Lu pour vous
Un matin…Un moment .
J’aime le brouillard qui se traine paresseusement dans l’aube du jour
Et qui grimpe lentement jusqu’au seuil de ma porte ou je suis debout
A contempler émerveillé la nature qui se réveille au chant des oiseaux.
Je suis prisonnier de l’enchantement naturel de mon gîte sur la colline
La brume m’enveloppe le corps de l’intangibilité de son léger manteau
Et je tremble un peu dans ses bras frais qui m’enserrent de mille façons.
J’aime la brise matinale qui souffle à mes oreilles et qui rejoint l’embrun
Pour chuchoter dans le silence une invitation aux délices d’une flânerie.
Le bas, en bordure de la route, prés du littoral les chaloupes se balancent
Dans l’eau froide du matin et semblent vouloir abandonner les amarres.
Je peux deviner le bruit des coques qui se touchent et qui se repoussent.
Ce sont aussi les sons familiers de l’arrivée d’amis qui frappent à la porte
J’hésite à franchir l’espace qui sépare la maison de la nature verdoyante.
Je me sens content, heureux la ou je me tiens seul, debout a ne rien faire
Et pourtant je sens dans mon être l’appel des vaguelettes qui scintillent
Dans le flux et reflux incessant de la tranquillité grise de la rivière d’Avril
Je soulève le pied droit et l’autre rebelle qui prend son temps à m’obéir.
Voudrait-il me dire qu’il est un artifice de l’homme, qu’il n’est pas vrai ?
Je le regarde au fond de sa tristesse, de son dénuement privé de reflexes.
Je l’ordonne d’avancer ; il m’écoute parce qu’il est esclave de ma volonté
C’est mieux que de se retrouver dans un coin seul, abandonné et méprisé
Car l’humain se fatigue vite de tout ce qui lui est inutile et encombrant
Vas-y ! Un deux ! Un deux! Du nerf lambin même si tu n’es pas de sang.
Je compte sur toi pour m’apporter l’aide que la marche réclame de moi.
J’arrive prés du rivage la ou l’onde vient a ma rencontre pour dire bonjour
Je m’agenouille, la prends au creux de mes mains que le froid fait trembler.
Je me mouille les lèvres, le front et visage tout entier qui s’épanouit, sourit.
C’est toujours ainsi quand l’homme male revient à la matrice de son être.
Je respire à fond, j’ouvre les bras et je reçois en pleine bouille le soleil levant.
Mon regard voilé bondit vers l’horizon tout couvert de vert, de bleu et de rose.
Au dessus de cette ligne brisée qui se meut serpentin contre le mirage du ciel
Je baisse la tète et je murmure l’ancien chant sacré des alléluias du bon Dieu
(blekleroc)
Last edited by zagor; 04-02-12 at 05:40 PM.
l'homme des marais
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