisent, he was arrested for having dreadlocks. The officers shaved his head and put a hood over him. Thinking he was about to be executed, he ran and was shot in the leg.
His family has no idea where he is.
The man on the gurney next to him is 22-year-old perfume salesman Gregory Moise. He says he got caught in the crossfire of a police shootout in the suburb of Carrefour. He came to the hospital on his own ? and was arrested.
A reporter talking to them is soon ordered to leave by a police officer. On the way out, a hospital worker pulls him aside and said five dead Lavalas partisans came in the day before, one with his head cut off. They were trucked straight to mass graves outside the city.
More and more, Haitians meet this anonymous fate, leaving little evidence for murder investigations. The government-run morgue is a vision of hell ? open but no longer functioning because hospital officials cannot get the refrigeration to work. A dump truck is parked outside waiting for the next run up the coast.
The insecurity affects everybody.
??When my son goes to school and I hear gunshots I scream like my tongue is going to come out of my mouth,?? said Antonide la France, owner of a small market in the marginally middle-class neighborhood of Place Cazeau.
To buy her goods she must now go to the more expensive marketplaces up the hill in Petionville because downtown is too dangerous.
??I wish somebody would come up with a master plan and get both parties together, because nothing is working right now,?? she said. ``No one can buy anything.??
LIFE GOES ON
Yet on a certain level, life moves stubbornly along in Haiti, as it always does. When there is no shooting, the streets choke up with traffic and sidewalk merchants and smiling schoolchildren in pressed uniforms and little backpacks.
Every morning on Delmas, a main boulevard through town, women sweep the sidewalks and gutters. The heaps of refuse that plagued the city in March are mostly gone. Young people go to nightclubs in Petionville, and gardeners still trim the hedges around mansions on the ridge.
Philippe Armand, president of the American Chamber of Commerce in Haiti, says Latortue is doing the best he can, given the situation he was handed.
??The government is functioning in an environment that is very difficult,?? he said.
The police force is tiny, 3,000 officers to patrol a raucous and rugged terrain. Armand and other supporters of the current administration say Aristide hobbled the country by looting government coffers. They say only the United Nations? peacekeepers can disarm the gangs. So far, they have been reluctant to do so.
Just two hours before, gunfire broke out in short bursts around the National Palace. Cars careened every which way to escape. Crowds of people ran ? not so much sprinting in terror, but jogging with a ??Here we go again?? resignation. A few were even smiling.
??I have a downtown office I can?t even open right now,?? Armand said. ``I had a client today who was supposed to come sign a contract for medical insurance, but he can?t do it. When you have insecurity, you can?t move.??
For rich and poor, life in Haiti gets narrower every day.
In the Wharf Jeremie slum, 28-year-old mother Filamen Orange slowly wastes away to a disease no one has diagnosed. She has neither the money nor the courage to set off into dangerous terrain to see a doctor.
In her tin-and-cardboard shack, she and her four children sleep on a mattress made of an old door propped up on rocks and cinder blocks. The floor is still moist from the rainy season, when the water comes up to her knees.
The fatherless family holds no hope for government relief.
??I don?t believe in humans anymore,?? Orange said. ``I just believe in God.??
The lifeline of this neighborhood is the creaky ships that come loaded with charcoal from the provinces ? an economy of burned sticks. Men earn a dollar or so a day loading bags high on carts and tugging them down a rutted road through pits of mud to the market. These days, the boats come half as often as they did a few months ago.
Orange?s friend, Elsie Dejamie, 22, says she has to eat clay to give breast milk to her 1-year-old boy, Belange.
??When I don?t have enough food, I eat the dirt,?? Dejamie said. ``When I eat dirt it gives me more milk.??
Belange has the reddish hair of malnutrition. Dejamie?s other two children, ages 6 and 8, have never gone to school because she cannot buy them uniforms.
But for now, at least they are safe. The violence that ripped through their neighborhood in February and March has subsided. Outside her home, little boys happily fly kites made of trash bags and sticks.
Up the road in Cite Soleil, the situation is a nightmare.
The main entry point is a neighborhood controlled by a gang leader named ??Labaniere,?? who once supported Aristide but is now raining terror upon his loyalists in the rest of the slum.
A whole swath around his base is a ghost town ? the no man?s land of a guerrilla war. Homes are charred along the main highway, Route 9. Only dogs and pigs dare cross from one side to the other.
To buy food, women from 33 of Cite Soleil?s 34 neighborhoods must trudge through a fetid marsh, board rickety sailboats at the wharf and sail across the harbor to market in La Saline.
A group of men on Avenue Soleil show the consequences for those who try to make it on foot. They pull out a gruesome photo of two bodies on the street. They say the victims ? Nickerson Jean Baptiste and Renauld Viloire ? were killed on Nov. 15. No one ever retrieved their remains.
The same fate met Jean Marquinde?s little brother David, who was drumming in a pro-Lavalas band when gang members opened fire. The 19-year-old couldn?t run fast enough with his big drum and was hit by a rock. When he got up, an attacker knifed him and threw him in a ditch. There, he was stoned to death and swallowed by the mud.
Such stories go on and on.
Rene Momplaisir, a Lavalas activist in the slum, keeps a blue student?s composition book filled with the names of the executed since Aug. 30 ? 43 bodies identified, at least two dozen more beheaded and unidentifiable.
He says all the violence is political.
??Labaniere is working for the bourgeoisie,?? Momplaisir said. ``They are against the poor. They will kill anyone who has anything to do with Lavalas.??
OPEN REBELLION
In this part of the city, where Aristide still holds almost messianic support, residents are in open rebellion and constant fear of attack.
One day, armed young men stand guard at one entrance and train an M-14 rifle on a visitor?s car. A trench is dug across the road, and they have to lay out metal planks when they decide to let him in.
Another day, farther in, three other men jump out with automatic rifles and a shotgun. Emil?s cousin, Frantzie Antonio, is in the car and waves them down.
In the Bwa Nef marketplace, a skinny man with dreadlocks grabs for a .38 in his waistband and threatens Antonio for letting the visitor in. They scream back and forth.
In the fading light, women are walking back from the market across the marsh with buckets on their heads. Route 9 is empty.
A 20-year-old named Virio lifts his shirt and shows a body riddled with so many white bullet wounds it looks like he has small pox. He says he was shot running from police. The lead from a shotgun blast is in his leg. He says he is scared to go to the hospital for fear of being arrested.
The two men are still scuffling, drawing others into the fray. A little boy pops a balloon and everyone jumps. Momplaisir ? a well-dressed young man with shined shoes and a brief case ? arrives and tells everyone to calm down. He has no gun, but the crowd defers to Lavalas.
Antonio rushes forward with one more photo to show. It is a portrait of Aristide.
??Our father,?? he said. ``We are ready to die for his return.??
zenglendo
12-07-2004, 12:54 PM
Mardi, 7 décembre 2004 10:48
Désarmement des gangs : le général Heleno précise sa pensée
Le commandant militaire brésilien de la Minustah, le général Augusto Heleno, estime que l?agence Reuters a mal rapporté ses déclarations, le jeudi 2 décembre, devant le Parlement de son pays relatives au rôle des forces de l?Onu par rapport aux gangs armés.
Le chef des casques bleus, selon Reuters, avait indiqué que les troupes onusiennes en Haïti n?étaient pas là pour utiliser la violence contre les gangs armés qui terrorisent la population de Port-au-Prince depuis le 30 septembre.
Ces propos ont provoqué un tollé au sein de la société haïtienne.
Dans une interview accordée à Radio Métropole, ce mardi 7 décembre 2004, le général Heleno a précisé qu?il ne fallait pas utiliser la violence de « manière indiscriminée ». Augusto Heleno ajoute qu?il doit agir selon sa conscience et réaffirme que la solution aux problèmes de la violence dans les bidonvilles est complexe.
Interrogé sur la dénonciation des pressions exercées par les Etats-Unis, la France et le Canada pour combattre les chimères lavalas, le général Heleno s?est contenté de dire que sa déclaration a été déplacée de son contexte. Le chef militaire brésilien en profite pour qualifier d?injustes les déclarations des responsables policiers selon lesquelles la Minustah n?appuie pas suffisamment la PNH dans les zones de tension.
Augusto Heleno rejette une fois de plus toute comparaison entre Haïti et l?Irak et dénonce l?appellation « Opération Bagdad » donnée par les activistes armés lavalas à leur mouvement violent qui a déjà fait plusieurs dizaines de victimes à la capitale depuis le 30 septembre. Le général Heleno soutient que la Minustah ne peut pas résoudre le problème de violence en Haïti du jour au lendemain.
Des élections générales doivent se dérouler en Haïti, l?an prochain. Le mandat de la Minustah vient d?être reconduit par le Conseil de sécurité de l?ONU pour une période de 6 mois. Le secrétaire général, Kofi Annan, a recommandé, dans un rapport récent, de prolonger le mandat de la Minustah jusqu?au 31 mai 2006.
zenglendo
12-21-2004, 04:03 AM
When hundreds of United Nations troops in white armored personnel carriers mounted a predawn raid in the waterfront slum of Cite Soleil on Tuesday, they were met with a hail of bullets from pro-Aristide militants.
"It?s guerrilla war," said Jean-Claude Bajeux, a veteran human rights activist. "When Aristide left we thought we could breathe more easily, but the battle was only beginning."
Restoring government control over Port-au-Prince, one of the hemisphere?s most lawless cities, was never going to be easy. For months after Aristide?s ouster U.N. peacekeepers kept their distance, hoping the gangs would disarm and go along with international efforts to rebuild the desperately impoverished nation.
Instead the gangs dug in and stocked up on ammunition. Dislodging them has now become an urgent priority as Haitians have begun to lose patience with "les blancs" - the "white men," a term they use for all foreigners , in this case those who have come to their rescue. Money from a $1.2-billion international aid package has barely begun to flow.
Haiti?s weak interim government is fast losing credibility amid the insecurity and the absence of any sign of political reconciliation and economic reconstruction.
Accusations of a witch hunt against pro-Aristide supporters - with dozens languishing in jail without formal charges - led to unusual criticism from the United States this week of the government?s poor human rights record.
"The country is completely destroyed," said Leonce Duval, a 75-year-old retired metal worker in Bel Air, a poor but once relatively peaceful neighborhood here in the capital.
"Things weren?t great with "Titid,"? he added, using the name many Haitians use to refer to Aristide. "But at least some of us had work. Without Aristide it?s chaos."
Street walls are covered with pro-Aristide graffiti. "One way or another Aristide is coming back," one announces.
Outside a small street-corner store run by Duval?s 31-year-old son, Leonel, residents complain bitterly of seven months without electricity or running water. They defend the actions of the gangs, known as " "chimeres, " or gangsters, in Haitian slang.
"They aren?t chimeres ; they are the underprivileged that society ignores," said the older Duval. "They are fighting for a means to survive and to feed their families."
The situation is no better outside the capital. In the port city of Gonaives, where a flash flood killed upwards of 3,000 people and left thousands homeless, the waters have receded. But the city?s 200,000 residents struggle to survive on food handouts from international relief agencies.
Former members of the disbanded Haitian army who joined the uprising to oust Aristide are also refusing to disarm. On Wednesday they brazenly occupied Aristide?s former residence on the outskirts of the capital, declaring it their new headquarters.
"The security problem cannot be dealt with by the U.N. alone," said their leader, Remissainthe Ravix, standing in the driveway in full military fatigues and brandishing a gold-plated sword. "The U.N. needs our help."
The United Nations wasted no time turning down that offer. By week?s end Ravix and 50 of his men were evicted. But other former army soldiers continue to defy authorities in several towns.
It was quiet at first after Aristide left. But by September the gangs erupted in violence, proclaiming their loyalty to Aristide, a former slum priest who made his name preaching to the poor in Cite Soleil.
All over the city the gangs sprang into action, mounting hit-and-run attacks on poorly defended police stations, erecting barricades of uncollected garbage and burned-out cars. In the last two months the death toll has risen past 100, including a number of savage beheadings. Often bodies are left to rot in the street. Ambulance workers say it?s too dangerous to pick them up.
The assassins are never apprehended. If the victims? relatives are lucky, a police report may be filed. But the case almost always ends there.
In fact, killings are so frequent in the capital that municipal workers simpl y ferry the unclaimed bodies each weekend to a mass grave outside the city. When the refrigeration unit recently broke down at the city morgue for two weeks, the stench became so overpowering that offices in surrounding buildings had to close.
Neither can Haiti?s small civilian police force be counted on. Under Aristide the force was deeply corrupted by involvement in drug trafficking and political repression. Only 3,500 active officers remain. The force is being vetted with the help of the U.N. to weed out those suspected of ties to criminal activity.
At one police station in the northwestern suburb of Cazeau, the exterior is pocked with bullet holes. A pickup bearing police plates and carrying armed men drove by Dec. 7 spraying gunfire. Three police officers inside the station were wounded.
The entrance is now protected by a five-foot wall of sandbags. "We are supposed to be policemen," said Inspector Joel Casseus, 32, who graduated from a U.S. police training program in the 1990s. "But this is a military situation."
By mid December the gangs had extended their influence beyond the slums and into downtown Port-au-Prince. Many schools and businesses operate on a day-to-day basis, depending on where the gangs choose to strike.
Most of the deaths are attributed to clashes between gangs who were previously allied behind Aristide, and received their weapons and financing directly from the presidential palace.
Throughout the city, gangs have marked their turf : When reporters met leaders of a Bel Air gang recently, they were escorted through barricades by a youth wielding an Uzi submachine gun.
In a safe-house some 20 gang members said they were former public employees fired in recent months from municipal jobs in the capital and the state telephone and electricity companies. They accused the police and wealthy businessmen of using paid infiltrators to turn the gangs against each other.
"They want to massacre us all," said Samba Boukman, a spokesman for the Popular Base Resistance Movement in Bel Air, which claims to have armed supporters in all the city?s major slums. "Without Aristide there can be no reconciliation. We prefer to fight and die for Aristide?s return."
He produced a list of 16 names of recently deceased members. Others in the room displayed recent injuries. "I was on my way to have lunch when we were ambushed," said Daniel Cazamayor, 23, pus seeping from an infected bullet wound in his jaw.
The dozen or so gangs in the city number only 200 to 300 armed men altogether, police say. Even so, from a hilltop in Bel Air it?s easy to see how a few men with guns are able to hold the city in a viselike grip.
The city center stretched out below is hemmed in on all sides by slum squalor. Less than a mile to the south gleams the white facade of the presidential palace. Behind it is the Martissant slum, another bastion of pro-Aristide gunmen.
To the west lies the waterfront and the capital?s main port. Access to the north runs into La Saline and then Cite Soleil, the most divided and dangerous of the slums.
The no man?s land that separates Cite Soleil?s warring gangs is a smoldering wasteland of burned down shacks. The road that runs through it is littered with rocks, broken glass and spent bullets.
On one side is a gang led by Emmanuel "Dread" Wilme, allied to Aristide?s Lavalas Family party. On the other side, are the gunmen of Thomas Robinson, alias "Labaniere," o r "the Banner."
Robinson was once a chief enforcer for the Aristide government. He switched sides last year and now flies an American flag over his gang headquarters.
"Here it?s calm," said Robinson, lounging by the side of the road as a U.N. patrol went past. "But over there it?s a Lavalas jungle," he added pointing down the street.
With the American military stretched thin around the globe, U.S. officials say the Bush administration was happy to allow other nations to lead the peacekeeping effort. But they privately worry that the passive U.N. tactics have allowed the gunmen to become entrenched.
U.S. Secretary of State Colin Powell recently urged tougher action during an official visit. As if to emphasize his words, gunfire broke out near Haiti?s presidential palace while he was inside holding talks.
U.N. officials have always said they can?t tackle the gangs until the mission reaches its full strength of some 8,300 troops and police. That has taken months, as small contingents have trickled into the country from 41 nations.
But with most now here, the United Nations is beginning to change gears. "It?s true there has been a security gap," said David Beer, the Canadian commander of the 1,600-strong foreign police contingent. But he is confident the situation will soon improve. "The next few weeks will be very telling."
Tuesday?s raid on Cite Soleil was a sign that the United Nations means business.
Residents were awakened by the sound of gunfire as Jordanian troops rolled into the slum in light armored vehicles with .50-caliber, mounted machine guns.
The troops came under "intense" fire from Wilme?s gunmen, said Gen. Augusto Heleno, head of the Brazilian-led U.N. military force. They responded with overwhelming force, blasting the shantytown streets with automatic rifle and cannon fire.
While casualties appear to have been limited - the U.N. reported only five wounded, including one Jordanian soldier - residents said the toll was far higher.
Three-year-old Lovenciat Dieudonne was wounded in the neck by a stray bullet. "She was asleep on the floor. We don?t even know where the bullet came from," said her father, Reguer Dieudonne, 35, indicating a hole in the corrugated metal exterior of the family shack.
U.N. troops reoccupied two abandoned police stations in Cite Soleil. They were there to ensure a return to "normal life," said Gen. Heleno.
Of course, normal doesn?t amount to much in Haiti?s slums. "I feel sorry for Gen. Heleno," said Bajeux, the human rights activist. "I don?t think he knows what he?s dealing with."
DAVID ADAMS
zenglendo
01-02-2005, 10:18 AM
Le représentant du Vatican en faveur de l?annulation de la dette d?Haïti
Le nonce apostolique Mgr Mario Giordana appelle la communauté internationale à éliminer la dette externe d?Haïti. Le prélat reprend ainsi un message lancé par le Pape Jean Paul II .
La dette d?Haïti vis-à-vis de l?international est évaluée à 1,4 milliard de dollars américains. Haïti est le pays le plus pauvre de l?Amérique. Dans le budget 2004/2005, 22% est consacré au service de la dette.
Plusieurs organisations de la société civile sont dans la même lignée que le représentant du Vatican.
Dans son message de v?ux au Palais National, le 29 décembre 2004, Mgr Mario Giordana a également plaidé en faveur de l?établissement d?un Etat de droit et de la relance de l?économie. Dans le même temps, le nonce s?est dit encouragé par les efforts en cours de la Minustah pour aider Haïti.
zenglendo
01-06-2005, 04:13 PM
Le conseil d?administration de l?Organisme d?entraide canado-haïtien (ODECH) a montré la porte à un de ses administrateurs, qui avait critiqué publiquement le fait que le demi-million recueilli lors du radiothon pour venir en aide aux citoyens des Gonaïves, en Haïti, dort toujours dans un compte en banque. Ce dernier exige maintenant une assemblée générale pour discuter de l?utilisation des fonds et surtout pour tenir une élection, le mandat du conseil d?administration étant échu depuis près de deux ans.
Dans l?édition du 10 décembre du Devoir, le responsable des communications de l?ODECH, Mathieu Domerson, dénonçait l?intention de certains administrateurs de l?organisme de consacrer les fonds à des projets de reboisement plutôt qu?à l?aide d?urgence aux sinistrés.
Quelques jours plus tard, il a reçu une lettre signée par les autres membres du conseil l?excluant du groupe en raison de son manque de collégialité. On lui reproche notamment d?avoir « brisé le lien de confiance » qui l?unissait au conseil et de ne pas avoir appuyé une « décision prise majoritairement », ce que conteste M. Domerson.
Assemblée réclamée
Dans sa réplique, Mathieu Domerson conteste son éviction : « Seule une assemblée générale peut me démettre de mes fonctions », écrit-il dans la missive parvenue la semaine dernière aux autres membres du conseil d?administration. Il réclame une assemblée générale de l?organisme dans un délai de 30 jours, afin de procéder à l?élection d?un nouveau conseil d?administration, le mandat du présent conseil étant échu depuis près de deux ans. « Si nous restons sans rien faire, l?argent va être oublié », affirme-t-il en entrevue.
L?ODECH semble peu disposé à donner suite à sa demande au cours du prochain mois, même si on reconnaît que le mandat du conseil est échu depuis plusieurs mois. « Notre préoccupation première, ce sont les Gonaïves présentement ; après, je ne dis pas qu?on n?ira pas en assemblée générale, après on verra. Domerson, il est frustré. C?est lui qui s?est mis les pieds dans les plats, pas nous », déclare le trésorier adjoint de l?organisme, Louis-Sylvain Pierre.
Il assure que les sommes récoltées lors du radiothon seront engagées dans des projets concrets au cours des trois prochaines semaines. Déjà, le maire des Gonaïves leur a suggéré d?envoyer 10 000 trousses de fourniture scolaire pour les écoliers des Gonaïves. « Nous sommes en train de magasiner dans des manufactures », explique Louis-Sylvain Pierre.
L?organisme envisage aussi de s?associer à Ingénieurs sans frontières pour acheter des poêles à combustion lente afin de fabriquer des briquettes de charbon à partir de papier recyclé.
Il ne semble cependant plus question de travailler avec la Société pour le reboisement d?Haïti, avec qui ils travaillaient il y a quelques semaines. « Les journalistes leur ont mis trop de pression », fait valoir le propriétaire de la radio haïtienne CPAM à l?origine de la collecte de fonds, Jean-Ernst Pierre. L?ODECH n?abandonne pas pour autant l?idée d?investir dans le reboisement et dit collaborer avec des agronomes de l?Université Laval en ce sens.
Le Devoir révélait le 10 décembre que l?ODECH avait l?intention d?utiliser les 500 000 $ pour des projets de développement durable alors qu?un communiqué envoyé après la collecte précisait que les fonds serviraient à l?achat de biens de première nécessité.
zenglendo
01-13-2005, 02:37 PM
Jeudi, 13 janvier 2005 10:45
La Police Nationale d?Haïti (PNH) préoccupée par la hausse des cas de viol dans la région métropolitaine de Port-au-Prince
La porte-parole de la PNH qui intervenait lors d?un point de presse, le mercredi 12 janvier 2004, a déploré le fait que ce problème ne soit pas abordé dans toute sa dimension. Le docteur Gessie Cameau Coicou appelle tous les secteurs de la société à lutter contre le phénomène du viol.
Des jeunes femmes et même des fillettes sont violées à un rythme inquiétant dans la région métropolitaine. Plus d?une cinquantaine par mois, selon des organisations féministes qui, à plusieurs reprises, ont tiré la sonnette d?alarme. La PNH à elle seule ne peut pas combattre ce phénomène qui gagne du terrain depuis le déclenchement de l?opération Bagdad, fait remarquer la porte-parole de l?institution policière. Aussi, exhorte-t-elle tous les secteurs à appuyer les efforts déployés par les instances concernées en vue de mettre un terme à cette situation.
Les agressions sexuelles représentent non seulement un problème de sécurité mais aussi et surtout un problème de santé publique. La porte-parole de la PNH, en tant que médecin, est bien placée pour souligner les graves conséquences de tels actes sur l?intégrité physique des victimes. Toute femme ou adolescente violée par des bandits doit, dans les vingt-quatre heures qui suivent l?agression sexuelle, se présenter dans un centre de santé pour obtenir un traitement préventif contre les IST/VIH/SIDA.
zenglendo
01-22-2005, 06:11 AM
PORT-AU-PRINCE - Justice Minister Bernard Gousse Thursday said he has officially requested corruption inquiries against former President Jean-Bertrand Aristide and 28 of his friends and government officials.
Gousse told The Herald that he had sent investigating judges a list of 29 people that his own investigators regarded as key suspects in allegations of massive corruption against the Aristide government.
Asked if the list of suspects included Aristide, Gousse said it included not only those who allegedly stole government money but those who organized the corruption.
??You have the organizers, so you have Mr. Aristide as an organizer,?? he said.
Although Gousse and other members of the interim government that replaced Aristide early last year have repeatedly accused the former president of corruption, this was the first time that any government member officially named Aristide as a suspect in the investigations.
`TRUMPED UP?
In Miami, Aristide?s lawyer, Ira Kurzban, dismissed the allegation.
??Any trumped-up political proceeding against President Aristide, who was elected by the Haiti people, has no credibility,?? he said.
The former president now lives in exile in South Africa.
Gousse said the list also included former Prime Minister Yvon Neptune, now jailed in Port-au-Prince, the capital, and former Aristide security chief Oriel Jean, imprisoned in Miami while facing drug-trafficking charges. Gousse declined to provide the names of other suspects who are not in custody.
The Herald reported last month that Gousse and Jean-Yves Nol, head of an investigative unit that has been acting as a liaison with U.S. investigators, had put together a list of 29 corruption suspects.
Gousse said Thursday that the list had been turned over to investigative judges, who in the Haitian judicial system act somewhat like U.S. grand juries. The judges will decide whether there?s enough evidence to file charges, and if so, hand the cases to prosecutors and trial judges. The investigative judges could take action on the cases, such as issuing arrest warrants, as soon as next month, Gousse said.
TWO KEY ENTITIES
Gousse said the list of 29 suspects also included officials at the National Port Authority and the state telephone company, Teleco, both long reputed to be key sources of corruption under Aristide.
Some of the money, he added, went to groups of civilian supporters that Aristide called ??bases?? and that his critics branded as armed thugs known as chiméres, or monsters.
??There was a chimére that got a check every 15 days from the [port authority] from November 2003 through February 2004,?? Gousse said. ``Every 15 days, five million gourdes [about $139,000]. This was for distribution to other chiméres.??
Gousse said the investigative judges will also look into Kiskeya Store, whose bank account received an $800,000 government check in 2003.
He would not reveal the name of the store owner but said he was also wanted on drug-trafficking charges and that the shop, in fact, did not really exist.
??We went to check out the address,?? Gousse said, ``and found only a tire-repair man sitting on a curb.??
zenglendo
02-01-2005, 10:00 AM
Lundi, 31 janvier 2005 11:46
L?Union Africaine ferme le dossier du retour d?Aristide. Le Vénézuela pense autrement?
Le président de la Commission de l?Union Africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, écarte toute possibilité de retour en Haïti de l?ancien président haïtien Jean Bertrand Aristide .
Un porte-parole de Alpha M. Konaré l?a confié à la voix de l?Amérique dans un reportage diffusé le vendredi 28 juin 2005. Adam Thiam souligne que M. Konaré l?a clairement fait savoir à l?ancien président lors de leur rencontre à Prétoria, le 18 janvier dernier. Selon le porte-parole de M. Konaré, Jean Bertrand Aristide peut jouer un rôle historique dans la réussite mais il n?est nullement question de son retour au pouvoir.M. Thiam annonce l?implication de l?UA dans le dialogue national en Haïti.
De son côté, le président vénézuelien Hugo Chavez soutient que le « vrai président » d?Haïti est M.Aristide qui, selon lui, a été victime d?un « enlèvement », le 29 février 2004. Pour M.Chavez qui s?exprimait à Porto Alegre ( Brésil), le dimanche 30 janvier 2005, la solution à la situation actuelle en Haïti est l?organisation d?un référendum.
A l?instar du Vénézuela, l?Union Africaine avait contesté le départ d?Aristide du pouvoir, le 29 février 2004, mais une visite de M.Konaré en Haïti en décembre dernier lui a permis de se faire une nouvelle lecture de la situation. L?UA entérime la démission officielle d?Aristide en date du 28 février 2004.
Jean Bertrand Aristide qui était à la tête d?un régime de terreur caractérisé par la violence des chimères lavalas ( activistes armés) a quitté le pouvoir, le 29 février dernier, sous pression populaire, armée et diplomatique.
zenglendo
02-01-2005, 11:48 AM
Mouvement de protestation contre une future zone franche à Haïti
Haïti a des parcs industriels exonérés depuis une quarantaine d'années. Ils ont employé jusqu'à 60 000 salariés en 1982. Du fait de l'instabilité politique et de l'insécurité, cet effectif a chuté à 20 000 selon de Camille Chalmers économiste de la Papda (Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif). Il s'élèvait, en 2002, à 25 000 selon les données économiques du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Les établissements d'assemblage situés dans ces parcs fabriquent quasi-exclusivement des produits textiles et représentent plus de 80% des revenus d'exportation du pays contre 20% en 1980.
Le 18 mars 2003, la police haitienne a finalement arraché des plantations dans le périmètre de la nouvelle zone franche malgré les protestations des paysans à Ouanaminthe, au Nord-Est du pays. Le projet consiste à accueillir sur 80 ha près de mille emplois. L?industriel est un grand manufacturier textile dominicain. Grupo M compte vingt-quatre usines et 13 00 employés. Il exporte des produits textiles vers les Etats-Unis et l?Europe. Pourtant un mouvement s'est organisé en Haïti pour lutter contre la zone franche.
Fin février 2003, une manifestation a même été organisée. Ce jour là, sur le camion, le groupe de militants avait installé les énormes baffles de la sono spécialement louées. Le bruyant cortège précédé par des agents de police assis sur capot de leur véhicule a sillonné le centre de la ville, en scandant « Non à la zone franche ! » Entre deux passages musicaux tonitruants, on pouvait entendre les slogans suivants « Pour garder l?eau, pour cultiver le pois, le cacao, l?avocatier, le caféier, le bananier, l?arbre à pin. A bas marchands d?pays ! A bas les trahisons et ceux qui ont vendu la zone aux pays étrangers ! » Le cortège a grossi sous la banderole et tourne en direction du fleuve. Les rues de terre aux grandes maisons font place aux petites habitations de béton avec leur enclos de bois. Enfants, adultes de tout âge rejoignent le groupe. « Voici la zone de la honte », explique Jocelyn Pierre, trésorier du comité, désignant l?autre rive du fleuve Massacre. Au-delà des eaux basses où les lavandières essorent le linge, une étendue verte de cultures s?étend jusqu?à l?ancien lit du fleuve qui croise aujourd?hui dans de nombreux méandres, la ligne frontière avec la République dominicaine. Saint-Ilat Michel, un des trente-cinq paysans du comité, propriétaire de deux carreaux ( deux hectares et demi) depuis quatre générations, s?enflamme : On veut me retirer cette terre très fertile : je n?ai pas besoin d?engrais ici pour faire pousser mes cultures. Si l?on irriguait, on pourrait même exporter ! » Dantesque Jean-Baptiste, son voisin, se demande lui, comment, sans ses revenus agricoles, il pourra payer demain la scolarité de ses enfants dans la capitale.
Les raisons de la colère de certains habitants de Ouanaminthe sont nombreuses. D?abord, leur proposition de réaliser cette zone franche à Fort Dauphin, terre aride voisine, mais plus éloignée de la ligne frontalière, n?a pas été acceptée. L'usine doit être en terre haïtienne mais l'encadrement et la gestion seront sur le territoire dominicain. Le projet de zone franche industrielle n?a fait ,selon le comité de défense, l?objet d?aucune consultation de la population. En février 2000, les paysans ont vu des arpenteurs mesurer une zone d?une cinquantaine d?hectares sans qu?aucune explication ne leur soit donnée puis, le 9 avril 2002, l?information a été officialisée. Lors de leur visite sur place les présidents haïtien et dominicain, Jean-Bertrand Aristide et Hipolito Meija, ont évoqué « un mariage sans divorce et de la naissance d?un premier enfant », rapporte le quotidien le Nouvelliste. Gaston Etienne, coordonnateur du Comité de défense s?élève contre l?aspect anticonstitutionnel de l?opération : « Elle aurait dû être examinée par le Parlement, de plus, selon la Constitution, aucun étranger ne peut être propriétaire de la terre jusqu?à 20 km de la frontière, souligne-t-il en qualifiant l?opération de « colonisation » d?Haïti par la République dominicaine. Depuis mars 2003, se sont succédées arrestations injustifiée par la police haïtienne et intimidations sur les opposants et leur famille. D?ailleurs, la secrétaire du comité de défense, Michèle Adrien, s?interroge sur la nationalité de la future police dans la zone franche. « Au premier problème, c?est la police dominicaine qui viendra faire la loi, j?estime par avance cela comme de l?occupation du territoire. »
Autre objet de fureur des agriculteurs : les sommes dérisoires proposées en dédommagement : 5 gourdes (10 centimes d?euros) par mètre carré de terre !
Gwénaël le Morzellec
Mis en ligne le : 27/05/2003
zenglendo
02-01-2005, 04:20 PM
Au milieu du chaos qui demeure le lot quotidien des habitants de Port-au-Prince près d?un an après le départ de l?ancien président Jean- Bertrand Aristide, le campement installé par les casques bleus chinois est une oasis de discipline et de propreté.
"Notre première mission a consisté à déblayer les monceaux d?ordures et à construire nos dortoirs, notre cuisine et notre hôpital", raconte Zhao Xiao Xun, le commandant des 125 policiers chinois mis à la disposition de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).
"Tous les équipements viennent de Chine, y compris les véhicules, dont deux blindés légers, la génératrice et l?appareil de purification de l?eau", ajoute Zhao. En Chine, Zhao commandait une force de 120 000 policiers antiémeute. Installé dans le parc industriel, près de l?aéroport, le campement vit en autarcie. Entre deux missions, les jeunes policiers jouent au badminton ou communiquent avec leurs familles par Internet. "Ils font beaucoup de sport pour lutter contre le stress, et nous attachons une grande importance à la discipline pour éviter le type de problèmes qui ont terni l?image des Nations unies au Congo", poursuit le commandant Zhao.
C?est la première fois que Pékin envoie des casques bleus dans la région. Il y a neuf ans, la Chine s?était opposée au maintien d?une force de l?ONU en Haïti après que le vice-président de Taïwan eut assisté à la prestation de serment du président haïtien de l?époque, René Préval. "Haïti a des relations diplomatiques avec la province de Taïwan, pas avec nous, et la décision d?envoyer des policiers a été difficile", reconnaît Zhao. Mais Pékin s?intéresse de plus en plus aux Caraïbes et à l?Amérique latine, où le président Hu Jintao a annoncé d?importants investissements.
Zhong Ling, l?une des trois policières du contingent chinois, n?a pas été surprise par la misère et la violence. "Nous avons eu des cours d?histoire et de familiarisation avec la réalité d?Haïti pendant nos trois mois de préparation au centre d?entraînement aux opérations de maintien de la paix, près de Pékin. Plusieurs d?entre nous ont déjà participé à des opérations des Nations unies au Kosovo ou au Timor-Oriental." Au cours des dernières semaines, les policiers chinois sont intervenus plusieurs fois dans les dangereux bidonvilles de Cité Soleil et de Bel Air. Récemment, une patrouille chinoise a tiré d?un mauvais pas deux policiers, un Français et un Canadien, qui, pris sous le feu d?un groupe de "chimères", les partisans armés d?Aristide, s?étaient réfugiés sur un toit. "Il y a encore beaucoup de travail, souligne Zhao. Le désarmement n?a guère progressé. Il y a près de 50 000 armes aux mains de civils, et les "chimères" restent la principale menace."
Jean-Michel Caroit
zenglendo
02-01-2005, 04:21 PM
Des partis et personnalités se réclamant de cette tendance politique veulent reprendre du poil de la bête. En effet, ils ont organisés samedi dernier une première rencontre avec pour objectif de jeter les bases d?un programme d?Action Dynamique pour sauver la nation.
Environ une cinquintaine de citoyens ont pris part à cette réunion dont certaines figures de proue du régime des Duvalier comme les docteurs Hervé Boyer, Adrien Raymond, Edouard Francisque, l?ambassadeur Fritz Momplaisir et le député Sainvoyice Pascal. Des responsables et membres de quelques groupements politiques tels l?Union pour le Renouveau Haïtien (URH) et le Mouvement pour l?Avancement, le Développement et l?Innovation(MADI) ont répondu présent à cette réunion.
Dans ses propos de circonstance, l?économiste Edouard Francisque a dressé un tableau sombre de la situation globale du pays, une situation qui dégénère au jour le jour avec la montée du banditisme, l?aggravation de la misère matérielle et morale de la population.
Fort de ce constat, Edouard Francisque en appelle à l?unité de tous les Haïtiens en vue de stopper cette descente aux enfers. Il plaide pour la mise en place d?un Pacte de Société et de solidarité.
Le Curé de la paroisse de Kenscoff, qui n?a jamais caché son attachement au duvaliérisme, a assisté à cette rencontre. Le père Occide Jean, dit père Sicot, s?est réjoui des propos tenus par les différents intervenants, propos mettant beaucoup l?emphase sur l?union nationale. Le curé a abondé dans ce sens, il a appelé la bourgeoisie, les classes moyennes, les intellectuels et toutes les catégories confessionnelles du pays-catholiques, protestants, vodouisants-à se donner la main en vue de sauver la barque nationale.
zenglendo
02-12-2005, 06:47 AM
PORT-AU-PRINCE (AP) - Un violent accrochage a opposé jeudi des troupes de la MINUSTAH, la mission des Nation unies pour la stabilisation en Haïti, à d?anciens militaires haïtiens retranchés dans un camp improvisé en banlieue de Port-au-Prince. L?affrontement a coûté la vie à une fillette, selon des témoins.
Près de 200 militaires onusiens et policiers internationaux ont pris position dans l?après-midi autour du camp. Des coups de feu ont alors été échangés, touchant une fillette qui sortait d?une école des alentours. Un reporter et un photographe de l?Associated Press ont vu le corps d?un enfant gisant sur le sol.
Des incidents surviennent alors que la tension monte entre le gouvernement intérimaire, les anciens membres de l?armée et les hommes de la MINUSTAH, qui s?emploient à désarmer les ex-militaires.
zenglendo
02-12-2005, 06:48 AM
Sept personnes ont été tuées par balles et 107 légèrement blessées à Port-au-Prince durant les trois jours du carnaval annuel haïtien qui s?est achevé mercredi à l?aube, selon la police haïtienne.
Dès le premier jour du carnaval, quatre policiers ont été tués par des individus portant des treillis verts dans un quartier proche de l?aéroport de Port-au-Prince, a indiqué la porte-parole de la police, Jessie Coicou. Elle a imputé ces meurtres à d?anciens militaires, qualifiés de « bandits armés ».
Un journaliste, Harold Brézeau, travaillant au quotidien Le Nouvelliste, ainsi que deux autres personnes ont été également tués au cours de ces trois derniers jours. Les circonstances précises de ces décès sont inconnues.
Deux policiers ont aussi été blessés par balles et ont été soignés dans un hôpital de la capitale, selon la police. La porte-parole a ajouté que 105 personnes avaient été légèrement blessées sans impliquer d?hospitalisation pendant le carnaval, lors de mouvements de foule.
Selon elle, l?édition 2005 du carnaval est un « succès inédit », sur les plans de la sécurité et de la participation. Des dizaines de milliers de personnes, en majorité des jeunes, ont pris part au carnaval dont la sécurité a été assurée par un millier de policiers haïtiens aidés de Casques bleus de la Mission des Nations unies en Haïti (Minustah).
zenglendo
02-27-2005, 04:18 PM
Un an après le départ du président Aristide, 6 000 casques bleus de l?ONU assurent la « stabilisation » du pays le plus pauvre d?Amérique Le processus démocratique doit conduire à des élections générales à l?automne Mais l?insécurité règne toujours et la misère demeure plus que jamais
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Le téléphone ne cessait de sonner, samedi dernier, au domicile de la famille Gaillard : des amis inquiets, des proches en quête d?informations ou bien de rumeurs, après l?attaque du pénitencier de Port-au-Prince, au début de l?après-midi. L?opération, qui n?avait pas rencontré de véritable opposition alors même que le Palais national se trouvait à quelques pâtés de maisons, était propice à toute sorte de spéculations.
D?autant qu?Yvon Neptune, ancien premier ministre de Jean-Bertrand Aristide, le président déchu il y a tout juste un an, ainsi que deux autres de ses proches, figuraient parmi les quelque 480 détenus qui s?étaient échappés (1).
Coup monté ? Prélude d?une nouvelle vague de violence des partisans de l?ancien chef de l?Etat haïtien, exilé désormais en Afrique du sud ? Quelle que soit l?analyse, ce coup de force n?est pas une bonne nouvelle pour Micha Gaillard et ses proches : leader d?un parti de gauche, cet enseignant de l?université de médecine était le porte-parole de la Convergence démocratique, coalition de l?opposition politique au président, l?an passé : un poste qui avait valu aux Gaillard de quitter leur domicile quelque temps, en février 2004, au plus fort de la crise, pour se réfugier chez des amis.
"Attaque de la prison" Rien de tel aujourd?hui, mais la sortie prévue samedi soir était malgré tout annulée. Simple mesure de précaution car l?attaque de la prison, et plus encore l?incapacité de la police haïtienne de l?empêcher, réveillait certaines angoisses dans le contexte actuel. « On ne sait pas ce qui se passe, c?est très confus, expliquait Micha Gaillard, en raccrochant une fois de plus le combiné. Les gens ont peur qu?il s?agisse du début de quelque chose de plus important. »
Il tentait de rassurer un ami vivant dans un de ces quartiers populaires où les partisans d?Aristide font toujours la loi, armes au poing. Il n?y a pas si longtemps, il avait reçu par courrier un message pour le moins explicite, sous forme d?une balle de gros calibre...
Car un an tout juste après la chute du président Jean-Bertrand Aristide, qui dut quitter le pays le 29 février 2004, Haïti est toujours sous tension. Si le carnaval s?est déroulé dans un calme relatif au début du mois, il n?en reste pas moins vrai qu?à Port-au-Prince, des quartiers entiers sont aux mains de gangs armés : à commencer par les « chimères », proches d?Aristide, qui y font régner la terreur pour des raisons criminelles, mais aussi pour entretenir l?instabilité. « Il fera noir de jour comme de nuit », avait averti le président Aristide avant de devoir quitter le pays.
"Il fera noir de jour comme de nuit" En fait, s?il ne fait pas entièrement nuit, le jour ne se lève que très timidement sur Haïti. Un an après l?exil d?Aristide, peu de choses ont vraiment changé. Les immondices s?amoncellent encore sur les trottoirs défoncés, le chômage frappe toujours, et le Champ-de-Mars, le soir venu, reste le triste royaume des gamins des rues.
La stabilité macroéconomique a certes été restaurée, mais le quotidien des Haïtiens n?est guère différent d?il y a douze mois : les écoles privées et les maisons de pompes funèbres sont toujours les deux rares activités légales à succès, tant les Haïtiens se tuent à la tâche pour payer l?instruction d?enfants abandonnés par une éducation publique quasi inexistante.
Personne n?imaginait sortir le pays du marasme en douze mois de transition. Mais l?homme de la rue a peu de choses à se mettre sous la dent, et ce qu?il voit de la présence internationale, ce sont surtout ces 4 × 4 de l?ONU ou des différentes ONG, qui louent les grandes maisons et hôtels des quartiers résidentiels. Quand il apprend que l?ONU a déjà dépensé 500 millions de dollars, il soupire. Quand les scandales de corruption continuent de faire la une, il désespère.
Légaliser des processus illégaux « Depuis le temps que la corruption est répandue dans ce pays, nous ne savons plus ce qui est légal et illégal, ce qui est business et corruption, déplore Jean-Claude Bajeux, directeur du Centre ?cuménique des droits humains.
En fait, nous avons été jusqu?à légaliser des processus illégaux. Ici, on pense toujours que voler l?État n?est pas voler... La grande déception de ce gouvernement, c?est la justice : rien n?a changé, les dossiers judiciaires s?entassent. Beaucoup de juges sont corrompus, d?autres ont peur. Ils se disent que ce gouvernement n?est pas là pour durer, et qui sait qui sera au pouvoir demain ? »
Si Haïti a besoin de temps pour se réformer en profondeur, le temps politique est, lui, plus court. À quelques mois d?élections (municipales, législatives et présidentielle) prévues à l?automne, et censées marquer l?entrée du pays dans une ère nouvelle, le temps presse.
Mélange de frustration et d?insécurité Il existe des signes positifs : le discours public est plus libre, la violence politique ciblée a disparu, et les acteurs politiques semblent enfin vouloir engager un dialogue national, dans un pays très divisé socialement depuis deux siècles. Américains et Haïtiens luttent de concert contre le trafic de drogue : « depuis août, nous avons saisi pour deux millions de dollars de drogue », lâche un officiel haïtien. Et des investigations sont en cours contre Aristide et ses proches pour blanchiment et détournement.
Mais pour que des élections débouchent sur un gouvernement légitime et stable, il faut que la population (dont plus des trois quarts vivent sous le seuil de pauvreté) sente que le cours nouveau tient compte d?elle. Dans les classes populaires, le discours d?Aristide séduit encore.
Et ce mélange de frustration et d?insécurité pourrait bien déboucher sur un échec électoral : dans un pays où la sécurité n?est pas assurée, pas même dans un pénitencier, pourquoi braver la colère d?insurgés pour aller voter ? « Il faut absolument que la population sente que les choses ont changé, il faut du concret », note un diplomate européen, qui mise beaucoup sur la prochaine conférence internationale sur Haïti, en mars, à Cayenne.
(1) Ils sont à nouveau en prison, après s?être rendus quelques heures plus tard.
Gilles BIASSETTE
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